SUR
J'ÉTois depuis huit ans place' dans le grand e'tablissement auquel je suis encore attaché, lorsque je rencontrai une maladie que je n’avois jamais vue. J’en fis long-temps le sujet de mes méditations et pris Favis de plusieurs médecins distingués, qui souvent m’avoient, dans des cas difficiles, aidé de leurs sages conseils; mais cette fois je ne pus être éclairé de leur expérience : l’autopsie cadavérique seule m’apprit que la maladie en question étoit une tumeur sarcomateuse développée dans le nerf médian. Dès-lors je dirigeai mes recherches vers ce gefire d’afîection, et je vis que sa rareté avoit rendu son diagnostic incertain , même pour des gens de l’art d’un très-grand mérite. Il semble que les objets se présentent plus fréquemment en raison de l’attention qu’on leur porte ; c’est ce qui m’est arrivé. J’ai eu depuis occasion de voir deux fois cette maladie. Ce sont là les faits qui forment la base de cet opuscule ; je les ai mis en parallèle avec ceux qui se trouvent consignés dans les auteurs , et j’en ai tiré quelques conséquences pratiques. Tel est le contenu de la Dissertation que j’ai l’honneur de présenter à la savante Faculté de Strasbourg. Je sens que cette ébauche est peu digue de son suffrage ; mais, jaloux
<Î0 le mériter, je reprendrai mon travail dès que j aurai le loisir de mettre en ordre les matériaux assez nombreux que j ai recueillis sur ce sujet.