PREMIÈRE OBSERVATION
Nuance trés-lcgère de choiera. — Diarrbëe depuis plusieurs mois,
— Accidens inslanlanës. — Pâleur de la face, — Sueur froide.
— Tiraillemens dans les mollets. — Traitement. — Tisane de menthe, bue en abondance. — Vin de Bordeaux.— Sueur durant a4 heures. — Guciison.
M. II***, docteur en mëdecine, de Trêves, âgé de 33 ans, grand, fort, d’une bonne constitution, mais sujet à la diarrliée depuis quelques mois, prenait, le 2D septembre, l’observation d’un malade atteint de choléra. S’étant penché sur le pied d’un lit, pour noter les symptômes qu’il observait, il prétendit sentir une odeur particulière, désagréable, produite par les pieds du malade, qui était dans une agitation continuelle. Plusieurs personnes présentes ne purent reconnaître cette odeur. Quelques minutes après, le docteur H***, continuant d’écrire, devient pâlej il éprouve un accablement général, tremblement des mains, tiraillement dans les mollets, pesanteur des yeux, sueur froide de la face, froid des mains, pouls très-faible (6o pulsations par minute), douleur à l’épigastre, nausées, obscurcissement de la vue; tous les objets lui paraissaient enveloppés d’un brouillard. Conduit hors de la salle, M. H*** se trouve mieux à l’air libre; après
s’être couché, il boit beaucoup de tisane de menthe, et prend , par demi-verres , une bouteille de vin de Bordeaux dans la journée-: alors boiborygmes, sueur abondante pendant 2/1 heures ^ il dormit un peu. Le lendemain , M. se trouvait rétabli ,
mais il était très-faiblcr
Celte observation nous montre Tune des nuances les plus légères du choléra ^ peut-être même pourrait-on contester l’existence réelle de la maladie, et n’admettre les accidens signalés que comme signes avant-coureurs. Les vomissemens, diraiton, ont manqué, et la présence de ce symptôme a été donnée comme indispensable. On s’attend, en elTet , lorsqu’on se rend près des cholériques , à être témoin des efiforts violens et répétés qu’amènent les contractions de l’estomac : c’est une erreur ^ l’on est quelquefois plusieurs heures dans une salle de malades , sans en voir un seul vomir. Cet accident est très - variable : certains malades vomissent abondamment et pendant plusieurs jours ^ d’autres vomissent à peine, deux ou trois fois , quelques gorgées d’une eau blanchâtre ' 'et floconneuse. En général, c’est tout-à-fait au début que les vomissemens ont lieu. Chez quelques malades, les vomissemens sont accompagnés d’efforts violens et d’une anxiété profonde ^ mais communément les liquides semblent rendus par régurgitation, plutôt qu’expulsés. Revenant à la maladie du docteur nous voyons que, si
nous exceptons le vomissement, qui, ainsi que nous l’avons dit, est quelquefois à-peu-près nul, tons les signes du choléra existent^ aussi, n’he'sitons-noLis pas à regarder les accidens qu’il a e'prouvés, comme produits par cette alfection.
Le traitement suivi par le docteur H***" ne doit point servir d’exemple : il a réussi, c’est un hasard heureux^ le malade a joué, comme l’on dit , à quitte ou double. Semblable traitement tuerait inévitablement une personne délicate ou dont les organes digestifs seraient profondément altérés. Le vin , l’alcool et tous les excitans énergiques ne sauraient convenir lorsqu’il existe dans la membrane muqueuse de l’estomac et des intestins une inflammation aiguë^ or , nous verrons bientôt que ce genie de lésion se trouve chez les personnes atteintes du choléra.
Passons à un autre exemple mieux caractérisé.