IL. Singulier
Sujet. Mult fu GENTILS è mult corteiz. (v. io54i.) Gentilz hoem sui, bien me gardez. (v. iSiiy.)
Ki de France fu quens gentil::. (v. 154^5.)
Régime. Por gentil è por pros le teneit. (v. ii54.) Pluriel.
Sujet. Gentil furent li capelain, (v. SgSg.)
Gentil furent li escrivain , (v. 5g6o.)
Gentil furent li cunestable.... (v. 5g6i.)
Gentil furent li senescal. (v. 5g65.)
Là furent li gentil baron. (v. i5o73.)
Régime. Des plus nobles è des gentilz. (v. 14600.) iT. Singulier.
Sujet. Grand duil out Willame sis filz ,
Ki uncore ert asez petiz. (v. 8402.)
Cil de corsage esteit PETis. (v. i5685.)
Régime. Feites dreite justice de grant è de petit. (v. 2461 .)
Porkei toUez la terre à un petit enfant. (v. 3^•2o.^
Pluriel.
Sujet. Tuit le sevent petit è grant.
Be^imc. IMult i out de petis è mult i out de granz.
§. IV
Assonnances en o.
OBLK. Singulier.
Sujet. Ki mult est noble.ï è gentiz.
Régime. Mult le tint à cortoiz è à noble et à sage.
Pluriel.
Sujet. Furent tuit; noble chevalier.
Noble vassal furent andui.
Régime. Des plus nobleç è des gentilz
Mena od li frères è filz.
ORT. Singulier.
Sujet. Héraut ki ert manant è fors.
Mors est s'il pot estre trovez.
Fors est li reis, fors est li dus.
Régime. Maiz li chastel truverent fort.
Pluriel.
Sujet. E si sunt fort por els desfendre.
E li dui furent fort è fier.
Régime. Des fors è des meillors la terre delivroient. Li plus FORS véissiez è li miex cumbatanz.
Adjectifs des deux Genres.
La laniçue des trouvères, comme celle
(v. iio38.) (v. 772.)
des trou-
badours, conserva à quelques adjectifs la qualité
d'invariables ou communs quant au genre , ainsi
qu'ils l'avaient originairem.ent dans la langue
latine.
Voici des exemples pris dans le texte imprimé du Roman de Rou :
Axsorinances en a.
EsGAL leis, ESGAL paincs, esgal mal vos atent. (v. 2o3o.)
Willalme prist sa fille par marital droiture, (v. aoyS.)
Maiz GRANT aïe li estuet ;
Ne pot mie , sanz lor aïe ,
Aveir grant gent è grant navie. (v. 1 1 i8i — 2 — 3.)
Od une hache mult trenchant. (v. i35o6.)
Mult i out ainz féru o l'espée trenchant. (v. 4840.)
Ke ma seror ki est tant bêle, tant vaillant. (v. 2322.)
O fondes è o arcs et o haches trenchanz. (v. 4io40
L'ewe est grant, fort la ville è bone gent i a. (v. 4i42.)
Jssonnances en e.
La veie est lunge è grief. (v. 754.)
K'altre en fera encor de nos grief pénitaace. (v. 3i 12.)
De son félon pensé nos fet grief pénitence. (v. 3i i4.)
E la mortel descunfiture. (v. 6291.)
Tel paiz firent come il porent. (v. 6418.)
Maiz je ne sai par kel raisun. (v. iiSay.) Maiz lunge esteit la rute arière
Continuel et tote entière. (v. io338.)
E grant mortel descunfiture. (v. 6355.)
Assonnances en i.
Com se ce fust une vil beste. (v. 700.)
Dous filles out entre li filz,
Ele è Cécile mult gentilz. (v. 9652.)
Une dameiselle gentil. (v. ôSSq.)
Une (iKNTii. dame esposa. (v. 15420.)
Assonnances en o.
En tôt li mond n'a altretant
De si FORT gent ne si vaillant. (v. i2586.)
Ki orent turz è forz maisons. (v. iSgôy.)
Il est à remarquer que les adjectifs en or furent également invariables.
De l'escumenge ont grant poor
E de la bataille graignor. (v. i2362.)
JN'a gaires meillor terre soz la chape del ciel. (v. i85i .)
Des MKiLLURS nefs unt sis choisies. (v. 65i4.)
§. VI
Degrés de comparaison.
Pour exprimer les degrés de comparaison, la langue des trouvères, de même que celle des troubadours , usa des adverbes de quantité, plus,
MOINS, MIEUX, AUTANT, CtC.
Quelques adjectifs conservèrent la désinence latine or.
On trouve les exemples suivants dans le Roman
de Rou :
Vint famine en la terre, n'i out unkes graignor. (v. io6u.}
A son MEiLLOH parent Willealme. (v. i igi8.)
De tute INormendie manda la meillor gent ,
De Brétaij{ne manda li meillors ensement. (v. aSôy — 8.)
Corne al meillor home k'il out. (v. 11920.
Outre le que pour désigner la relation avec le second terme de comparaison, les trouvères, comme les troubadours, employèrent la préposition DE. Cette forme était imitée de la langue grecque , qui employait le génitif.
Se il sont plus de nos ne nos chaille doter. (v. 4789)
N'i a famé malveize ki miez de tei ne vaille. (v. 219g.)
N'est pas mains gentiz lions de moi. (Sainte-Palaye,v. i454i-)
Jà plus de vos seignor n'en fussent. (v. ii4'27.)
§. VIL
Pronoms personnels.
Les pronoms personnels qui indiquent la première et la seconde personne , sont de véritables substantifs qu'on pourrait désigner par le nom de substantifs personnels.
Ceux qui indiquent la troisième sont des substantifs relatifs qui se rapportent toujours à un nom précédent.
Voici le tableau des pronoms personnels que Robert Wace a employés :