D’AULNAY ET SES MÉMOIRES
Nous voici arrivés au fameux mémoire de d’Aulnay que M. Moreau a su exploiter contre de La Tour. Grâce à la bienveillance de M. Arthur Doughty, archiviste fédéral, nous VOns en mains une copie de ce document qui a été tiré de la Bibliothèque Nationale de Paris par M. Biggar. Dans cette pièce de 32 Pages, d’Aulnay raconte d’abord tous les méfaits dont il accuse de La Tour. Dans les dernières, il dit tout le bien qu'il a opéré lui-même en Acadie. M. Moreau a utilisé ce document, il l’a complété, au point qu’il a pu écrire plus de 150 pages.
“ Qu'était-ce que La Tour ? se demande M. Moreau (page 123). D’Aulnay, dans un mémoire de 1644, prétend qu’il s'appelait Turgis ; qu’il était le fils d’un maçon du faubourg Saint-Germain, emmené comme soldat au Port-Royal par Poutrincourt ; que celui-ci le donna Pour valet de chambre à
Biencourt, son fils; qu’il se fit nommer Saint-Etienne, puis La Tour... ”
Il est certain que le nom Patronymique de la famille de La Tour était bien Turgis, et il n’est pas moins certain que l’histoire écrite Par d’Aulnay sur les diverses mutations du nom de Charles de La Tour,en Saint-Etienne d’abord, et en de La Tour ensuite, est une invention créée de toutes pièces. En 1627, sept ans avant la venue de d’Aulnay en Acadie, le père et le fils portaient le nom de La Tour, ainsi qu’on le
rs
Peut constater par le témoignage de Denys, par celui de M. de Champlain et Par la lettre du jeune de La Tour, écrite en 1627 au fort de Lomeron, adressée au cardinal de Richelieu. Denys, dans son remarquable ouvrage, les appelle tous les deux de La Tour. Il eut avec ces deux hommes, surtout avec le rival de d’Aulnay, de fréquentes relations. 11 lés a donc bien connus. M. de Champlain, qui lui-même accompagna M. de Poutrincourt en Acadie, y rencontra les deux de La Tour. Or, dans ses Mémoires, il les appelle de La Tour.” Dans la relation qu’il fait de la prise de Claude de La Tour, il parle de ce dernier dans sa lettre au général Kertk, en 1628, et Kertk, dans la sienne, ne lui dot 1e pas d’autre nom. A cette époque, la baronnie de La Tour n’avait pas encore été concédée au père, car on était au mois de juillet 1628, et ce ne fut que le 30 novembre 1629, qu’il fut créé baron de la Nouvelle-Ecosse, sous le nom de Saint-Etienne, seigneur de La Tour. On peut conclure de là qu’il ne prit pas ce nom de la baronnie qui lui fut concédée, mais plutôt qu’il donna à celle-ci des noms qu’il Portait dans la mère-patrie aussi bien que le nom patronymique de Turgis, selon la coutume de toutes les familles nobles de France. C’est donc que tel était leur nom.
D’Aulnay dit encore que Charles de La Tour était le fils d’un maçon du faubourg de Saint-Germain de Paris. M. Mo. reau, qui le suit pas à Pas, n’ajoute rien à cette affirmation gratuite, qui lui servira Pourtant plus loin à voir en de La Tour un ‘10mme sans naissance. Les historiens Hannay* ct George Brown: pensent, de leur côté, “ que Clande Turgis de Saint-Etienne de La Tour était de noble lignée ; que sa famille fut alliée à la noble maison de Godefroy de Bouillon ;
? Œuvres de Champlain, vol. Ier, pp. 175, 315. ? James Hannay, History of Acadia. 1879, pp. 113, 114. * George Brown, Yarmouth, Nova-Scotia, 1888, p. 109.
