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Un mot sur les brouillards

Quoique je ne nie pas la possibilité d’une liaison entre les corps célestes et tous les phénomènes atmosphériques en général , je 11e puis concevoir aucun rapport entre les comètes et les brouillards en particulier, sans îompre la belle harmonie de ce système néphéologique que j’ai adopté après vingtsept années de constante attention. Il n’est pas nécessaire de répéter ici les observations que nous avons faites , — je parle de M. Howard et de moi , — sur la formation des nuages, ni de l’opinion que nous avons adoptée d’après Aristote , de la décomposition de l’air; il suffit de dire que cette condition de l’atmosphère qui est favorable à la production des images en grande quantité, existe et commence à produire de pareils effets dans les lieux les plus distants et , en quelques cas , dans l’air de deux ou trois pays entiers à la fois ; un brouillard n’est qu’un nuage reposant sur la surface de la terre ; et il arrive , en général pendant le beau temps, que les par ticules d’eau (*)

(*) Voyez Researches etc. by T. Forster , 3e édit. 1823 , et Jlotcard’s Climat ç of London, 1832.

ou de vapeur qui se montrent en forme de cumuli pendant la journée, se transforment au soir en brouib lards; mais ce qui est remarquable c’est qu’en général , quoique les brouillards se forment justement quand les cumuli disparaissent, on ne voit pas les vapeurs descendantes. Ayant été, moi-même, posé justement entre ces deux procès simultanés et même au niveau des cumuli évaporants, un peu avant le coucher du soleil, dans des voyages aeriens et dans les

alpes,j’ai eu l’occasion d’observer que l’atmosphère supérieure est restée sèche long-temps après que la surface de la terre avait été obscurcie par le stratus ou brouillard de nuit.

Le brouillard de l’année remarquable 17 83 n’offre point d’exception à la règle ordinaire, à cause de sou étendue et de sa sécheresse; dans des régions très-distantes , mais ayant à peu près la même longitude , les cirri , les strati , les orages etc. se forment à la même fois ; et quoiqu’il est impossible que la nubification éphémérique soit momentanée dans plusieurs pays situés en long les parallèles de l’équateur, les périodes de leur formation néanmoins suivent les degrés de la longitude, et arrivent dans des lieux fort distants, au même temps moyen et local, par la montre. Je parle de ce qui arrive ordinairement en beau temps ; il y a des exceptions. Quand ces opérations générales sont augmentées en force , par quelque cause que ce soit, le résultat est un vaste

brouillard , ou une pluie très-étendue. Mon oncle , B. M. Forster de Walthamstow, observa attentivement le brouillard en 1783, qui fut un stratus électrisé positivement, et par lequel le disque du soleil apparut pâle et rougeâtre. Il observa au contraire une couleur bleuâtre du soleil, le 18 août 1821, pendant un brouillard de cette espèce ; le même fut observé dans toute l’Angleterre. (*) L’année 1788 fut trèsmalsaine : l’air fut par-tout obscurci par des vapeurs avec lesquelles le tremblement de terre qui détruisit la ville de Messina, ainsi que l’éruption de Hécla ont été supposées avoir quelque rapport. Le mémorable météore du 1 8 août 1783 suivit, et tous ces phénomènes furent attribués â la comète qui passa son périhélie le i5 novembre.

Les brouillards sont ordinairement de trois classes : 1 0 les strati qui sont secs et chargés d’une électricité positive; 20 les cirrostrati descendus sur la terre, avec une négative électricité ou non électrisés , et 3° les brouillards qui précédent des orages et ceux qui sont quelquefois signes de grandes pluies qui commencent souvent avant qu’ils disparaissent; ces derniers brouillards répandent une odeur fort désagréable. Cette odeur est égale à celle d’une briqueterie sentie à quelque distance.

(*) Voyez Philosaphical Magazine , vol. 58 ; p. 243.

$ 7- Examen de V opinion de Kepler sur des comètes considérées comme signes des désastres moraux et physiques ; avec réjlections sur la superstition et sur les systèmes des philosophes .

