‹ Observations physiologiques sur la voix humaineChapitre 2 sur 9 · ARTICULATIONS DE LA GLOTTE · texte numérisé non relu

ARTICULATIONS DE LA GLOTTE

Dès qu’on s’apprête à faire entendre un son, les cartilages aryténoïdes reviennent l’un vers l’autre, et se pressent par les faces internes et par les apophyses antérieures, sans laisser nul espace ou glotte inter-cartilagineuse; quelquefois même ils, se serrent au point de s’entre-croiser par les tubercules de Santorini. Au mouvement des apophyses antérieures correspond celui des ligaments de la glotte, qui se détachent des ventricules, se mettent en contact à divers degrés d’énergie, et se font voir au fond du larynx sous forme d’une ellipse de couleur jaunâtre. Les ligaments supérieurs qui forment le bord inférieur de la cavité laryngienne gardent la position écartée qu’ils ont prise pendant l’inspiration, et encadrent sur les côtés cette ellipse dont ils agrandissent ou diminuent la surface, suivant qu’ils s’effacent plus ou moins dans les ventricules. Ceux-ci conservent à peine la trace de leur ouverture. On pourrait dire, par anticipation , à propos de ces cavités, ce qui, d’ailleurs, ressortira suffisamment de cet écrit, qu’elles ne^ servent absolument qu’à fournir aux deux paires de ligaments un espace où ils puissent s’effacer librement. Les replis aryténo-épiglottiques, fortement tendus, constituent avec les ligaments supérieurs les faces latérales de la cavité laryngienne; lorsqu’ils se ^ contractent, ils abaissent l’épiglotte et rétrécissent considérablement l’orifice supérieur du larynx.

Le rapprochement des lèvres de la glotte se faisant tout naturellement de l’avant à l’arrière, si ce mouvement est bien ménagé, il peut donner lieu à la formation d’un espace triangulaire, inter-cartilagineux, mais qui se ferme aussitôt que les sons commencent à se produire.

-Au bout de quelques essais, on s’aperçoit que cette disposition

S[!R LA VOIX HUMAINE

intérieure du larynx n’est visible qu’à la condition que l’épiglotte demeure relevée. Or, tous les timbres de la voix, aussi bien que tous les degrés d’intensité, ne sont pas propres à lui faire prendre cette position. On reconnaît bientôt que les sons éclatants et forts du registre de poitrine resserrent la cavité du larynx en fermant l’ouverture supérieure; et qu’au contraire les notes voilées et de force modérée l’ouvrent de manière à rendre faciles les observations. Le registre de fausset surtout possède cette prérogative, ainsi que les premières notes de celui de tête’. Pour ét^xblir les faits avec plus de précision, nous étudierons, dans la voix de ténor, la marche ascendante du registre de poitrine, et, dans la voix de soprano, celle des registres de fausset et de tête.

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