CONCLUSIONS
On publie fréquemmeot des dessins relatifs aux détails visibles à la snrface des planètes et nous-méme, sans doute, en ce qni concerne Jupiter, aurons l'occasion de faire une étude d'ensemble, dont le compte rendu actuel sera certainement un des chapitres les plus instructifs; mais nous ne vouions pas inutilement allonger cette analyse — pour nous en tenir strictement aux enseignements de la présente collaboration. Or, parmi les figures des diverses publications astronomiques, demandonsnous, tout d'abord, comment on cboisit celles qu'il est bon de publier. La réponse n'est pas douteuse : devant la multiplicité des observateurs et des reproductions, l'attention se porte nécessairement, de préférence, sur les dessins les plus parfaits, les plus riches en détails singuliers, les plus complets, pourquoi ne pas le dire, les plvs habiles, aussi.
Bien entendu, en tout ceci, nous admettrons pour absolue la bonne foi de tous les observateurs : il ne saurait en être autrement. Et puisque, dans cette coopération, nous avons rencontré toutes sortes de bonnes volontés, des néophytes et des professionnels exercés, armés d'instruments les plus variés, c'est précisément en nous basant sur cette égale bonne foi que, pour l'étude détaillée du 8 janvier par exemple, nous avons absolument renoncé à donner des poids aux observateurs, à faire plus de crédit, en un mot, à la perception de tel ou tel. Mais il n'en est pas moins vrai que les dessins de cette nature sont chose malaisée ; quiconque s'y est essayé en reconnaît les difflcultes et sait combien, malgré tous les efforts de sincérité, on peut être suggestionné, impressionné de tontes façons ; outre les idées personnelles que l'on peut avoir sur la contexture de la surface et de l'atmosphère de l'astre, on cherche machinalement à résoudre le plus de détails possibles, à dëfluir, en points, des zones plus sombres ou plus brillantes; la moindre singularité attire l'attention et l'on s'efforce d'en voir les prolongements — pour les noter aussi loin que possible. On construit ces prolongements par la pensée, et l'on cherche à les vérifier sur le disque apparent; la question se complique beaucoup pour les apparences de nuages, de fumées, à contours bien indécis; et, enfin, comment noter les couleurs, les tourbillons, les points noirs et les points brillants, dont l'existence est reconnue éphémère, ou pour le moins non permanente î
Ainsi donc, sans critiquer, en quelque sorte, les dessins si complets que l'on publie de tentes parts, nous pouvons dire, néanmoins, qu'ils ne sauraient présenter à nos yeux un caractère de certitude scientifique; et la lecture des travaux effectués sur les diverses planètes confirme cette défiance que nous devons avoir sur nos propres observations, et montre qu'un contrôle sévère devient aujourd'hui utile, même indispensable. C'est pourquoi il était intéressant de tenter des observations simultanées : il n'y a pas de doute sur les enseignements que nous pourrons en tirer, et il sera nécessaire, dorénavant, de recourir à de pareilles collaborations si l'on veut acquérir des notions précises — nous verrons même qu'il faut, à cet égard, une sévère discipline.
Si, an fur et à mesure que l'instrument est plus parfait, les dessins faits k la
même beure se perfectionnaient en gardant le même cadre général, les mêmes grandes lignes; si les mêmes masses d'ombre et de lumière se détaillaient, se résolvaient de plus en plus en fines apparences, la mise en place n'en serait point influencée, le caractère général de la sarface serait connu — et le problème serait résolu. Sur un disque comme celui que nous avons utilise, un millimètre correspond à environ deux mille kilomètres sur Jupiter, et il est éclatant que l'analyse progressive dont nous venons de parler est très loin d'être réalisée : en conséquence, on peut dire que la question doit être reprise de plus haut et que, sans chercher encore à trop interpréter les détails, nous devons, avant tout, nous efforcer d'établir nettement les très grandes lignes de l'aspect planétaire.
