‹ Observations relatives au mémoire de M. Cope intitulé: Relation des horizons renfermant des débris d'animaux vertébrés fossiles en Europe et en AmeriqueChapitre 3 sur 4 · H. ÉTUDES. — SC. NAT. XXVII, 3. — ART. N · texte numérisé non relu

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double de leur grandeur naturelle, les dernières molaires (1).

Les incisives inférieures étaient au nombre de deux; leur volume se trouvait être sensiblement le même. Ces dents sont fort différentes dans toutes les espèces d’Adapis de ce qu’elles sont sur les Lémuriens actuels. J'avais cru anciennement, d’après la profondeur de leurs alvéoles et leur faible diamètre transverse, qu’elles devaient être filiformes et très proclives. Il n’en est absolument rien, ainsi qu’on peut le voir par la figure 2 de la planche 1 de ce mémoire. La couronne de ces dents était élargie, en forme de palmette, comme chez certains Pachydermes.

La canine possédait dans cette espèce les mêmes caractères que sur les autres formes d’Adapis, seulement ils s’y trouvent en quelque sorte exagérés. La couronne est oblique de haut en bas et d’avant en arrière. Sa face externe est convexe et très développée. Sa face interne, très réduite, est concave et elle possède la forme d’un triangle à base supérieure, à sommet inférieur. Le bord supérieur de la dent est tranchant, dirigé d'avant en arrière et de dedans en dehors. Cette dent ressemble, par conséquent, plus à une incisive qu’à une canine. Mais ce qui contribue à lui donner un aspect tout à fait caractéristique, consiste dans la forme de son bord postérieur constituant une véritable face, rappelant par sa forme la disposition de la face postérieure de la canine des Hyrax. Sur les sujets jeunes, le bord supérieur de la dent s'élève à ses extrémilés antérieure et postérieure pour constituer deux petites épines. Dans lintervalle de ces saillies le bord dentaire est léaèrement conCave.

La première prémolaire de l’Adapis angustidens est assez volumineuse, el l’on ne voit pas entre cette dent et la suivante la différence énorme de taille que l’on constate sur l’Adapis magnus. L’axe de sa couronne, ainsi que celui des deux dents qui la suivent, est dirigé obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière. La face externe est convexe; la face in-

(1) Voy. pl. 2 de ce mémoire, fig. 3 et 10.

terne est légèrement excavée. Le sommet de la couronne correspond sensiblement à sa portion moyenne. Il est aigu. La partie du bord supérieur, située en avant de lui, est tranchante et légèrement inclinée en bas, tandis que la partie du même bord, située en arrière, est très oblique en bas et en arrière. Du sommet de la dent part une petite crête interne, dirigée en bas, en dedans eten arrière. Elle se termine un peu avant d’atteindre le bord de la couronne. Il résulte de cette disposition que le bord postérieur de la première prémolaire est occupé par un sillon ayant la forme d’un V à sommet dirigé en haut.

La structure que je viens de signaler s’observe sur les deux prémolaires suivantes, dont le volume va graduellement en s’accroissant. La profondeur et la largeur du sillon de la face postérieure ne se trouvent pas être très accrues. Mais on aperçoit à l'extrémité postérieure et inférieure de la couronne un tubercule bien détaché, de forme conique, dont on pouvait à peine soupçonner l’existence sur la première dent. Cette sorte de talon, très enlevé, fait défaut sur les autres formes d’A dapis.

La quatrième prémolare et les deux premières molaires sont constituées suivant un même plan et elles diffèrent seulement par leurs proportions. Elles sont formées par deux lobes. Le premier s’accuse sous la forme d'une crête dirigée horizontalement de dehors en dedans et d'avant en arrière. Cette crête est surmontée par trois tubercules bien détachés. Le bord antérieur du tubercule externe se contourne un peu en avant et en dedans sur la première et la deuxième molaire, ce qu'il ne fait pas sur la quatrième prémolaire. Il résulte de ce contournement l’indication d’un léger croissant. Le lobe postérieur est formé par deux mamelons abaissés. Le mamelon externe est le plus développé; son bord antérieur se porte en avant et en dedans pour venir appuyer sur la base de la crête du lobe antérieur, au niveau du point où elle supporte le tubercule moyen. Par son bord postérieur ce tubercule en se contournant en dedans vient s'unir au tubercule interne. La portion médiane du deuxième lobe comprise entre les tubercules interne et externe est fortement excavée. Par conséquent

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la quatrième prémolaire et les deux premières molaires de l’Adapis angustidens sont composées par trois pointes antérieures reliées les unes aux autres et par un fort talon, très creusé, dù à l'existence de deux mamelons, l’un interne, l’autre externe, se reliant en arrière entre eux et limitant ainsi la surface de trituration. La dernière molaire présente trois obes. Le lobe antérieur a la même structure que sur les dents précédentes. Le lobe postérieur comprend deux mamelons, l’un interne, l’autre externe, entre lesquels se trouve être placé en arrière un troisième denticule constituant le talon ou troisième lobe. Le développement antéro-postérieur de la dernière molaire, très considérable, est absolument caracteristique. Malgré une différence énorme de la taille entre l’Adapis magnus et V’Adapis anqustidens, la dernière molaire de ces animaux possédait presque le même volume.

L’Adapis angustidens est donc caractérisé par le volume assez fort de sa première prémolaire, par la présence d’un mamelon très détaché, situé à la base du bord postérieur des deuxième et troisième prémolaires, par la présence au lobe antérieur de la quatrième prémolaire et des trois molaires d’une crête surmontée de trois pointes, par le développement proportionnel énorme de la dernière molaire.

Les mesures relatives aux dents et au corps du maxillaire de cette espèce sont les suivantes :

ni Longueur de 1x série dentaire”... ........... 0,039 Espace occupé par les prémolaires................ 0,014 Espace occupé par les molaires................... 0,017

Dimensions des dents :

1 inc. %inc. (Can. A'eprém. %prém. 3° prém. 4° prém. m m nm m m m m Lonvueur. & ft. 0,0020 0,0020 0,0025 0,0030 0,0035 0,0043 0,0045 HAUTEUR ES 5eme 0,0020 0,0020 0,0034 0,0025 0,0030 0,0030 0,0030 Épaisseur maximum.... 0,0020 0,0020 0,0025 0,0027 0,0030 0,0030 0,0032 1e mot. 2° mol. 3° mol.

m m m Longaent...:..-. 0" 2. 0,0047 0,0045 0,0070 LÉO ONE SAP 0,0025 0,0025 0,0027 Épaisseur MAXIMUM EME 0,0036 0,0040 0,0040

ARTICLE N° f.

Les mesures relatives au corps du maxillaire sont les suivantes :

m Hauteur en°arrière!de la/canine! .:4.,.// MOULIN... 5.01 0,0050 Hauteur en avant de la première molaire. ........................ 0,0100 Hauteur en arrière de la dernière molaire......................... 0,0130 Épaisseur du corps de l’os au niveau de la portion moyenne de la deuxieme Mo IIFes se RUE ANS SRE CAQUE UN EL 0,0047

Dans cette espèce la saillie osseuse qui à la face interne du maxillaire se projette en dedans pour constituer la symphyse, nait immédiatement au-dessous de la portion moyenne de la quatrième prémolaire, ce qui ne s’observe pas sur les autres formes d’Adapis.

ADAPIS PARISIENSIS (Cuv.).