Ou sait bien que les anciens astrologues des âges superstitieux ont attribué aux comètes de grands événements moraux ainsi que physiques; mais on s’étonne en trouvant cette opinion déclarée par un savant astronome tel que Kepler. Pour approfondir , tant qu’il est possible, la base de cette opinion apparemment si bizarre, je me suis proposé i° d’examiner l’histoire des comètes par rapport aux événements qui les ont accompagné, et 2° de savoir s’il y a des moyens d’expliquer une liaison entre ces événements et les comètes. Quant à la première partie de la question, je trouve, par l’histoire, que l’évidence en faveur d’une influence cométaire sur les désastres et les événements moraux est bien faible. Quant à la seconde , je trouve une manière d’expliquer cette influence; car admettant avec les physiologistes la grande influence des variations atmosphériques sur le système nerveux de l’homme, et en meme temps celle des comètes sur l’atmosphère, on trouve une chaîne de conséquences dérivantes de l’approche d’une comète qui se manifestent dans les troubles civils de la société. Sans doute le monde n’a pas été trop tranquille depuis la comète de Biela jusqu’à celle de

Ilalley ! Il est vrai aussi que l’histoire nous donne de pareils exemples ; mais , quant à moi , je n’ai pas la hardiesse de prononcer l’opinion que les coïncidences ne soient pas accidentelles dans l’acceptation ordinaire du terme. (*)

Ayant un grand respect pour cet astronome célèbre, je voudrais bien expliquer ses opinions. Je conviens néanmoins que nous sommes entrés dans l’arène fangeuse de la fantaisie; mais quel est le fanatisme scientifique que nous ne devions pas attendre dans ce siècle des éclaircissements , quand nous entendons d’un théoricien que les immenses progrès que le catholicisme fait à présent en Europe et particulièrement en Angleterre , est un effet de la position actuelle des planètes ; et d’un autre, l’un de nos plus grands naturalistes, ecclésiastique protestant , que l’on doit considérer comme une des influences les plus intéressantes , galvaniques ou magnétiques je ne sais pas, celle que communiquent aux tètes des enfans les mains des évêques dans une cérémonie, chez nous un sacrément de l’église, fi) Malgré tout le respect qu’on doive avoir pour la religion , et surtout pour des ins-

(*) En vérité il n’y a pas de hazard ou d’accident : tout effet étant le résultat immédiat de sa propre cause.

(j1) Voyez les articles entomologiques dans les Bridgeivater T réalises, et plusieurs articles dans les journaux.

tilutions catholiques , on rougit quand on voit de telles bizarreries dans des livres d'histoire naturelle; on ne saurait se moquer assez de cette démonstration ridicule de l’esprit de métier qui se confond avec le faillible jugement de l’homme.

De l’autre côté, on n’est pas moins étonné de lire dans les ouvrages de Dupuis, dans ceux de \olney, et de Drummond d’après lui, que les douze tribus d’Israël, les douze apôtres de Jésus-Christ, avaient des rapports avec les signes du Zodiaque , et représentaient des phénomènes astronomiques, que l’agneau pascal ne fut qu’Aries etc. (*) Ces essais fantastiques dirigés contre la religion ont provoqué un contrecoup de la part de l’abbé Guerrin du Rocher, qui; dans son savant traité sur les temps fabuleux , a voulu prouver que toute la mythologie égyptienne grecque et romaine fut une réflexion obscure des vérités bibliques ou des anciens' événements recordés des juifs, que la fable de la toison d’or n’était que la toison de Gibeon, que la ville de Troye n’exista jamais, et que Hérodote fut l’historien du peuple hébreux sans le savoir, (f) Sans nier le mérite de cet ouvrage , on dira qu’il a employé une immense érudition en développant un système purement idéal,

(*) ^ °yez Dupuis, Origine des constellations — Yolney, les

Ruines, et Druimnond’s Oedipus judaicus.

{>-). (inerrin du Rocher, Temps fabuleux, 7 vol, Paris.

quand il essaie d’identifier Samson , Hercule et Boutes.

Le Comte de Maistre, écrivain pieux et aimable, regarde les comètes comme des signes de la vengeance de Dieu , et tous les maux et maladies de l’homme comme des visitations pénitencielles, qui servent à établir l’existence de ce principe général de justice rétributive qui règne sur les événements moraux. (*)

Fon ten elle , Burnet et bien d’autres nous ont amusé de leurs systèmes, en excitant des idées sublimes sur l’origine et la pluralité des mondes , sans rien prouver. Les comètes ont été regardées comme des messagers employés par Dieu à transporter mille matières utiles et nuisibles d’une planète à l’autre. Enfin la superstition s’empare, en tous les temps, de l’imagination de l’homme, où la raison est faible, et l’ambition se sert de celle-là pour accomplir la conquête du peuple crédule.

