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en Canada, à quelques arpents de son couvent ? Ni court qu'ait été son séjour sur les bords de la rivière Saint-Charles, ila dû parcouir, une fois au moins, les méandres de cette rivière, dont il nous à fait connaitre le nom indien. Que faut-il davantage ? Il est inutile d’ailleurs de s'arrêter à l’objection que ce missionnaire, venu ici pour évangéliser les tribus disséminées dans les forêts, se serait laissé arrêter par les difficultés d'un trajet pur eau ou à travers une foret vierge. La forêt vierge, sur cette pointe de terre, ne devait être que de simples broussailles.
Du reste, M. le Dr Dionne admet que le Frère Nugard a visité l'emplacement du fort Jacques-Cartier, quand il dit :
“ Les passages que l’on trouve dans les Voyages de Champlain “ sur ce sujet, (l'emplacement du fort Jacques-Cartier), sont beau- “ coup plus explicites que dans Sagard, quoique tous deux aient pu “examiner sur place les vestiges de cheminée, les traces de fossés, les ‘“ pièces de bois équarries et les boulets de canon dont parle le pre- “ mier gouverneur de la Nouvelle-France (21).
Peut-on supposer enfin, que le Frère Sagard se soit mépris au point d'évaluer à sept ou huit cents pas, une distance qui n’en a pas moins de treize cents ? Il ne faut pas oublier qu'il venait de passer une année en pleine forêt, au milieu des tribus huronnes, et à une epoque où toutes les petites distances se mesuraient au pas.
M. le Dr Dionne a fait une dissertation savante dans laquelle il tente de prouver: lo que la carène de navire trouvée en 1843 dans les vases de la rivière Saint-Michel (22) ne peut appartenir à la Petite-Hermine ; 20 que la rivière Saint-Charles a bien pu être visitée par des navires français entre les année 1536 et 1603.
Mais je demande comment acsorder ces deux conclusions avec cette phrase que je trouve dans son ÆZtude sur le découvreur du Canada : “ Or, il est impossible de retracer le passage en ces lieux (la rivière “ Saint-Charles) avant Champlain, d'autres Européens que Jacques “ Cartier au temps de ses découvertures et ses compagnons (23).”
8e. Cet extrait de l’£tude archéologique de M. le Dr Dionne sur le fort Jacques-Curtier et la Petite-Hermine semble bien aussi quelque peu étrange, si on le met en regard de celui qui vient après :
(21) Jacques-Cartier, p. 254.
(22). Cette carène de navire était recouverte de cinq pieds et demi de vase, id., p. 273,
(23) Zd., p. 276.