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duite du Capitaine Marot; qu'en arrivant au Cap de Sable, ils trouvèrent La Tour fils... auquel Marot remit des lettres du sieur Tuffet, par lesquelles ‘ j] mandait au dit La Tour de se Maintenir toujours dans le service du Roy, et de n’adhérer ny Condescendre aux volontés de l’Anglais, comme Plusieurs mé. chants Français avaient fait, lesquels se ruinaient d’honneur et de réputation d’avoir desservi Sa Majesté, ce qui ne se pouvait espérer de lui, s’estant toujours maintenu jusqu’à présent... ” Il ajoutait que, pour cet effet, on lui envoyait des
laissé emporter aux persuasions de son père qui était avec les Anglais, souhaitant plutô la mort que de condescendre à une telle méchanceté que de trahir son Roy, qui donna du mécontentement aux Anglais contre le père de La Tour, qui leur avait assuré de réunir son fils à leur rendre toute sorte de services, ” Le texte de M. de Champlain est bien plus important que ne nous l’a montré M. Moreau. Dans ces lignes, il n’est pas question de combat, il est vrai, mais on voit un éclatant témoignage de l'attachement de Charles de La Tour à la Couronne de France et,en même temps,une allusion au moins à
déshonneur de trahir son roi, c’est qu’il avait donné des preuveyle son cu'«age et de sa fidélité. M. Moreau a voulu abré. ger Ce texte parce qu’il le trouvait trop favorable à de La Tour qu’il cherche à rabaisser afin de l’attaquer de nouveau
Ces lignes laissent dans toute sa force le récit de Denys,
qui ajoute : “ Le combat dura tout le jour et tonte la nuit. Ils tàächèrent d'approcher Pour couper les pieux ou Pour mettre
le feu, mais ceux de dedans étaient tellement sur leurs gardes qu’ils n’en Purent venir à bout; il y eut beaucoup d’Anglais de tués et de blessés en cette attaque, ce qui confirma la résolution du jeune La Tour; le lendemain, ils débarquèrent tous les matelots et soldats Pour l’épouvanter par le grand nombre qu’ils firent Paraître, et se rangeant derrière des retranchements de terre, qu’ils avaient faits la nuit aux quatre points du fort, d’où ils faisaient grand feu aussi bien que ceux de dedans qui ne tiraient point à faux, et qui en blessé. rent plusieurs, ce qui fit renoncer les Anglais à la prise du fort, les mateluts ne voulant plus donner et les soldats n'étant Pas en grand nombre, n’en ayant amené que ce qu’il fallait Pour y mettre en garnison, tant ils étaient assurés, sur le récit de La Tour père, de n’y trouver aucune résistance, dès qu’il
aurait parlé des honneurs et avantages dont Sa Majesté l’honorait... ”
2. Le récit de Denys est confirmé par le Mémoire dont nous avons parlé déjà. On y lit : “ La force Ouverte ayant suc- Cédé aux prières et aux menaces, son courage rendit inutile
toutes les attaques des Anglais qui furent obligés de se retirer. ”°
3. M. Moreau, on le voit, a voulu écrire une histoire à son goût. Sans autre preuve Pour appuyer sa thèse, il explique ici, à sa manière, le texte de Denys et il consent, en bon sire, à voir du patriotisme dans la conduite de de La Tour, et il se récrie contre toute idée d’héroïsme dont Denys a qualifié sa noble résistance. Le procédé peut être utile pour ménager certaines susceptibilités, encore que peu conforme aux llois de la science historique.
! Collection de Documents et Ms, vol. II, p. 355; Mémoire in re de Ia Tour.
