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Ne Dans les armes blanches employées per les rebelles, les * i flèches, par ordre de fréquence, tiennent le premier rang. ea Les indigènes jouent de l'arc avec une grande aisance et, Soit qu'ils visent directement, soit qu'ils fassent du tir indirect, ils obtiennent une DrÉCSIO pions aussi grande qu'avec leurs fusils. | La dimension générale des flèches est sensiblement la même pour toute la région qui nous occupe Ja longueur moyenne varie entre 50 et 55 centimètres. La forme générale est aussi à peu près la même. 4 | La flèche est généralement formée d'une tige en bois surmontée d’une pointe en fer forgé; qui y est fixée par une ligature en fibres de gousse de néré. Le bois de la flèche, en marka « byen kala », est constitué par la tige d’une graminée, ressemblant un peu au mil, mais de dimension moindre. Les tiges de 3 à 5 millimètres de diamètre sont. à coupées vertes et placées sur les argamasses jusqu’à se cation complète. y La pointe ou fer de la flèche, le « byen né » des marka, est confectionné par les noumoukés ou forgerons du village, qui en font un important commerce. Chaque fer est vendu, suivant la forme et surtout suivant la dimension, 10 à 20 cauries (50 cauries valent un peu plus d’un sou). Les différentes parties du fer de la flèche répondent en marka aux ñoms suivants, la pointe : da ou bouche; les TR barbelures principales : tlo ou tolo (oreilles); Les barbelures
2e at ras
nu : ngwoni, c'est-à-dire épines ; les sillons qui se trouvent entre le corps et les barbelures principales et qui: varient aussi suivant les noumoukés sont appelés wo, ce qui veut dire trou; les marques, toutes fantaisistes d’ailleurs, qui se trouvent sur le corps et quelquefois sur les barbélures :
wansa où tatouage : enfin, l'extrémité de la flèche qui s'en- fonce dans la tige est appelée kou, ce qui veut dire queue.
types principaux assez nettement différenciés les uns des
portent point sur le caractére différentiel mais sur des
détails plus ou moins compliqués, Pebeaa uniquement
de la fantaisie du fabricant. ; Nous avons cherché à savoir si un modèle dot nn
les barbelures principales presque toujours d'égale longueur ont une courbure demi- centrée ; il y a en général peu de
dessins nombreux et variés ; le tranchant des é: Dords est très accentué, ce qui lui a fait donner par les Bobo le nom de .« flèche couteau » (hinkazo). Cette flèche | s est très connue des indigènes du pays Marka Bobo, qui,
vont la chercher en pays Mossi. Elle est surtout utilisée par les chasseurs, qui s’en servent non seulement pour tuer le gibier, mais aussi pour le dépecer.
Les flèches du pays Minianka,: qui nous ont été MR de San, sont d’un modèle variable : certaines affectent une forme hélicoïdale, comme une vrille: d’autres, tordues sur leur axe, se terminent par une partie triangulaire, coupante,
‘connues des Minianka et d’ailleurs elles auraient une
origine Bobo.
autres; ces variantes que l’on trouve dans chaque type ne
barbelures secondaires ; le corps de la flèche porte des
i sont NA ou moins nombreuses suivant le.
Les formes données aux fers de flèche par. les forgerons sont extrémement variées. Elles se rapportent à certains
pouvait être spécialement attribué à une race. La flèche. Mossi a un type assez spécial : le fer est court et assez large; :
lorsqu' ils ne peuvent l'acheter à des forgerons de passage, \
assez large. Ces flèches ne seraient pas exclusivement
à | À : Ro.
Une des formes les dis isueliey! ee les Bobo. cs dar flèche élancée à barbelures latérales d'inégale longueur, | présentant sur chaque face, entre le: corps de Ja flèche ets . l'une des barbelures, un sillon longitudinal profond, s'éten- . dant presque jusqu’à la pointe. ÿ p | Te g ‘ . Dans les flèches Marka, ce sillon serait moins accentué | L et les tatouages de la flèche plus variés et plus nombreux. Les fers de flèches Nounouma et Samo sont moins ete ee et plus larges. RAS né © Les fers des flèches Gourounsi sont moins aplatis et affectent généralement une forme quadrangulaire, plus accentuée À du milieu vers Ja pointe; mais ils ressemblent PAPE . dans leur ensemble, aux modèles Bobo. :
re D'une façon générale, il est possible d'admettre que dans la région révoltée qui nous intéresse, en dehors de la flèche Mossi qui affecte nettement une forme spéciale, les autres modèles relèvent tous des types Bobo avec quelques variantes qui dépendent uniquement des fabricants. L’explication qu'on. nous a donnée de ce fait nous paraît vraisemblable : les noumoukés de ces régions sont presque tous | des Bobo, et les quelques Marka, Samo ou autres, qui se L “livreraient à cette profession ne seraient que des disciples de ces Bobo, établis Ds fort longtemps ne le pays comme forgerons.