Mais il faut toujours distinguer entre les superstitions vagues et ces usages religieux que le temps a consacrés pour leur utilité pratique. On lit dans

(*) Voyez les Soirées de S*. Péter s bourg, 2 vol. 8°, par ]e Comte de Maistre, ouvrage fort intéressant. — M. l’abbé de la Mennais, philosophe encore plus profond que les autres sans être moins érudit, a placé la certitude dans le consentement universel des hommes: voyez Essai sur l’indifférence etc. vol. 2.

l’essai «Des Comètes» etc. p. 1 1 \ que nous sommes redevable, à la comète de Halley , de la petite prière dite X Angélus, ordonnée par Calixte III en i/pô. Je suis content que nous devions à la comète une si douce harmonie , et les meilleures occasions , le matin, le midi et le soir, pour faire des observations sur le passage des sons, sous diverses conditions de l’atmosphère, comme je l’ai souvent éprouvé. L’effet de cette Ave Marie du soir à Rome est très- agréable , quand presque toutes les cloches de quatre cents églises commencent à sonner a la fois avec une merveilleuse diversité de tons, remplissant l’air d’une musique de vibration délicieuse. La question , pourquoi il nous est ordonné de prier au temps des comètes, du tonnerre etc.? — qui provoque la risée de nos écrivains, est , en fait , la question : si nous devons prier pour une chose quelconque?! On peut raisonner làdessus comme ça. Considérant qu’on a déjà dénombré plus de cinq cents comètes, et qu’il est bien possible qu’une d’elles heurterait la terre, selon la doctrine des probabilités, la meilleure espérance que ce choque fatal n’arrivera pas, par quelque hazard, serait trouvée dans la doctrine métaphysique que la première cause comprend des causes finales ; ou en autres mots, que tout l’univers est un système de motions harmonieuses dirigées rigoureusement vers un objet; rien n’étant laissé au gré de ce que nous appelions accident. La question donc est toujours : si les prières des hommes

entrent dans la catégorie des choses qui servent à former la chaîne des causes et effets par lesquelles la consommation serait accomplie? Les conseils de 1 église dans tous les siècles répondent que oui , en nous commandant de nous confier a Dieu, et de lui demander la protection journalière. Il faut laisser là la question !

Des mille hypothèses contradictoires, il s’écoule une espèce d’opinion moyenne et négative , qui mérite le nom de l’ignorance , semblable à la résolution des forces antagonistes en mécanique. De cette insouciance meme qu’on se sent en réfléchissant sur l’origine des choses et les systèmes des spéculateurs, on est forcé pour ainsi dire de rentrer en soi-même et de chercher là la fondation des connaissances humaines. Voulant toujours passer ce voile qui est suspendu entre l’ètre créateur et les êtres créés, le philosophe fait rouler perpétuellement la pierre de Sisyphe jusqu’aux limites de la raison , mais il retombe toujours de ce vain travail sur les simples vérités que la nature lui présente en forme de phénomènes, et se contente de multiplier ses observations de leur variété et de leur ordre.

Je voudrais bien m’épargner le jidicule de ces réflexions; mais voyant que pendant que les physiciens du xvine siècle se moquent de toute théologie, ceux du xixe , par quelque réaction assez bizarre , cherchent à mêler leurs spéculations religieuses avec

les plus simples inductions de la science; je crois de mon devoir de faire tout mon possible , pour leur indiquer la vraie course de la philosophie par des éclaircissements métaphysiques , afin qu’en évitant Scylla , ils ne tombent pas dans Charybde. L’athéisme, véritable génie du néant, est passé comme un orage, après avoir dévasté l’empire du fanatisme; mais il est à craindre , voyant que l’intelligence moyenne de tous les hommes ensemble , dépend d’une organisation célébrale constante ou peu variable, que la superstition , pas encore déracinée , regagnerait son influence sur la société. Pour éviter ce malheur, il faut faire répandre sur la terre la science actuellement achevée, comme hase de celle qu’on attend à l’avenir. Il faut se rappeler que c’est toujours la société et non pas les individus , qui fait progrès , que la science ne s’avance d’un seul pas utile qu’en vertu de celui qu’elle a déjà fait !

