XV. — DES PLANS DE SERMONS
qu'à satiété, au point de cesser d'en prendre sa part. Sans doute, il convient de chercher à mettre un peu d'art et s'il est possible un peu de nouveauté dans l'ordre et l'enchainement des matières que Ton touche en passant ou que l'on traite à fond. Les grands prédicateurs ont toujours tenté de tenir ainsi l'attention en éveil et de rajeunir leur éloquence; plusieurs des plans de Saurin, notamment, sont trèsheureusement imaginés. Néanmoins, il est vrai qu'un plan de sermon trop cherché, trop subtil, trop ingénieux même, pour employer le mot le plus doux, met à la gène l'attention et fait évanouir en grande partie les impressions salutaires par la curiosité, par les efforts d'attention, par les effets de surprise qu'il excite.
Je dois avouer, dussé-je être atteint et convaincu d'hérésie dans tous les sens, que les divisions de sermon les plus généralement admirées me semblent pécher par le manque de simplicité. Qu'on examine, sans parti pris, la division fameuse de Massillon sur les trois consommations : texte : Tout est accompli! Première consommation, celle de la justice de Dieu ; deuxième : celle de l'iniquité du peuple juif; troisième : celle de la charité de Jésus-Christ ; et la 4ivision de Le Chapelain, dans un discours sur une prise de voile : « Madame, dans ce monde distingué