Les pointes des flèches sont fixées sur les bars par des attaches en fibres de gousses de néré; les Marka dénomment d'ailleurs ces attaches” «néré kaka » ce qui signifie «fil du fruit néré». Ces fibres ne sont soumises à aucune préparation avant d'être employées; elles sont uniquement trempées dans l’eau, taillées en lanières et utilisées humides.
Les indigènes ne lient pas les flèches d’une façon quelconque; les méthodes sont assez nombreuses et chaque ligature a reçu une dénomination spéciale. Les ligatures n’ont que peu d'importance au point de vue différenciation des races qui les confectionnent ; quelques unes sont peutêtre plus spéciales à certaines régions, mais en général il ne
seuls AVES distinetifs.… 2 HE a ee j UNS
ie Nous allons résinier en : quelques notes ee “renseigne- > ments que nous avons pu recueillir sur la façon dont les
indigènés empoisonnent leurs flèches.
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4 Substances employées à l’empoisonnement des flèches.
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Les substances employées pour Fémpoisonnement des
| flèches sont nombreuses. La base commune à toutes ces / préparations toxiques est le strophantus employé quelquefois seul, mais le plus souvent associé à d’autres substances. Ces + Ÿ associations sont variées et les méthodes de e préparation 48 É ‘a | poison sont multiples.
KR Les indigènes apportent de très grands soins à la Culture à du strophantus. C’est ordinairement au voisinage des sokala “ : (groupe de cases), rarement dans la brousse, qu'ils en font des plantations. s L'arbre, qu'ils obtiennent par bouture, est fréquemment arrosé, la terre qui l'entoure est travaillée et fumée, il est protégé contre les animaux par des buissons épineux, et
, l'on n'hésite pas à lui atténuer les rigueurs du vent d'est par | des abris en paille. \ ne) Le propriétaire du strophantus est très jaloux-de son
arbre; il ne consent ni à donner ni à vendre de boutures et l'on ne peut s'en procurer qu'en les dérobant. Lorsque le
‘ fruit est arrivé à maturité, les gousses sont enlevées avec à ë précautions et mises en lieu sûr à l'intérieur des cases. La | graine, qui seule est employée, n'est généralement retirée %
des gousses qu'au moment de la préparation du poison.
Certains villages produisent des quantités de graines dont ils destinent la plus grande partie à la vente. Le prix en est relativement élevé; une petite poignée, qui représente
riron Lu sous).
Au passage de la ‘colonne dans la région ds Tounou, M. le Docteur Jousser à pu constater la présence. d’une … grande quantité de strophantus. Dans la plaine de Bara, leur nombre a été évalué à plusieurs CRE D'après des ue fournis par des indigènes, et qui, malgré . leur origine, nous paraissent vraisemblables, les régions de DU tibore. Tounou, Bara et Dan seraient dans le pays 4 Marka Bobo des centres connus de production et de vente
susceptibles de fournir à de nombreux villages la quantité __ de graines nécessaires. Dans la région des Marka Samo, les centres les plus réputés seraient Gœrza, Goin, Tomayé, Sankny et Pankèle. Le ”
La quantité de graines sorties de ces villages doit être assez considérable puisque, en dehors de celles qui ont servi à l'empoisonnement de toutes les flèches employées pendant la colonne (et toutes étaient empoisonnées), on à trouvé dans de nombreux villages de grands canaris remplis de graines prêtes à être utilisées.
Bien que nous n'ayons.eu à déplorer que quelques cas d’empoisonnement mortel, il n’en reste pas moins vrai que les flèches empoisonnées avec du strophantus constituent entre les mains des indigènes une arme très dangereuse, : susceptible de causer des lésions graves et toujours très longues à guérir. Cet inconvénient très sérieux aurait pu être évité si les circulaires provoquées à plusieurs reprises par le corps médical avaient été observées, et si la destruction systématique de tous les pieds de strophantus avait été imposée aux indigènes par l'administration civile.
Les matières employées en association avec le strophantus pour la préparation du poison sont la plupart d’origine végétale. La plus usitée est le latex d’une cactée appelée communément en raison de sa forme «euphorbe chandelle ». Cet arbuste est cultivé dans certains villages; il ne sert pas uniquement à l'empoisonnement des flèches, les indigènes
| — 16 — l'emploient aussi pour enduire de latex les semencès de mil, dans le but de les protéger contre les oiseaux. :
Pour le poison des flèches, ce sont soit des morceaux de tige, soit des morceaux de racines qui sont employées; elles sont soumises à l’ébullition en même temps que les graines
du strophantus.
Les Nounouma de Tchemba, en dehors du strophantus et de. l’euphorbe chandelle, ajoutent encore au mélange huit
morceaux de racines de cassia fistula, en bambara sindian, et le tubercule d’une plante qui pousse sur les bords de la
Volta et qui porte le nom bobo de léléma.
