‹ Observations pratiques sur la prédicationChapitre 60 sur 90 · XVII. — t)ES SERMONS SANS GRADATION · texte numérisé non relu

XVII. — t)ES SERMONS SANS GRADATION

Ces leçons néanmoins me profitèrent, et sans cesser de donner à Fexorde une attention qu'on a quelquefois trouvée exagérée, je me suis prescrit deux règles qui depuis m'ont toujours guidé : celle de résister à la tentation des exordes ex abrupto^ celle d'attacher une très-grande importance à la péroraison.

Il est bien rare que l'éloquence de la chaire trouve une bonne occasion de risquer un exorde ex abrupto et d'entrer si soudainement et comme par explosion en matière. Je ne l'ai essayé, je crois, qu'une seule fois et dans un discours spécial, les Ames qui péris^ sent, sur Matt. XXV. 31-33. Le sermon en général veut un début plus calme et ne doit pas prendre l'auditoire par surprise. L'alternative est d'ailleurs effrayante : si ce premier mot jeté avec véhémence du haut de la chaire ne réussit pas, l'orateur tombe sous le coup de la question d'Horace :

*« Quid dignam tanto feret hic promissor hiataf n

Et s'il y réussit, il est bien difficile de soutenir un long discours à la hauteur d'un si grand essor tenté dès l'entrée*.

1 « On ne doit pas en commençant prendre un essor qu'on 9 ne pourra soutenir dans la suite, ni promettre des richesses i> qu'on n'a pas le moyen de donner. Le sage proportionne sa

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