‹ Observations sur l'orthographe françaiseChapitre 14 sur 41 · CONSONNES · texte numérisé non relu

CONSONNES

Prononcez :

ni, comme dans matnan 7ne.

b , comme dans battre be.

p , comme dans papa pe.

V , comme dans vivacité ve.

I , comme dans force fe.

d , comme dans devoir de.

t, comme dans <u/oyer, et jamais comme dans po>7(on. . le. n , comme dans Nanine, et jamais comme dans boiK . . ne.

l , comme dans lunatique. le.

1 , comme dans famille le mouillé.

tj , comme dans ignorant, et jamais roninie dans rjnome. . gn mouillé.

Z , comme dans azur ze.

S , comme dans sabtt. et jamais comme dan^ ruse. . . . se.

r , comme dans rire re.

"J , comme dans jujube je.

jf , comme dans chercher ch donx.

g j comme dans guérir, et jamais comme dans pigeon. . ghe.

a , comme dans camisole, colère que.

CÇ, comme dans cœur, requête q adouci.

• , comme dans les he.ros aspiration.

On voit que, clans l'écriture inventée par Domergue, le caractère e a changé de fonction et représente eu faible que l'auteur croit entendre dans notre e muet ou e féminin, bonne, jeton. L'y a également disparu, et avec lui toute Irace de l'origine grecque d'une partie des mots de la langue. Pas d'œ; pas d'accents. Dans les consonnes le e est remplacé dans ses fonctions par g dans camisole, par cj; dans cœur, par* dans ceux-ci; /"figure les sons /"et pk; h est éliminée là où il n'y a pas aspiration; et dans héros, etc., elle est figurée par l'esprit rude des Grecs ; k, lettre inutile en présence des deux coppa {q et cf), disparait également; deux signes nouveaux, l'un pour le yn mouillé, montagne, l'autre pour //mouillé, économisent chacun une lettre ; / n'a plus qu'une fonction, x a disparu ainsi que le ic.

Domergue reconnaît vingt et une voix ou vo3elles distinctes qu'il représente par vingt et un signes; dix-neuf articulations qu'il exprime par dix-neuf consonnes, dont chacune, comme chaque voyelle, a \\n emploi fixe et incommunicable.

Si le système de cet académicien était logique et bien conçu sous plusieurs rapports, en pratique il était inexécutable. Son jÉcriture^ hérissée de signes nouveaux et peu distincts les uns des autres, blesse toutes les habitudes de l'œil, supprime les accords du singulier cl du pliu'iel dans les substantifs et dans les verbes, et, violant ainsi les lois premières de la granmiaiic, nous ramènerait à une sorte de barbarie.

(;.-F. VoLiNKY. L\1lfal)et européen appliqué aux tanguea axiatiquex, ouvrage élémentaire, utile à tout voyageur en .-isie (tome VI 11 dos OKuvres complètes). Paris, Bossange frères, J82I, in-8.

Quoique cet ouvrage, aussi bien que celui de M. Kéline, concerne plus particulièrement la réforme dite phonographique, j'ai cru devoir les mentionner, puisqu'ils ont indirectement rappoit à l'orthographe, et sont le résultat de longs efforts et de consciencieuses études. La tentative de dresser un alphabet unique et commun aux langues de l'Iùirope et de l'Asie est une idée aussi grande qu(ï généreuse. Volney lui-même a fondé un prix annuel (le 1 ,200 francs jjour la réalisation de cette entreprise à laquelle il a consacré tant de voyages et de si longues éludes.

Le savant académicien a puisé dans la comparaison des idiomes, nécessaire à la |)ié|)aiali()ji de sou œuvre, des moyens de perfectiomier le mécanisme de notre orthograplie. Doué d'un grand

talent d'observation et d'une sagacité égale à sa persévérance, il doit à l'analyse minutieuse qu'il a faite des sons propres aux diverses langues qu'il a comparées une connaissance profonde des vices de notre écriture.