Chez les Marka de la région de Bara les plantes toxiques, ou supposées telles, ne sont connues que de cinq hommes, Marabouts ou Noumoukès, qui les recueillent et les conservent chez eux à la disposition des gens désignés pour . la confection du poison. Le mélange employé comprendrait, en dehors du strophantus, une plante grimpante dont nous ignorons le nom, l'écorce de caïlcédrat, quelques morceaux de racine d’une plante appelée en bambara coukou et une pierre translucide dite pierre du ciel ou sanbéré. Les Bobo du sud (canton de Bereba) emploient avec le strophantus, l'écorce du caïlcédrat et l'écorce d'un autre arbre qu'ils appelent sana. Ils y ajoutent des graines d'une petite malvacée qui répond au nomi de bimbolo; ces graines sont recouvertes d’un enduit cireux, qui, mélangé au reste du poison lui permet d’adhérer plus fortement au fer des flèches et lui donne un aspect vernissé, Comme l'indique le Professeur LE DanTEC, dans son traité de Pathologie exotique, cette adhérence est recherchée justement par l'emploi de plantes à latex.
Un procédé de préparation commun à certains villages, Marka, Nounouma et Samo, des bords de la Volta, consiste dans l'emploi avec le strophantus, d’une racine, connue seulement de l'individu qui prépare le poison. Sans l’addi-
tion de cette racine, le mélange n'aurait aucune valeur.
toxique. D'autre part, la racine, employée seule, servirait de
Rae Lio
: contre-poison à tout individu blessé par une flèche empoi- . | Sonnée par le strophantus associé à cette racine.
Aussi, dès que dans un de ces villages, un homme est logé par une flèche, le plus grand souci de ceux qui s’in- téressent à lui est de chercher à savoir quel est celui qui a | empoisonné la flèche, pour lui arracher, par tous les moyens ae le nom dela racine employée, seulé FAR d après eux, de rendre la santé au blessé.
Un autre produit d'origine végétale employé dans quelques villages est la balle de mil, laissée assez longtemps en contact avec le sol. Certains indigènes ne la ramassent sur le sol qu'au moment de s’en servir; d'autres, par contre, utilisent un mélange d’eau et de balle de mil préparé depuis
longtemps pour cet usage. A cet effet, un peu avant l'hivernage, un canaris est placé dans un trou préparé à l'endroit où les femmes battent habituellement le mil. Il est arrangé de telle façon que ses bords percés d’un ou deux orifices soient au niveau du sol. Ce canaris est recouvert d’un second canaris percé en son centre d’un petit orifice. Le mélange d’eau et de balle de mil recueilli de la sorte serait ajouté au strophantus et aux autres substances employées. | |
D’après les indigènes, le poison préparé 2 avec cette eau serait sans antidote, et Ile malheureux blessé par une flèche ainsi empoisonnée succomberait en peu de jours. Il est vrai-
‘semblable d'admettre que l’eau ainsi recueillie dans un endroit où les animaux de toutes sortes, bœufs, moutons, chevaux, peuvent séjourner et faire leurs déjections, soit fortement souillée et contienne des germes pathogènes. Le bacille du tétanos, qu'une ébullition insuffisante de la préparation toxique n’aurait pu entièrement détruire, ne serait-il pas la cause de cette forme incurable d’empoisonnement signalée par les indigènes ?
Les substances organiques les plus employées sont d’abord le crapaud, que l’on retrouve dans un très grand nombre de préparations; vient ensuite la tête de serpent :.le serpent
AY
ni
choisi est soit une vipère à tâches brun jaunâtre, soit le python. Les scorpions et les mille-pattes sont employés dans
quelques villages. | 2 ;
Les Bobo ajoutent à leur poison un petit insecte qui ressemble à une mante ; cet insecte se cache dans l'herbe au début de l'hivernage et constitue d’après les indigènes un vrai danger pour le bétail, car tout animal qui, par mégarde, l'aurait i ingéré, périrait très rapidement. FPE
Les substances organiques d’origine humaine cout employées dans la boucle de la Volta. Il en est deux au. sujet desquelles nous n'avons eu que des renseignements peu précis : le sang en putréfaction et la salive sanglante que les indigènes trouveraient dans la bouche d'individus morts de trypanosomiase et exhumés quelque temps après leur mort. En revanche, un procédé de souillure des flèches nous a été affirmé par le Capitaine BAYLE SAINT-SETIER : nous voulons parler de la piqûre anatomique dont les indigènes connais-
-sent bien les effets. Au moment des attaques, les révoltés
conservent leurs morts pendant 4 ou 5 jours, et même plus, avant de les enterrer. Ces cadavres sont placés près des: combattants ; ceux-ci avant de lancer leur flèche, la trempent profondément dans la cavité abdominale d'un cadavre de façon à la souiller jusqu'au dessus de la ligature; la flèche
est aussitôt tirée. $ :
Les matières inorganiques sont peu nombreuses ; quelques indigènes utiliseraient certaines terres meubles qu'ils trouvent aux environs des marigots.
Enfin, il est une autre substance qui relève plutôt du mysticisme que de la toxicologie : c'est ce qu'ils appellent la « pierre du ciel ». Toute pierre de forme anormale, de couleur peu commune, qu'ils rencontrent autour des arbres atteints par la foudre, viendrait du ciel. Ces pierres dont ils ont très peur et qu'ils recueillent très précieusement, joueraient, pour eux, un grand rôle dans la réussite de leurs préparations.
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