ÉMISSION DU REGISTRE DE POITRINE
Si l’on émet des sons faibles et voilés, le larynx s’entr’onvre à
partir des notes *^2’ ï’ T’
et on voit
la glotte s’agiter en vibrations amples et molles dans toute son
1. Rappelons ici que l’on reconnaît dans la voix trois registres : celui de poitrine, celui de fausset et celui de tête. Le premier, chez Thomrae, dépasse, par les sons graves, celui de la femme ; le second leur est commun ; et le troisième excède, chez la femme, celui de l’homme.
TABLEAU DE l’ÉTENDUE POSSIBLE DE CHAQUE REGISTRE.
2. Les différentes limites musicales que nous posons dans le courant de ce travail diffèrent quelque peu d’un individu à un autre.
étendue. Les bords vibrants caniprennent en longueur les apophyses antérieures du cartilage aryténoïde et les ligaments vocaux; mais, je le répète, il ne reste pas d’espace triangulaire.
Au fur et à mesure que les sons s’élèvent, les apophyses, qui sont légèrement arrondies par leur face interne, se touchent de plus
en plus ; et dès qu’on parvient aux sons
do ,
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elles finissent par se mettre en contact dans toute leur étendue; mais lehrs sommets ne sont solidement fixés fun à l’autre que sur
les notes
do
Dans quelques organes, ces
sommets sont un peu vacillants lorsqu’ils forment le bout postérieur de la glotte, et les deux ou trois demi-tons qui naissent, accusent un certain degré de gêne et de faiblesse que les chan-
teurs connaissent fort bien. A partir du '3“ 1^’ 3, les vibrations, devenues plus rondes et plus pures, s’accomplissent, jusqu’à la fin du registre, par les seuls ligaments vocaux.
La glotte, à ce moment, présente l’aspect d’une ligne à peine renflée par son milieu, dont la longueur diminue tant que la voix monte. On voit aussi que la cavité laryngienne s’est fort rapetissée et que les ligaments supérieurs ont rétréci de moitié la largeur de l’ellipse.
Lorqu’au lieu de sons faibles et voilés on fait usage de notes pleines et vibrantes, la glotte ne devient visible qu’après les sons
mi,
, limite qui dépend , jusqu’à un certain
point, de l’habileté du chanteur. Pour tout le reste, les organes procèdent comme nous venons de le dire , sauf avec une double différence : 1® la cavité du larynx se rétrécit plus sensiblement lorsque la voix est intense que lorsqu’elle est faible; 2° les ligaments supérieurs se contractent jusqu’à réduire le petit diamètre de l’ellipse à n’avoir que quatre à cinq millimètres de largeur. Mais, quelque fortes que puissent être ces contractions, jamais les
oarlilages ries Wrisherg, ni les ligaments supérieurs eux-mêmes, ne se rapprochent assez pour fermer le passage à l’air, ou même pour en gêner l’émission. Ce fait, qui se vérifie aussi à propos du registre de fausset-tête, suffit à prouver que les ligaments supérieurs ne remplissent pas un rôle générateur dans la formation de la voix. Pour tirer la même conclusion, il suffit d’examiner la position occupée par les muscles, d’ailleurs assez grêles, qui correspondent à ces ligaments ; ils recouvrent extérieurement l’extrémité des fibres divergentes des muscles thyro-aryténoïdiens. Les muscles des ligaments supérieurs prennent part, surtout pendant la formation des notes élevées du registre de poitrine et des sons de tête, aux resserrements de la cavité laryngienne.