(PI. 1 de ce mémoire, fig. 1, 2, 4, 7, 8, 9, et pl. 2, fig. 6, 13, 14.)

La série dentaire inférieure de l’Adapis parisiensis type est caractérisée tout d’abord, comme celle de l'espèce que je viens de décrire, par la progression continue en hauteur des prémolaires dont la taille s'élève insensiblement de la première à la quatrième. J’appelle tout d’abord l'attention sur ce point, parce que dans l’Adapis magnus (pl. 3, fig. 8) la première prémolaire est très réduite, la seconde est comparativement énorme et la hauteur des deux dents suivantes, au lieu d’aller en augmentant comme sur l’Adupis parisiensis, va au contraire en diminuant. Il existe dans ce fait un caractère de diagnose très facile à saisir et d’une sûreté absolue.

Les incisives et la canine de l’Adapis parisiensis possèdent la même forme que celles de la variété anqustidens. La dernière de ces dents est un peu plus comprimée transversalement. La diminution du diamètre transverse s’accuse d’une manière beaucoup plus importante sur les prémolaires. Ces dents sont extrêmement minces, et, d'autre part, le petit mamelon ou tubercule conique existant à la base du bord postérieur des trois premières, mamelon qui avait une importance si grande dans la forme que je viens de décrire, a presque complètement disparu. Il est représenté par une toute petite saillie au point

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de terminaison du bord postérieur. J'avais, en parlant de. l'Adapis angustidens, appelé l'attention sur ce fait, que la couronne très élargie présentait une véritable face postérieure en arrière et à la base de laquelle s’élevait le petit mamelon dont je viens de parler. Par suite de la compression que les prémolaires ont subie suivant leurs faces latérales, cette face a complètement disparu sur la première et la deuxième prémolaire, et l’on voit à sa place un bord tranchant. Il en reste quelques traces sur la troisième prémolaire.

La quatrième prémolare de l'Adupis parisiensis a son lobe antérieur dirigé presque transversalement de dehors en dedans et il est constitué seulement par deux pointes, la troisième pointe ou pointe interne de l’Adapis parisiensis, var. angustidens, faisant absolument défaut. Le lobe postérieur est très peu développé en longueur et très réduit en épaisseur.

Nous retrouvons sur les molaires la même diminution en largeur que sur les dents que je viens d’examiner. Le lobe antérieur est formé de deux mamelons, l’un interne, l’autre externe, reliés entre eux par une crête légèrement oblique de dehors en dedans et d’avant en arrière. Le mamelon interne se trouve être joint sur l’Adapis parisiensis, var. anqustidens par une crête à un troisième mamelon limitant en dedans le lobe antérieur de la dent. Sur l’Adapis parisiensis, il n’en est plus de même. Le bord postérieur de la seconde pointe se porte en arrière et en bas, et c’est seulement à sa base que l’on aperçoit une toute petite saillie représentant avortée la troisième pointe ou pointe mterne du lobe antérieur des moluires de l’Adapis parisiensis, var. angustidens. Par conséquent sur ce dernier animal le lobe antérieur des molaires offrait une surface de trituration composée de trois tubercules, tandis que sur l’Adapis parisiensis la surface de trituration en comprend seulement deux. Un dernier caractère distinctif de ces deux espèces porte sur le développement fort différent de la dernière molaire. Nous avons vu que cette dent était très puissante sur la variété angustidens. Sur l’Adapis parisiensis elle est plus grêle, beaucoup plus courte par suite de la disposition transverse que prend

le lobe antérieur et par suite de la diminution du troisième lobe ; d'autre part, ses proportions par rapport au reste de la série dentaire sont différentes. Ainsi, sur des maxillaires provenant de cette espèce trouvés dans les dépôts de phosphorite, sa longueur est comme sur l'échantillon type de l’Adapis parisiensis de 0,005, la longueur de la deuxième molaire étant de 0,004. Les mêmes mesures prises sur l’Adapis angqustidens donnent 0,007 et 0",0045. Sur l’Aphelotherium Duvernoyi les mêmes dimensions sont 0*,005 et 0",004. Par conséquent, l'Adapis parisiensis diffère de sa variété angustidens par la diminution des caractères insectivores de ses dents. Les prémolaires perdent presque complètement leurs tubercules postérieurs, elles deviennent minces et coupantes. Le lobe antérieur des molaires, très oblique sur la forme angustidens, tend fortement à devenir transversal, et la pointe interne qu'il portait en dedans du mamelon moyen s’atrophie et vient se placer à la base et en arrière de cet élément. La forme type de l’Adapis parisiensis marque évidemment une évolution vers les Pachydermes.

L’Adapis parisiensis type est très commun au milieu des dépôts de phosphate de chaux du Quercy, tandis que la variété anqustidens y est irès rare. Il semble que cette dernière forme soit en voie de disparition, alors que la race qui en est évidemment] descendue est en pleine période de développement.

J'ai fait représenter sur une des planches jointes à ce mémoire une tête d’Adapis parisiensis faisant partie de mes collections, avec un maxillaire inférieur qui, par ses proportions, s’en rapproche assez exactement. Les dimensions de la série dentaire inférieure de cette dernière pièce sont les mêmes que celles de l’Aphelotherium Duvernoyi et de l’Adapis parisiensis.

Adapis Adapis. :

parisiensis des parisiensis Aphelotherium , phosphorites. des gypses. Duverroyi.

Espace occupé par la série dentaire m m m en arrière de la canine........... 0,025 0,0 0,025 Adapis parisiensis Adapis | des parisiensis Aphelotherium phosphorites, (type). Duvernoyi.

Espace occupé par les deux dernières m m

m prémolaires et les molaires....... 0,020 0,021 0,020

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. L'identité presque absolue de ces nombres nous montre que, par leurs proportions, les formes animales que je mets en parallèle sont semblables. Le sont-elles au point de vue de la composition de leur système dentaire? tel est le dernier point qu’il me reste à discuter.

Les prémolaires de lAdapis parisiensis du gypse sont dépourvues, comme on peut le voir par la figure qui en a été donnée par de Blainville, du mamelon si élevé qu’elles possèdent à leur portion postérieure sur l’Adapis angustidens. La même remarque doit être faite pour l’Aphelotherium Duvernoyi. Les deux premières molaires de l’Adapis parisiensis manquent, et la troisième se trouve être engagée de telle manière que l’on ne peut étudier sa couronne. Par conséquent, les seuls éléments de comparaison dont on peut. disposer sont relatifs à l’étendue de la série dentaire et à la forme des prémolaires, et nous venons de constater qu’à ces deux points de vue il y avait identité entre l’Aphelotherium Duvernoyi et l’Adapis purisiensis. Ges deux espècesdoivent donc être confondues sous un même nom générique et spécifique.

Les molaires de l’Aphelotherium Duvernoyi sont-elles semblables à celles des Adapis des phosphorites que j'ai considérés comme identiques à l’Adapis des gypses. Si l’on veut bien se reporter à la figure des dents de la première forme, représentées grossies dans la Paléontologie française de Gervais (pl. 34, fig. 13, 0), on ne peut conserver aucun doute à cet égard. Par conséquent, l’Adapis des phosphorites, dont je viens d'exposer les caractères de la dentition inférieure, l’Aphelotherium Duvernoyi et l’Adapis parisiensis des gypses font. bien partie d’un même genre et d’une même espèce.

