XXV. — DU BIEN PRODUIT
du texte, expirant dans la relation la plus intime avec Dieu, dans le sentiment le plus doux de la présence divine ; la péroraison roulait sur la pensée trèssimple que si la mort du législateur semble une sorte de privilège iet de récompense exceptionnelle sous la première alliance, tout fidèle peut arriver à mourir ainsi par la foi en Christ. Plusieurs années après cette prédication, une respectable dame, trèsâgée, atteinte d'une maladie mortelle, me fait demander, et son premier mot fut celui-ci: « J*ai » passé une partie de ma vieillesse tourmentée » d'une crainte de la mort que rien ne calmait et M qui troublait constamment ma piété; depuis le » jour où j'entendis une méditation sur la fin de » Moïse, cette anxiété s'est dissipée; j'ai compris » que le Seigneur est près de nous, quand il nous » rappelle, et maintenant que le moment est venu, » je sens que je vais mourir en paix. » J'ai assisté à ses derniers moments et j'en ai vu rarement de plus calmes. Qui m'eût dit qu'un pareil discours dût produire un pareil effet?
Quelquefois c'est par la porte de l'intelligence qu'une première impression» religieuse pénètre dans un esprit jusqu'alors fermé à toute piété réelle. Un jour, un personnage éminent qu'un devoir officiel avait amené dans le temple me dit, avant de se re-
tirer : « Je suis arrivé à l'âge de quarante-huit ans, » persuadé qu'il y avait pour moi absolue impos- » sibilité d'écouter un sermon d'un bout à l'autre; » je viens de faire l'épreuve du contraire. » Certes, voilà le germe de la foi aussi petit et faible qu'il se peut, et c'est précisément ce qui m'a fait citer ce mot ; nous savons que le grain de sénevé, quand Dieu le veut, devient un grand arbre qui donne de l'ombrage.
Ces traits se rapportent aux premières années de ma carrière ; j'évite à dessein de raconter des faits plus récents; il n'en manquerait point, et tous ces souvenirs tendraient à démontrer combien est fondée cette heureuse persuasion, que le pasteur doit porter dans la chaire chaque fois qu'il y monte : je ne sais pas tout le bien que. Dieu aidant, je vais faire. Une si constante, une si vaste espérance n'encourage à égal degré aucune autre des fonctions du ministère ; elle n'est donnée ainsi que par la prédication seule. Dès lors, il est difficile de croire qu'un pasteur puisse nourrir l'idée qu'il a un devoir plus saint à remplir que celui de la chaire, et il serait juste de plaindre l'Église dont les conducteurs applaudiraient à cette erreur.
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