‹ Observations philologiques et grammaticales sur le Roman de Rou, et sur quelques règles de la langue des trouvères au douzième siècle (volume 2)Chapitre 28 sur 55 · ROSSIGNOL · texte numérisé non relu

ROSSIGNOL

Adjectifs.

Sujet singulier masculin. Dooz, souez.

Féminin des deux genres. Vers.

Quant, li ivkr^ fu trespasse;^

Vint li BVLs tens e li estez ;

Venta l'aure sueve e quoie ,

Chanta li merles e la treie ,

Bois reverdirent e prael,

E gent florirent li ramel ;

Parut la rose buen olans

Et altre^ FL0R5' de maint semblanz. •

Substantifs.

Sujet singulier. Ivers, estez, merles, flors. Sujet pluriel. Prael , ramel.

Adjectifs.

Sujet singulier. Duls, altres.

Adjectifs des deux genres.

Sujet singulier. Olanz.

Là refunda priams le roi^

Qe tant fu sage^ è cortols

Riches chevaliers fu Dictis.

' Archeolngia , tome XII , page 5i5.

Et comment li palladion.v

Fu del temple Minene emblez.

Et as Gregois dehors livrez. '

Substantifs.

Sujet singulier. Priams , ROis , chevaliers , palladions.

Jdjectifs et participes.

Sujet singulier. Sages, riches, emblez, livrez.

Les vers suivants sont de Guernes du Pont- Sainte-Maxence.

TuiT li PHYSICIEN ne sont ades bon mire ,

TuiT CLERC ne savent pas bien chanter ne bien lire. '

Substantifs.

Sujet pluriel. Physicien, mire, clerc.

Adjectifs.

Sujet pluriel. Bon,tuit,

Benoit de Sainte-Maure dit ailleui^s, en parlant de la flotte des Danois :

Li mast dunt numbrev n'est pktiz Ne ressemblont mais plaissiz ; Avis esteit que fust uN.y bruilz. ^

Nul n'osant aler par chemin

Ne SIARCHANT ne pèlerin. "*

' Histoire littéraire de la France, tome XIII, page 425 — 6 — 7. ' Archeologia, page 324-

' Drpjiing, Histoire des Expe'dilions maritimes des Normands, tome I, page i9.g, * Ibid., p. 161 .

Le dicton picard, que La Fontaine rapporte Liv. IV, fable i6, est conforme à ces anciennes règles :

BiAuj: CUIREZ LEupj', n'écoutcz mie Mère tenchent clien fieux qui crie. '

' Beau sire Loup, n'écoutez pas

Mère tançnut son fils qui crie.

J'indiquerai ici quelques uns des ouvrages imprimés dont les textes jDrouvent que la langue des trouvères fut soumise , non seulement aux règles précédentes , mais encore à d'autres que j'aurai occasion de constater ultérieurement.

Ces principaux ouvrages sont : les Fabliaux et Contes des Poètes françois , le Roman de la Rose, le Roman du Renard.

C'est au zèle infatigable de feu M. Méon que le public doit la jouissance de ces anciennes richesses de notre littérature.

M. de Roquefort a fait connaître les Poe'sies de Marie de France , et en a facilité l'intelligence par une traduction en langage moderne.

Je n'ai pas besoin de nommer le Roman de Rou.

M. Crapelet, éditeur et traducteur en langage moderne du Roman du châtelain de Coucy et de la dame de Faycl, a aussi acquis des droits à notre reconnaissance. D'autres loueront le mérite typographique de l'édition, et l'élégante fidélité de la traduction ; je me borne à dire que, sous le rapport des règles grammaticales , le texte de ce poëme , tel qu'il a pu être imprimé d'après le seul manuscrit qui en i-estait , présente l'observation la plus constante des principes qui ont constitué la langue des trouvères.

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