Je terminerai l’exposé des caractères de l’Adapis parisiensis des phosphorites en donnant les mensurations relatives à ses différentes dents inférieures ainsi que celles du maxillaire.

{re inc. 926 inc: Can. re prém. 9eprém. 3° prém. 4° prém.

nm m m m m m m Longueur....... 0,0180 0,0180 0,0030 0,0022 0,0025 0,0030 0,0032 Hauteur #0" 0,0015 0,0015 0,0035 0,0018 0,0022 0,0023 0,0022 Épaisseur. ...... 0,0018 0,0018 0,0025 0,0020 0,0020 0,0022 0,0023

4re mol. 2e mol. 3e mol. m m m Éonsueuniarie et dir 0,0034 0,0040 0,0050 Hans 2 RS. 0,0022 0,0020 0,0020 PRE. ee mec. 0,0023 0,0030 0,0027

La forme du maxillaire inférieur de l’Adapis parisiensis est très remarquable par suite du développement considérable que prend la portion postérieure du maxillaire. Les Nycticèbes ont un maxillaire inférieur rappelant beaucoup celui des Adapis, seulement l’'apophyse coronoïde est moins rapprochée du condyle, moins projetée en arrière par son sommet (1), et l'angle inférieur de la mandibule est un peu moins saillant. Mais malgré ces quelaues différences, il n’en existe pas moins au point de vue de la forme du maxillaire de très importantes ressemblances entre le genre fossile et le genre vivant.

Les mesures relatives au maxillaire inférieur de lAdapis parisiensis des phosphorites figuré dans ce travail sont les suivantes :

Longueur du maxillaire mesuré à partir du bord incisif jusqu’au point m

le plus reculé du bord postérieur de l’angle de la mâchoire......... 0,067 Largeur de la branche montante mesurée horizontalement au niveau du

point de terminaison de son bord antérieur....................... 0,037 Hauteur du sommet de l’apophyse coronoïde au-dessus du bord inférieur

oo nie nulles tas nas ne Aka ne été dl 0,043 Hauteur du condyle au-dessus du bord inférieur du maxillaire........ 0,051 Largeur de l’apophyse coronoïde à sa base. ...................... 0,013 RER UC PAUSE COFONOMES AP DU etes eee eee e 0,014 Hauteur du corps du maxillaire en arrière de la canine.............. 0,008 Hauteur du corps du maxillaire en avant de la première molaire. ..... 0,013 Hauteur du corps du maxillaire en arrière de la dernière molaire. ..... 0,015 Épaisseur du corps de los au niveau de la portion moyenne de la

UT "07 7ire., CAS QU EUT ECT CEUONS CLASS E ES LE BURECRE SSG ETS BUS FORSAUE SE AU 0,006

Dentition supérieure de l’Adapis parisiensis. — Les incisives supérieures de l’Adapis parisiensis sont remarquables par leur peu de hauteur et leur grand développement transversal (2). Leur face extérieure est convexe, leur face antérieure concave.

(1) Sur l’Adapis parisiensis, le sommet de l’apophyse coronoïde est situé verticalement au-dessus du condyle du maxillaire. (2) Voy. pl. 1 de ce mémoire, fig. 1.

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À la base de la face externe, on observe un léger bourrelet qui, à la face interne, s’épaissit et se détache fortement en relief. La canine est modérément développée. Chez certains sujets, on observe qu'elle est un peu plus forte que sur d’autres, alors que les caractères de la série dentaire restent les mêmes. Il est fort probable que dans ces cas on a affaire à des mâles. Cette dent est comprimée par ses faces latérales. Le bord antérieur de la couronne est convexe, tranchant et dirigé de haut en bas et d’avant en arrière. Le bord postérieur est tranchant et légèrement convexe. La face interne de la couronne est un peu convexe et elle est limitée supérieurement par un fort bourrelet. La face externe présente une convexité un peu plus accusée, alors que le bourrelet qui la limite en haut se trouve être très faiblement indiqué. La structure que je viens de rappeler permet de différencier très nettement, rien que par la canine, l’Adapis magnus de l'Adapis parisiensis. Dans la première espèce, la canine est énorme (0",01 de hauteur et 0",007 de diamètre antéro-postérieur), tandis que sur l’'Adapis parisiensis elle est très réduite (0,004 de hauteur el 0,003 de diamètre antéro-postérieur sur l’échantillon type). D'autre part, la face externe de la canine de l’Adapis magnus présente sur sa partie médiane une saillie verticale arrondie, saillie que l’on trouve très fortement accusée sur la face interne. Cette dernière partie, au lieu d’être régulièrement convexe, présente, par suite de la disposition dont je viens de parler, deux gouttières très creusées, l’une antérieure, l’autre postérieure. Quant au bord antérieur, au lieu d’être tranchant, il est élargi et plat, et, en haut, sa forme est celle d’un triangle à base supérieure, à sommet inférieur. Il est parcouru dans toute son étendue par une gouttière très profonde.

Les prémolaires sont au nombre de quatre et leur couronne va progressivement en augmentant de hauteur de la première à la dernière. Sur l’Adapis magnus, la première est la plus petite, la seconde la plus élevée.

La première prémolaire est uniradiculée. Sa couronne a la ARTICLE N° Î.

MAMMIFÈRES FOSSILES D'EUROPE ET D'AMÉRIQUE. 31 forme d’un triangle abaissé. Les bords antérieur et postérieur sont convexes ; la face externe est un peu arrondie et limitée inférieurement par un bourrelet élevé, mais peu saillant. La face interne est convexe. Au niveau de sa partie postérieure et inférieure, on voit un bourrelet très en relief qui détermine la formation d’une sorte de petit talon. La deuxième et la troisième prémolaire ont une structure semblable, seulement leurs dimensions vont régulièrement en s’accroissant un peu. Dans l’Adapis magnus, la troisième prémolaire possède une pointe interne directement opposée à la pointe externe, fait dont on ne retrouve aucune trace dans l’Adapis pari- Siensis.

La quatrième prémolaire a sa couronne formée en dehors par deux mamelons, l’un antérieur, l’autre postérieur. En dedans on trouve, correspondant à l'intervalle de ces deux mamelons, une pointe interne se rattachant en avant au bord antérieur du mamelon antérieur et externe, en arrière au bord postérieur du mamelon postérieur externe. Ce dernier élément est un peu plus réduit que celui qui le précède; dans l’Adapis magnus, cette différence est encore plus accusée.

La première et la seconde molaires sont constituées comme la quatrième prémolaire, seulement on trouve en dedans, en arrière et en bas du tubercule interne, un second pelit tubercule très abaissé, dont le bord postérieur, en se contournant en dehors, vient rejoindre le bord postérieur du tubercule externe postérieur. Le bord postérieur du tubercule interne et antérieur vient alors rejoindre la portion médiane interne de ce dernier élément.

Sur la troisième molaire, le tubercule postérieur interne n’existe pas. Sur quelques maxillaires supérieurs d’Adapis, on observe cet élément, je crois que ces échantillons doivent provenir de l’Adapis parisiensis var. angustidens. La dernière molaire supérieure de l’Adapis magnus est également dépourvue de tubercule postérieur et interne.

Les mesures relatives aux dents existant sur la tête d’Adapis

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parisiensis que J'ai fait reproduire dans ce travail sont les suivantes :

Longueur totale de la série dentaire............... 0,033 Espace occupé par les prémolaires................ 0,013 Espace oceupé par les molaires. ,............., 2. 00,012 4re Snc.