Ceci comporte d^à un enseignement précieux pour nos collaborateurs. Plusieurs d'entre eux étaient découragés à l'avance, à cause do peu de détails qu'ils pouvaient apercevoir avec leurs instruments, se rendant compte de leur soi-disant impuissance, vis-à-vis des dessins, si beaux, aperçus dans tel ou tel ouvrage : quelques-uns l'ont exprimé nettement, d'autres l'ont bien laissé voir. Or, ce doute a priori était une très mauvaise condition d'observation et, en outre, il n'est nullement légitime : certes, au point de vue astronomique proprement dit, au point de vue d'une nouvelle découverte si l'on veut, il ne faut guère songer à l'heure présente faire œuvre utile avec un instrument trop faible; mais il est loin d'en être de même pour l'objet que nous poursuivons, et au point de vue physiologique, au contraire, il est indispensable de pouvoir comparer de modestes dessins avec des reproductions plus complètes. On peut aller plus loin : nous ne saurons rien, ou bien peu de chose, sur la surface des astres, tant que nous ignorerons comment l'œil fait l'intégration de détails situés au delà de la limite de visibilité pour ne percevoir qu'une seule tache plus ou moins diffuse — ou pour ne rien ressentir — tant que nous ne pourrons établir, précisément, les lois de passage entre deux observateurs, les règles de dégradation progressive d'un objectif puissant à un plus faible. Ce point est assez mystérieux k l'heure actuelle et ne peut être éclairci que par des observations simultanées et nombreuses : ainsi, le rôle de chacun existe et présente son utilité, puisque tout observateur peut concourir à établir nettement un des échelons, celui auquel correspondent ses moyens, et que la connaissance précise de tous les échelons pourra seule donner confiance dans les détails délicats mentionnés par de gros instruments.
Mats, en supposant que l'on arrive ainsi progressivement à la connaissance de la surface, en éliminant dans les dessins ce qui peut être personnel, il y a une bien autre utilité à continuer les observations simultanées de Jupiter, au moment des oppositions — par exemple, deux à trois semaines avant et après : et, ici aussi, cliaqne espèce d'instrument aurait son rôle spécial.
Si l'instrument est muni d'un micromètre oculaire, il faudra, non seulement dessiner la surface, mais encore mesurer les positions exactes des bandes, comme nous en avons cité quelques cas dans le cours de ce résumé; on pourra encore déterminer avec précision les instants des passages, au centre du disque, pour les points intéressants de la surface, ce qui complétera les données actuelles relatives k
la raUtion d'ensemble et aux mouvemeats propres des partioatuités ; on pourra, atilemeot aussi, faire des mesures sur l'aplatissement, dont la détermination avec tonte l'esactitade possible laisse encore aujourd'hui fort i désirer.
Si l'iustroment ne possède paa de micromètre, il s'en faut que aon rôle, scientiRquement parlant, soit aunuté : il suffit d'avoir de bonnes images pour fournir de précieux documents relatifs à une dea questions les plus délicates, même aveo les plus grands éqaatoriaux, à savoir la mesure des diamètres des satellites. On notera le temps qu'emploie un satellite pour traverser le bord de Jupiter, et l'on peut en déduire son diamètre : or cette observation pent donner de très bons résultats, et nous avons va que la grosse m^orité des observateurs pouvait s'y livrer. On peut aussi, si l'on veut, noter le temps que met un satellite pour s'éclipser, pour entrer dans t'ombre : ce procédé est un peu mmns pi^is, il est vrai, à oause des difflcnltès de la pénombre, qui diminue progressivement l'éclat du satellite ~ mais il ne senut oependant pas inutile.
Etant données ces indications d'ordre général, seirons de plus près l'expéiience qui vient d'être faite : est-elle aussi complète - que possible? a-t-etle ét^ fait» dans des conditions favorables? et peut-on en tirer tontes les conséquences ntiteg qu'il était permis d'en attendre?
Non, assurément, et noua devons dire pourquoi, très franchement, afin d'éviter ultérieurement d'inutiles diffloultèa de la même nature.
