Remplacemant duCB. dur par C ou QTJ
Cette réforme ne devrait pas rencontrer d'oposicion, car elle n'atindrait qu'une centaine de mots d'origine grecque et dont la plupart ne sont pas d'un usage très fréquant. J'en ai longuemant parlé dans mon ouvrage sur l'ortografie.
Dans les mots oii le CH est suivi d'une consone ou de voyèles a, o, ?/, on n'aurait qu'à suprimer 1' //, et écrire : acroma tique, anacorète, anacronisme , arcaïque , arcange, caos, cronique, éco, psicologie, tecnique^ etc., corne on écrit caractère, mélancolie, etc., qu'on écrivait jadis : charactère , mélancholie. Les mots qui se trouvent dans cette catégorie sont au nombre d'une cinquantaine, dont la moitié apartiènt au langage scianlitique. Par des raizons de haute convenance, on pourait faire eccepcion pour le mot Christ et ses dérivés, quoique les Italiens, les Espagnols et les Portugais écrivent Cm^o, On ne toucherait pas aux noms propres, non plus qu'au mot chœur, qui d'ailleui' e.>t un monosilabe, et qu'il faut distinguer de son homofone cœur. Le mot chrême , pour le même motif, serait maintenu.
Pour les mots où le ch dm* est suivi des voyèles e, i, j'avais proposé dans mon ouvrage d'en faire entrer neuf dans la règle comune en donant à la prononciacion du ch le son doux , qu'il prand d'ailleur assez généraicmant dans les mots de celle catégorie , come : archétype, archié/iisco/)al, chélidoi?ie, chiroi/rafe, chiroyrafaire, chiroloyie, rhiromancie, conchyliotoyieiil lichen, qu'on écrirait et ()rononcerait come : monarchie , archevêque, chirurgie, alchimie, architecte, clc; un prononce dijà chirogrnfc plutôt que quirografe.
11 ne resterail qui' les mots : archéoloijuv . archéologie , CC' chymnse, malachite, orchestre et synecdoclie, dans lesquels on
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pourait remplacer le ch par le qu^ et écrire : arquéologue, malaqidte^orqitestre, corne on écrit : monarque^ qidna .U Kc^démie elle-même autorise d'écrire indistinctemant synecdoche ou synecdoque ; quelquefois même on écrit orquestre, et on prononce souvant malachite plutôt que malaquite. On pourait aussi écrire arkéologie avec un k come dans les mots : kilograme, kiste, ankilose et autres.
il. Remplacemant de l'Y pari, eccepté dans l'adverbe de lieu, dans le pronom et dans les mois où la bone prononciacion fait entandre deux I.
Je ne cesserai de réclamer l'adopcioii de cette proposicion dont les travaux lexicografiques de l'Académie française ofrent de nombreux précédants.
Dans sa cinquième édicion du Diccionaire, l'Académie écrivait analise, anaUser, analitique. 11 est regrétable qu'après avoir remplacé Vy par Vi dans tant de mots : abime, alchimie, cristal, chimie, giratoire, satirique, lui, moi, toi, roi, proie, etc., elle ait cru devoir rétablir l'y à analyse et ses composés.
11 n'y a aucun argumant valable en faveur du maintien de Vy lorsqu'il représante le son simple de Vi, et il serait plus naturel d'écrire ritme, stile, péristile, sistème, tiran, hiperbole, etc., come on écrit cristal &i tant d'autres.
Bossuet écrivait mistère et tiran. J'ai cité le grand nombre de mots que La Bruyère écrivait par un i.
C'est sous le titre de Psiché et de Cupidon que La Fontaine écrit son livre, et non Psyché, et si l'on imprimait sa pièce de , vers aux Nimfes de Vaux avec son ortografîe, on verrait avec étonemant combien elle difère peu de l'anciène simplicité de nos vieux manuscrits.