(alvéole.) 9 inc. Can. 1reprém. 2e prém. 3e prém. 4° prém. m m nm im m m m Longueur........ 0,0024 0,003 0,0040 0,0030 0,0055 0,0035 0,0036 Hauteur rame. MIFÈUEE 0,002 0,0040 0,0018 0,0022 0,0024 0,0020 Épaisseur. ...... . 0,0020 0,002 0,0027 0,0022 0,0025 0,0028 0,0037 1e mol. 2e mol. 3° mol.

m m m LONDUBUPE “see rerce et 0,0038 0,0040 0,0040 Hauteur MU MAMAN RE 0,0022 0,0024 0,0022 Épaisseur::. Huet side 0,0040 0,0042 0,0042

Les dimensions relatives à la voûte palatine sont les suivantes :

Longueur mesurée sur la ligne médiane de la partie antérieure de l’espace incisif jusqu'à la partie la plus reculée du bord palatin "

POSTÉNIer CEA CR Lo DÉC o TO Re ST D 0 0,033 Largeur entre ‘les canines... "2% PRE see tee CD LE 0,008 Largeur à la portion moyenne de la dernière prémolaire............. 0,011 Largeur à la portion moyenne de la dernière molaire................. 0,014

La base du crâne est admirablement conservée sur l’échanüllon que j'ai fait représenter et son étude peut être entreprise, ce qui jusqu'ici n'avait pas été possible, vu le mauvais état des échantillons retrouvés. Les orifices de la base du crâne sont disposés comme sur les Makis, et, à ce point de vue, l’Adapis s'éloigne des Nyctcèbes, des Galago, des Otolemur, avec lesquels il possède quelques analogies lointaines par des particularités de dentition.

La fosse gutturale est profonde et va plus en s’élargissant en arrière que sur les Makis. Les apophyses ptérygoides sont très élevées, et elles viennent appuyer par leur extrémité postérieure sur le sommet antérieur des bulles tympaniques. Ges

dernières parties étaient arrondies à leur extrémité posté- ARTICLE N° 1.

MAMMIFÈRES FOSSILES D'EUROPE ET D'AMÉRIQUE. 99 rieure, effilées vers leur extrémité antérieure. Leur élévation était, d'autre part, considérable.

L’apophyse mastoïde, qui est complètement atrophiée chez les Lémurs actuels, aplatie et confondue avec la face postérieure du crâne et les bulles tympaniques, était sur l’Adapis forte, massive, très enlevée. L’apophyse jugulaire se détachait d’une manière bien marquée.

Le bord postérieur de la cavité destinée à recevoir le condyle des maxillaires inférieurs était très épais et se projetait sous la forme d’une lame osseuse s’élevant jusqu'à la portion moyenne de la bulle tympanique correspondante. Cette disposition ue se reirouve pas à un semblable digré sur les Lémurs actuels.

Par suite de l'existence de l’apophyse mastoïde, la face postérieure du crâne, au lieu d’être dirigée très obliquement de haut en bas et d’arrière en avant, était presque verticale dans sa partie inférieure. Son obliquité dans la portion supérieure tient à l’énorme prolongement en arrière de la crête sagittale.

Les condyles de l’oceipital étaient séparés (voy. pl. 1 de ce mémoire, fig. 7) par un sillon profond de la face interne de l’apophyse mastoïde. Au-dessus de chacun de ces sillons existe une dépression surmontée par un prolongement lamelleux du bord postérieur de l’occipital.

Sur la ligne médiane de la face postérieure du cràne on voit une arête osseuse, bien détachée, qui part du sommet de la crête sagittale et qui vient se termmer sur la portion moyenne du bord supérieur du trou occipital.

Dans mon travail sur les Vertébrés fossiles des phosphorites du Quercy j'ai fait connaitre les faits relatifs à la constitution de la face des Adapis, et j'ai signalé comme une particularité caractéristique de ces animaux le développement considérable de l’espace interorbitraire.

Ce que nous connaissions de la face supérieure du crâne des Adapis, nous révélait existence d’une crête sagittale beaucoup plus développée que celle présentée par les Lémuriens vivant de nos jours. Mais nous étions certainement bien

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loin de supposer qu’elle püt prendre un développement aussi considérable que celui offert par l'échantillon figuré sur la planche 4. Il est évident que cette partie osseuse ne le cédait en rien comme longueur et comme élévation à celle qui lui correspond sur les Carnassiers de la même époque. Sa hauteur, à sa partie moyenne, est de 0",008 et elle atteint 0",013 sur une portion de crâne d’Adapis magnus, faisant partie de mes collections. Sa longueur est de 0",043 sur l'Adapis parisiensis, de 0,050 sur l’Adapis magnus.

Le crâne des Adapis était très pincé en arrière des orbites, les fosses temporales présentaient une saillie assez renoncée.

Je signalerai comme particularité très accusée des crànes d'Adapis, sur la portion postérieure de la suture de la partie squameuse du temporal avec le pariétal, au niveau d'une ligne verticale passant par le bord postérieur du conduit auditif, un très large orifice veineux, dont on retrouve quelques traces, mais très effacées, sur les Mukis. Les Galago, les Nycticèbes et les Ofolemur ne m'ont pas présenté cet orifice.

ADAPIS PARISIENSIS, var. crassa.

(PI. 2 de ce mémoire, fig. 11, 12.)

La race d’Adapis que je proposerai de désigner par l’appellation d’Adapis parisiensis variété crassa est assez rare dans les dépôts de phosphate de chaux du Quercy. La structure de ses dents est la même que celle de lAdapis parisiensis, ces organites sont seulement un peu plus épais.

Le maxillaire inférieur est remarquable par sa grande puissance. Sa hauteur et son épaisseur sont considérables, comme on peut le voir par les figures 11 et 12 de la planche 2 de ce mémoire. La série dentaire avait, à deux ou trois millimètres près, la même longueur que sur l’Adapis parisiensis. En recherchant son étendue au moyen de deux échantillons dont l’un porte la partie de la série dentaire qui manque dans la pièce que j'ai fait représenter, on trouve 0,038. L’étendue de la

ARTICLE N° f. :

série dentaire, en arrière de la canine, est de 0",029, et nous avons vu qu’elle était de 0",095 sur l’Adapis parisiensis type. Je mets en parallèle, dans le tableau suivant, les mesures relatives à la hauteur fort différente du corps du maxillaire dans ces diverses formes animales :

Adapis

Adapis parisiensis, parisiensis. Var. Crassa.

m nm Hauteur en arrière de la canine.......... 0,008 0,012 Hauteur en avant de la première molaire.. 0,013 0,016 Hauteur en arrière de la troisième molaire. 0,015 0,019

Si les maxillaires inférieurs présentant cette force étaient plus abondants, j'aurais pensé qu’ils provenaient des mâles de l’Adapis parisiensis, mais en présence de leur nombre fort réduit on doit écarter une semblable supposition. Ils indiquent seulement une tendance à la création d’une race plus forte, plus robuste.

ADAPIS PARISIENSIS, var, curvirostris.