Cette tentative, cependant, n'a pas été complètement infructueuse, il faut nous h&ter de le recniinattre : au premier aboird, en effet, quand nous avons été en présence des dessins si divers, avec des mises en place très différentes, il était légitime de penser qu'un olioLé moyen — on une épreuve moyenne — ne donnerait rïen d'assez précis pour être pris en considération, si ce n'est une teinte moyenne et très vague, inutilisable pour la configuration générale de la surface. L'expérience a décidé : l'exemple du. 8 janvier, que nous avions abordé, montre qu'il est utile de combiner les dessins et qu.e, réellement, ils sont susceptibles d'une résultante générale. A cet égard, à nos yeux, il ne saurait y avoir de doute : et des difficultés matérielles seules — au résumé un manque de ressources spéciales — nous ont empêché de réaliser le même travail pour toutes les séries d'observation, travail fort désirable.
Mais, si nos dessins actuels se prêtent à des conclusions pins étendues, s'il est utile de les amalgamer, si, par conséquent, il est ^ sonliaiter qu'une pareille entreprise soit résolue de nouveau, du moins les épreuves aotuelles soBl-elles suffisantes? ne peut-on obtenir mieosî et faut-il modifier, ou rendre plus sévère, le programme des observations? Pour élucider ces points, il surat de uoas reporter an programme même qui a été proposé, reproduit au début de c«it article, afin de voir oomment il a été rempli, et comment il peut être perfectionné.
Pour terminer ce programme, nous disions que ceux ;u* vouâraient hiem ta prenire en considiratias seraient bien irt^tirés de le suicrw ires (iriK;t«m«rtt, «t cette précaution n'était malbeureiisement pas inutile : les uns n'ont pas tenu contpt» du
disque que nous doontoos oonune modèle et ODt pris, arbitrairement, un autre diamètre; d'antres ont, sciemment, négligé l'aplatissement, prétextant qn'il n'avait pas grande importance dans la contlgaration générale; certains dessine ont été exécutés à l'heure dite, environ ; quelques autres, à une heure quelconque par rapport ik l'instant choisi. Nous accordons volontiers que chacune de ces irrégularités, en elle-même, n'a pas une très grande importance : mais il n'en est pas moins vrai, d'autre part, que le manque de discipline absolue crée parfois une situation inextricable, complique singulièrement les comparaisons — ou les rend impossibles. On ne retire donc pas tout le fruit désiré d'une série non homogène.
Dès le début, on demande de dessiner ce qui est vu, à une heure précise, sur le disque de la planète. L'heure précise, nous venons de le dire, est trop souvent méprisée ; l'étnde même, détaillée, des diverses séries, prouve manifestement, par la position de détails aussi irréfutables que l'ombre d'un satellite, qu'il s'agit généralement de l'heure tt peu prés — et c'est un tort. Parfois l'observateur s'est laissé entraîner par l'aspect d'un satellite : alors les immersions sont des plus variées, ce qui prouve qu'il a oublié Vheurt précise, distrait par un autre spectacle. Enfin, jusqu'à nouvel ordre, les indications de temps devront être faites en mesures sexagésimales, et non centésimales, qui viennent parfois aussi compliquer les comparaisons.
Noua disions aux observateurs dé dessiner exactement tout ee çm'ilb vbbhont, à Vheure dite ■ il ne peut y avoir ambiguïté, cela ne peut se rapporter qu'à ce qui est «u d'une façon absolument certaine. Or les descriptions fourmillent de locutions de cette nature : ce détail n'est pas sûr, tel autre est plus Eûr; la bande est soupçonnée, à peine soupçonnée, elle n'est pas soupçonnée; ce point est probable; il est douteux
que et, dans la reproduction en dessin, afin de pouvoir conserver les intensités
relatives, les choses douteuses sont marquées nettement — par suite les régions soupçonnées, ou très faibles, sont représentées par une teinte forte. C'est là une mauvaise coutume, un entraînement regrettable et, avant d'en indiquer le remède, nous allons parler de deux points connexes. 11 est gênant de faire figurer deux axes rectangulaires sur le disque, sous prétexte d'orientation, car le dessin a'orient« de lui-même avec la bande principale — et il ne s'agit que de choses vues — outre que, à notre connaissance, ce quadrillage ne peut être d'aucune utilité à l'observateur. En second lieu, c'est une mauvaise habitude que d'entourer les singularités, points remarquables, ou taches plus brillantes, avec un cercle pointillé; ce cercle devient ultérieurement très gênant, et ces singularités doivent appandtre d'elles-mêmes sur le dessin ou bien, si elles sont très délicates, être mentionnées et décrites d'une façon spéciale dans une petite note annexée.
