Pouillet, Éléments de Physique, 6' édit., t. Il, p
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double qu’exige l’octave au-dessus en voix de tète. Il est cependant, pour la production des sons vocaux, un autre élément indispensable, la pression de l’air. La pression, comme on sait, développe dans cet agent une force élastique, inverse du volume qu’il occupe. Au moyen de cette force, si on la suppose croissante, il peut contribuer à l’élévation des sons ‘ ; mais un autre phénomène, l’intensité du son dépendant de la pression de l’air, doit surtout attirer notre attention. L’intensité du son ne peut dépendre que de la quantité d’air qui fait explosion vive à la fois; je dis explosion vive, comme condition expresse : c’est-à-dire que la glotte se fermera hermétiquement après chaque vibration ; car, si l’air trouvait un passage constant, comme le lui livrent les notes de fausset, alors les excursions les plus grandes de la glotte, la dépense d’air la plus forte, produiraient précisément les sons les plus faibles. Si l’on repoussait cette théorie, il faudrait attribuer l’intensité à l’étendue des excursions qu’accomplissent les lèvres de la glotte, et supposer que ces lèvres, prises chacune à part, possèdent des longueurs capables de produire des sons : ce qui est contraire aux faits.
La force élastique de l’air lui vient non-seulement de la pression des poumons, mais encore des contractions de la trachée-artère, dont le calibre s’ajuste aux dimensions ditférentes de la glotte. C’est au moyen de cette force que l’air peut vaincre l’obstacle, croissant à tous les instants, que présentent les lèvres de la glotte, quand elle rend des sons de plus en plus intenses.
Ainsi le problème de l’élévation de la voix, toujours compliqué de celui de l’intensité, devrait, pour être complet, présenter le rapport qui existe d’un côté entre la tension des lèvres de la glotte et la pression de l’air, et, de l’autre côté, le nombre des pulsations obtenues et leur intensité.