XVIII. — DE LA LECTURE
Les trois usages qui se présentent au choix du prédicateur sont la lecture, la récitation et l'improvisation.
Ici, deux observations préjudicielles sont nécessaires. D*abord, il est à remarquer que ces trois méthodes de débit, distinctes en réalité, quelquefois se rapprochent et se combinent ; parfois on lit, sans se tenir strictement à son cahier ; on change, on omet, on ajoute tout en lisant ; de même, en récitant, [il arrive qu'on abrège ou qu'on allonge, je n'entends point par un manque de mémoire, mais à dessein ; enfin, l'improvisation, selon les habitudes de préparation adoptées , participe plus ou moins de la mémorisation. Il n'en est pas moins vrai que les trois méthodes ne peuvent au fond s'assimiler; elles exigent des efforts différents ; elles ont des règles, des inconvénients, des avantages trës'dissemblables.
En second lieu, nous devons partir de l'idée, qu'en tout état de cause et quelque système de débit qu'on adopte, le sermon sera toujours composé, dans le sens strict du terme. Nécessairement, la lecture ou la récitation fidèle et mot à mot suppose la [composition du discours. Mais je n'admets pas, à quelque distance qu'on s'éloigne en préchant du manuscrit posé sur le pupitre ou appris par