qu'elle perdit la plus grande Partie de ses terres et de ses biens dans les Buerres civiles; que Claude de La Tour était huguenot. ” On sait quel fut le sort de ces hérétiques durant les guerres qui ensanglantèrent le royaume des lis, Nombre d’entre eux virent leurs biens confisqués et furent totalement ruinés à la suite de ces luttes fratricides qui ravagèrent la France de 1552 à 1598, époque de la Publication de l’Edit de Nantes. Il peut donc se faire que la famille de La Tour ait subi le même sort. : Dans le Mémoire que nous avons cité Plus haut, Claude de La Tour est dit gentilhomme d’une naissance distinguée. On affirme “ qu'il renONÇa aux avantages qu’il avait lieu d’attendre dans le FoYaume pour les services importants qu’il avait rendus à l'Etat en qualité de Capitaine de vaisseau Pour s'établir en Acadie. ” ? Cette pièce authentique vaut bien l'affirmation toute gratuite de d’Aulnay. Elle
r, auteurs de ce mémoire, devaient Connaître Ja famille dont ils étaient issus, en Particulier leur père et leur aïeul. Rappelons pour terminer que Charles de La Tour dans la Commission en date du 8 février 1631, à lui accordée par le roi,est qualifié du titre d’écuyer, * porté seuiement par les nobles du royaume, Il était donc reconnu comme faisant partie de la noblesse. Ainsi tombe à faux la légende inventée par d’Aulnay et acceptée par M. Moreau .
Il est bien difficile, à la distance Où nous sommes de ces événements et des Sources d'informations telles que les archi. ves des diverses provinces de France, d'établir d’une manière tre
* Ce n'est pas le lien de raconter les excès des calvinistes ni Catholiques du royaume de France, ? Collection de Documents, vois 7 P. 353,
* Fournier : Hydrographie, p. 351,
ieurs attaques contre les
de
péremptoire quelle fut la patrie de Claude de La Tour. M. Rameau le dit originaire de la Champagne. : Cependant nous savons qu'il y eut dans plusieurs provinces des familles de noble race du nom de La Tour et dn nom de Turgis. Au XIIe et au XIIIe siècle on rencontrait nombre de familles Turgis dans le Beauvoisis, l'Orléanais et la Normandie, ainsi qu'on le voit par les nobiliaires de ces provinces. Il se peut que Claude Turgis, sieur de La Tour, ait appartenu à l’une ou à l’autre de ces familles, Nous avons des raisons pour croire qu’il était de noble extraction. Le document cité plus haut le dit assez. Parkman, lui-même, qui a suivi le manuscrit de Menou, dit que ia famille Turgis était originaire des environs d’Evreux en Normandie et qu’elle avait pour blason : “ !'or au chevron de sable, accompagné de trois palmes de même.” * Il reconnaissait donc la noblesse des de La Tour !
M. Moreau, qui a ccnié d’Aulnay, et le chevalier de La Roncière n’ont rien pour appuyer leur opinion et réfuter les documents cités plus haut. Au surplus, il y a des faits qui confirment cette assertion: c’est l'alliance que sir William Alexander, premier secrétaire du roi d'Angleterre, a contractée avec Claude de La Tour; ce sont les réceptions magnifiques dont il fut l’objet à la cour ; ce sont enco-e les faveurs qui lui furent accordées, entre autres l’honneur qu’on lui fit, ainsi qu’à son fils,de le créer baronnet de la Nouvelle-Ecosse ; enfin, c’est le mariage que Claude de La Tour contracta avec une des dames d’honneur de la reine d'Angleterre Henriette de France, proche parente de sir William Alexander, ainsi que le pense l’abbé Ferland. Pouvons-nous raisonnablement croire que sir William Alexander aurait consenti à gratifier de la sorte un vulgaire aventurier, maçon de son métier, qui n’eût
* Une colonie féodale en Amérique, vol 1, P. 68. * The old régime, p. 7.