J’ai reçu, trop tard pour en donner la représentation dans ce travail, quelques maxillaires inférieurs provenant d’une race d’Adapis parisiensis trouvée dans les dépôts de phosphates de chaux du Querey. Les échantillons qui m'ont été remis sont très intéressants par suite de la modification considérable de forme du corps de la mâchoire, et je les ferai figurer dans une prochaine publication. La modification de forme porte sur l'élévation considérable de la portion du maxillaire correspondant à la dernière molaire, et sur la diminution rapide de sa hauteur à partir de ce point vers la région occupée par les incisives.

Le maxillaire inférieur ainsi constitué offre par toute la portion supportant les dents une ressemblance presque absolue avec les maxillaires de Propithèques. La mâchoire inférieure des Adapis a donc tendu à prendre la forme qu’elle présente dans quelques genres des Lémuriens actuels.

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Les nombres suivants vont permettre d'apprécier la modification si singulière et si intéressante que Je fais connaître.

Adapis Adapis Adapis parisiensis parisiensis, parisiensis, de # (Lype). race crassa. race Curvirostris.

Hauteur en arrière de la dernière m m m olainemMésE ur. SALAM" 0,015 0,019 0,021 Hauteur en arrière de la dernière ondes OPERA 0,013 0,016 0,012

ADAPIS PARISIENSIS, var. mutans.

(Voy. pl. 2 de ce mémoire, fig. 7 et 7 à.)

La variété d’Adapis parisiensis, que je proposerai de désigner par lappellation de mutans, nous permet de saisir en voie d’accomplissement une des transformations les plus remarquables du système dentaire de ces animaux.

Les prémolaires sont semblables à celles de l’Adapis parisiensis normal. Les deux premières molaires ne présentent également aucune particularité de structure à signaler, si ce n’est la disparition presque absolue du petit denticule interne placé sur le bord postérieur du tubercule antérieur interne.

La dernière molaire est beaucoup plus courte que sur les Adapis dont nous nous sommes occupé jusqu'ici, et lorsque l’on recherche à quoi tient ce fait, on voit que le troisième lobe formant talon est presque complètement atrophié. Il se présente seulement sous la forme d’une toute petite pointe annexée au bord postérieur du second lobe.

ADAPIS PARISIENSIS, var. mutata.

Sur un maxillaire inférieur (1), on voit que la disparition du troisième lobe de la dernière molaire, qui était presque effectuée sur l’échantillon précédent, a fini par avoir lieu, et lorsque l’on compare cette dent à celle de l’Adaprs angustidens représentant le type Adapis le plus pur que nous con-

(1) Voy. pl. 2 de ce mémoire, fig. 1 et 2.

naissions, on reste frappé du changement absolu qui s’est produit dans la forme de cet organite. Certainement si l’on eût trouvé primitivement le maxillaire inférieur de l'Adapis paristensis, var. angustidens, et le maxillaire inférieur de lAdayns parisiensis, var. mutata, on les eût rapportés à deux espèces et peut-être même à deux genres différents, et ce n’est que grâce aux intermédiaires, aujourd’hui retrouvés entre ces formes extrèmes, qu’il nous est possible de découvrir la parenté existant entre elles.

Nous voyons, en résumé, que parmi les Adupis parisiensis vivant durant l’époque éocène supérieure dans le Quercy, il s’est constitué sous l'influence seule de la nature des races chez lesquelles le système dentaire s’est progressivement transformé. Par conséquent, cette portion de l’organisme n’a pas celte immuabilité qu’on lui attribuait encore il y a peu d’années. J’ai signalé dernièrement dans un long travail publié dans les Annales de la Société des sciences physiques et naturelles de Toulouse (1), des faits de même ordre, relatifs aux Carnassiers, et J'ai pu prouver pour ces animaux que, non seulement la forme des dents s’était modifiée à la longue comme chez les Adapis, mais encore que la formule dentaire était susceptible de subir des variations, de se simplifier. Ces faits observés dans divers groupes de Mammifères concordent donc entre eux de la manière la plus remarquable, et ont évidemment une importance capitale au point de vue de l’évolution des types animaux,

ADAPIS MAGNUS (Filh.).

La dernière forme d’Adapis dont il me reste à préciser les caractères est celle que j'ai fait connaître sous le nom d’Adapis magnus. Je ne discuterai pas sur sa taille très élevée par rapport à celle de l’'Adapis parisiensis. L'Adapis magnus était presque d’un tiers plus grand que l’Adapis parisiensis.

(1) Annales des sc. phys. et nat. de Toulouse, 1882. H. ÉTUDES. — SC. NAT. XXVIL. #. — ART. N° 1.

38 H. FILHOL.

Les caractères de son système dentaire permettent très facilement de le reconnaitre.

Au maxillaire inférieur on voit sur l’Adapis parisiensis qu’il existe une très faible différence de taille entre la première et la seconde prémolaire. Sur l’Adapis magnus il n’en est pas de même (1), la première prémolaire est toute petite, alors que la seconde est énorme. Les nombres suivants, correspondant à des mesures prises sur un de mes échantillons, permettront très bien d’apprécier ce caractère :

re prém. 9e prém.

LOUER Ne sesese 00020 .0,0056 Hauteur se Sete NME CP RSS RE 0,0022 0,0055 PPdiSSEure chere A à 0,0025 0,0040

Les mêmes mesures prises sur l’Adapis parisiensis fournissent les nombres suivants :

{re prém. Se prém,.

Im m LOnetaur, sat ievrere MES A 0,0022 0,0025 Hauteur ............ Eos ter bre 0,0018 0,0022 PSE eme crncme cesse ro e 0,0020 0,0020

Par conséquent, la première prémolaire a sensiblement le même volume dans les deux formes, alors que la seconde s’accroit du double.

Dans l’Adapis parisiensis, les prémolaires vont en croissant de hauteur de la première à la dernière; dans l’Adapis magnus ce fait n’a pas lieu. La prémolaire la plus haute est la seconde, et les deux suivantes vont progressivement en s’abaissant.

3° prém. 4° prém.

Liu m onsueur-eE"ce 0 ÉTÉ HSodadsc .. 0,0057 0,006 Hauteur ............................ 0,0050 0,004 Épaisseur......... DOTE To ICO 0,0036 0,004

En dehors de leurs proportions, les trois premières prémolaires de l’Adapis magnus diffèrent de celles de l’Adapis parisiensis par le développement considérable pris par leur portion postérieure et interne qui s’élargit considérablement. Ce sont

(1) Voy. pl. 3 de ce mémoire, fig. 8.

des dents destinées à broyer, tandis que les autres sont destinées à couper. Quant aux molaires, elles se distinguent par l'ouverture beaucoup plus grande du croissant formé par le denticule antérieur et externe sur l’Adapis magnus.

Au maxillaire supérieur je signalerai la forme et les proportions fort différentes de la canine. Cette dent, faible sur l’Adapis parisiensis, est puissante sur l'Adapis magnus, chez lequel elle a un centimètre de hauteur et 0",007 de diamètre antéro-postérieur. Son bord antérieur, au lieu d’être tranchant, constitue une véritable face de forme triangulaire, parcourue dans sa portion médiane par un sillon profond. La face interne, au lieu d’être convexe, présente une saillie médiane dirigée suivant la hauteur de la dent. Elle est précédée et suivie d’un sillon très creusé.

