‹ Observations sur l'étude archéologique du Dr Dionne [microforme]Chapitre 2 sur 4 · M. le L: Dionne dit ailleurs · texte numérisé non relu

M. le L: Dionne dit ailleurs

“Le Brief Récit dit expressément que les vaisseaux servirent de ‘“ résidence aux marins et aux autres compagnons de Cartier. D'où ‘ l'on doit inférer que l’espace compris entre le fort et les vaisseaux “était très rapproché. Cartier n'aurait pu disposer autrement son ‘mode de fortification sans exposer son équipage à des surprises de “la part des sauvages, ! importait aussi que les sentinelles du guet “de nuit fussent en sûreté pour se rendre des vaisseaux au fort” (11). Se

Où les vaisseaux de Jacques Cartier auraient-ils été le mieux protégés contre les surprises des habitants de Stadin, qui se trouvait à peu de distance du côté de l’ouest ? Est-ce dans la petite baie située

(9) Zd., p. 9 (10) Zd., p. 4, note 1.

(11). Zd., p. 6.

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près de l'embouchure de la rivière Saint-Michel, sous le premier fort que je viens de supposer ? Est-ce à l'entrée de ia rivière Lairet avec un fort placé sur la rive est, à wn demi-wrpent au moins, du lit de cette rivière (13) ?

Dans le cas d’une attaque des sauvages, débouchant à l’improviste de la forêt, le fort placé entre l'ennemi et les navires, aurait protégé ceux-ci beaucoup plus efficacement que s'il eût été élevé sur la rive gauche du Lairet.

50. Pour prouver que les PP. jésuites se sont établis sur le côté est de la rivière Lairet, M. le Dr Dionne, après avoir invoqué ce qu'il croit être l'opinion du Frère Sagard et de Champlain, ajoute : “ Dans les deux citations que nous venons de faire des Voyages de * Champlain, nous trouvons la confirmation pleine et entière de “ l’assertion du Frère Sagard.

“ Ces deux auteurs nous assurent que le fort Jacques-Cartier “ était situé sur les bords de la rivière Saint-Charles, à l'endroit où “Les jésuites construistrent, pour leurs religieux, wne résidence qui, “de même que le couvent des récollets situé, comme on sait, du “ côté sud de la rivière Saint-Charles, portait le nom de Notre- “ Dame-des-Anges ” (14).

Et plus loin :

* Pour nous, personnellement, #4 ne fuit pas l'ombre d'un doute “que Cartier érigea son fort sur la rive gauche ow est du Lairet” (15). ‘

Les PP. jésuites n'avaient sur la rive est du Lairet ni habitation, ni ferme. Cela est incontestablement établi :

10 Par des actes authentiques qui prouvent que dès 1658, ils ont commencé à concéder cette partie de leur seigneurie (16) ;

20 Par le Père Bressani,contemporain et témoin oculaire, dont M. le

(13) L’acte de concession dela terre,où est situé le monument, accordée par les PP, jésuites à Mathurin Roy en 1658, prouve qu’à cette époque, comme aujourd’hui, il y avait cinq perches entre la rivière Lairet et le cap situé sur la rive est

(14) Jacques Cartier, etc., p. 256.

(15) Zd., p. 260.

(16) Le 28 octobre 1658, c’est-à-dire douze ans après leur entrée en possession définitive de leur seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, les Pères jésuites roncédaient à Mathurin Roy maçon de Québec, un arpent et aemi de front sur la rivière Saint-Charles, dans lequel se trouvait compris le terrain où ont été érigés la croix et le monument.

Dr Dionne invoque, du reste, le témoignage. Ce Père déclare que, de son temps, les jésuites étaient établis sur la rive droite du Lairet, c'est à-dire entre cette rivière et le ruisseau Saint-Michel (17). Maintenant je me demande sur quel document inédit M. le Dr Dionne peut bien s'appuyer pour récuser des autorités qui me paraissent si respectables.

60. Après avoir contesté l'exactitude de l'appréciation que le Frère Sagard à faite de la distance qui séparait le monastère des récollets (aujourd'hui l'hôpital général) du fort Jacques-Cartier, M. Dionne ajoute :

“ Cette petite esquisse biographique et bibliographique terminée, “ revenons aux sept ou huit cents pas que le Frère Sagard fixe comme “ limite de l'espace qui séparait le couvent des récollets du fort “ Jacques-Cartier. Les avait-il comptés lui-même ? Evidemment “ non, puisque, pendant les cinq ou six semaines qu'il passa dans son “ couvent de Saint-Charles, 4 n'avait que faire de mesurer un “ pareours qu'il Lui eût été parfaitement oiseux de faire, sans comp- “ ter les difficultés d'un trajet par eau et à travers une forêt vierge (2): “ quant aux jésuites ils n'étaient pas encore arrivés au pays, et, “conséquemment, ce ne pouvait être dans le but d'aller les visi- “ter (18).

“ D'où il suit que le témoignage du Frère Sagard, avec ses sept ou “ huit cents pas, ne vaut guère la peine qu'on s’y arrête ? (19).

Au temps où M. le Dr Dionne comptait ce bon Frère au nombre de ses autorités les moins contestables, il le qualifiait d'observateur avide de renseignements (20), et il disait vrai. N’aurait-on pas lieu d’être surpris si ce missionnaire historien n'avait pas connu, et visité plusieurs fois, le seul endroit historique qui se trouvait alors

(17) Le Fort Jacques-Cartier, etc., p. 27. Le Père Bressani a dû arriver à Québec avant 1643.

(18). M. Dionne mentionne,à deux reprises, pages 26 et 29 deson Etude ar chéologique une faute relative à la date de l’arrivée du Frère Sagard au Canada ; le typographe m'’ayant fait dire 1626 au lieu de 1623, dans une note de mon Etude sur ‘‘ les Points obscurs des voyages de Jacques Cartier. ” Je crois avoir prouvé que j'ai une connaissance suffisante des personnages et des faits des premiers temps de notre histoire, pour qu’il ne soit pas nécessaire de me défendre d’une erreur aussi insignifiante, que M. le Dr Dionne sait parfaitement être le résultat d’une faute typographique.

(19) Le Fort Jacques-Cartier. par N. E. Dionne, p. 29. (20). Zbid., p. 28.

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