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avec les ennemis de l'Etat... ” Tels furent les motifs invoqués pour condamner de La Tour, lequel, nous devons le dire, au simple point de vue politique, aurait dû se rendre en France et plaider sa cause en personne. Il eut connu alors la teneur des accusations que l’on portait contre lui. Il commit assurément une faute en refusant de s’y rendre, et il se priva en même temps d’un concours précieux sur lequel il pouvait Co1.,"* r pour soutenir sa défense.
«. Moreau, à la distance où nous sommes de ces événements, avait beau jeu pour écrire que la plus grande circonspection, la plus grande indépendance furent suivies dans cette affaire... “ La Tour, dit-il, plaida librement devant l’amirauté de Guyenne et devant le conseil d'Etat. Nulle faveur ne distingua le criminel d’Etat du serviteur; La Tour garda même les titres qui lui avaient été retirés par un acte formel du ministre compétent, si bien qu’ils furent qualifiés l’un et l’autre, dans l’arrêt définitif, de lieutenants-généraux au pays d’Acadie. * Il n’y a pas d'exemple d’un respect plus absolu de la légalité; et certes, il n’est pas permis de douter que la sentence n’ait été justement, équitablement rendue. ” (p. 196).
Quoiqu'il en soit de cet effort de M. Moreau pour prouver l’impartialité de ce jugement, il reste un fait indéniable : en février 1651, de La Tour, passé en France, expliqua si bien sa conduite que le roi lui accorda des lettres de grâce, et que, le 25 février de la même année, il le nommaït encore lieutenant-général en Acadie. Dans ces lettres, le jour de sa réhabilitation, il fut écrit ‘“ que le defunct Charles de Menou d’Aulnay de Charnisay aurait favorisé ses ennemis (à de La
: S'il en fut ainsi, c’est que, en dépit des arrêts du Conseil d'Etat, de La Tour n’avait pas encore perdu son titre de lieutenant général, comme a voulu le faire croire M. Moreau précédemment.
Tour) dans des accusations et suppositions qu’ils n’ont pu vérifier...” Ce qu’il y a de vrai encore, c’est que lors des procès intentés par les enfants de de La Tour contre le duc de Vendôme, pair de France, protecteur des enfants de d’Aulnay, un mémoire fut mis sous les yeux du roi, dans lequel il est dit ‘ que le sieur de La Tour se justifia de tout ce qu’on lui avait imputé, qu’il fut absous le 16 février 1651 des accusations injustes qu’on lui avait suscitées, et que le roi lui donna des lettres patentes par lesquelles il reconnaît que depuis quarante-deux ans le sieur de La Tour employait tous ses soins tant à la confirmation des sauvages en la foy et religion chrétienne et à l'instruction de leurs enfants qu’à l'établissement de son autorité en Acadie...” Ces mémes lettres portent précisément que le sieur de La Tour avait été absous en 1651 de l’accusation qu'on lui avait suscitée touchant le fort Saint-Jean, et elles le confirment dans toutes les concessions faites en sa faveur... ” Il fut encore inséré dans le même mémoire et toujours contre le duc de Vendôme: “ Si le sieur d’Aulnay s’est emparé du fort Saint-Jean en 1646, ç'a été à force ouverte et sans aucun droit. Ce qui est porté par les lettres de 1647 (de d’Aulnay) — que c’est par ordre du roy que le sieur d’Aulnay s’en est emparé—est une surprise. S'il était vrai que le sieur de La Tour se fût joint aux Anglais en 1646, Pour faire la guerre à son souverain, il fallait lui faire son procès dans les règles ordinaires, il fallait proriôncer la confiscation des dits biens au profit du roy, il fallait que le sieur d’Aulnay en obtint le don du roi. On ne rapporte rien de semblable. Bien loin de cela, les demandeurs rapportent des lettres patentes du mois de février 1651, par lesquelles le roy a reconnu l'innocence du sieur de La Tour et la fausseté du crime de rébellion dont on l’avait accusé. . .” En réponse au sieur Le Borgne associé de Son Altesse Royale le duc de Vendôme, les enfants de de La