ArchiBologia^ XX
). Je traduis ainsi la phrase : « It has no title, but is marked : Histoire^ etc. »
Saint Pol la maisire église de Londres; là fust il deux jours sur terre^ pour le monstrer à ceulx de Londres, affin que ilz creussent pour certain qu'il feust mort. »
Manuscrit de la fin du quatorzième siècle ou du commencement du quinzième, sur vélin; Petit in-folio. 38 feuillets. ^ Au premier feuillet est attachée une lettre ornée tirée d*un manuscrit du douzième siècle. Belle reliure ancienne en maroquin jaune avec les armes et le monogramme de Charles IX. A la couverture sont attachées deux lettres, Fune d'Elisabeth, reine d'Angleterre, à Charles IX, du 29 décembre 1564; Fautre de Charles IX au duc de Longueville, du 24 août 1572.
Dans cette notice, comme dans le travail de John Webb, le volume est indiqué comme cousistant en trente-huit feuillets de parchemin et relié aux armes et au monogramme de Charles IX. On peut donc affirmer sans la moindre hésitation que le n. 10 du fonds de M. Barrois est le manuscrit qui a été longtemps conservé à la Bibliothèque du roi sous le n. 10212. La disparition de ce volume est antérieure à l'année 1846, puisque M. Benjamin Williams, dans la préface de son édition de la Chronique de la tratson et mort de Richart deux, imprimée à Londres en 1846, dit avoir vainement demandé à la Bibliothèque du roi le manuscrit indiqué par John Allen comme portant le n. 635 ^
La Bibliothèque du roi posséda longtemps, sous le n. 10262, un précieux exemplaire du Voyage de Jean de Mandeville : Gervais Chrétien, premier médecin de Charles V, l'avait fait copier en 1371 par Baoulet d'Orléans, l'un des scribes les plus renommés de la seconde moitié du quatorzième siècle. Cette circonstance n'était point relevée dans les catalogues qui servaient au
1. « y m, no 635, Bibliothèque du roi at Paris. This ms. is described by M. Webb ae in-octavo, bearing the royal crown and cypher C. It is not known by this number at the royal library, and the editor suspects it is n» 635 of some priTate collection (fond) ; but as there are fifty five such collections at the royal library, and no catalogue bas as yct beeo publisbed, the search for it appears hopeless. It appears to bave been an early ms.; but it consisted of only thûiy^eight folios, and coald scar- - cely, bave contained tlie additional paragraphs. » P. lxx:lix.
Cabinet des manuscrits^ quand une main coupable s'empara du n. 10262 et le lit acheter à M. Barrois, si désireux, comme on sait, de posséder quelques-uns des volumes qui avaient pu faire partie de Tancienne librairie de la tour du Louvre, et dont il avait publié rinventaireen 1830, au commencement de sa Bibliothèque protypographique. La fraude n'eût pas été facilement découverte si, dans ces dernières années, on n'eût pas mis en ordre les cartes sur lesquelles avait été écrit, aja dix-huitième siècle, le catalogue d'un très-grand nombre de manuscrits français. La carte relative au n. 10262 est ainsi conçue:
Recueil de différents ouvrages, savoir :
1» Le voyage de la terre sainte et autres lieux, par Jean de Mandeville, chevalier anglais. On lit au dernier feuillet ces mots : a Ce livre cy fist escrire honnorables homs, sages et discrets M* Gervaise Crestien, premier physicien de très puissant, noble et excellent prince Charles, par la grâce de Dieu roy de France; escript par Raoulet d'Orliens, Tan de grâce 1371, » Et sur les premiers feuillets on a écrit quelques problèmes d'arithmétique.
2^ Traitté de la préservation de épidimie, minucion ou curation d'icelle, fait par M® Jehan de Bourgoigne, autrement dit à la Barbe, professeur en médecine et citoyen de Liège ; il le fit en 1365.
3** Onze rondeaux faits par un amant pour sa maîtresse.
Manuscrit sur vélin, volume in-quarto, écriture du quatorzième siècle, excepté les rondeaux qui sont du quinzième.
Il est impossible de ne pas reconnaître les deux premières parties du manuscrit 10262 dans les manuscrits 24 et 185 de la collection de M. Barrois.
XXIV. —Le livre Jehan de Mandeville, che7alier, lequel parle de Testât de la Terre sainte et des merveilles que il y a veues. A la fin, au fol. 95 verso : «Ce livre cy fist escrire honnorables homes, sages et discret maistre Gervaise Crestien, maistre en medicine et premier phisicien de très-puissant , noble et excellent prince Charles, par la grâce de Dieu roy de France. Escript par Raoulet d'Orliens, Tan de grâce mil CCGLXXI, le XVIII jour de septembre. »— Et sur le feuillet suivant, f . 96 : « Ci s'ensuit Ta b c des Grieux, qui fu oubliée à mectre en son lieu pour ce que nous n'aviens Texemplaire. Ci après s'ensuit Fa b c de ceuls d'Egypte. »— Fol. 96 v^ : a Ci s'ensuit Ta b c
à ceuls de Caldée. ~ Ci après s'ensuivent les ieltres des Hebrieus. »
Manuscrit du quatorzième siècle, sur vélin. Petit in-folio. 96 feuillets. Reliure moderne en maroquin rouge,aux armes de Charles V.
CLXXXV, — La préservation de epidimie, minucion ou curation d'icelle faite de maistre Jehan de Bourgoigne, autrement dit à la Barbe, professeur en medicine et cytoien de Liège. 1365.
