ENVIRONS DE PARIS
Sable« à ossements et à Të-
^ redioes.
Sables argileux de Daroerie.
Subies supérieurs (Cuise, MerciD).
Man(|u«nt.
Lignites.
Ligcilas.
Fausset glai^ea.
Sables deCli&lons.ftur.yflsle.
Sables infërieuis (Biacbeux .
Looii, etc.).
fiables quartseux.
Argile plustiqne.
Goiiglonrifral de Meudon;.
poudingues de Nemours.
Nous laissons à dessein en dehors de ce tableau les sables et les calcaires lacustres de Riliy, qui forment un groupe à part, plus [ que tout ce qui précède.
§6. — De l'origine du conglomérat ^ de l'argile plastique^ des sables quartzf'itx et des fausses glaises.
1* Origine du conglomérat, — Nous avons déjà dû, dans les pages qui précèdent, exprimer notre opinion à ce sujet. Nous la rappellerons sommairement ici : les poudingues de Nemours, le conglomérat de Bougival et de Meudon portent tous les caractères d'un terrain de remaniement, produit d'une dénudation de la craie à silex. L'épaisseur de ce dépôt est constamment en rapport avec la profondeur de la dénudation. Elle est à son maximum dans les dépressions semblables à celle de fiougival, qui ont été le résultat de l'enlèvement du calcaire pisolitique et d'une partie de la craie blauche superGcielle ; elle est très faible à Meudon où la dénudation n'a enlevé qu'une partie du calcaire pisolitique ; elle est nulle à Montainville où le calcaire pisolitique, épais de 30 mètres, a été presque entièrement respecté, et n'est recouvert que par l'argile plastique sans l'interposition du conglomérat.
L'étude de ce conglomérat nous en a montré les éléments, disposés conformément à son mode de formation, les blocs et les parties pesantes à la base, les portions plus divisées et les sables à la partie moyenne, les marnes, résultat de la sédimentation des matières tenues en suspension dans les eaux, à la partie supérieure et contenant des concrétions calcaires cristallines, dues au carbonate de chaux, dont les eaux ravinantes étaient sursaturées.
2*" Origiue de C argile plastique, L*argile plastique et les sables qui la recouvrent peuvent-elles être le produit de cette même dénudation, comme le pense M. de Roys? Gela nous parait impossible. Les sables seraient sous Targile et non dessus, conti^irement à la position qu'ils affectent constamment. D'ailleurs, comment la craie dénudée donnerait-elle de Targile plastique ? Le» matériaux, qui entrent dans la composition des assises qui sont sous Targilcy proviennent bien évidemment de la craie et du calcaire pisoli tique ; mais on ne saurait attribuer la même origine à Targile plastique proprement dite, dans laquelle ni Brongniart, ni personne après lui n'a jamais rencontré de corps organisés, dans laquelle on ne trouve ni fragments de craie, ni silex, malgré le grand nombre d'exploitations ouvertes dans cette assise. £lle appartient donc à un autre phénomène, d'une date Décessairement postérieure ; car, en supposant, ce qui pourrait être, que l'argile plastique fût le résultat de la dénudation d'une assise argileuse, dv gault, par exemple, si cette dénudation eût eu lieu en même temps que celle de la craie, les matières en suspension dans les eaux qui provenaient de ces deux assises se fussent en chaque lieu déposées ensemble ; il n'y aurait pas eu le départ qu'on observe entre les sédiments calcaire» avec ooncrétions cristallines et les argiles paies,
D'ua «utre cûté, Tai^gile plastique pourrait n'être pas le résulut d'une dénudation ;. elle pourrait être arrivée à la surface du sol,. a la manière di^s gypses, pai' voie d'éjaculation, mode de formation qui s'appuie sur lautorité de M. d'Omalius, et que rien, dan» le cas actuel, ne rend inadmissible.
Mais loin de prétendre résoudre ces questions, nous ne les posons que pour luontier combien il reste encore à faire, après tant dkî travaux et tant d'efforts, pour nous rendre un compte satisfaisant de tout ce qui s'est passé dans notre bassia parisien.