ment — de l’héroïsme, car l’auteur Complète sa pensée par une phrase explicative qui témoigne que C’est malgré lui qu'il a fait cette Concession : “ Si de La Tour fils n’avait pas calculé d'avance ce que sa résistance à l’entreprise de son père Pouvait lui apporter de bénéfice, il put du moins avec habileté et promptitude en tirer parti...” Et voilà comment, par ce procédé malhonnête, disons le mot, l’auteur insinue, sans le Prouver pourtant, que l'intérêt Propre aurait bien pu avoir été le mobile de la résistance Courageu e de de La Tour. Ce n’est encore ici qu’une Supposition qui ne tient Pas debout devant les faits,
A la page 107, M. Moreau raconte la venue du Capitaine Marot. “I] remit, dit-il, à Charles de La Tour les ordres de Tuffet pour l’exhorter à se maintenir dans le service du roi et l’autoriser à Construire un établissement dans le lieu le plus convenable. La Tour se hâta, d'accord avec Marot, de faire revenir son père de Port-Royal, et tous ensemble ils résolurent de bâtir un fort sur les bords de la rivière St-Jean.” Puis, afin de jeter encore quelque discrédit sur les de La Tour, l’auteur ajoute: « Notons, en Passant, cette réflexion de Champlain sur cette affaire: “ Ce conseil (des deux Latour, sie M. Moreau) avait plutôt ses inclinations au bien de leur contentement et autres de leurs affaires particulières qu’à con-
tant par le conseil des dits La Tour, père et fils, que Marot et Pères Récollets, de faire une habitation à la rivière St-Jean.” “Sur ce conseil — non Pas sur celui des deux de La Tour
il y a cette seule différence que ce serait de La Tour fils qui
Prouve que, même pendant l'essai de Colonisation écossaise de sir William Alexander, les aventuriers français s'étaient maintenus en Possession de divers points de l’Acadie et qu’ils avaient continué à entretenir, par l’entremise des bâtiments pêcheurs et troqueurs, des relations avec la France qui se montrait décidée à ne pas es abandonner... ” Et nous ajoutons qu’elle Contredit ce que M. Moreau a écrit précédemment, que “l’Acadie était délaissée Par le gouvernement français, qui ne Pavait Pas réclamée depuis 1612, et qui ne semblait pas, à la distance où était de La Tour, devoir la réclamer jamais
Mais pourquoi tant insister Pour réfuter un auteur dont la mauvaise foi est si évidente et qui se donne tant de mal
Entre la version de Denys et celle de M. de Champlain,
aurait invité son père à quitter les Anglais et à venir le re- ‘ trouver. Quoiqu'il en soit, Claude de La Tour vécut, dès lors, dans une sorte de dépendance vis-à-vis. de son fils, puisqu'il fallut à Denys une permission pour l'aller visiter : “ Environ l’an mil six cens trente-cinq, je passay par là; je fus voir le jeune de La Tour, qui me reçut très bien, et qui me permit de voir son père en son logement ; ce que je fis. I] me reçut bien, m’obligea de dîner avec luy et sa femme: ils étaient fort proprement meublés ; dans le temps que j'y étais, il y arriva un Père Récollet, à qui la femme témoigna la joie qu’elle avait de me voir, ensuite je me rendis avec le Récollet qui me fit récit de son jardin et me convia de l'aller voir, ce que j’acceptai; j'étais curieux de voir tout et d’observer même ce qui s’offrait digne de remarque... Le jeune de La Tour avait aussi un jardin proche de son fort, du blé et des pois qui n’étaient pas aussi bien soignés que ceux du Récollet...”
.. Denys, on le voit, avait de la culture. Il nous a laissé un ouvrage trés important qui dénote chez son auteur des connaissances variées. Il se montre avide de tout voir, de tout connaître, de tout entendre. M. Moreau avoue qu’il avait, quelque connaissance du commerce et qu’il ne manquait pas d'intelligence (page 123). Il avait assez de savoir pour écrire un livre remarquable Pour l’époque et tout plein de renseignements, au point que M. Moreau va jusqu’à dire qu’il doute qu’il soit entièrement de lui. :
Nous laissons M. Moreau à son doute, et nous disons que le récit de Denys paraît inattaquable. Il est impossible que
* Il eut été bien en peine d'indiquer le collaborateur de Denys dans cet ouvrage: Description des côtes de l'Amérique septentrionale. Le dout= toujours facile, mais la preuve est loin de l'être. M. Moreau en sai. . «€ Chose.
