‹ Observations pratiques sur la prédicationChapitre 58 sur 90 · XYII. — DES SERMONS SANS GRADATION · texte numérisé non relu

XYII. — DES SERMONS SANS GRADATION

Qu'on se représente un discours marchant en sens inverse de la gradation naturelle; Texorde est plein de vivacité et de chaleur ; le commencement ou l'entrée en matière plus calme; la fin du discours est froide et languit; la péroraison est glacée, et le sermon expire comme une lampe des Viciées folles faute d*aliment. Dans cette supposition, on voit que je mets les choses au pis ; quel sera le résultat? De deux choses Fune : le débit suit le sermon, animé au début, refroidi par degrés et arrivant avec l'application à zéro ; ou bien le débit marche au rebours du sermon, et l'orateur tombe dans la fâcheuse contradiction de dire avec calme ce qui est animé dans la composition, et avec animation ce qui est écrit d'un style plus contenu. Quelque parti qu'il prenne, que rélocution se conforme à la succession des idées ou se déploie en sens contraire, je défie que l'attention ne s'alanguisse pas rapidement ; je défie que l'impatience ne saisisse pas l'assemblée ; le malencontreux orateur finira par n'être écouté que de lui* même, ou du moins ne sera écouté que par fragments ; ce qui peut achever de le désorienter*

U est rare qu'un sermon soit ainsi retourné en en^* tier pour ainsi dire, et que plein de verve au corn* meocement il s'éteigne par degrés m des banalités vers la fin ; mais, ce qui malheureusement n'est point

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