EXISTENCE D'ANIMAUX MARINS À DE GRANDES PROFONDEURS. A
soudé aux fils de fer sur une étendue considérable. Les Serpules de la Méditerranée sont encore trop imparfaitement connues pour que je puisse déterminer spécifiquement ces Annelides, mais j'ajouterai qu’elles me paraissent appartenir à deux espèces distinetes.
En résumé, nous voyons donc qu’au fond d’une partie de la Méditerranée, où la profondeur de la mer varie entre 2000 et 2800 mètres, on trouve à l’état vivant un nombre assez considérable d'animaux, dont les habitudes sont complétement séden- {aires et que presque tous ces êtres appartiennent à des espèces réputées très rares ou qui avaient échappé jusqu'ici aux recherches des zoologistes, enfin que quelques-uns d’entre eux ne paraissent pas différer spécifiquement de certaines espèces fossiles dont les dépouilles sont enfouies dans les terrains tertiaires supérieurs du même bassin.
Ces résultats ne me paraissent dépourvus d'intérêt, n1 pour la géologie, ni pour l’histoire naturelle des animaux invertébrés; et ils peuvent nous faire espérer qu’une exploration plus complète des profondeurs de la mer fera découvrir dans la Faune actuelle d’autres espèces que l’on considère comme éteintes, parce qu'on ne les connaît encore qu’à l’état fossile. Les physiologistes penseront peut-être aussi que l'existence d'êtres d’une organisation aussi parfaite que celle des Mollusques gastéropodes, sous une pression de plus de 200 atmosphères et dans un milieu où la lumière ne doit pas pénétrer en quantité notable, est un fait qui mérite d’être enregistré.
PARIS, — Imprimerie de £. MARTINET, rue Mignon, z,
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