XVII. — DES SERMONS SANS GRADATION
C'est un exorde de ce genre que la première réflexion si justement admirée deMassillon,lorsque pro nonçant Toraison funèbre de Louis Xiy,au milieu de la pompe somptueuse de ces royales funérailles, il promène ses regards sur ces vanités mortuaires et s'écrie : » Mes Frères, Dieu seul est grand ! » Mais le mot a presque fait oublier le panégyrique.
Enfin j'ai cru qu'il fallait toujours mettre un trèsgrand soin à la péroraison ^ L'éloquence de notre ancienne église a négligé longtemps de suivre cette règle, et Le Faucheur est le premier, selon Ostervald^, qui a donné l'exemple d'applications vives et énergiques, exemple qui a été suivi par Ostervald luimême, par Werenfels de Basle et par Turretin de Genève. N'est-ce pas une conséquence évidente du précepte d'imprimer une progression graduelle aux développements d'un discours destiné à être pro-
dépense à son fonds. » [Maximes sur le ministère de la Chaire^ par Gaichiès, p. 135.)
* L'éloquence des orateurs grecs avait porté si loin les efléts de leurs péroraisons que, selon Quintilien (qui exprime, il est vrai, quelque doute à cet égard), les lois d'Athènes les avaient interdites (De Orat, Inst, x, 1).
2 De l'Exercice du Ministère sacrée p. 58. Voir les Réflexions sur l'importance de la péroraison, p. 113 et suiv. On a remarqué avec raison que Claude, qui consacre dans son Traité de la composition d'un Sermon 330 pages au corps da discours, réduit à moins de quatre pages ce qu'il trouve à dire de l'applicttion.