ET LES ASSISES QUI L'ACCOMPAGNENT
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IMS miTMis Avit m Govcns tutiaiiis iHfiiaiiiES oo hoib.
Le nom d!argih plastique est dû à Alexandre firongniart. Les caractères de ce dépôt ont ëtë décrits (1) par ce savant illustre avec une exactitude à laquelle il n'y a rien à ajouter aujourd'hui. II en a suivi la trace depuis Nemours et Montereau jusqu'à Paris, à Gondé près Houdan, à Abondant dans la forêt de Dreux. Partout cette assise s'est présentée à lui avec des caractères identiques qui ne lui ont pas permis de jamais la confondre avec d'autres argiles.
« L'aide plastique, dit Brongniart, est onctueuse, tenace, gé* néralement composée d'alumine, de silice et d'eau, n'offrant, dans le plus grand nombre de cas, que des traces de diaux, de fer, et ne faisant aucune effervescence avec les acides. Elle est absolument infusible au feu de porcelaine, lorsqu'elle ne contient point une trop grande quantité de fer pyriteux disséminé. Elle varie d'épaisseur deO",i à 16 mètres.
» On rencontre souvent deux bancs d'argile : le supériew, que les ouvriers ap^HLeut Jausses glaises , est saMonneux, noirâtre; il remferme quelquefois des débris de corps organisés ; // est séparé de V inférieur par un lit de sable. C'est au banc inférieur seulement
(4) Description géologique des environs de Paris ^ %^ édit., 1822, p. 47, 48 et 407.
• • * qa'appartiennentfètk caractères que nous avons donnés de l'argile plastique.
N Jamais (çÎT-nombreuses exploitations d'argile plastique n'ont fourni ni coRimmes, ni ossements, ni bois, ni végétaux. »
L{i di^l^tiôn si nettement établie par Brongniart entre Vargiie plastifie' eiiesjausses glaises est importante. Elle se maintient sur tout^iâVive gauche de la Seine. Le banc de sable qui les ^pare est qii£^tzeux, à gros grains; il a, en général, plusieurs m4(res d'^aisseur, ordinairement 5 à 6 mètres.
•• ^ Fréquemment traversé dans les sondages exécutés par MM. De-
/gôusée et Laurent, il a été mis à nu dans la tranchée des fortifica-
.'tions, à la porte d'Auteuil, et au même lieu à l'embarcadère du
chemin de fer. Là, la partie supérieure est agglutinée par un
ciment ferrugineux, de façon h donner un petit banc de grès de
10 à 35 centimètres d'épaisseur.
Cette assise sableuse se lie avec Y argile plastique à laquelle elle est superposée.
Si à ces trois assises ,
Fausses glaises^ Sable quarftetiK^ Argile pla^fiqtACj
■on» i^outons ,
^ i^ lo conglomérat à ossements avec fragments de craie el de calcaire pisoUtique découvert à Meudon par M. Gh. d'Orbîgny» au-dessous ^ l'argile plastique (i), en comprenant dans le ooo-^ gtomérat les trois lits qui le sép^u^ent de l'argile plastique, dans lesquels on trouve des végétaux, des mollusques d'espèces iden-^ tiques avec celles du conglomérat et des rognons calcaires,
2^ les poudiaguôs de Nemours que Ton trouve dans la partie méridionale du bassin de Paris, entre l'argile plastique et la oraie, et que Brongniait (2) considérait oconme indiquant le ri*nage d'np golfe occupé par la mer après le dépôt de la craie, et avapt oelui du teirain tertiaire ,
nous aurons cité toutes les assises que l'on observe entre le cal* «aire grossier et le terrain crétacé dans toute la partie du bassin de Paria qui se trouve sur la rive gauche de la S^ne.
En rapportant l'argile plastique et las coudues de nature di«fene auxquelles elle est associée aux assises à lignites du nord du
(4) MM., !'• sér., t. VII, p. 276 et 28^. 4836. (2) Loc, cit., p. 73.
bassin parisien, Brongniart a établi un fait qui detait être plef»cf|^. ment confiftné par les observations uliërieures ; mais il n'arait point cherché, ce qui était impossible à cette époque et ce qui ne se peut faire encore aujourd'hui qu'incomplètement, à établir la position exacte de chacune des quatre subdivisions , que nous venons de citer, dans la série des assises dans lesquelles le groupe des iignites du Soissonnais a été décomposé par les travaux ultérieurs. - Cette décomposition a été faite de bien des manières par lea différents auteurs qui se sont occupés dé ce terrain. Pour arriver à comprendre quel est le mode de subdivision le plus simple, le plus naturel, il est nécessaire de revenir un peu sur les principaux travaux relatifs à cette question.