cet historien ait accepté le récit de Charles de La Tour sans se donner la peine d’interroger les témoins qui vivaient nombreux encore, au cap de Sable, à cette époque. 11 put à loisir s'entretenir avec eux aussi bien qu'avec Claude de La Tour et son fils. On ne voit Pas non plus les raisons qui auraient poussé cet historien à raconter des fables au profit de Charles de La Tour. Dans l'entretien qu'il eut, soit avec le Père Récollet, soit avec les autres témoins de ce drame qui s'était passé cinq ans auparavant, ne lui était-il pas facile de se renseigner sur les causes de la dépendance de Claude de La Tour vis-à-vis de son fils? Se peut-il que le premier ne se fût pas récrié en entendant raconter une histoire qui rendait sa trahison plus criminelle encore et l’eût montré au monde comme un père dénaturé qui, pour satisfaire son ambition, n’aurait pas hésité non seulement à trahir son pays, mais encore à lever son épée contre son fils? M. Moreau a:t:il songé que Charles de La Tour ne dut pas s’enorgueillir outre mesure de la conduite de son père — et avec raison, certes — au point d’ajouter en plus une fable qui eût augmenté son déshonneur? À moins d’avoir perdu le sentiment du devoir et de l'honneur, ce qui ne paraît pas chez de La Tour fils, au témoignage de M. de Champlain, il existait bien des motifs pour lui de taire ces faits déjà par trop connus.
Quel besoin Charles de La Tour aurait-il eu d'inventer une histoire semblable? Pour se donner du crédit? Mais, n'avait-il pas rec a en 1631, du cardinal de Richelieu, sa commission de lieutenant général ès côtes de l’Acadie et du fort de La Tour? En 1632, la Compagnie de la Nouvelle-France,pour le récompenser de sa belle conduite, ne lui avait-elle pas accordé ne autre concession très vaste autour de ses forts ? L'année même où il fut visité, le 15 janvier 1635, cette même Compagnie ne lui ac ordait-elle pas le fort et l’habitation de la rivière Saint-Jee, ? Dans l’acte de Concession, il est qua-
lifié lieutenant général ès côtes de l’Acadie, Ainsi, en 1635, à l’époque où Denys apprit ces faits, Charles de La Tour, qui commandait sur une grande partie de l’Acadie, n’avait que faire de -aconter des fables, lesquelles, au lieu de servir ses intérêts, auraient pu leur être préjudiciables,
Disons enfin que Denys entretint des relations fréquentes avec de La Tour et ses Compagnons de 1635 à 1660 et qu’il lui eût été bien facile de confondre l’imposture. Arrêtonsnous ici. Le récit de Denys reste donc en tout point inatta. quable. Si merveilleux qu’il ait paru à M. Moreau, à plus de deux siècles de distance, il offre assez de garanties de sincérité pour qu’on y ajoute foi. Les circonstances dans lesquelles les événements racontés par Denys Parvinrent à sa connaissance donnent à ce récit toutes les qualités que l’on désire trouver chez les historiens honnêtes, sincères et impartiaux. M. Moreau est donc mal venu de ui opposer une argumenta-
qués ou des suppositions, laquelle, réduite à sa plus simple expression, débarrassée de toutes circonlocutions, ne peut tenir debout en présence de la saine critique.
Dans les dernières Pages du chapitre Ville, M. Moreau Passe rapidement sur la prise de Port-Royal et laisse entendre que toute l’Acadie était tombée aux mains des frères Kertk ainsi que la colonie de Québec. «“ En 1629, écrit-il, les Français ne possédaient guère en Acadie que le fort de Ta Tour et peut-être le fort Saint-Louis. Au Canada, ils n’avaient plus rien... (page 108). ” La vérité est que les Kertk, partis en 1628 d'Angleterre avec dix-huit vaisseaux, prirent Possession de Port-Royal, au nom de sir William Alexander, qui y laissa quelques familles écossaises, mais que, pressés de
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de Roquemont, Claude de La Tour, qui revenait de France pour rejoindre son fils en Acadie, Ainsi, en 1629, les postes où se trouvait Charles de La Tour ne furent ni attaqués ni pris et restèrent aux mains des Français grâce à la fidélité de de La Tour fils,
Cette explication était nécessaire pour bien comprendre M. Moreau. Richelieu gouvernait. Le 27 mars 1632, il fit une convention avec le commandeur de Razilly et le chargea de remettre la colonie de Port-Royal aux mains de la Compagnie des Cent-Associés, Isaac de Launay de Razilly, d'une ancienne et noble famille de Touraine, était compatriote du cardinal de Richelieu, “ L'acte du 27 mars 1632, dit M. Moreau (page 115), n’eut pour but que de régler ce qui touchait à la prise de possession d': Port-Royal. ” A la page 116, il ajoute: Le roi signa le: mai la commission du commandeur de Razilly : “ Nous vous avons commis et ordonné, commettons et ordonnons par ces présentes pour recevoir des mains des Anglais en notre nom le dit Port-Royal et d’iceluy prendre Possession...” Comment, muni de ces documents, M. Moreau peut-il écrire, à la page 116, que de Razilly avait seul l’autorité pour commander en Acadie ? L'auteur invoque ce qu’il appelle une pièce authentique, la Gazette, qui le désigne comme “ ayant commission Pour gouve,ner en toute l’étendue du Pays en l’absence du cardinal de Richelieu 7”. La vérité est que de La Tour, en 1631, et même avant que de Razilly ne parût sur la terre acadienne, exerçait le commandement au nom du cardinal et de la Compagnie de la Nouvelle-France suT un autre coin du pays. M. Moreau le dit lui-même (page 123) : “ La Tour, on le sait, avait un commandement en Acadie et il l'avait obtenu du cardinal de Richelieu avant même que le projet de l'expédition (du commandeur de Razilly)
* M. l'abbé Ferland, Histoire du Canada,
vol. I, page 246.