La haute astronomie tend toujours à débarrasser l’imagination de l’homme des préoccupations du fanatisme en étendant la carrière de ses recherches. Forcé, par l’analogie, en contemplant les millions d’astres •qui remplissent l’espace apparemment illimité , d’admettre l’existence des myriades des habitants vivants , notre espèce orgueilleuse ne saurait plus s’approprier un paradis exclusif à condition d’un culte intollérant, ni se regarder comme le seul objet du soin divin et les autres animaux comme faits à son

usage, erreur fatale, source abondante des cruautés et des crimes ! Apres avoir examiné la variété infinie des animaux vivants sur la terre par le microscope , le philosophe prend la lunette et, pénétrant l’espace, se trouve au milieu des deux, théâtre immense de la puissance créatrice de Dieu; il y contemple la même loi de variété et de combinaisons innombrables constamment manifestée par la production des systèmes solaires et sydéréales, maintenus par toute sorte de mécanisme qu’il trouve sur la terre , et en divers dégrés de progression , de la plus diffuse nébulosité jusqu’à la plus parfaite étoile. Il ne se laisse plus effrayer par les queues des comètes, ni ne s’étonne par l’anneau de Saturne ; les questions en particulier se résolvent dans la question générale : il demande , il cherche l’ètre d’où s’écoulent les conséquences immenses dont il a vu les signes visibles dans l’univers , et croyant , par un acte de foi naturelle , en Dieu comme le pouvoir générateur de tout le mécanisme céleste , comme le père universel de tous les êtres existants; il y repose son esprit fatigué du travail , des vaines recherches.

§ 9. Si la lune peut influencer les épidémies , et

en quelle manière?

Nous avons prouvé que la lune exerce une influence sur l’atmosphère et par elle sur la santé de

l’homme , et que cette influence a rapport avec les marées. (*) J’ai donné un grand nombre d’épreuves de ce fait, dans mon ouvrage sur les épidémies. Il me semble que cette influence luriaire augmente l’irritabilité générale du système nerveux , fait monter le sang à la tète , et produit quelquefois des symptômes spécifiques , certaines sortes de migraines , les paroxysmes de manie, etc. ; le mot lunatique est dérivé de cette observation. Mais la lune n’exerce point d’influence dans la production des épidémies , excepté qu’elle augmente les symptômes, qu’on trouve quelquefois plus sévères aux périodes de la nouvelle et de la pleine lune. J’ai remarqué encore que ces douleurs de la tête , que quelques personnes éprouvent, avant l’approche d’un orage, sont bien plus fortes quand elles coïncident avec ces périodes lunaires.

Quant aux épidémies , j’ai déjà démontré , dans ma brochure sur le choléra , (f ) que ces maladies ne sont pas contagieuses, qu’elles dépendent de quelques

conditions de l’air jusqu’à présent inconnues , et que

(*) Voyez mes Researches about atmospheric Phenomena , 8°. 3e édit. 1823 — Beobachtungen liber den Einjlujs etc . Leipzig 1822, et Ilotvard’ s Climate of London , 3 vol. 8°. 1832.

('») Essay or tîie atmospherical origin. of choiera morbus etc. 8°. 1832.

la position des planètes et de la lune n'a point d’influence directe sur elles. J’ai examiné l’opinion de certains médecins que ces fléaux sont produits par des insectes invisibles, et prouvé que, quoique les insectes microscopiques habitent dans la matière morbide de certaines maladies, la cause déterminante n’est pas animale , qu’elle consiste dans des mélanges morbifiques diffus dans l’air. La prédisposition à recevoir ces maladies est la seule chose soumise à l’influence de la médecine. Quand une épidémie arrive , elle attaque ceux qui sont prédisposés , mais il y a tant de variétés dans cette prédisposition que dans les causes excitantes ; la médecine ne semble rien faire pour une personne fortement attaquée. Il est une question importante , s’il y a des moyens de dispenser le corps de l’homme de ces causes prédisponentes ? Il est à remarquer que , quand le choléra arriva à Manchester, où il fit des ravages funestes, les membres d’une nombreuse société des herbivores qui ne mangent jamais de nourriture animale, échappèrent tout-à-fait à cette maladie , chose qui prouve que les fruits et les végétaux sont très-salubres en fortifiant le corps contre une épidémie. En général la gourmandise, l’aii; infecté des salles de danse etc., où les fenêtres sont fermées, la débauche, et particulièrement l’exercice de l’amour physique des sexes, prédisposent à ces maux, tandis que l’abstinence, quelquefois le jeûne périodique, et enfin une vie

naturelle dans l’air pure, semblent détruire la prédisposition à les recevoir. (*) Enfin toutes mes recherches confirment l’opinion que j’ai déjà donnée au public dans l’ouvrage questionné; et j’entreprends la défense de cette opinion, avec une confiance augmentée, en publiant un extrait de mon catalogue historique à la suite de ces observations.