eu aucune fortune personnelle de pouvoir exécuter les enga lui, comme aussi envers la co
et n’eût offert ancune garantie gements qu'il Contractait envers uronne d'Angleterre? I] faut que ès cette époque, d'un crédit consiqu’ordinaire pour que les grands i fissent de telles avances. An » lors des luttes que Charles de son rival, qu'il reçut les sympa- Nous en avons Ait assez, ce semble,
seigneur de La Tour, ainsi qu'il est ion que le roi Jui fit tenir en février
D’Aulnay prétend de L.us que Charles de La Tour fut donné comme valet de chambre au sieur de Biencourt. M. Moreau, Commentant la lettre que Charles de La Tour adressa au roi en 1627, souligne ces mots où il est dit “ qu’il a reçu l’honneur de Commander l'enseigne et la lieutenance de feu sieur de Poutrincourt jusques à sa mort ”, — « I y a ici, écrit l’auteur, une confusion évidente. Ce n’est pas du baron de Poutrincourt qu’il s’agit... c’est de son fils Biencourt, qui Put prendre le nom de Poutrincourt après 1615... Est-ce à
e Biencourt à rappeler dans la circonstance, En tous cas, il résulte de la lettre de La Tour qu’il avait été
sous les ordres, nous aimerions autant dire dans la domesticité, de ce dernier. Qu'il ait commandé l'enseigne et la lieutenance, nous y Consentons, mais ce n’est pas à l’âge de 14 an; que Biencourt lui a confié Pareilles fonctions. Aussi bien, à
pouvait n’être pas trop bon
En
la date où nous reportent ces premières années du jeune de La Tour, il ne les avait pas à sa disposition. Tout au plus, ce fut en 1613, après que son père eut aban« onné définitivement le Port-Royal, qu’il put songer à se former une compagnie. La Tour devait avoir alors vingt ans...” (page 125). ‘
Avant d'aller plus loin, nous prions le lecteur de remarquer ici que M. Moreau dépense beaucoup d’encre et de papier pour réfuter de La Tour, alors que celui-ci pourtant n’est pas en faute. Nous avons en mains la lettre que ce dernier écrivit en 1627. Il ne dit pas qu’il commanda l'enseigne à l'âge de 14 ans, comme le laisse croire M. Moreau. De La Tour écrit au cardinal de Richelieu: “ Ayant eu advis, dit-il, qu’il y avait pleu au Roy vous charger des affaires de la mer et aussy que j'ai veu par deçà des congez donnez de vous, je n'ai voulu faillir au debvoir que je dois à vostre grandeur de donner advis de l’estat de la cotte de la cadie où je suis habitué depuis vingt années que le sieur de La Tour mon père my amena que je n'avais que quatorze ans où j'ay appris avec grands travaux les moeurs, langages et façons de vivre de plusieurs nations du dit pais, ayant après les bourasques que nous receu-. mes des anglais vescu quatre ans et plus avec les peuples sauvages, vestu comme eux cherché ma vye à courir et forcer le cerf et autres bestes et pescher les poissons, ce qui m’a donné la connaissance des langues et assuré amytié et alliance avec plusieurs peuples. C’est la cause qui m’a rendu quy ma muintenu jusque à présent ayant servi le feu sieur de Poutrincourt d’enseigne et de lieutenant et à sa mort par son testament m’a constitué en son lieu et place et laissé ses terres et places et esquipages pour reconnaissance de mes fidelles services... ” Comme on le voit toute la digression de M. Moreau est inutile puisque de La Tour dit qu’il arriva en Acadie à Pâge de 14 ans: que son père, le sieur de La Tour, l'y amena — il portait donc ce nom en 1627 !—; qu'après avoir servi d’enseigne et de
‘Anlnay exploité Par son admirateur.
Il ne serait pas invraisemblable — bien que cela soit hors de
question en ce moment — que de La Tour ait commandé l’enseigne à 14 ans. Dans les armées régulières de France, il y eut de jeunes nobles qui reçurent ce grade vers cet âge : le baron de Saint-Castin, si célèbre dans nos annales, arriva au Canada, dans le régiment de Carignan, en qualité d’enseigne, dans la Compagnie de Laubia, et il avait environ 14 ans. M de Biencourt après avoir atta
Ché de La Tour à sa Personne
bien qu’il ne fût <ncore que jeune adolescent. C’est, à la vé-
admettre, quoique à regret, Puisqu’il ajoute cette Conclusion significative : « Il résulte de sous les ordres, nous aimecité, de ce dernier (M. de
, Ce désir de M. Moreau est devenu un fait positif : “ On Peut admettre, dit-il
rabaïisser le rival de
re écrire que de La Tour était un aventurier probablement, Sans naissance, sans éducation, sans Courage, sans probité même, ainsi qu’il tente de le prouver.