Manuscrit du quatorzième siècle, sur vélin. Petit in-folio. 5 feuillets.
Reliure moderne en maroquin rouge, aux armes de Charles V.
Il y a bientôt trente ans, mon savant confrère M. Paulin Paris remarqua dans le manuscrit français porté à Tinventaire de 1682 sous le n. 7857 une explication des articles du Symbole, accompagnée de nombreuses miniatures. Il y reconnut avec beaucoup de sagacité un ouvrage du sire de Joiuville. Cette décour verte eut un certain retentissement parmi les pei*sonnes qui s'oc cupaient de l'histoire et de la littérature du moyen âge, et la Société des bibliophiles français consacra, en 1837, au Credo du sire de Joinville un élégant volume renfermant : V une notice de M. Artaud de Montor ; 2** le texte du Credo ; 3** un fac-similé des quatorze feuillets que le Credo occupait dans le manuscrit original * .
Peu d'années après la publication de la Société des bibliophiles, le manuscrit 7857 avait disparu de la Bibliothèque. Pour en suivre la trace, il faut mettre ici sous les yeux du lecteur la première phrase de l'opuscule qui donnait tant de prix au volume et quia sans doute déterminé le voleifr à se l'approprier. Je transcris donc les premières lignes du fac-similé publié en 1837: « Ou nou et en l'enor dou Père et don Fil et dou saint Ësperit,
1. Outre le livret publié par la Société des bibliophiles, on peut consulter sur le Credo de Joinville, les Nouvelles Recherches de M. Paulin Paris sur les manuscrits du sire de Joinville (réimprimées dans le Joinville de M. Didot, p. cLxvin et s.) et une Dissertation de M. Didot sur le Credo de Joinville (même volume, p. cl et suiv.). — ^. de Wailly a compris le Credo dans l'édition de Joinville qu'il est sur le point de faire paraître.
un Dieu tout poissant, poez Teoir ci après point et escrit les articles de nostre foi par letres et par ymages, selonc ce que on puet poindre selonc Tumanité Jhesu Crit, et selonc la nostre. »
Ce n'est pas sans surprise que j'ai retrouvé la même phrase dans la description suivante du manuscrit 75 du fonds de M. Barrois :
1. Les articles de notre foi. Commence : « Ou non et en Ténor dou Père et dou Fil et dou saint Esperit, un Dieu tout poissant, poez veoir ci après point et escrit les articles de nostre foi par letres et par ymages, selonc ce qu'on puet poindre, selonc l'umanité Jhesu Crit et selonc la nostre. » Très-richement enluminé en or et en couleurs.
2. Incipiunt hore beale Marie virginis in honore suo. Fol. 45. Avec beaucoup d'initiales enluminées.
Manuscrit du quatorzième siècle, sur vélin. In-quarto. 41 feuillets.
Reliure en maroquin cramoisi.
Il résulte de cette description : r que le manuscrit 75 du fonds de M. Barrois renferme le Credo du sire de Joinville : la phrase initiale du traité met ce point hors de contestation ; — 2** que , selon toute apparence, le manuscrit 75 de M. Barrois est celui quia servi à l'édition de 1837, c'est-à-dire le manuscrit 7857 de la Bibliothèque du roi : en eiïet il est comme celui-ci richement enluminé en or et en couleurs^ ; comme lui, il est de format inquarto ; comme lui, enfin, il contient quatorze feuillets remplis par le Credo ^.
Pour achever la démonstration , il faut rechercher ce que le manuscrit 7857 renfermait à la suite du Credo de Joinville. L'inventaire de 1682 ne fournit qu'une indication très-insuffisante :
7857. Articles de la foy par lettres et images, et autres pièces.
Le titre de ces a aiJitres pièces » nous a été révélé par un article du second catalogue des manuscrits du roi dressé en 1645 par les frères Dupuy . Nous y lisons :
1. M. Artaud, p. x, dit que dans le ms. 7857 « les figures sont coloriées sur un fond d^or. »
2. Le fac-similé publié en 1837 prouve que le ins. 7857 était in-quarto, et que le Credo en occupait les quatorze premiers feuillets.
1445. Les Articles de la foy, par lettres et images.
Exposition du Miserere roei.
La vie de saincte Marguerite.
La Ghantepleure.
Explication de la messe.
Méditation sur la passion de Nostre Seigneur.
Li romans de moralité.
Oraisons de saint Bernard à la Vierge.
Horae beat» Virginis.
Septem psalmi pœnitentiales * .
Si Ton rapproche cette notice de la description que j'ai rapportée plus haut, on sera convaincu que le manuscrit 75 du fonds de M. Barrois se compose des premiers et des derniers feuillets du manuscrit que nous avons perdu. Les feuillets intermédiaires, renfermant l'exposition du Miserere, la vie de sainte Marguerite, la Ghantepleure, Texplication de la Messe, la méditation sur la Passion, le Roman de moralité et les oraisons de saint Bernard, ont servi à former un second manuscrit qui est classé sous le n. 305 dans le fonds de M. Barrois, et qui est décrit avec beaucoup de détails dans le catalogue de la bibliothèque de lord Ashbumham.
1. Ci se commance la vie sainte Marguerite la virge, commant elc fu martyriée, et conmiantelesoufri mort pour Nostre Seignor Jhesu-
!• Le catalogue rédigé sur cartes aa dix-huitième siècle décrit ainsi le manuscrit 7857 :
n Recueil de différens ouvrages dans l'ordre qui suit :