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avec diarrhée et vomissements, que de la dyspnée et de
l'arythmie cardiaque.
Le pouls est dicrote; et ce dicrotisme présente € ce > carac= È
tère spécial retrouvé dans tous les cas observés, d’avoir une
persistance assez grande, on le retrouve en effet plusieurs
jours après la blessure alors que tous les autres symptômes
ont à peu près disparu.
Un autre signe, souvent noté, consiste dans des douleurs
névralgiques très vives et persistant pendant plusieurs jours; ces douleurs sont comparées par les indigènes à celles qu'ils éprouvent après une piqüre de scorpion. Elles sont localisées au côté ou au membre blessé.
Uu indigène, blessé très légèrement à l'épaule au combat de Balave, a présenté, pendant quelque temps, de la
névralgie du circonflexe ; chez d’autres, suivant la localisation de la blessure, on a noté des névralgies intercostales,
du sciatique, etc. @
Ces douleurs, dues vraisemblablement à de la névrite :
toxique, s'atténuent au fur et à mesure de l'élimination du | À poison, mais peuvent être plus ou moins durables.
Ces empoisonnements sont assez faciles à traiter : dès le
début, les symptômes s'amendent facilement sous l'influence d’une injection d'éther et de spartéine et cèdent définitivement en quelques jours à un traitement symptomatique approprié.
La deuxième forme que nous devons signaler est une forme d'intoxication rapide caractérisée par ses. allures bruyantes et graves. Dans plusieurs cas, la marche a été si foudroyante que toute thérapeutique, si rapide fut-elle, a été incapable d'enrayer une issue fatale, survenue en quelques instants.
Deux ou trois minutes à peine après sa blessure, le malade
est pris de vertiges avec céphalée intense ; il tombe brusquement dans un état d'adynamie profonde. Une sueur.
profuse couvre son visage et se généralise rapidement au tronc d’abord, aux membres ensuite. Le blessé est'anxieux
et né peut rester dans aucune position; il est en‘proie à des douleurs généralisées, mais se plaint surtout d'un lumbago
extrêmement violent. Le visage d’abord cyanosé, prend ensuite une teinte terreuse. Le nez pincé, les traits tirés, les veux hagards témoignent d'une angoisse profonde; le
malade éprouve une étreinte précordiale; il ne peut respirer, il étouffe. II a des nausées et du ptyalisme; il veut rendre
et ne peut y réussir qu'au prix de grandes difficultés; il
crache fréquemment et abondamment avec de nombreux efforts comme si sa salive contenait une substance nauséeuse. On voit ensuite survenir des troubles cardiaques et respira-
toires : les battements du cœur sont précipités et irréguliers; le pouls est dicrote, irrégulier. En même temps s'établit une dyspnée intense, avec respiration saccadée, irrégulière. Le blessé garde quelquefois toute sa lucidité, mais la plupart du temps il a des hallucinations et du délire.
Au fur et à mesure de l'accélération du rythme respiratoire, le pouls devient de plus en plus petit et rapide. Quelques convulsions précèdent un arrêt brusque de la respiration : le malade est mort. Cette scène terrible n’a duré
que quelques minutes.
Chez les blessés qui ont survécu à une pareille atteinte, les symptômes se sont amendés avant la période des convulsions. Les troubles cardiaques et respiratoires ont
diminué progressivement ; à la terrible période d'angoisse
succède une période de prostration profonde. Dans cette nouvelle phase, le blessé passe par des alternatives de bienêtre et de malaise ; à des périodes de repos succèdent quelques périodes d'angoisse de moins en moins durables et de moins en moins fortes ; puis le calme définitif se rétablit et le malade entre en convalescence.
Dans cette phase, dont la durée semble dépendre de la-
capacité de l'élimination du poison, nous retrouvons, mais
moins accentués, les mêmes symptômes qu'au début. L'hyperthermie est en général peu marquée, sauf dans le cas de complication paludéenne (ce qui s’est produit chez
GE
quelques Européens). La courbature persiste, le malade se sent las. La céphalée est assez durable et parfois très
intense; le sommeil est agité, brusquement interrompu par: à
de fréquentes hallucinations ; le délire est rare : cependant
il aurait persisté pendant plusieurs jours, même à l’état de |
veille, chez un Européen très sérieusement intoxiqué.
Les troubles de la respiration ne sont qu'intermittents : ils
se manifestent généralement par une dyspnée plus ou moins
intense; dans aucun cas le Cheyne-Stockes n'a été cons-
taté.
Dans quelques cas, on a trouvé de la cdngestion Sur .
naire unilatérale, siégeant toujours du côté atteint par la blessure. Cette congestion était généralement passagère ; cependant chez un Européen elle persista plusieurs jours malgré un traitement intensif. :
Comme les troubles respiratoires, les troubles cifeulatoires sont intermittents : ils consistent surtout dans de la tachycardie et de l’arythmie. Quelques blessés avaient un bruit de galop assez persistant, même pendant les premiers temps de la convalescence.