L'étude à laquelle Volney s'est livré au sujet des voyelles européennes et particulièrement des voyelles françaises (p. 25 à 61) est un travail d'une solidité parfaite, et qui depuis cinquante ans n'a guère été dépassé. Voici comment il résume les idées de ses prédécesseurs sur la détermination du nombre de nos voyelles :

« Avant Beauzée, l'abbé Dangeau (en 1695) avait compté aussi <i treize voyelles, mais il y comprenait aussi les quatre nasales : « par conséquent il les bornait à neuf. Ce fut déjà une grande <( hardiesse à lui de les proposer au corps académique, qui, selon ' l'habitude des corporations et la pesanteur des masses, se tenait « stationnaire dans le vieil usage de ne reconnaître que les cinq <( voyelles figurées par A, E, I, 0, U. L'abbé Dangeau eut le nièce rite d'établir si clairement ce qui constitue la voyelle que la ma- « jorité des académiciens ne put se refuser à reconnaître pour telles « les prétendues diphtongues OU, EU, qui réellement ne sont pas « diphtongues, mais digrmnmes, c'est-à-dire doubles lettres (1). « Du reste, Dangeau ne distingua pas bien les deux A, les deux 0, ff ni les deux EU.

« Après Dangeau (en 1706) , l'abbé Régnier des Marais, chargé « par l'Académie d'établir une grammaire officielle comme le Dicte tionnaire, n'osa que faiblement suivre la route ouverte par Dan- « geau : en établissant d'abord six voyelles il commit la faute de « présenter y et i comme dilïeiens, lorsque de fait leur son est le « même (2) ; et dans l'exposé confus, embarrassé qu'il fit de toute « sa doctrine, il décela l'hésitation et le peu de profondeur de la « doctrine alors dominante. A ce sujet, je ne puis m'empêcher de « remarquer que les innovations ne sont jamais le fruit des lumières « ou de la sagesse des corporations, mais au contraire celui de la « hardiesse des individus, qui, libres dans leur marche, donnent

(1) L'auteur explique très-bien, dans plusieurs endroits , le mécanisme de la formation de ces digrammes , qui s'est produite eu Eurojie comme en Asie. A>aiit à figurer des sons nouveaux avec un alphabet restreint, on a réuni, plutôt que d'intioduire un signe nouveau, les signes des sons qui isolément paraissent se faire entendre dans la nouvelle voyelle.

(2) Volney a raison en ce qui concerne Vy étymologique; mais l'y français, dans pays, moyen, est une véritable voyelle tliplitbongue.

« l'essor à leur imagination et vont à la découverte en tirailleurs : « leurs rapports au corps de l'aimée donnent matière à délibéra- M tion : elle serait prompte dans le militaire, elle est plus longue « chez les gens de robe. Toute innovation court risque d'y causer « un schisme, d'y être une hérésie , et ce n'est qu'avec le temps, « qu'entraînée par une minorité croissante, la majorité entre et « défile dans le sentier de la vérité. »

Voici le tableau des voyelles deVolney en ce qui regarde le français :

clair ou bref, pfitit à. Ex. : Paris, jiatte, mal ;

profond ou long, grand û.

àme, âge, pâte, mâle;

clair ou brel, petit o.

odorat, holte, molle, sol;

profond ou long, grand d.

hôte, haute, môle, saule, pôle

où

bref, petit ou.

chou, sou, trou;

Oll

profond, grand où.

voiite, crortte, roue, boue ;

eii

clair, guttural.

cœur, peur, bonheur;

eux

profond, cieux.

eux, deux, ceux;

muet, féminin.

borne, ronde, grande;

e sotliique.

que je me repente;

ouvert.

fête, faite, mer, fer ;

e (Sans nom), «e, h.

née, nez;

masculin.

né, répété;

bref, petit /.

midi, imité, Ici;

long, grand /.

ile (.en mer), la bile;

français).

hutte, chute, nud;

an

pan (de mur);

ou

son (de voix) ;

ce

in

brin, pain, pin, peint ;

ly.

iï

lin

un, chacun.

