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par filtration à travers un panier neuf. Le liquide ainsi recueilli est placé dans un second canaris plus petit que le premier ét soumis à une nouvelle ébullition jusqu’à ce que par concentration il ait pris une consistance crêmeuse et soit de couleur brun noirâtre (aspect de l'extrait thébaïque dit LE Danrec). il est retiré du foyer et dès qu’il est suftisamment refroidi on peut l’'employer.
L'empoisonnement même des flèches n’incombe pas'au préparateur du poison; chaque propriétaire de flèches vient procéder lui-même à cette opération. Jamais une flèche n'est trempée directement dans le poison ; elle est enduite de la substance toxique avec un épi de mil dépouillé de son grain, Elle est ensuite exposée au soleil jusqu'à ce que le poison soit sec et bien adhérent, puis elle est limée à sa pointe et sur ses bords avec un couteau nommé « saano » qui ne peut être employé que pour cet usage.
Dans la région de Bara, le préparateur du poison garde un peu du mélange qu’il vient de faire, sur un linge propre et le porte dans sa. case de façon à l'employer contre les gens qui pourraient linsulter et le frapper. Il se vengerait ainsi de ces derniers, en leur faisant absorber ce poison sur une noix de kola ou encore en dilution dans l’eau.
La préparation du poison terminée et les flèches enduites,
Fe que deviennent les divers objets qui ont servi à l'opération? D Ici encore, nous trouvons des coutumes très variables 4 suivant les régions. | Chez les Marka, le canaris et tous les En dbles accessoires sont apportés précieusement au domicile du préparateur à qui ils serviront l’année suivante, Dans d’autres régions ce canaris est brisé et les débris sont placés dans ee une fourmilière. Si les fourmis abandonnent le terrain ou meurent, le poison est considéré comme bon. Chez certains Bobo fétichistes, un poulet est sacrifié au-dessus du canaris. Le sang et le reste du poulet sont ensuite déposés dans le fond du canaris, qui est rempli d’eau et placé sur un arbre jusqu’à l’année suivante où il sera employé avec ce qui reste de son contenu pour une nouvelle préparation.
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La plupart des fétichistes entourent l’acte de la confection du poison decérémonies plus ou moins compliquées. Nous venons d’en signaler une; dans d’autres régions dès que les flèches sont empoisonnées, le préparateur en apporte une au mossore, qui la dépose sur le fétiche et fait sur elle le sacrifice d'un poulet. D’autres, après le sacrifice du poulet
sur le canaris de la préparation, adressent des invocations à ce canaris, pour qu'il leur fasse trouver rapidement un gibier sur lequel ils puissent essayer leur poison. Les musulmans n’accompagnent la confection du poison d'aucun acte religieux ; il$ font comme à l'habitude les salams Fe réglementaires.
Beaucoup d’ indigènes font avant de s’en servir l'essai du poison. Les musulmans de Bara avant d'enduire leurs flèches piquent un coq entre les doigts avec un instrument tranchant quelconque enduit du produit toxique. Si l'animal meurt, le poison est considéré comme bon et est employé: sinon le préparateur est obligé de le refaire.
Ce procédé est en effet excellent : M. le Professeur LE DanrTEc, au cours de ses expériences sur le strophantus, a constaté que « les poulets jouissaient d’une certaine immunité vis à vis de l'empoisonnement strophantique et qu’il serait imprudent de manger la chair d’une volaille, qui aurait été empoisonnée parle strophantus, à cause des doses considérables de poison qui sont nécessaires pour causer la mort de l'animal ».
Chez certains Bobo, l'essai est fait sur une chèvre qui allaite. La piqûre est pratiquée à la mamelle. Le poison est considéré comme d'autant meilleur que le petit chevreau meurt plus rapidement. D’autres enfin, dès que les flèches sont empoisonnées vont faire l'essai sur du gibier, principalement sur des biches.
La confection du poison des flèches ne se fait qu’une fois par an. C’est vers la fin de l’hivernage, au moment de la maturité du strophantus, qu’elle a généralement lieu. Dans certaines régions elle n’a lieu que tous les deux ans et même
ë tous les trois ans, à moins cependant que les indigènes ne
soient obligés de renouveler leur provision épuisée. Les flèches empoisonnées constituent des instruments
sacrés. Placées dans un carquois, elles sont déposées dans le coin d’une case, où seul le chasseur ou le guerrier qui
doit s'en servir a le droit d'aller les éhercher. Ce sont des armes dangereuses, dont les noirs ont très peur. Leur crainte n’est d’ailleurs pas sans fondement et, au cours de cette colonne, nous avons eu par trop souvent à déplorer leurs effets néfastes.
La thérapeutique indigène, dans les cas de blessure par flèche est la plupart du temps plus empreinte de mysticisme que de logique : certains procédés cependant méritent d’être signalés. 4
Dans certains villages très arriérés, la flèche recoit au moins autant de soins que l'individu qu'elle a blessé. Nous avons déjà parlé de certaines plantes connues seulement
- d’un seul préparateur, et qui d’après lui constitueraient par
leur association avec le strophantus un produit très toxique, alors qu'employées seules elles seraient l’unique antidote des blessures par flèches empoisonnées avec ce produit.
Les Nounouma de Tchériba, après avoir fait saïgner la plaie par la pression, font des succions puis à l’aide d’une
corne de vache font ventouse sur la région blessée; après
quoi ils soupoudrent la plaie avec de la cendre produite par la combustion d’un crapaudé d’ une racine quelconque qui traverse un sentier.
Chez les Marka de Bara, la plaie après avoir été fortement pressée et sucée est saupoudrée de sel; le malade doit en même temps avaler une petite quantité de sel qui a touché Ja plaie. S'il y a un gonflement par trop fort, on fait des scarifications sur la région malade avec un rasoir. Si le blessé présente des symptômes d'empoisonnement, on lui fait absorber une infusion faite avec les feuilles d’un épineux
que les Bobo appellent épine rouge (ouomoule).
Si le malade présente de la dyspnée, l'infusion doit être
ce mélange au malade.
\ Chez certains Bobo, lorsque la plaie a été fortement
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