M. Élie de Beaumont (i) a fait voir que les argiles à lignités étaient séparées de la craie par une assise sableuse assez puissante, constituant» dans le nord, une série de tertres isolés qui relient le bassin parisien avec les couches de même âge de la Belgique. M. d'Archiac(2), en rapportant à cette assise sableuse, à laquelle il donne le nom de glaucome inférieure^ les sables de Bracheux^ et en montrant que les Iignites, séparés de la craie par une assise de sables marins, l'étaient du calcaire grossier par une nouvelle assise plus puissante de sables de même formation^ fit faire un nouveau pas à la science.
M. Melleville (^) a rapporté, avec raison, à cette même assise inférieure les sables marins des environs de Reims, connus plu6 particulièrement sous le nom de sables de CItdlfmS''sur''Fe3le. Son mémoire fait connaître les caractères des sables inférieui*s beaucoup plus complètement qu'on ne l'avak fait jusqu'alors.
Ces divers travaux montraient que tput ce système de couches comprises entre la craie et le calcaire grossier devait être consi-* déré comme composé, daus le nord du bassin de Paris^ d'un pui»» sant massif de sable marin divisé en deux parties inégales quanta l'épaisseur par les argiles à Iignites^ qui constituent, comme l'a fait remarquer M. Élie de Beaumont^ un excellant horizon géo^ gnostique.
Nous avons désigué (4) cet ensemble de couches, cet éia^ du terrain tertiaire inférieur, sous le nom de sables duSoissonnaiSy^ouv
(4) Mfm. de fa Soc, géot.j f-^séi*., t. f, p. 4 0T. m Bkit de ItrSor, gèaL, **• ^r., f. Vï, p. '240, KU%: (3) BuH., \*^ séf., r. X. p. f97 (1839). -^ Méimire sur les sables tertiaires inférieurs du bassin d^ Pari s ^ Paris, in -S ff'843ï {4)^a//.,2«sér.,t. IX, p. 3B0.
nous rapprocher du nom anciennement usité, ligailes du Soésso/i" nais. Nous le divisons tout naturellement en trois assises :
î Sables du Soissonnais supérieurs.
Sables du Soissommais. l Li finîtes (4).
{ Sables du Soi ssou nais inférieurs.
Ces dirisions sont partout nettement indiquées, aussi bien en Belgique et en Angleterre qu'en France. Elles se trouvent sous le nom de glaucnnie inférieure, de lignites et de glauconie moyenne^ dans la Topographie géognnstique de l'Oise; seulement M. Graves a réuni à ces trois assises la gtauconie supérieure qui représente une partie du calcaire grossier inférieur, et qu'il faut nécessairement rapprocher de cette dernière assise.
Les noms, dont nous nous servons ici, conviennent au bassin de Paris; nous n'avons pas la prétention d'en proposer l'emploi pour les autres contrées où ces' mêmes assises se rencontrent, bien que nous attendions avec une grande impatience le jour où une nomenclature unique s'établira en géologie.
Cela posé, quelle relation doit^on établir entre ces trois assises de l'étage des sables du Soissonnais d'une part, et de l'autre, l'argile plastique de Meudon ou de Montereau , et les couches diverses auxquelles elle se trouve associée. Brongniart n'avait pas hésité à regarder les fausses glaises, où des Cyrènes avaient été rencontrées dans le puits de Marly, comme le représentant des lignites; mais l'état d'imperfection de ces coquilles, et l'absence, depuis cette époque, de toute rencontre analogue dans les fausses glaises, malgré les recherches si nombreuses dont elles ont été l'objet, l'identité de l'argile plastique de Meudon avec celle de Montereau, sur l'âge de laquelle les géologues qui s'étaient le plus occupés du bassin de Paris étaient si peu d'accord, l'analogie, enfin, du conglomérat ossifére de Meudon avec celui qui a été signalé pour la première fois par M. Preswitch (2), aux environs d'Epernay, audessus des argiles à lignites; toutes ces causes d'incertitude ne nous avaient point permis de nous faire une opinion précise sur ce sujet. Aussi, dans le tableau comparatif que nous présentâmes
(4 ) Nous avons déjà eu occasion de citer plusieurs faits qui prouvent que la place assignée ici aux lignites est exacte ; cependant nous n'en avons pas encore cité suffisamment, car il paratt y avoir doute dans l'esprit de quelques géologues; nous chercherons très prochainement à faire disparaître cette incertitude.
(2) Bull., «" sér., vol. IX, p. 85 (<837).
dans la séance du 19 ayril 1852, et dans lequel nous essayâmes de mettre en regard les diverses assises tertiaires de l'Angleterre avec celles du bassin de Paris, l'argile plastique de Meudon fut-elle placée au niveau des argiles panachées du Hampshire, au-dessus des sables et argiles à Cyrena cuneiformh, l'identité des conglomérats ossifères de Meudon et d'£pernay(l) étant alors admise comme un fait plus certain que celle des fausses glaises et des lignitesdu Soissonnais.