La réalisation du projet auquel le savant académicien a tant travaillé, et pour lequel il a fondé un prix perpétuel, serait un puissant auxiliaire pour la diffusion des lumières et de la civilisation en liuru[)e. Voici comment M. Féline s'exjjriniait à ce sujet dans l'introduction de son Dkiiomiaire phonétique :

H La création d'im tel ;ili)habct intéresse au plus haut degré la politique intérieure de tous les grands Klats. Les sujets de la France parlent allemand, italien, breton, basque, arabe, et nombre ili' patois qui différent bcaïK^oup ilii français. Ceux de l'empire iirilaiinicpie paileiil gallois, irlandais, écossais et font usage d'une multitude d'idiomes dans de nombreuses colonies. La llussie, disent les géographes, compte plus de cent langues différentes,

dont vingt-sept principales; l'Autriche en compte également une quantité considérable dans ses divers États, animés chacun d'une nationalité jalouse. Les États-Unis sont peuplés en partie d'émigrants venus de toutes les contrées du monde. 11 n'est pas jusqu'à la Suisse où régnent trois idiomes bien distincts. Certes, si la confusion des langues a arrêté l'édification de la tour de Babel, l'administration de chacun de ces États doit souffrir de la difficulté qu'éprouve l'autorité à se faire comprendre de tous les sujets soumis à sa loi. Toutes ces nations doivent donc appliquer leurs efforts à se faciliter réciproquement l'étude de ces nombreux idiomes, surtout de celui qui est adopté par le gouvernement dans chaque pays. Elles atteindraient assurément ce but en apportant à l'al- ])babet toutes les simplifications dont il est susceptible et en le rendant commun à toutes les langues. »

Nous décrirons tout à l'heure, à l'article consacré à l'ouvrage de M. Raoux, les moyens récemment proposés pour parvenir à ce but, et qui font l'objet d'un art que ses adeptes appellent /)/*onocjra^kie.

Solvîgue et phonique, c'est-à-dire : le mécanisme de la parole déroitê et écriture unirerselle au moyen de quarante-huit phoninsoii, lettres, qui, à l'aide de quelques signes, accens et marques, désignent tous les sons de la pai-ole arec leurs qualités prosodiques; précédées d'une esquisse de l'histoire de récriture , et suivies d'une méthode de noter la déclamation, moyennant douze chiffres duodécimau.r, qui se trouvent également appliqués à l'arithmétique , ainsi qu'à vn système de poids et mesures. On y a Joint dirers morceaux imprimés en phonins, une gravure rejn'ésentant la jihonique écrite, et %in tableau synoptique des phonius et de leur mécanisme. Par Ch.-L. B. D. M. G. Paris, Firmin Didot, octobre 1829, in-12.

C'est une réforme complète de l'écriture, établie sur une étude minutieuse du fonctionnement des organes de la parole. L'auteur a inventé de nouveaux signes qui diffèrent totalement des lettres de l'alphabet.

ÎMable. Dans le Journal de la langue française, didactique et littéraire, années 1827-1829, 4 vol. in-8. [Orthographe. Plan de réforme.) — .4ppel aux Français.

a Domergue, dit-il, renverse tout pour tout reconstruire sur de

« nouvùles bazes. Du ^larsais se borne à retrancher les doubles « consonnes. » *

L'auteur déclare adopter une marche qui réunisse les avantages des deux méthodes.

« 11 ne faut, dit-il, renvoyer persone à l'école; il faut que celui « qui savait lire avant la réforme sache lire après la réforme à » (|uelque degré qu'elle soit arrivée ; il faut, en un mot, que les « changements propozés ou à propozer soient toujours tellement « combinés, que les persones qui vèront pour la première fois « l'écriture qui en est le fruit puissent la lire sans héziter et sans M avoir bezoiu d'explication préalable.... » « Homes de lètres favo- M râbles à la réforme, professeurs qui voulez la propager, gardez- « vous de franchir les limites tracées par ce principe, ce serait « tout compromettre, ce serait grossir les rangs de nos adver- Hsaires d'une foule de persones qui n'adoptent l'utile qu'autant c< qu'il est agréable, ({u'autant qu'il n'exige de leur part aucun w travail nouveau, aucune étude nouvèle. »