§ i o. ha comète de Ilalley ; les changements observés dans sa forme sorit-ils réels ou phénomènes produits par des vapeurs interposées ?

J’observai cette comète pour la première fois à Francfort sur le Mein le 11 octobre i835 à vue simple et aussi avec une bonne lunette de Frauenhofer. Depuis ce temps elle a montré des changements fort considérables dans la longueur de sa queue, et encore dans sa clarté. Mais ce qui me semble le plus remarquable c’est qu’entre deux observations contemporaines , l’une faite en Angleterre par un de mes correspondants, et l’autre faite par moi à Aix-la-Chapelle , il y avait beaucoup de différence : la queue semblait bien plus longue vue en

(*) A présent les anglais , d’après Abernethy , ne prennent presque point de médecine, exceplé les purgatives, prises dans tous les cas, et la santé en Angleterre est en conséquence beaucoup augmentée.

Angleterre que vue ici. Est-il possible que ces variations dépendent des causes atmosphériques? Sans doute l’air de ce pays a été terriblement obscur presque tout l’hiver; du 16 jusqu’au 21 novembre il était im possible de faire aucune observation à Aixla-Chapelle, le ciel étant tout-à-fait couvert. De la comparaison des observations que j’ai reçues de Londres, avec les miennes, il résulte que la queue a toujours apparu beaucoup plus longue et plus brillante en Angleterre qu’en cette partie de l’Allemagne. A présent je ne dis rien de la cause de ce fait, mais j’invite les astronomes à communiquer leurs observations aux journaux scientifiques. J’ai remarqué encore que la scintillation des étoiles fixes est plus prononcée en Angleterre qu’en des pays où l’air est plus sec. Ce phénomène est là souvent trèsbrillant, particulièrement en Antares. Je l’ai regardé comme- prouvant quelque mouvement ondulatoire dans l’atmosphère , par lequel Faction prismatique de l’air est perpétuellement variée. (*)

(*) Voyez mon Essai on the Changes of Coîour in the alternate fits of dilatation and contraction 3 observed in the Twinkling of Stars , in philosophical Magazine 1825 , et le Pocket Encyclopédie , 12°. 1827.

Les variations de l’atmosphère , pendant l’approclie et la durée de la comète de Ilalley, ne laissent point de doute qu’elles ont été produites par quelque cause

Quant a son influence , il faut dire que la comète de lialley a été précédée des étés chauds et suivie d’un hiver froid et malsain, comme dans ses apparitions antécédentes. Bien , qu’est-ce que ça fait. Le monde ne doit pas se terrifier de ces choses. Les épidémies entrent sans doute dans le plan général du créateur, et il est à se rappeller que pendant leur règne , peu de personnes , en comparaison , meurent d’autres maladies; la mortalité moyenne n’était pas augmentée à Londres par le choléra ; et les médecins ont remarqué que ceux qui n’étaient pas attaqués durant la chute de cette effroyable épidémie étaient plus forts et plus sains qu’à l’ordinaire. Les Parques , en jettant les prédispositions de chaque individu dans l’urne de ses destinées, n’ont pas laissé le sort de l’homme au eré des accidents.

extraordinaire- la moyenne température de cet hiver a été basse, et les changements subits ; le ciel a été couvert de nuages et l’air obscurci par de légers brouillards d’une grande étendue. En examinant les dernières apparitions de cette comète , je trouve de pareils phénomènes registrés, et particulièrement des hivers forts , chose qui presque toujours suit les grandes comètes, et surtout celles qui passent leurs percliélies en été. L’hiver après la comète de 1819 fut trèsrigoureux. Le thermomètre de Farenheit, le 14 janvier 1820, descendit jusqu’à — 10°, ou dix degrés au-dessous de zéro. ( Extrait du journal météorologique')

§ ii. Catalogue des comètes depuis F ère chrétienne, comparées avec les épidémies etc . et accompagnées de remarques. (*)

Certains auteurs ont regardé Fétoile de Bethlehème comme une comète , mais comme ce n’est pas prouvé, je commencerai par l’an i5, 011 la première grande comète depuis J. C. fut observée. Depuis la publication de mon catalogue , je trouve par hazard en Allemagne ce fameux ouvrage le Chronik der Seuchen , auquel j’invite l’attention du lecteur; il offre la plus grande confirmation de mon opinion , et il est plein de faits historiques fort intéressants.

DESCRIPTION DES COMETES ET REMARQUES

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