La Tour habitait l’Acadie depuis vingt-deux ans au moins, Peut-être depuis vingt-huit... Quand le Port-Royal fut tombé entre les mains des Anglais, il se retira avec son maître (de
tation.,, ” M. Moreau va encore Plus loin. A Ja Page 130, il écrit : “J usqu’à l’arrivée de Razilly, il était seul (de La Tour)
Puissance souveraine, et une autorité supérieure se montrait prête à Jui imposer des lois. Son indépendance disparattrait nécessairement avec l'isolement qui la garantissait et sa liberté serait même gênée, Avant l’arrivée du commandeur de RaziHy, il était de fait le Souverneur et Presque le roi de toute l’Acadie ; Car recevait-il des ordres de Ja métropole * Après, il ne Pouvait être au plus que le Capitaine des forts de La Tour et de Saint-Louis, ”
M. Moreau, en le voit, n’a pas peur des contradictions. 11 affirme d’abord que le commandeur de Razilly avait seul l'autorité Pour commander en Acadie, Plus loin, il admet que de Latour avait reçu, pour commander dans ses forts, une Commission du cardinal de Richelieu, avant même qu’on eñt confié au commandeur la mission de reprendre les forts sur les Anglais, et il ajoute que son titre était Kgal et régulier.
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Ainsi, toujours d’après M. Moreau, de Razilly aurait eu seul le commandement en Acadie et en même temps il ne l’aurait Pas eu seul... Enfin, de Razilly, de simple voisin et de simple concurrent qu’il aurait été pour de La Tour, serait devenu-— de par la volonté de cet historien — le seul gouverneur de l'Acadie. Voilà encore M, Moreau en contradiction avec luimême, N'est-ce pas le lieu de dire avec le vieux proverbe : Qui veut trop prouver ne prouve rien ?
Continuons avec M. Moreau qui écrit au même endroit : “ Le commandeur ne s'arrêta pas au Port-Royal, mais,charmé des beautés naturelles de l1 Hève et des avantages de son havre, il y fixa sa résidence et le siège de son gouvernement et se trouva à une très petite distance du fort de La Tour, en même temps qu’il eut sous sa surveillance directe, et en quelj'te façon sous sa main, toute la côte d'Acadie. C’est justement la contrée sur laquelle La Tour avait demandé dès 1627 à étendre son pouvoir. Celui-ci pourtant ne parut songer d'abord qu’à rendre sa condition meilleure avec la Compagnie. Ïl passa en France au mois de novembre 1632. Il obtint une concession de terre autour de son fort, et, au mois de mars, il se prépara à y transporter des colons. La lettre lui donne le titre de lieutenant général pour le roi du fort de La Tour. ” Soulignons quelques expressions. M. Moreau dit d’abord que de Razilly, en s’établissant à la Hève, se trouva à peu de distance du fort de La Tour et qu’il eut en même temps sous sa surveillance directe et en quelque façon sous sa main toute la côte de l’Acadie... Mais cela constituait-il de Razilly seul lieutenant général du pays ? Nullement. Les documents officiels donnent à de Razilly l’autorité sur le Port-Royal et la Hève. Le 15 janvier 1634, la compagnie de la Nouvelle- France concède à de Razilly le fort et habitation de Port-Royal. : Ils donnent aussi À de La Tour les mêmes pouvoirs de