Marie retranche : a dans Saône, saouler, poulain; — e dans asseoir, surseoir, beaueoup, etc. ; — / dans coignassier, poignard, oignon; — o dans bœuj, désœuvrement, nœud, etc.; — un 6 dans ahliai/e, rabbin, sabbat; — c dans acquérir, obscénité, scélérat ; — un /(lans affront, chauffer, etc.; — g dans doig lier, Magdelaine, vingtaine, aggraver, agglomérat ion, etc.; — h dans adhérer, cathédrale, exhorter; — / dans ul/fgorii/ue, alliance, Inilletin ; — m dans automne, condamner, nommer; — w dans cannibale, connivence, donner ; — un p dans appartement, apprendre ; — un r dans arriére, carrosse, courrier; — un t dans attachement, flatterie, gratter. — Il remplace le s qui se prononce comme le :; par cette dernière Ictlre : nous reprézenlons, poizon. Il fait disparaître l'y étymologique, et écrit sinonime. Il éciit Jilosofe, orlografc. Il voudrait un signe pour marcpier le gn et ([uelques autres niodificalion* légères.

Dans un remarquable passage relatif ii Vabolilion des accents locaux et des paiois,-A laquelle seules une grammaire et une orthographe trè-s-simplifiécs pourront conduire, M. Marie s'exprime ainsi :

M Pourquoi telle personne jirononcc-t-clle mois (friorf/e au lieu « de mois A'oii > C'est pane que cet a et ce l sont écrits ; parce « que l'u-il les voit, parce ijue le bon sens, d'accord avec la vcrile <i historique, répète sans cesse que les lettres n'ont été inventées. « (jue pour élre prononcées.

« Ecrivez ou, tout le monde prononcera ou.

u Écrivez ardament, solanel, taba, scvItMre,eic., et il deviendra « impossible de prononcer ardemment, solennel, UihaL, sculpea lure, etc.

« Écrivez ainsi tous les livres nouveaux, toutes les feuilles pu- « bliques, tous les almanachs populaires, et les sons purs de l'at- « ticisme français, révélés à tous les yeux, seront rendus pnr . « toutes les bouches, et retentiront enfin les mêmes sur les rives « de la Garonne, de la Seine et du Rhin. »

« La langue française, dit encore M. Marie, a vingt-deux sons et treize articulations; pour représenter ce petit nombre de sons et d'articulations, on fait usage de cinq cent qdarante signes (ils sont rangés dans un tableau), c'est-à-dire que nous employons cinq cents caractères de plus que n'en exigent le besoin de la langue, la raison , le bon sens ; c'est-à-dire que nous consumons dans l'étude DOUZE fois plus de temps qu'il n'en faut.

«L'enfant qui doit retenir cinq cent quarante signes différents avant de savoir lire et orthographier n'en aura plus que quarante à apprendre pour arriver à la même connaissance. Ainsi, au lieu d'employer douze mois, je suppose, il ne lui en faudra qu'un seul pour apprendre à lire. »

A l'appui de ce qu'avance M. Marie, il cite ce passage de Déranger, dans son épître à son patron, M. Laine, imprimeur à Péronne : « Ce fut dans son imprimerie que je fus mis en apprentissage : n'ayant pu parvenir à m'enseiyner l'orthograp/ie, il me lit prendre goût à la poésie, me donna des leçons de versification, et corrigea mes premiers essais. »

Et M. Marie ajoute : « Si Béranger n'est pas parvenu à apprendre l'orthographe actuelle, comment trente millions de Français qui n'ont pas son génie y parviendraient- ils? Aussi nous soutenons que personne ne la sait, et nous proposons un pari de trois cents francs à quiconque prétendra écrire sans faute, sous notre dictée, vingt lignes de mots usuels. Ces trois cents francs sont déposés chez M. Bertinot, notaire, rue de Richelieu, n" 28.

« Siyné Marle, rédacteur en chef du Journal de la langue française, rue de Richelieu, n° 21. »

Ce pari a-t-il été tenu? Je l'ignore. Il semble cependant que plus d'un a dû être tenté de concourir; ce qu'il y a de sûr, c'est que M. Marie ne fut pas ruiné par le nombre des concurrents.

APPENOICK D. 175

Par ce qui précède, on voit que le système orthographique de M. Marie n'excùdait pas les bornes indiquées par plusieurs grammairiens, tels que Beauzée et autres; mais, dans V Appel aux Français, petit volume publié en 1829 chez Corréard , M. Marie, dépassant ces limites déjà si larges, se permit de traduire dans une orthographe bien autrement Icraéraire quelques-unes des lettres que lui avaient écrites plusieurs académiciens. Ces lettres, où la bienveillance semblait un encouragement, ainsi travesties, suscitèrent une tempête funeste à M. Marie, et le ridicule qui s'attacha a leur transcription fit tomber dans un complet discrédit ses tenlatives, qui d'abord avaient été favorablement accueillies.