D’Aulnay écrit en effet “ qu'après la mort de son maître, il (de La Tour) s’empara de tous les biens meubles, évalués Dar inventaire à 70,000 livres, et de toutes les terres et les bâtiments qui avaient appartenu à ce dernier, et que madame de Poutrincourt lui intenta un procès en restitution devant le
son héros favori, et il Pourra tout à l’heu-
parlement de Paris, le 16 décembre 1635”. “ D’Aulnay, ajoute M. Moreau, renvoie Pour la preuve de ses assertions au mémoire de Picault, procureur. Maïs il s'arrête là. Quelle fut l'issue du procès? Nous en avons vainement cherché les piè-
ces ”.
us
N'est-ce pas là une autre calomnie lancée gratuitement contre le rival que d’Aulnay voulait perdre de réputation aux Yeux du roi de France et des Associés de la Compagnie de la Nouvelle-France? M. Moreau paraît d’une naïveté À toute épreuve. Il accepte une assertion semblable et même tente de l’appuyer par des raisonnements, bien qu’il ne lui ait pas été possible de trouver trace de ce fameux procès qu‘ aurait dû, dans le temps, faire sensation à la cour aussi bien :u< chez les personnes intéressées à l’oeuvre de la colonisation acadienne. Il y a plus: l’auteur en rééditant cette calomnie, et surtout en l’accompagnant des réflexions qui suivent, fait preuve d’une réelle malhonnêteté. “Enfin, dit-il, (page 125, dans la même lettre de 1627), La Tour prétend que, par son testament, Bien- Court lui avait fait la faveur de le constituer en son lieu et place et lui laisser la place et l’équipage dont il s’est acquitté Pour le service du roi le plus dignement qu’il lui a été possible ”.* Il n’y a pas de doute par conséquent qu’il retenait le bien de son ancien maître. Mais selon lui, c'était très légitimement à titre de légataire, en vertu d’un acte que toutes les législations ne croient jamais entourer de trop de respect et auquel elles s’efforcent d'ordinaire d’assurer la plus entière obéissance. Madame de Poutrincourt pouvait fort bien refuser d'admettre l'existence d’un testament qui la dépouillait. Elle y avait son intérêt, et peut-être en avait-lle de bonnes
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* Le texte de la lettre de La Tour est celui-ci: “ par son testament ma constitué en son lieu et place et laissé ses terres et places et esqui- Page, Dour recongnaissance de mes fidelles services. .. ” C’est plus intelligible que la version de M. Moreau.
raisons, Le procès sur lequel d’Aulnay s’appuie s'explique dès lors. 11 se Comprend. On s'étonnerait à bon droit si aucune réclamation n'avait troublé La Tour dans la possession d’un héritage dont la légitimité était facilement contestable.”
Le lecteur trouve:t.i] dans ces lignes matière à incriminer de La Tour? Toute cette argumentation repose sur des possibilités, des peut-être, des pouvait bien, des Suppositions malveillantes en un mot. Mais de preuves positives, il n’y en a point. Car M. Moreau n’a pas même pu retrouver les pièces de ce procès sur lequel d’Aulnay “ s'appuie ”, dit-il, quand il aurait dû écrire dont d’Aulmay parle ” dans son mémoire, En effet, dans le domaine de l'histoire, pour appuyer une assertion, il faut des pièces ou des documents qui permettent de prouver l'authenticité des faits rapportés. Si ces pièces manquent, l’assertion reste dans le domaine des hypothèses et le lecteur impartial suspend son jugement jusqu’à plus ample informé. M. Moreau n’est pas homme à s laisser déconcerter par l’absence de ces documents qu’il a vainement cher- Chés. Après avoir formulé avec d’Aulnay une autre série d'accusations toutes aussi risquées que les premières, il reviendra sur ce qu’il appelle l’improbité de de La Tour.