Le pouls participe aux variations de la fonction car disais et présente par intermittence des irrégularités d'intensité et de fréquence.
De même que dans les empoisonnements à forme bénigne, le dicrotisme, persistant pendant une assez longue que constitue un symptôme à peu près constant.
Plusieurs blessés ont eu des épistaxis : mais ce signe, apparaissant un ou deux jours après la blessure, est plutôt une exception qu'une règle.
Comme troubles des fonctions digestives, nous avons signalé tout d’abord un état nauséeux causé vraisemblablement par une saveur amère, très désagréable, de la salive.
Cet état dure quelque temps et empêche le malade d’étancher,
sa soif à cause des vomissements très douloureux qui suivent toute ingestion de liquide, si minime soit-elle. Les vomissements n'offrent aucun caractère spécial : alimentaires au
7 se NT ces rnbaie dE ttient un véritable supplice pour le blessé qui souffre énormément # de la privation de liquide. se RU | La diarrhée est la règle : dans quelques cas elle était ue par une constipation suivie plus tard de diarrhée fétide. » ARE Let
Les urines, rares au début, ont une teinte assez foncée et & | dégagent une odeur très forte.
-ÆEa miction est douloureuse, l'urine STE se le canal une cuisson très violente. Le ténesme vésical est très accentué au début. Ces phénomènes s’'amendent d'ailleurs
rapidement sous l'influence des diur étiques. rt
Les circonstances n’ont malheureusement pas permis de ire l'analyse d’urines chez ces blessés. FA | Tous les symptômes que nous avons essayé de décrire se sont présentés avec une intensité variable, suivant le degré de l’intoxication. Les flèches franchement empoisonnées ont donné des accidents très rapides; dans plusieurs cas, si les blessés n'avaient été conduits de suite à l'ambulance, la mort aurait été l’inévitable conséquence de la blessure. Ce fait s'est malheureusement produit deux fois : un tirailleur et un auxiliaire, atteints de blessures relativement bénignes, ont succombé rapidement, lun en 50 minutes environ, l’autre en quelques minutes à peine, parce que les cireons- tances n'avaient pas DOPRUS leur sortie immédiate du village | attaqué. Quelques blessés, ! très sérieusements atteints, ont dû l’atténuation de leurs symptômes à une hémorragie abon- __ dante qui, au moment de l'extraction de la flèche, avait dû entraîner hors de la plaie une partie de la substance toxique.
Ru l'hémorragie est l'exception dans les blessures par flèches et ne ÿe produit que dans les cas d'ouverture de vaisseaux assez importants. La plupart du temps, la plaie est absolument exsangue.
MNT convalescence chez presque tous nos blessés a été
assez rapide. Quelques Européens cependant, déjà fatigués par un long séjour, ont mis très longtemps à revenir à leur. état normal à cause de complications paludéennes survenues
dans le cours de la convalescence.
La troisième forme d empoisonnement est Ja forme lenté dans laquelle la mort survient insidieusement quelques
jours après la blessure. Cette forme est°très connue des
indigènes de la région, chez lesquels elle serait assez fréquente. M. le Docteur JoussET, qui n’a pu en observer.
qu'un seul cas, nous en a fait le tableau suivant :
« Les symptômes du début avaient été très bénins et ‘ & semblaient vouloir rétrocéder devant le traitement ordi-.
naire. Le malade se plaignait de lassitude, de céphalée
persistante et avait une légère dyspnée, du reste justifiée
par un peu de congestion pulmonaire. Mais ces phéno-
mènes avaient une allure bénigne et paraissaient vouloir
s'amender.
« Le troisième jour après la blessure, le malade fut pris
brusquement de symptômes plus bruyants : une dyspnée
violente, associée à une arythmie cardiaque très accentuée,
précéda une période de convulsions pendant laquelle la mort survint brusquement. Dans cette circonstance, une.
autopsie nous eût donné des renseignements très utiles, mais il nous a été matériellement impossible de la pratiquer. »
Les accidents généraux d'intoxication se sont présentés dans un grand nombre de cas sous une forme bénigne; dans les cas d'empoisonnement rapide et grave, il y eut
quelques décès, mais la guérison à échéance plus ou moins ;
longue a été la terminaison habituelle.
Les accidents locaux déterminés au niveau de la blessure par l’enduit toxique de la flèche ont revêtu, dans la plus grande majorité des cas, un certain degré de gravité et toujours les lésions produites ont été extrêmement longues à guérir.
Nous ne parlerons que pour mémoire des piqûres par