Mous croyons que c'est priacipaiemeut de l'étude détaillée, des limites méridionales de ce dépôt qu'on peut espéi^r obtenir quelrques oouveUes luuûèi^s sur ceuce question. C'est de ce côté, en effet, que sur une vaste étendue, depuis Nogent-sur-Sêi ne jusqu'à Dreux, eja passant par Montueau et fiemours, se présentent les affleurements les plus nombreux. Au nord de cette ligne, l'argile {^astique couvre la craie d'un manteau presque continu, quoique d'épaisseur variable, jusqu'à une ligne dirigée du N.-O. au S.-£., longeant le versant méridional du Bray, auquel elle est parallèle, et allant rejoindre Mogent-sur Seine dans son prolongeu«iit. £Ue ne parait pas avoir contourné le pays de Bray. Quant à i'époque
— aide son apparition, elle se trouve resserrée entre des limites assez étroites, les argiles à Cyrena cuneiformis d une part, et de Fantre le conglomérat de Meudon, qui est postérieur au calcaire de Rilly, dont il renferme des fragments à Sézanne(l).
3* Origine des sables quarfzetix. Nous avons déjà dit que le dépôt de ces sables ne pouvait pas s'être effectué en même temps que celui de Targile plastique qui, dans ce cas, aurait occupé la partie supérieure du système. Ils marquent une nouvelle époque, quelque courte, quelque rapprochée de la précédente qu'on veuille la supposer. Ils paraissent toutefois se rapprocher des fausses glaises plus que de l'argile plastique. On pourrait supposer qu'ik sont le représentant des sables de Bracheux^ comme les fausses glaises seraient le prolongement des argiles à lignites. Mais j^&xX-'èVteXes Jausses glaises ne correspondent-elles qu'à une partie des argiles à lignites, et les sables quartzeux sont-ils synchroniques de la partie inférieure. Indépendamment de ces deiux hypothèses, on pourrait en faire une troisième, qui serait une conséquence naturelle du système dans lequel l'argile plastique, comme le conglomérat, est le résultat d'une dénudation. Dans cette hypothèse, en effet, le conglomérat provenant de la dénudation de la craie, l'argile plastique trouverait son origine dans le gault, et les sables quartzeux proviendraient des sables situés entre le gault et les argiles et calcaires néocomiens. 11 faudrait alors concevoir une série de dénudations successives produites par une irruption progressive des eaux de la mer dans la direction du N.-£. au S.*0. Le ravinement se serait d'abord exercé au centre du bassin parisien y aux dépens du calcaire pisolitique et de la craie; puis au delà de la ceinture crayeuse, sur une portion quelconque delà zone concentrique du gault; puis, enfin, sur les sables ferrugineux qui supportent le gault, et chaque fois les matières les plus légères, entraînées ou suspendues par les eaux, se seraient répandues, en se superposant au dépôt provenant de l'assise précédente, sur toute la partie du golfe abritée de la haute mer par le relèvement crayeux du pays de Bray et la ride qui devait en être, le prolongement.
(4) Les poudinguas de Nemours sont représentés, à Sézanne , par un amas puissant de silex roulés de la craie renfermant à la base des fragments de calcaire à Physa gigantea. Cette assise est dans cette contrée le produit de la dénadation des terrains préexistants, antérieurement au dépôt des autres produits tertiaires, exactement comme le conglomérat de Bougival. (Voyez BulL^ V sér., t. V, p. 396 et 406. 1848. — Ibid,^ t. VI, p. 728, 1849.)
On pourrait citer bien des raisons pour ou contre ces diverses hypothèses. Il serait prémiitiiEé de les discutei. Nous nous contentons^ dans œ cas^ oonune dans oehii de Fargile plastique, de po* serlaqaesciaB.
k^ lie Pfmgime des fausses glaises. Noua avons constaté, dans ce ifô. précède, que ces couches ne sont autre chose que le prolonge* meut des argiles à Cyrena cuneijormis et à Cerithium varimbile* Leur mode de formation est donc évidemment le même que celui 'des Ugnites du Soissonnais , avec des modifications purement accidentelles et locales. Ici, il n'y a plus d'incertitude, au moins dans notre esprit; il nous semble qu'un examen attentif de la succession de ces assises doit inspirer à tous les mêmes idées. Ces idées sont déjà consacrées par le temps, car elles ont été exprimées dès 1800 par Poiret (1), professeur d'histoire naturelle à l'école centrale de TÂisne, avec une précision bien remarquable pour cette époque. Les particularités qui nous frappent le plus aujourd'hui dans les lignites avaient dès lors fixé l'attention de Poiret: des lits presque exclusivement formés de matière charbonneuse, provenant de la décomposition de végétaux, des coquilles disséminées dans des lits de marne ou d'ai^ile , les unes , À la partie inférieure, exclusivement fluviatiles ou lacustres, les autres , à la partie supérieure , exclusivement marines ; Poiret eu conclut : 1^ que la contrée a été occupée par un lac, au sein duquel des rivières ou des torrents apportaient des sédiments vaseux ; 2® que des végétaux qui croissaient sur les lieux mêmes avaient produit les lits de charbon, comme aujourd'hui se produit la tourbe ; 3*^ que les eaux salées avaient recouvert le tout, et avaient permis la formation de ces lits de coquilles marines qu'on observe au-dessus. Il n'est pas possible de rendre mieux compte de l'origine des assises à Paludina tenta d'une part, et de l'autre du lit à Ostrea bellovacina. Pour que la pensée de Poiret devienne identique avec la nôtre, il nous suffira de lui donner un développement qui n'est nullement incompatible avec les expressions dont il s'est servi. Nous dirons que les lacs ou les marais dont il parle étaient plutôt de vastes lagunes s'étendant de Paris à Reading (Ham]»shire), à Londres, et à Bruxelles, en partie sur les sables marins inférieurs du Soissonnais et du pays de Reims, en partie directement sur la craie.