Voici comment est transcrite dans l'Appel aux Français la lettre de M. Andrieux, citée p. 87 :

oMosieu,

«Il è d'un bon èspri de déziré la réforme de l'ortografe fraiicèze aqtuelle, de vouloir la randre qonforme, ôtan que posible, à la prononsiasion; il è d'un bon grammairiin é même d'un bon sitoiiin de s'oqupé de sète réforme; niez il è ditisile d'i réusir. Voltaire, après soisante é diz an de travô, et à pêne parvenu à nou fère éqrire français corne paix, é non pâ qome françois é poix ; on trouve anqor de jan (jui répunet a se chanjeman'si rèzonable é si simjjlc : 16 routine son tenase, le suqsè vouz an sera plu glorieu si vou l'obtené; vou vou propozé de marché lanteman, é avèq precôsion, dan soie qarière asé danjereuze : s'è le moiiin d'arivèr ô but; puissié-vou l'atindre.

« Andrieux, manbre de i'Aqadémie fransèze. »

Celte audace, aussi blessante; pour les convenances que pour les h.ibitudes consacrées, nuisit aux progrès raisonnables que l'Acadcmie paraissait disposée à admettre, et les effets s'en lirenl sentir longtemps.

Dans le Journal des Débats parut l'article suivant : 1' lin nouveau grammairien, M. Marie, prétend réformer l'or- Ihograiilu;, et il donne un {';clianlilion de ses princijjes et de sa réforme dans un petit écrit intitulé : Apel o Fransc, licjormo orlotjrafiqn.

yi. Ne jwjé q'aprèz avoir ht.

i( Prix : (50 santimcs.

M 11 ne doute point du su(jsd; il prétend qu'il a déjà pour lui un

17(1 APPE^DICE D.

profèseur de rétoriqe, un qolonel, le directeur delà lievu Ansidopédiqe. Il s'est battu contre ses adversaires clans la Qotidiène, le Quurié Jransè, et se bâtira contre qiqonqe n'adoptera pas sa rél'ornie. Il a l'orme une société ortoyrafiqe qui a son prézidan, etc. "M. Marie s'était attiré une lettre raisonnable et polie de M. Andrieux, secrétaire perpétuel de l'Académie française. Il a fait imprimer cette lettre en l'affublant de sa nouvelle orthographe. Les veis de Racine paraîtraient ridicules ainsi imprimés ; la prose de jM. Andrieux ne pouvait résister à une pareille épreuve, et c'est contre ce travestissement qu'on lui a fait subir qu'il réclame dans les pièces suivantes qu'il nous a adressées :

« AU HÉD.\CTEUR.

«Monsieur,

« Je n'ose plus écrire à M. Marie : cela ne m'est arrivé qu'une fois, après bien des sollicitations de sa paît, et je n'ai pas sujet de me féliciter de ma complaisance ; je n'y serai plus pris.

«Vous avez peut-être entendu dire qu'il s'occupe d'une prétendue réforme urlhofjrap/tiqiic ; qu'il cherche à répandre une espèce de cacoyrap/iiehharve, qu'il propose pour modèle.

« Son zèle de réformateur l'a emporté au point de publier une lettre travestie, de manière à faire croire que j'adopte, moi, sa méthode, si c'en est une, et que j'en ferai journellement usage pour mon compte.

«Je dois donc déclarer nettement que M. Maile, en faisant imprimer sans ma participation la lettre que j'avais eu l'honneur de lui écrire, a substitué à mon orthographe, qui est celle de tout le monde, une manière d'écrire qui lui est particulière, en sorte qu'il n'a point publié ma lettre telle que je la lui avais adressée, mais qu'il l'a défigurée et rendue méconnaissable. Il me semble qu'il a eu en cela le double tort d'induire le public en erreur et de mésuser de ma signature.

« A présent, monsieur le rédacteur, accordez-moi un peu de place pour quelques mots que j'adresserai à M. Marie lui-même, par votre intermédiaire.

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