La première prémolaire supérieure est toute petite comme sa correspondante d'en bas. La seconde prémolaire est plus élevée que les deux dents qui la suivent, et ces dernières vont en diminuant progressivement de hauteur. Les mesures suivantes permettront d'apprécier les caractères que je signale :

{°° prém. 2 prém. 3° prém. 4° prém.

m m m m Longueur ....... 0,0027 0,0045 0,006 0,0050 Hauteur ........ 0,0025 0,0055 0,0045 8,0042 Épaisseur....... 0,0025 0,0048 0,0055 0,0070

La deuxième prémolaire de l’Adapis magnus présente en dedans un fort talon très creusé, dirigé obliquement d’avant en arrière et de dehors en dedans. Ce talon est rudimentaire sur l’Adapis parisiensis.

La troisième prémolaire de l’Adupis miagnus possède deux pointes, l’une externe, l’autre interne. Rien de semblable ne se retrouve sur l’Adapis parisiensis.

Les molaires de lAdapis magnus ont leurs pointes plus coniques que celles de l'Adapis parisiensis, et, d'autre part, leur pointe antérieure et interne, en rejoignant les pointes externes par ses bords antérieur et postérieur, constitue un croissant beaucoup moins ouvert.

40 H. FILHOL.

Les faits sur lesquels je viens successivement d’appeler l'attention permettront toujours de distinguer facilement l’Adapis magnus.

Le volume si réduit de la première prémolaire, alors que suivant les lois de compensation la seconde prend un développement très considérable, permet de supposer comment la formule dentaire des Adapis est arrivée à devenir celle de nos Lémuriens. Chez les premiers de ces animaux le nombre des dents en arrière de la canine est de sept, tandis qu’il n’en existe que six sur les Lémurs vivant de nos jours. L’Adapis magnus nous montre probablement la phase durant laquelle la première prémolaire s’est réduite progressivement avant d’arriver à disparaître.

J'ai fait représenter (1) un maxillaire inférieur d’Adapis magnus très singulier par sa grande puissance. L’épaisseur de la mandibule est telle, qu'on pourrait supposer que l'on est en présence d’un cas pathologique. Son examen montre qu'il v’en est point ainsi. L’os dans toutes ses parties est absolument sain, et, par suite, les caractères que l’on observe témoignent seulement d’une variation individuelle ou peutêtre de l’existeuce encore inconnue d’une race d’Adapis.

L’étendue de la série dentaire est de 0",048. La hauteur du corps du maxillaire est de 0,015 en arrière de la canine, de 0",017 en arrière de la quatrième prémolaire, de 0",022 en arrière de la dernière dent en série. L’épaisseur est de 0,012 en arrière de la canine, de 0",013 en avant de la troisième molaire. Sur un autre maxillaire inférieur d’Adapis possédant la même étendue pour son système dentaire, 0",048, les mêmes mesures donnent les nombres suivants : hauteur du corps du maxillaire en arrière de la canine, 0",014; hauteur ex arrière de la quatrième prémolaire, 0,015 ; hauteur en arrière de a dernière molaire, 0",021. Ces nombres sont sensiblement les mêmes que ceux que j'ai transcris pour le premier échantillon, mais ceux qui sont relatifs à l'épaisseur, sont,

(1) Voy. pl. 2 de ce mémoire, fig. 9.

comme on va le voir, fort différents : épaisseur au niveau de la canine, 0,008 ; épaisseur en avant de la troisième molaire, 0",007. Il y a par conséquent pour ce dernier chiffre une différence de près de moitié. Le maximum de taille dont l’Adapis magnus m'a paru être susceplüble, m'a été indiqué par un échantillon que j'ai fait représenter dans mon travail sur les Vertébrés fossiles des phosphorites de Quercy (fig. 232-933). La hauteur du maxillaire est de 0",024 en arrière de la dernière molaire ; l'épaisseur en ce point est de 0 ,010.

Si l’on résume les caractères successivement énumérés dans les différents paragraphes de ce travail, on peut constituer le tableau suivant permettant de distinguer les maxillaires des différentes formes d’Adapis découvertes jusqu’à ce jour en France :

1° Adapis parisiensis, var. anqustidens. — Maxillaire inférieur : Première prémolaire forte. Mamelon très détaché à la base du bord postérieur des deuxième, troisième prémolaires. Présence sur le lobe antérieur de la quatrième prémolaire et des trois molaires d’une crête surmontée de trois pointes. Développement énorme de la troisième molaire.

2 Adapis parisiensis du Gypse. — Maxillaire inférieur : Effacement des caractères insectivores. Les prémolaires tendent à perdre leur tubercule postérieur, elles deviennent minces et tranchantes. Le lobe antérieur de la quatrième prémolaire et des molaires tend à devenir transversal et la pointe qu’il portait sur l’Adapis anqustidens en dedans du mamelon moyen s’atrophie et vient se placer à la base et en arrière de cet élément.

3° Adapis parisiensis, var. crassa. — Maxillaire inférieur : Développement en hauteur du corps du maxillaire, la série dentaire conservant les mêmes dimensions que sur la forme précédente d’Adapis parisiensis.

4 Adapis parisiensis, var. curvirostris. — Maxillaire inférieur : Développement considérable du maxillaire inférieur en arrière de la dernière molaire. Diminution rapide de cette hauteur à mesure que l’on se rapproche des incisives. Gette forme tend à celle existant de nos jours sur les Propithèques.

42 H. FILHOL.

Caractères dentaires les mêmes que sur les deux formes précédentes,

0° Adapis parisiensis, var. mutans. — Maxillaire inférieur : Disparition presque absolue du tubercule interne des molaires. Dernière dent en série très courte, le troisième lobe n'étant représenté que par un tout petit tubercule.

6° Adapis parisiensis, var. mutata. — Maxillaire inférieur : Même caractère des prémolaires que sur lespèce précédente. La dernière en série n’est plus composée que de deux lobes.

Adapis magnus.— Cette forme, par les caractères de sa série dentaire, par sa taille, ne peut, d’après les échantillons découverts jusqu'ici, être reliée aux précédentes. Les canines sont énormes, en quelque sorte cannelées. Les incisives inférieures, si elles existaient, élaent plus petites qu’elles ne le sont sur l’'Adapis parisiensis, malgré la grande différence de taille de ces animaux. Les prémolaires n’allaient pas progressivement en augmentant de hauteur de la première à la dernière. La première était très réduite, probablement en voie de disparition ; la seconde était la plus élevée de toute la série. Les deux dentssuivantes s’abaissaient progressivement. Les prémolaires avaient un fort talon interne et postérieur, très excavé. Le lobe antérieur des molaires était plus largement ouvert en dedans que sur l'Adapis parisiensis.

Maintenant que les caractères des différentes formes d’Adapis découvertes jusqu'ici en France sont bien connus, il est possible de rechercher si, ainsi que la supposé M. Cope, il y a identité entre le genre européen et le genre Nofharctus créé par Leidy, pour un pelit Mammifère découvert durant l’expédition de Hayden, en 1870, sur le Blacks Forck de Green River. Ce maxillaire inférieur contenait une série de sept molaires, toutes préservées à l'exception de la première prémolaire. La canine bien développée est placée immédiatement en avant de la série des molaires et les incisives remplissaient l'intervalle compris entre les canines. Ainsi les dents du maxillaire inférieur du Notharctus constituent une série Inin-

terrompue. Les incisives étaient tombées et l’état de leurs ARTICLE N° 1.

alvéoles est tel, qu’il était impossible de préciser leur nombre.