1 Fournier : Hydrographie, p. 352.
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lieutenant généra] sur la partie du Pays appelée le cap de Sable ou fort Saint-Louis et Je fort de La Tour. Remarquons de plus qu'au témoignage de M, Moreau de La Tour, sans s'occuper du commandeur, passe en France en 1632, qu’il transige avec la Compagnie de la N ouvelle-France, qui lui concède des terres autour de son fort, et qu'au mois de mars 1633, il se prépare à y faire Passer des colons, “ Une lettre, datée de La Rochelle, et Publiée par la Gazette de Renaudot, lui donne le titre de lieutenant général pour le roi du fort de La Tour dr écrit M. Moreau. Voilà donc l’historien obligé de reconnaître que de La Tour reçut le titre de lieutenant général, I] est vrai qu’il ne le Jui concède que pour le fort de La Tour. Mais ici nous Pouvons dire que cet auteur trompe le lecteur.
Nous avons sous la main cet article de la Gaz
zette, en date du 6 mars 1633, et nous voyons que de La Tour Y est dit lientenant pour le roi en la coste
de Lacadie : “ Le sieur de La Tour fait à la fin de ce mois son embarquement en cette ville : d'où il passera en son habitation du fort de la Tour dont il est lieutenant pour le de la Nouvelle-France...
» au Cap Nècre, roy en la coste de Lacadie, païs d'où il est revenu en 17 jours au mois de novembre dernier... ” M. Moreau avait vu ce texte, Car à la fin de son tT$umentation, il ajonte : “Peut-être il reçu en effet ? On sait que 1 Pas avare avec les entrepreneurs aussi bien ne conférait à ceux qui droits de justice et de police, don sable au maintien du bon ordre, ” ple des procédés employés par M. Moreau. Pourquoi pose:t.il cette interrogation, sinon pour insinuer quelque doute dans l'esprit du lecteur qu’il trompe sciemment ? Puis, habilement, il ajoute que ce titre ne Conférait que des droits de justice et de police... Mais n'était-ce pas ]à, en Somme, toute l’autorité qu’il fallait pour la bonne administration de ces contrées sau-
l’'avait- ‘administration n'en était de colonisation. Ce titre en étaient revêtns que des t l’exercice était indispen-
Nous avons ici un exem-
vages? Allons donc! Il y a plus. D’après nc: auteur, le ’ommandeur avait seul l'autorité. Comment s> fuit-il que 4e La Tour, au lieu d'entrer en relation avec cette seule autorité supérieure, s’en va en France rencontrer les associés de la Com- Pagnie et transige avec eux ?
Enfin, voici des dates et des faits qui réduisent à néant toute la prose de M. Moreau. De La Tour, déjà investi du pouvoir de lieutenant général en 1631, ’ en reçut la confirmation en 1632 de la Compagnie des Associés. A la date du 15 janvier 1635, il l'exerçait, ce Pouvoir, dans tous les Cas, puisqu’il fut qualifié du titre de lieutenant général pour le roi ès côtes de VAcadie, dans l’acte de concession du fort de la rivière Saint-Jean, ainsi que nous l’avons dit. Cette pièce débute par le préambule suivant: “ La Compagnie de la Nouvelle-France, à tous ceux qui ces présentes lettres verront, salut. Le désir d’accroistre la colonie de la Nouvelle-France nous faisant recevoir ceux qui nous peuvent aider en ce louable dessein et voulant les inciter davantage en les gratifiant de quelques portions de terre à nous concédées par le Roi : après avoir été certifié des bonnes intentions de Charles de Saint-Etienne, sieur de La Tour, lieutenant général ès côtes de l’Acadie en la Nouvelle-France, nommé par Monseigneur le cardinal de Richelieu, pair de France. . .” ? Ce document prouve donc que de La Tour exerçait une autorité indépendante et complète sur une partie de l’Acadie au même titre que de Razilly et que plus tard son successeur d’Aulnay, sur une autre partie. Ce dernier, en effet, hérita du comman-
* Archives de la Marine. Paris, Beamish Murdoch : Hist. of N.-S., p. 79. “ Le 8 de février 1631, le Roy pourvut de l'office de Lieutenant générai Au pays de Lacadie, Fort-Louis
* Documents et Me, vol. I, p.