‹ Observations pratiques sur la prédicationChapitre 82 sur 90 · XXV. — DU BIEN PRODUIT · texte numérisé non relu

XXV. — DU BIEN PRODUIT

le même jour reçu une lettre dans laquelle ce patron lui annonçait que, frappé d'un passage du sermon de ce jour, il ne voulait exercer son droit strict que selon la morale de FÉvangile, lui donnait tout le temps nécessaire pour se libérer et lui conservait sa place.

Entre les parents d'une élève de mes cours il avait éclaté une grave discorde, telle que la rupture avait été depuis des années complète. On se rend au temple, pour le service de première communion ; les premiers arrivés de ces parents en discorde occupent le premier banc d'une galerie supérieure; les derniers venus, dans leur hâte de se placer, voient nn second banc vide, s'empressent de le prendre ; on se retourne, on se regarde, et Ton se trouve en famille. L'église était comble; 'personne ne put songer à changer de tribune, et non sans quelque embarras on assista en silence à l'ofBce divin. Le sermon avait pour sujet la religion resserrant nos affections et son influence sur la paix et la joie domestique. Le service fini, personne, dans cette tribune, ne se leva ; il y eut quelques chuchotements, quelques sanglots, et le plus âgé finit par dire: « Ne ferions-nous pas bien de nous appliquer ce que nous venons d'entendre? » On se tendit la main, et la jeune fille eut la douce émotion d'être embrassée sous son voile

blanc par ses parents réconciliés... Le monde voit en de pareilles coïncidences d'heureux hasards: nous y voyons deux autres choses, à savoir ce qui se ncmime la Providence et la grâce ; mais il faut bien aussi y voir la prédication.

En ce siècle oii nous avons passé notre jeunesse et reçu notre éducation au milieu de circonstances religieuses bien diverses, il est rare que la foi et la piété soient égales chez tous les membres d*une famille. Après un sermon sur l'excuse présentée par les ouvriers de la dernière heure : Personne ne nous a employés (Matt. xx, 7), un de mes catéchumènes est venu me dire : J'ai fait ma première communion avec amertume, parce que mon père n'a point communié avec moi ; maintenant ma piété filiale est tranquille ; je me sens convaincu que celui qui m'est si cher n'a point été employé encore; son heure de travail n'est point venue, et je communierai avec joie.

Les sujets les plus usés, les plus abondants en lieux communs, peuvent produire sur quelque âme inquiète, même quand on s'y attend le moins, un salutaire effet. Il me souvient d'une fort modeste homélie sur la mort de Moïse; le discours traçait le tableau de la fin triomphante du prophète au sommet de la montagne et le dépeignait, selon les images

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