Au milieu de ces lagunes habitées par des coquilles d'eau sau-
{\) Journal de physique, t. Ll, p. 300. 1800.
- es -
mâtre, se sont foniiés, dans des portions plus ou moins étendues, de véritables lacs d'eau douce.
Les fausses glaises dans les environs de Paris formaient les rivages de ces lagunes ; la rareté des fossiles d'eau saumâtre s'explique par le plus grand éloignement de la mer ; l'absence de coquilles d'eau douce, et des lits charbonneux, produits à la manière de la tourbe, semblent indiquer qu'à cette époque les eaux douces ne pénétraient point dans la lagune de ce côté. Mais nous n'insisterons point davantage sur les détails de cette explication, le» lignites du Soissonnais faisant partie d'une autre série que celle que nous avons eu principalement pour but d'étudier dans ce travail.
Conclusion*
Les observations qui précèdent établissent les fait» suivants : 1** Les poudingues de Nemours , le conglomérat de Meudon et de Bougival, et les argiles calcaires qui le recouvrent, constituent une assise indépendante de V argile plastique. Formée aux dépens de la craie et du calcaire pisolitique, elle porte avec elle la preuve que cette dénudation a exigé un temps assez considérable. Ce creusement, opéré très probablement par les eaux de la mer, n'a eu lieu qu'après le dépôt des marnes à Physa giganieaj ce qui concorde avec ce que nous avons dit ailleurs (1), que ces marnes s'étaient déposées dans un lac dont l'existence était une conséquence naturelle de l'émersion de la craie et du calcaire pisolitique. C'est surtout à ce phénomène de dénudation que sont dues ces irrégularités de la surface de la craie, ces ravinements à travers le calcaire , les sables de Rilly et la craie sous-jacente , et postérieurement remplis par les dépôts marins les plus anciens que nous connaissions dans le terrain tertiaire du bassin de Paris, les sables de Bracheux. Déjà à cette époque vivaient à la surface des terrains secondaires émergés des mammifères dont les débris se trouvent dans le conglomérat, et notamment une espèce {Cory-^ phodon anthracoideutn) qui a continué à vivre jusqu'à l'époque des lignites.
2° V argile plastique proprement dite, qu'il faut éviter de confondre avec les autres argiles plus ou moins semblables, a été produite par un phénomène distinct, postérieur au précédent. S*estelle répandue sur la partie méridionale du bassin avant, pendant
(1) /?«//., «• 8ér., t. V, p. 406. 1848. — Ibid,, t. VI, p.
ou après le dépôt dts sables de Bracbeux , dans le nord ? Nous l'ignorons , mais nous savons d'une manière certaine qu'elle a précédé les argiles à Cyrena cunefformfs*
3* La même incertitude) restreinte toutefois entre les mêmes limites, règne au sujet des sables quartzeux qui séparent V argile plastique des fausses glaises. Ces sables pourraient être, en effet, ou bien antérieui*s aux sables de Bracbeux, ou leur prolongement, ou bien encore syncbroniques de la partie inférieure des lignites du Soissonnais; mais nous croyons avoir démonti^ qu'ils n'ont pas pu être formés en même temps que l'argile plastique, et qu'ils appartiennent à une époque postérieure. G>mme cette dernière assise, ils sont recouverts par les fausses glaises qui sont le représentant incontestable, sinon de la totalité, au moins d'une partie des lignites du Soissonnais.