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treacherous friars, within his own precincts, as well as a malicious neighbour, encouraged against him by power of France. But goods gotton after that rate seldom descend to the third heir, as heatens have observed.” : Nous pouvons donc conclure qu’il s’agit ici des valeurs sur lesquelles d’Aulnay mit la main au fort de La Tour. Car le vainqueur ne jouit pas longtemps de son triomphe. Trois ans après, le 24 mai 1650, il terminait d’une manière tragique sa carrière mouvementée, Les biens dont il s’était emparé si injustement passèrent en partie aux mains de Charles de La Tour, qui épousa en plus la femme même de d’Aulnay, dont il eut plusieurs enfants. Pour nous, dans ces faits nous voyons plus qu’une simple coïncidence, et nous ne pouvons nous empêcher d'ajouter en terminant que le bien mal acquis ne profite jamais, d’après le dicton populaire, et cette parole s'applique à d’Aulnay.
Il reste donc peu de chose de tout l'échafaudage érigé par M. Moreau pour faire accepter comme vraies les histoires inventées par d’Aulnay. Cette argumentation si laborieusement établie ne tient pas debout devant les faits historiques. Bien plus — et qui eût osé le croire? — M. Moreau lui-même se voit forcé de faire un aveu qui met son héros dans nne singulière posture devant la saine critique. Et cet aveu’ sous la plume d’un historien qui prétend rétablir la vérité est, certes, fort compromettant pour ne pas dire davantage. Ainsi, après les accusations qu’il vient de faire, et après avoir tenté de les accréditer dans l’esprit de ses lecteurs par des arguments boîteux, M. Moreau s'arrête tout surpris et tout fatigué, semble-t-il, pour se reposer de l'effort qu’il vient de faire, et il ajoute : ‘“ Il faut en convenir, toutes les accusations de d’Aulnay ont un fondement. Qu'’elles soient exagérées dans la forme, à la bonne heure ; assurément, elles ne sont pas fausses ”
* Hubbard, History of New Englend, p. 498.
(page 126). Mais est-ce M. Moreau qui peut nous dire jusqu'à quel point les assertions de d’Aulnay sont vraies, jusqu'à quel point elles sont fausses? N'est.il pas venu en ce monde deux . siècles et demi après la disparition des acteurs de ce drame ? Qui donc a pu le guider dans le choix qu'il avait à faire entre les assertions vraies ou fausses de d’Aulnay qui sont couchées sur un même parchemin? A-t-il oublié qu’elles viennent d’un homme qui avait à coeur de l'emporter sur son rival? M. Moreau connaissait la source de ces pièces. S'il eut voulu être impartial, comme il le dit dans son livre, il s’en fût servi avec prudence. Cet homme qui a voulu rétablir la vérité historique s’appuie sur ces documents qu’il soupçonne être en désaccord avec les faits ! Et cependant, tout en avouant que ces accusations sont exagérées, il ne se contente pas de les publier telles quelles, mais il emploie mille détours, il se donne mille peines, pour les expliquer et essayer de les fixer dans l’histoire comme des vérités historiques. Ce passage de M. Moreau fait dire à M. Pascal Poirier, qui a traité cette question avant nous : “Ce n’est pas chez l’admirateur outré de d’Aulnay qu’il faut chercher si les accusations de cet homme contre son ennemi sont exagérées dans la forme ou autrement ; ce sont les faits que nous devons examiner, et nous avons sur les faits et les hommes de cette époque des documents authentiques et exempts de partialité. ” :
M. Moreau, ayant fait l'aveu que l’on vient de signaler, écrit candidement : “ Nous pouvons donc le croire (d’Aulnay) encore quand il dit : “ Après le décès du dit sieur de Biencourt,
* L'honorable sénateur Poirier, acadien d'origine, a écrit une étude remarquable qui fut publiée dans la Revue Franco-Américaine, 1912-13, P. 224, dans laquelle il réfute cette autre légende dont M. Moreau et M. Rameau sont les auteurs: à savoir que la race acadienne serait descendante de Micmecs et de Français. Il faut lire ces pages pour voir jusqu’à quel point des historiens renseignés superficiellement peuvent dénaturer la vérité.