“ Les historiens américains, dit-il (page 127), n’ont qu’une très médiocre opinion de sa valeur et de sa probité. Ilubbard l’accuse d'avoir été Par son excès de prudence Ja cause de sa dernière défaite qu’il aurait conjurée, dit-il, s’il avait employé autant d'énergie que sa femme. Et, après avoir énuméré leg pertes qu’il subit par la prise du fort Saint-Jean, il ajoute : “A la vérité, il faut dire que des biens obtenus de la sorte vont rarement jusqu’à la troisième génération au jagement même des païens. ” — « N°y a-t-il pas 1à nne allusion à la Succession de Biencourt? ” conclut M. Moreau. Il faut qu'un historien soit bien pauvre en arguments pour aller chercher si loin,dans
se
ce passage de l’auteur américain, une allusion an procès dont il a été question plus haut. M. Moreau tend à son but et il ne craint pas de faire valoir toutes les ressources de son imagination pour essayer de l’atteindre. Nous pensons qu'il fait erreur et que les conclusions d’Hubbard loin de découler du procès qu’aurait intenté madame de Poutrincourt à de La Tour en recouvrement des biens de son fils — histoire dont Hubbard ne connaissait probablement pas le moindre détail — $e rapportent à une toute autre affaire.
En 1633, Charles de La Tour prit possession de Machias, où Allerton, de Plymouth, et quelques autres avaient établi un poste de commerce qu’ils avaient confié à la garde de cinq hommes, : La Tour réclamait ce territoire comme appartenant à la France. Les Anglais ayant voulu faire quelques résistances eurent deux hommes tués. Trois autres, avec des marchandises évaluées à 500 louis, furent conduits au cap de Sable, Allerton, en ‘834, envoya une pinnace à de La Tour. Pour recouvrer ht: es et marchandises. La Tour répondit que c’était une prise de guerre, qu’elle était légale par conséquent ; qu’il avait agi ainsi avec l’autorisation du roi de France qui réclamait tout le territoire depuis le cap de Sable jusqu’au cap Cod ; qu'il désirait informer Allerton et le reste des Anglais que,s’ils faisaient du commerce à l’est de Pemmaquid, il les saisirait ainsi que leurs navires, Un des Anglais ayant eu l’audace de demander à de La Tour de montrer sa commission, celui-ci répondit avec chaleur que son épée était une commission suffisante quand il avait assez de force pour repousser ses ennemis, et que, quand elle viendrait à manquer, il serait alors temps de montrer sa commission. . Et Hubbard conclut de ce passage: “ Nous verrons plus tard que ce monsieur
* John Winthrop, Hist. of New England, voi. I, p. 117.
Parla plus doucement quand il se prit de querelle avec d'Aulnay. Nous aurons en effet occasion de raconter, que “ de La Tour fut traité comme il avait traité les autres lorsque son fort et tous ses biens furent volés par son voisin d’Aulnay. ” “ Was dealt withal as he had dealt with others, when his fort and his goods were plundered by his neighbour M.D’Aulnay.” M. Moreau n'avait sans doute pas songé que l'argument qu'il employait pour attaquer de La Tour jusque dans sa probité était un dilemme qui pouvait être avantageusement retorqué contre son héros, Faisons-le, en rapprochant ce premier Passage d'Hubbard de cet autre du même historien dans lequel il raconte la prise du fort de La Tour, on voit qu’il est question des biens dont d'Aulnay s’empara au fort de La Tour plutôt que de la succession de M. de Biencourt. Hubbard y représente d’Aulnay comme un lion avide tout prêt à dévorer sa proie, “ Who, like a gready lion, was now ready to swallow down his pray. ” : Puis il blâme de La Tour et l’accuse d’avoir “anqué de prudence en négligeant de mettre sa colossale fortune en sûreté. Il aurait pu alors acquitter ce qu’il devait au major Gibbons : 2,500 livres. et il aurait pu se maintenir là, au Cas où son fort aurait été pris, comme cela devait arriver, ayant à traiter jusque dans l’enceinte de son fort avec des moines déloyaux, comme aussi avec un méchant voisin. Mais des biens acquis de cette façon rarement Parviennent à la troisième génération, selon la remarque même des païens. “ There more Was a folly that left s0 great hasard, when he might ease- 1y have secured it on the hands of his Correspondants with whom he trade in the Massachusetts. wherewith to have maintained himself and his men, in case his fort should have been taken, as it was very likely it might, having dealt with
* Hubbard, History of Ner England, page 163. John Winthrop place cet événement au 19 novembre 1631, IHislory of New England, vol. LP 154