Ainsi, déjà, respecter rigoureusement le cadre, l'heure, et ne marquer rien autre que ce que l'on voit d'une façon certaine.
On va nous objecter que nous utilisons mal les instruments — et incomplètement la perspicacité des observateurs — en repoussant de la sorte tes détails placés à ta limite de perception, détails très faibles, soupçonnés ou probables. Il n'en est rien, en réalité, et il suffit, pour le reconnaître, d'examiner la question d'un peu plus
près : sij en eifet, 'daus une série, les dessins étaient identiques dans leurs lignés générales, c'est bien réellement sur tes détails d'extrême visibilité pour un cLacnn — en admettant «ne vision uniforme — que l'on pourrait tabler pour reconstituer expérimentalement l'agrégation des nuances délicates en fonction de ta puissance de l'objectif; il est à souhaiter que nous atteigoions prochainement à cette période, mais nous n'y sommes pas encore, loin de là; les dessins d'observateurs contigus sont très différents, et nos études ne peuvent être précises, jusqu'à présent, que dans l'amalgame des masses assez générales d'ombre et de lumière.
lorsque ce point sera acquis d'une façon certaine, noas ponrrons utilement analyser les détails.
Ces détails existent, cependant, ou du moins ils sont sincèrement vus par les observateurs — nous n'avons pas la moindre intention de le nier — et il est twn de les noter. Mais il faut s'attacher, tout d'abord, à dessiner très nettement, à mettre en place rigoureusement, l'aspect général à l'heure dite, que l'on peut vérifier instantanément, en deux à trois secondes. Les détails ont dû être observés, avant ou après, à loisir : on pourra les relever, les dessiner sur des croquis spéciaux, annexés au dessin principal; ici, alors, trouveront leur place les choses soupçonnées ou douteuses, les points lumineux qui apparaissent et disparaissent, les détails fugitifs, les formes nuageuses et tourbillonnai res en mouxiement, etc.. et l'on pourra indiquer si ces apparences se sont produites une fois, deux fois,... avec une certaine fréquence, une périodicité approchée,,. Ainsi compris, les dessins seront plus faciles à comparer dans leurs grandes lignes et, s'il y a lieu de se livrer à un examen plus précis, les annexes serviront utilement à diriger la discussion.
Dans la sincérité même de ces observations, on peut faire une autre remarque fructueuse. L'observateur doit bien se persuader qu'il ne sait rien, a priori, et qu'il doit uniquement rendre ce qu'il voit : c'est une très ttonne condition, qui fut imposée à plusieurs d'entre eux, que de leur dissimuler les éphémérides du système de Jupiter; avec de faibles instruments, ils ignoraient s'il s'agissait d'une tache ou de l'ombre d'un satellite, ils ignoraient ce qu'il faut voir, et notaient en toute sincérité ; et même si le dessin est incorrect, il nous semble préférable d'avoir une ombre étrange, teWe qu'elle est apparue, plutôt qu'une ombre prévue, bien noire, circulaire, comme tracée au compas.