« La canine du Nofharctus, par sa position, par sa forme, par ses proportions, ressemble à celle des Carnivores ordinaires. Elle se courbe légèrement à partir de l’ouverture de l’alvéole légèrement en arrière, avec une inclinaison en dehors. La canine est fortement élevée par suite d’un accroissement en avant de la racine, ce qui s’observe à un âge avancé sur les Carnivores. |

» Les molaires représentées (fig. 37) grossies deux fois, sont considérablement usées sur l'échantillon et elles présentent les plis de dent usée par suite de l’usure due à la mastication.

» Les quatre prémolaires vont en croissant de grandeur et elles s'insèrent sur le maxillaire au moyen d’une paire de racines, excepté la première dans laquelle ces deux dernières parties semblent s'être soudées. Les couronnes des prémolaires étudiées d’arrière en avant indiquent une réduction successive vers une forme simple de la forme des molaires.

» La couronne de la seconde et de la troisième prémolaire, et sans aucun doute également celle de la première, qui manque sur l’échantillon, possèdent la forme conique des dents des Carnivores, malgré qu’elles paraissent moins proéminentes, ce qui est dû à leur état d'usure. Elles sont un peu plus épaisses en arrière qu’en avant, et une crête située à leur base constitue en arrière un talon et une saillie plus petite antérieurement sur la troisième prémolaire.

» La couronne de la quatrième prémolaire est intermédiaire à celle des dents la précédantet la suivant. Sa partie antérieure se compose d’un lobe conique semblable à celui des premières prémolaires; sa partie postérieure est un large talon correspondant au lobe postérieur des molaires. Le sommet du lobe principal s'étend obliquement en arrière et en dedans et il se

continue avec l’arête interne de la base de la couronne. En dehors il est entouré par un bourrelet.

» La couronne de la seconde prémolaire est usée longuement sur sa pente postérieure ; la couronne de la troisième prémolaire est altérée à un plus haut degré sur la mème partie et à

4 H. FILHOL.

un moindre sur sa face antérieure. Les molaires sont sensiblement semblables comme forme et comme constitution. La couronne des molaires à par sa constitution une certaine ressemblance avec celle du Racoon et à un moindre degré avec celle des Opossum, mais certainement cette ressemblance avec les deux formes indique une relation qui n’est pas purement accidentelle.

» Non altérée par l’usure, la couronne des molaires inférieures du Notharctus doit paraître composée de deux divisions. La division antérieure présente trois pointes proéminentes en série sur une crête en croissant aiguë. La pointe principale est centrale et externe, la seconde est interne et presque aussi bien développée, et la troisième, faiblement accusée, occupe la partie antérieure de la couronne. La partie postérieure de la couronne offre deux pointes élevées réunies par une crête en forme de croissant. La pointe externe et postérieure est la plus élevée, et celle qui est moins développée est placée au coin postéro-interne de la couronne. Un collet entoure la couronne à sa base, excepté en dedans.

» Chaque division de la couronne des molaires enferme dans ses branches en forme de croissant une dépression qui est plus large dans la division postérieure. La couronne de la dernière molaire est plus prolongée en arrière que ne l’est celle des autres, ce qui provient du plus grand développement dans cette direction de la division postérieure. »

Comme on le voit par cette description, les dents du Notharctus sont fort différentes de celles de l’Adapis. La canine, dans le premier genre, ressemble à celle« des Carnivores ordinaires », tandis que dans le second elle est constituée comme une incisive. Il suffira de comparer la figure 36, planche VI de l'ouvrage de Leidy, à la figure 350 de mon travail sur les Vertébrés fossiles du Quercy, pour saisir Immédiatement la dissemblance énorme existant entre ces deux organites.

Les prémolaires des Notharctus possèdent « la forme conique des dents des Carnivores ». Nous n’avons rien de semblable

MAMMIFÈRES FOSSILES D'EUROPE ET D'AMÉRIQUE. 49 sur l’Adapis. Dans la variété angustidens, qui offre les prémolaires les plus fortes, la couronne des trois premières n’est pas conique et il existe un fort mamelon en arrière de la pointe. Sur les autres variétés d’Adapis, ces mêmes dents sont tranchantes.

Quant aux molaires, celles du Notharctus ont à leur lobe antérieur trois pointes : « la pointe principale est centrale et externe ; la seconde, interne, est presque aussi bien développée, et la troisième, faiblement accusée, occupe la partie antérieure de la couronne ». Sur l’Adapis, c’est la pointe moyenne et non la pointe externe qui occupe, par rapport à la couronne, une position centrale. C’est elle qui possède le maximum d’élévation. Enfin la pointe interne sur lAdapis n’est pas placée en avant de la deuxième pointe, mais en arrière.

Comme on le voit, cet ensemble de caractères ne permet certainement pas de confondre le genre Notharctus avec le genre Adapis, et je partage absolument l'opinion de Leidy au sujet des affinités probables de ce premier genre. « Le Notharctus ressemble à la plupart des Singes américains, par l'union des branches de la mâchoire à la symphyse, par 1a petite taille du condyle, par la disposition continue de 3es dents, par le nombre des incisives, des canines et des vraies molaires qui sont également presque semblables par leur constitution. Le Nofharctus possède une prémolaire de plus et les autres ont une paire de racines. La ressemblance est si grande, qu’un seul petit changement serait nécessaire pour faire sortir des dents du Nofharctus les dents d’un Singe moderne. La même condition qui amènerait la suppression de la première prémolaire, entraînerait la réduction des racines des suivantes à une seule. Ce changement avec un raccourcissement et un accroissement concomitant en hauteur de la mandibule, donnerait les caractères d’un Cèbe vivant. Une réduction postérieure d’une seule prémolaire donnerait naissance à l’état du maxillaire des Singes et de l'Homme sur le vieux continent. » Je rappellerai, au sujet des modifications à intervenir dont Leidy parle à propos du Notharctus, que le

AG H. FILHOL.

Limnotherium de M. Marsh paraît ne différer du premier de ces genres que par la présence d’une seule racine aux deux premières prémolaires.

Il me paraît résulter de l’examen très attentif des débris de Lémuriens découverts à l’état fossile en France, qu’il n’existe aucune identité générique entre eux et les débris de certaines formes lémuriennes découvertes dans les couches éocènes supérieures de l’Amérique du Nord.

Je compléterai cette étude relative aux Adapis, en faisant connaître certaines parties des squelettes qui me paraissent avoir pu appartenir à des animaux de ce genre. Les comparaisons que j'ai pu faire de l’humérus, du fémur et du tibia confirmeraient de la manière la plus absolue, si mes rapprochements sont exacts, les indications fournies par le système dentaire entre ces animaux et les Lémuriens actuels. Par la forme des principales parties de leurs os, ainsi que par celle de leur astragale, les Adapis avaient beaucoup d’analogie avec certains Lémurs actuels.

L'humérus des Adapis parisiensis (1) rappelle celui des Makis. Les seules différences que l’on doit signaler portent sur le moindre creusement de la gouttière bicipitale. D’autre part, la crète deltoïdienne était plus détachée ; elle possédait à un degré exagéré la forme que l’on constate sur les Propithèques, mais elle était plus épaissie que sur ces derniers animaux.