Le principal objet de cette note est la reproduction avec plus de certitude du fait de Harly et la démonstration directe de l'existence des argiles à Cyrena cuneijormis au-dessus de V argile plas^ tique. Mais pour ne point laisser d'hésitation dans l'esprit des obser- , vateurs que cette question intéresse, il nous faut reprendre Tétude des poudingues de Nemours et du conglomérat de Meudon.
§ 1". — Des poudingues de Nemours.
Ainsi que nous l'avons fait remarquer plus haut, les géologues ont été peu d'accord sur l'âge de ces poudingues (2).
M. d'Archiac les avait regardés comme l'équivalent du calcaire grossier; IVI. Raulin, comme l'équivalent à la fois des sables du Soissonnais, du calcaire grossier et des sables de Beauchamp. M. deRoys, après avoir cru d'abord que les poudingues étaient supérieurs â l'argile plastique , reconnut que l'inverse avait lieu dans le plus grand nombre des cas ; et enfin aujourd'hui (3) , il admet que toujoura les argiles sont supérieures aux poudingues. Il les regarde comme faisant partie d'une même formation clysmienne, résultat d'une grande dénudation qui a sillonné le ten^ain crétacé avant le dépôt des sédiments tertiaires.
De notre côté, nous avons cherché à examiner les choses de plus près, à nous rendre compte des véritables rapports; nous avons Inconnu d'abord que les poudingues de Memours ont bien le caractère que leur assigne M. de Roys. Us sont bien, en général, le produit d'une dénudation dont les parties grossières, les cailloux, se sont accumulés dans la région méridionale du bassin
(4) Ces deux conglomérats renferment en effet des ossements de mammifères que Ton n'avait point distingués spécifiquement, des dé^ bris de Tortues, de Crocodiles, d'Unios et d'Anodontes, etc.
(2) Voyez d'Archiac, Hist. des progrès de la géoi.^ t. Il, p. 626 et 627, où se trouvent toutes les citations relatives à cette question.
(3) 5tf//., 2«sér., vol. X, p. 615.
p9irisiep: Mais en même temps noua avons compris Torigine de rp{ûnion 4^ M. Baulin, en ei^aminant les poudingues des environs de Sauppes, qui n'ont pas toujoui's dts allures aussi tranchéeeu et qui semblent s'être formes pendant un temps beaucoup plus considérable. quie ne le comporte une simple dénudation.
G^ poudingues reposent directement sur la craie durcie par des infiltrations calcaires. Leur épaisseur va juaqiii'à 10 ou 12 mètres. Ils sont recouverts par le calcaire d'eau douce, inférieur aux sables de Fontainebleau. Le ci^inent qui les unit eat siliceux dans presque toute l'épaisseur de la masse ; mais à la partie supérieure, on voit les silex arrondis pénétrer dans le calcaire d'eau douce ji^squ'à. une certaine hauteur, en sortç qu^'ils ont dû être apporté», la où on les trouvt; aujourd'hui, pç^dant le dépôt des premièces assises du calcaire lacustre.
En outre, la masse principale des poudingues est antérieure à la masse principale des argiles plastiques de la contrée.
En effet, il n'est pas rare de remarquer de très grandes inégalités dans la sur^ce des cailloux et poudingi^es, inégalités comblées postérieureujkent par le dépôt de l'argile .
En voici un exemple :
En montant le cbemiu q<jii conduit du Faj à Nemoi^apar ChaintrQuville, on voU les poudingues ou les an»as de cailloiiu. au contaPt de la craie, et tout auprès, à droitç du cbiemin, dans U(pi petit boia, se t;rouvent dea trous d'extraction d'argile, où VoQ ri^n-- (^nti:e l^s cailloux à. des profondeurs vaiiables ; mais, d'après le témoignage des ouvriers, au3sitôt qu'on les i^ncontre^ on cesse de chercher l'ai'gile ; on est certain «le ne pas en trouvei; sous, les cailloux.
A. Argile. B. Cuilliiux.
Cette disposition relative de l'argile plastique et de& cailloux tient soit à des gKssements et à des pressions exercées par l'argile plastique, soit à des mouvements violents de dénudation lors, du dépôt de l'argile. Mais, dans tous les cas, cette disposition ne sauiait s'expliquer par un seul dépôt simultané des cailloux et de l'arigile.
On se rend très bien compte, parées différences de niveau, comment les phénomènes diluviens ont pu amener des amas dé cailloux par-dessus l'argile, comme la coupe du Fay en montre un exemple.
Cette coupe étant d'ailleurs ivèfi curieuse par les plissements variés de la plupart des couches qu'on y voit, nous la rcpioduirons ici.