Qui sait? et comment un observateur (ffie-t-il nous affirmer que l'ombre avait le même diamètre que le satellite? ce sont là deux mesures fort délicates, même avec le micromètre d'un puissant réfracteur. Ce qu'il fallait voir n'a-t-il donc pas réagi? De même, par un temps variable, il vaut mieux jeter un croquis général que d'achever un dessin de mémoire. Enfin, pour les mêmes raisons, il faut oublier, aussi vite, ce qu'on a vu antérieurement : presque tous les observateurs s'inspirent de leurs dessins précédents pour arrêter les proportions de leur dessin actuel et, dans leurs descriptions, ils comparent leurs reproductions et leurs visions successives pour attirer l'attention sur ce fait que telle zone est plus ou moins blanche, telle bande
plus ou moins sombre, plus ou moins large, tel détail attendu n'est pas visible
Ils oublient ainsi complètement que, dans une collaboration efficace, leur person-
nalità doit disparaître : aucan dessin D'offre d'importaoce, en tant qu'impression isolée; il ne présentera son intérêt que combiné avec ceux des autres observateurs, à la même iieure, et, par conséquent, ce qui importa n'est pas la constatation de relativités entre les dessins d'un même observateur, mais bien les différences qui devront se présenter, d'elles-mêmes, entre les moyennes de deus soirées distinctes.
Revenons avec précision au programme proposé.
Ou demandait de placer le Nord en bas du dessin, comme on voit la planète dans une lunette astronomique : tous les observateurs, sauf un, y ont souscrit; mais presque tous, en revanche, ont oublié que l'instrument renverse aus-ii bien les images de droite à gauche que de haut en bas, et placèrent l'Ouest à gauche de leur dessin et l'Est à droite. C'est l'inverse qu'il fallait faire : maigre Inconvénient, du reste, si les descriptions n'étaient point remplies de vagues formules d orientation — l'extrémité orientale se relève vers le Sud, la bande a Une Inflexion méridionale qui se tourne vers l'occident... qui tourne quoi, sa convexité ou sa concavité? La partie méridionale pour l'hémisphère sud, est-ce la zone polaire ou la zone êquatoriaieî Et la lecture devenait assez difficile, lorsque, en outre. Occident et Orient- Ouest et Est, se trouvaient mêlés dans des ordres arbitraires.
Puis, que demandait-on comme légende? La minorité des observateurs décrit, en langage ordinaire, le dessin annexé, sans rien y ajouter : c'est une inutilité car la description détaillée ne pourrait être utile, nous venons de le dire, que pour les détails auxiliaires, les formes passagères... Trop heureux, lorsque la description ne nous dit pas que la surface ne présente aucune tairhe très sombre, tandis que le dessin en indique, au contraire. De plus, quelques observateurs adoptent, pour leur usage; des notations, lettres variées, indices, numéros, et il devient très difficile de,lire et de comparer plusieurs descriptions : il serait eruel d'insister siir les détails primordiaux que l'on négligea d'adjoindre à chaque dessin, nature de l'instrument, grossissement, état du ciel, qualité des images, teinte générale, intensités relatives...
En outre, on avait demandé de ne pas employer de couleurs sans faire une épreuve noire en même temps : à tort ce conseil n'a pas été suivi. A notre avis, il faut proscrire l'emploi des teintes : de même, il faut mettre son dessin au net, autant que possible aussitôt après l'observation comme cela était indiqué. Remettre à plus tard pour faire le dessin n'est pas une bonne condition; faire un lavis le lendemain, un dessin teinté, ou une aquarelle, en somme, n'est pas meilleur car on n'est pas aussi maître de ce procédé que de la reproduction au crayon. Le papier, lui-même, a son importance : trop fin, ou glacé, il ne supporte guère que les hachures; dô même pour le carton, glacé ou non ; mieux vaut employer un papier épais, grumeleux, genre papier à lavis ou papier d'aquarelle, avec iin crayon un peu mou.
Un dernier mot, pour les détails : si l'on dessine !a surface avec les ombres vraies, l'image est beaucoup trop paie et les différences de teintes sont imperceptibles — les nuances sont trop délicates ; les observateurs doivent donc exagérer un peu les teintes ; mais un juste milieu est à tenir, car d'autres dessins montrent des noirs vigoureux, irréels, et, pour mieux faire sortir les contrastes, il ne faut pas pousser k bçut
— Sites teintes violentes — le dessin devient trop, alors, une œu\Te d'&rt, et non plus une observation astronomique.