L’extrémité inférieure de l’humérus de l’Adapis parisiensis diffère de celle du Propithèque en ce que la partie antérieure de sa surface articulaire n’est pas coupée par un sillon profond, comme elle l’est sur ce Lémurien. A ce point de vue l’Adapis aurait beaucoup plus d’affinités avec les Makis. Le trou artériel cubital est plus distant du bord supérieur de la portion articulaire chez l’Adapis qu’il ne l’est sur les Makis. Il est en même temps un peu plus développé dans le sens transversal.

(1) Voy. pl. 3 dece mémoire, fig. 1 et 2.

MAMMIFÈRES FOSSILES D'EUROPE ET D’AMÉRIQUE. 47 Les diverses mesures relatives à cet os sont les suivantes :

Longueur .......... unit. da 0,077 Diamètre antéro-postérieur de la tête....................... Jin 0,014 PETER VERS ONE DIE Re ee ce doses se doc ee 0,013 Diamètre antéro-postérieur du corps de l’os au niveau de la portion la

plus saillante de Ja crête deltoïdienne........................... 0,009 Diamètre transverse au même point..................,............. 0,007 Diaunètre transverse de l’extrémité inférieure....................... 0,019 Étendue transversale de la surface articulaire inférieure.............. 0,013 Étendue postérieure du condyle articulaire avec le radius............ 0,006 Étendue antéro-postérieure de la portion moyenne de la trochlée arti-

PME VOS IE ETES A <= mec Re dre ae 0,004 Distance comprise entre le bord supérieur de la trochlée articulaire avec

le cubitus et le bord inférieur de l’orifice artériel cubital.......... 0,005 Diamètre vertical de l’orifice artériel cubital................. Fu - 0,00%

Le fémur est droit, et il se distingue de celui des Lémuriens actuels par quelques caractères faciles à saisir. La tête est arrondie, et le col qui la supporte (1) m’a paru être un peu plus pédieulé que sur les Lémurs vivants. Le grand trochanter et la fosse trochantérienne sont absolument identiques aux parties osseuses leur correspondant sur les Makis. Le petit trochanter est très détaché et son sommet se trouve être séparé de la tête du fémur par un bien plus grand intervalle que sur nos Lémuriens. Cette particularité donne aux fémurs des Adapis un aspect très particulier.

L’extrémité inférieure n'offre aucune disposition spéciale qui puisse attirer l'attention.

Les dimensions de cet os sont les suivantes :

LoNétEnR fre. À uses rose Dates Tor ete PR NS FE 0,090 Diamètre transverse de l’extrémité supérieure. ..... 2er -bccroetuess 0,016 Diamètre antéro-postérieur de la têle.............,............... 0,009 Dratetre trinsverse del tete ERA TI RER, EN Mis 0,009 Diamètre vertical de la fosse trochantérienne............,......... « 0,002

Distance comprise entre le sommet du petit trochanter et la tête fémorale. 0,010 Diamètre antéro-postérieur du corps à sa partie moyenne........... 0,006 Diamètre transverse du corps au même niveau. ,......,.............. 0,006 Diamètre transverse de l'extrémité inférieure. ..,................... 0,014 Diamètre antéro-postérieur de la poulie articulaire... .... - s... SU UU7

(1) Voy. pl. 3 de ce mémoire, fig. 9 et 10.

48 H. FILHOL.

L'examen des nombres précédents montre que la longueur du fémur des Adapis était faible, si on la compare à celle de lhumérus. Ainsi, sur un Maki (Lemur varius), qui par la forme des pièces de son squelette parait être celui de tous nos Lémuriens qui se rapproche le plus des Adapis, la longueur du fémur est de 0",150, alors que celle de l’humérus n’est que de 0",106. Le rapport existant entre ces deux nombres est 1,44, le dernier d’entre eux servant de diviseur. Les mêmes mesures prises sur les os de l’Adapis fournissent les nombres 0",090 et 0",077. Le rapport n’est plus que de 1,16.

Le tibia des Adapis (1) était, par la forme de son extrémité supérieure ainsi que par celle de son corps, absolument semblable à celui des Makis. L’extrémité inférieure diffère seulement par le creusement beaucoup plus accusé de la gouttière correspondant à la face postérieure de la malléole interne.

Les dimensions de cet os sont les suivantes :

m LONPHEUT SL CARE me ecs ede E rene ire Ce CECPE 0,080 Diamètre transverse de l’extrémité supérieure...................... 0,013 Diamètre antéro-postérieur de l’extrémité supérieure................ 0,011 Diamètre transverse de l’extrémité inférieure..... sercos tarot 0,007 Diamètre antéro-postérieur de l’extrémité inférieure............... 0,009 Diamètre transverse de la surface articulaire....................... 0,007 Diamètre antéro-postérieur de la surface articulaire inférieure. ....... 0,005 Hauteur dela malléole {interne 2er er tte Eu APE 0,002

Le rapport existant entre la longueur du fémur et la longueur du tibia de l’Adapis est äe 1,192, le nombre correspondani à la dimension du tibia servant de diviseur. Le même rapport évalué sur le Lemur varius correspond au nombre 1,07.

L’astragale (2) est absolument semblable à celle des Makis. La seule différence que l’on peut observer porte sur ce que sa tête est un peu plus développée transversalement.

Je n’ai pu obtenir jusqu'ici aucun os de l’avant-bras que Je puisse rapporter avec certitude à l’Adapis. J'ai fait repré-

(1) Voy. pl. 3 de ce mémoire, fig. 4, 12.

(2) Voy. pl. 3 de ce mémoire, fig. 6, 7.

MAMMIFÈRES FOSSILES D'EUROPE ET D'AMÉRIQUE. 49 senter (1) un radius qui pourrait peut-être provenir d'un animal de ce genre. Les radius de formes semblables à celui figuré sont communs dans les gisements de phosphorites du Quercy, et les ouvriers m’affirment qu’on ne les trouve que dans les gites où l’Adapis est abondant. Le développement transverse considérable de l’extrémité inférieure donne à ces os un aspect si différent de celui que nous sommes accoutumé à voir sur nos Lémuriens, que l’on comprendra l'extrême réserve avec laquelle on doit accepter ce rapprochement.

Une portion supérieure de cubitus, faisant partie de mes collections, me paraît plus sûrement avoir dû appartenir à un Adapis. Gette portion du squelette s’identifie presque complètement par sa forme avec la portion lui correspondant dans le cubitus des Makis. La longueur des os de l’avant-bras par rapport à la longueur de l’humérus, me parait, d’après le fragment que J'observe, avoir été plus réduite sur ces derniers Mammifères. Mais l’échantillon est trop incomplet pour qu'il me soit possible d'émettre, relativement à ce fait, une opinion absolue. La taille de ce cubitus coïneiderait bien avec celle des radius dont J'ai parlé en dernier lieu.

Si l’on résume les observations précédentes, on voit que les Adapis, malgré les quelques différences de leur système dentaire, étaient des animaux présentant par leurs dents dans leur type le plus accusé des caractères un peu insectivores, et dans leur type transformé des caractères de Pachydermes. Ils constituent un groupe différent de celui des Lémuriens actuels, et c’est pour cela qu’anciennement j'ai proposé de les appeler des Pachylémuriens. Les Adapis devaient, vu la structure de leur astragale, être arboricoles.

Dans la prochaine partie de ce travail, je discuterai les similhtudes génériques indiquées par M. Cope relativement aux Pachydermes, aux Ruminants et aux Carnassiers.

(1) Voy. pl. 3 de ce mémoire, fig. 3 et 12.

50 H. FILHOL.

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