‹ Observations sur l'existence de divers mollusques et zoophytes à de très grandes profondeurs dans la Mer MéditerranéeChapitre 3 sur 5 · EXISTENCE D'ANIMAUX MARINS A DE GRANDES PROFONDEURS · texte numérisé non relu

EXISTENCE D'ANIMAUX MARINS A DE GRANDES PROFONDEURS

dans le terrain tertiaire supérieur du Piémont à Castel-Arquato, et qui a été trouvé aussi à Messine. 11 est conique, légèrement courbé, et adhérait au câble par une base très étroite. Sa muraille est garnie de quarante-huit côtes égales entre elles, peu distinctes inférieurement, mais assez saillantes, larges et granuleuses dans le reste de leur longueur. Le calice est presque circulaire, et présente quatre cycles complets de cloisons épaisses, graduellement amincies en dedans, et couvertes de petites granulations. Les palis sont médiocrement développés. Enfin la columelle est fortement chicoracée, disposition qui indique une structure fasciculaire. Or ces caractères appartiennent tous à la Caryophylha arquata, et n’ont encore été observés chez aucun autre Polypier de la même classe.

Une autre espèce du même genre et très voisine de la Caryophyllia clavus, mais qui est nouvelle pour la science, et qui pourra être désignée sous le nom de Caryophullia electrica, paraît être beaucoup plus commune dans la vallée sous-marine où reposait le câble télégraphique, car j'en ai trouvé dix individus ; tous portent des traces bien évidentes de leur développement sur ce conducteur. Ils sont d'âge un peu différent ; les plus grands ont environ 5 millimètres de haut et autant de large à leur partie supérieure. Le Polypier est droit, subconique, et finit par une base large et étalée, de façon à présenter une forme très trapue. Les côtes, au nombre de quarante-huit, sont très granuleuses et distinctes même sur le pied, mais ne deviennent bien saillantes que près du bord calicinal, où celles correspondant aux deux premiers eycles sont notablement plus fortes que les autres. Le calice est circulaire et médiocrement profond. Les cloisons forment quatre cycles complets, et on n’aperçoit aucune trace du cinquième cycle qui se développe de très bonne heure chez la Caryophyllia clavus. Celles des deux premiers cycles sont débordantes et presque égales entre elles ; toutes sont minces et échinulées latéralement. Les palis forment une seule couronne correspondante au troisième cycle septal, et sont larges, mais minces. Énfin la columelle est chicoracée et médiocrement développée. J’ajouterai que cette petite Caryophyllée ne me parait dif.

férer en rien d'un Polypier fossile du terrain pliocène, que M. Deshayes a rencontré à Douéra en Algérie, et que ce savant paléontologiste a bien voulu me communiquer.

Je ne puis rapporter à aucune division générique établie jusqu'ici un autre Turbinolien qui vivait aussi fixé sur la portion du cable déposé à une profondeur de 2000 à 2800 mètres au fond de la Méditerranée. Ce petit polypier, haut d'environ 1 centimètre, ne présente pas de palis comme les Caryophyllies et paraît devoir être placé entre les genres Ceratotrochus et Sphenotrochus. En effet, il ressemble aux premiers par sa forme générale et son mode de fixation, mais sa columelle est lamellaire comme chez les Sphénotroques qui sont libres. Il est conique et assez fortement courbé vers sa base qui est très étroite; sa muraille est nue et garnie de quarante-huit côtes, dont douze sont notablement plus saillantes et plus fortes que les autres. Son calice est un peu ovalaire et assez profond; les cloisons en même nombre que les côtes et disposées en quatre cycles complets, sont moins inégales et fortement granulées; celles des deux premiers cycles sont presque de même grandeur et légèrement débordantes; celles du troisième cycle sont notablement épaissies vers leur bord interne, de façon à simuler de faux palis, mais ne présentant dans ce point, ni dent, ni élévations marginales; celles du quatrième cycle sont très bien développées, quoique d’une extrême délicatesse; enfin la columelle est formée par une lame mince, ondulée et disposée suivant le grand axe du calice. Sa hauteur est d'environ 1 centimètre et on voit, fixés sur la partie inférieure de sa muraille, deux très jeunes individus qui probablement appartiennent à la même espèce, mais qui ne paraissent pas être le produit d’une multiplication gemmipare. Je désignerai ce Turbinolien sous le nom de Thalassiotrochus T'elegraphicus pour rappeler à la fois ses affinités zoologiques, son habitation en pleine mer et les circonstances qui l'ont fait découvrir.

Il est aussi à noter que la même portion du câble électrique donnait attache à une petite branche de Bryozoaires du genre Salicornaria, le S. farciminoides, à quelques Gorgoniens et à deux Serpules dont le tube calcaire d’assez grande taille s'était

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