Au surplus, pour le tfixte, il faut encore s'en tenir à ce qui fut demandé : adjoindre, à chaque dessin, la notice qui le concerne, et ne pas reporter ces observations k un résumé général ou à des observations d'ensemble dont ii est fort malaisé de dégager l'essence quotidienne. Un observateur nous informe qu'il se sert, généralement, de deux on trois grossissements : ce n'est pas cela qui nous intéresse, c'est de voir mentionné, à cbaque dessin, le grossissement employé.
Enfin il ressort clairement de cett« étude que l'atmospbére terrestre joue nn rôle prépondérant dans les recherches et que, k tout prix, il faut parvenir & éliminer son influence : c'est pourquoi les observateurs agircfnt sagement en fournissant quelques indications sur la situation météorologique, vents supérieurs et inférieurs, température, état hygrométrique,. . L'influence est plus rapide qu'on ne saurait penser a priori ; certains observateurs très voisins, généralement d'accord, tombent brusquement un jour en opposition— ou inversement, les observateurs contigus sont en dfeaccord, l'un d'eux indiquant des résultats très analogues à un observateur éloigné, etc.
Résumons-nous :
Commencer à observer une demi-beure environ avant l'époque fixée ; noter sur des dessins séparés les divers détails permanents et constants ; une sorte de grille serait fournie pour permettre de repérer d'une façon homogène tontes les particularités; à l'heure dite, marquer rapidement et aussi exactement qae possible rem|>Iaement des détails constants ; à l'aide de ces repérages on devra, Rans tarder, mettre nn dessin au net; en outre, on aura pu, avant et après l'heure marquée, noter sur des croquis spéciaux les singularités, très faibles, douteusea, mobiles, variables, temporaires... qui seraient adjointes à la mise au ,net, comme notes; adopter sans' variantes aucnnes, l'heure ['), le disque, le cadre proposés; faire la mise au net au crayon sur nn papier à lavis ou à aquarelle, éviter les papiers et cartons lisses, frictionnés, couchés, ou glacés; ne pas employer nn crayon trop dur capable de rayer ; dessiner en forçant un peu .les teintes, mais sans aller jusqu'aux noirs ; ne rien tracer autre sur son papier que le dessin, tel que des lignea d'orientation, pointillés pour attirer l'attention sur certaines singularités... ; ne jamais se préoccuper, ni de ce qu'il faut voir, ni des observations antérieures; adjoindre, à chaque dessin, pour l'instant considéré, les renseignements principaux, cbiffrés autant que possible, qualité et état du ciel, qualité des images, vents supérieurs ou inférieurs et leur nature, toutes autres indications météorologiques, température, état hygrométrique, nuagea, brouillard, brume,...; avant tout, mentionner à chaque fois l'instrument. son grossissement ; la notice explicative ne devra pas décrire le dessin mais men> tlonner le repérage exact des détails principaux à l'heure dite sur la grille fournie,
(*) Quelques obserTa,teaTs ont rencoctrd des difQcnlIés ponr avoir l'heure précise. En général, on devra aniTra. quelque tempi »TMlt, puis après, sa montre par rapport il l'heure du chemin de fer; s'il n'y a pas de gare, suivre sa montre par rapport à une bonne horloge, mairie, monument quelconque, indiquer nettement les difâcultes qui ont pu se présenter, avant et après les observation), dans la connaissance de l'heure, l'approximation aar laquelle on peut compter — an du mot toutes les par tien tari tés chronomitriques.
la coloration gèoérale, les teintes particulière, les intensités relatives des pôles et des détails caractéristiques...; un« seconde description renfennera, tout i, loisir,
en dehors des faits primordiaux, les dessins et les iudicatioQs relatives aux phénomènes secondaires, variables ou temporaires, à la limite de la visibilité ; enfin, au besoin, on aura à donner les positions micrométriqnes des détails, les observations de satellites...
Telle serait la base générale d'une nouvelle coopération, plas fractoense encore \ que la première.