INTRODUCTION
En 1903, mon confrère et ami Eury, ayant été désigné comme expert par le tribunal civil de La Rochelle, au cours d’une affaire entre une laiterie coopérative et un sociétaire accusé de fournir un lait écrémé, entreprit une série d’expériences sur trois vaches nourries à l’étable.
En comparant séparément le lait fourni par chacune d’elles, à vingt-quatre heures d'intervalle (traite du soir), il s’aperçut que la matière grasse du lait est sujette à des variations quotidiennes qui atteignent parfois un taux assez élevé.
Des recherches de même nature, faites par Touchard etBonnetat (1) en 1905, donnèrent des résultats identiques. Il m’apparut qu'il serait intéressant d’avoir un nombre d'analyses suffisant pour se faire une opinion sur celle question particulièrement troublante en matière d'expertise.
M. le Vice-président de la Commission administrative de l’hospice Saint-Louis, à La Rochelle, ayant bien voulu m’y autoriser, je procédai pendant cinq jours à l'analyse quotidienne du lait fourni à chaque traite par quatre vaches de cet établissement.
Ainsi que les chimistes cités plus haut, je fus frappé des écarts rencontrés dans la teneur en matière grasse, à 24 heures d'intervalle, et pour des traites correspondantes.
Les obligations professionnelles m'empêchèrent pendant quelque temps de continuer ces recherches, que je ne pus reprendre qu’en 4910. À cette époque, je poursuivis mes premières expé-
(1) Journ. Industrie laitière, 1905, n° 2, p. 17.
riences et je fus amené, par analogie, à examiner le lait de femme ainsi que celui de chèvre et de chienne.
En même temps, j'étudiais les variations de composition du lait aux différents moments de la traite. Bien que ces variations fussent déjà connues, je pense que mes recherches n’auront pas été inutiles car j'ai tenu à opérer de façon rationnelle, en fractionnant très exactement le lait de chaque traite et en analysant séparément chacun des échantillons.
Ce travail m'a permis de tirer des conclusions qui ont peutêtre un certain intérêt, surtout en ce qui concerne la façon de procéder au prélèvement d’un lait de nourrice. J'étudiai également quelques causes encore peu connues des modifications profondes de la teneur du lait en matière grasse.
M. le professeur Blarez à bien voulu me faire l’honneur d'accepter la présidence de ma thèse et m'a donné, au cours de mon travail, de précieux conseils. Je suis heureux de pouvoir lui offrir l'hommage de ma reconnaissance.
Je prie M. Barthe qui s’est montré si bienveillant à mon égard, a daigné s'intéresser à mes recherches et m'a souvent donné des encouragements, de vouloir bien agréer l’expression de ma vive gratitude. |
Que mon ami Eury reçoive mes sincères remerciements. Il m'a le premier donné l'idée des expériences que jai entreprises et j'ai puisé d'intéressants documents dans sa bibliothèque qu'il a très obligeamment mise à ma disposition.
Je dois également remercier Mme la Supérieure de l'Hospice Saint-Louis, ainsi que les membres de la Commission administrative, de l’obligeance avec laquelle ils m'ont donné le moyen de mener à bien mes travaux, en mettant à ma disposition l’étable de cet établissement.