10. Remplacemaut du G par J et du digrame GE par le monograme J.
Malgré tout mon désir de voir le g doux remplacé par ley, je craindrais de trop défigurer l'ortografie habituèle; et, puisqu'on est acoutumé à épeler
ga, ge (je), gi (ji), go, gu,
de même qu'on épèle
ca, ce (se), ci (si), co, eu,
conservons cette épélacion et écrivons étrangère et logique^ et non étranjère et lojique.
Le Programe ofîciel ne conserve au g le son du / que dans les noms de lieu et de nacion; il écrit donc Belgique, Genevois, Egipcien (1). Mais s'il faut aprandre que dans les noms de lieux, denacions, et de persones, Gédéon, Girodet, Genève, le g prand le son du y lorsqu'il est suivi de l'e ou de 1'/, autant conserver la règle générale pour l'épélacion du g doux devant e et i que recourir à cette eccepcion : l'une n'est pas plus dificile à aprandre que l'autre. Le y qui a le son dur partout où il n'est pas suivi de l'e ou de 1'/ : fatigant^ grain, règle, virgule, galère, vogant, cigûe, énigme, conservera donc, corne d'habitude, le son doux devant e et i : ouvrage, étranger, gage, original, agir et Genèse. On n'adoptera le j pour remplacer le g, et cela d'acord avec le Programe, que lorsque la prononciacion est incorrectcmant représantce par g diwant a, o et u, c'est-à-dire lorsque le g, ayant devant ces voyèles le son du g doux, exige pour pouvoir prandre le son du j l'intercalacion de Te muet, corne, urgea)ice , vnngcancc, gageure, vergeure, qu'on devrait écrire corne majeur, et enjôler, enjôleur, bien
(\) l'iir un rpstc d'ImMliiili' , le l'roiiiiimr rrril, p. M, 1. 2, juyern au lieu lie jiijrrii.
qu'ils découlent dé geôle \ et de même qu'on écrit goujat, on écrirait orjatet non orgeat, et aassi pi jo7i, badijon, corne do»- J07i, goujon, qu'on écrivait auparavant (io??^eoH,(/oz/^eo?j. lien serait de même pour les temps dérivés des verbes terminés en ge7; partout oii le g précède les voyèles a, o, u, et on écrirait sens c : nous engajons, en engajant, etc., au lieu de engageons et engageant.
On objectera que dans ce cas il y aurait deux ortografîes diférantes pour le même verbe, selon ses diférantes formes, mais en réalité on ne ferait qu'apliquer aux verbes en gei- un sistème analogue à celui qui a été adopté pour les verbes en cer, où, lorsque le c doux se rencontre devant les voyèles a, o, u, sa prononciacion douce était figurée par l'intercalacion de l"e muet, et on écrivait : coînancer et nous co)7ia7îceons, e7i co7nanceant. Plus tard cet e eufunique fut suprimé et remplacé par le ç, qui est en résumé une lettre nouvèle; on écrit donc maintenant : agace7', il agaça, en agaçant , etc. Or, puisque nous écrivons nous traçons, il t7'aça, au lieu de 7ious t/-aceons , il tracea, pourquoi ne pas écrire ab7'éjo7is, ahréja , en ahi-éjant, au lieu de abrégeons, abrégea, e« abrégea7it? }\\. Sainte- Beuve réclame l'introduction du c cédille dans douçàtre, que l'Académie écrit douccât7-e.
Dans mes Obse7-vatio7is sur Vortografie firmçaise, j'avais proposé, come corolaire de ce sistème, de figurer le g doux devant a, o, u, par un g de forme particulière surmonté d'un point; mais il vaut mieux, quand le g est suivi de son e eufonique, adopter le j , qui jouera alors le même rôle à l'égard du g que le ç par raport au c. La forme même grafique an j n'est qu'une faible modiflcacion du g dont il conserve le signe ^ caractéristique, le jambage; la forme tipografîque ne permettant pas de placer une cédille sous le/, l'œil ne sera pas plus choqué par cette substitucion qu'il ne l'a été par le ç.
II. liemplacemant de Epar A dans EN e^EM se prononçant AN, eccepté au comancemant des mots.
Le Programe o/icie/ aiioace que c'est « avec pkizieiirs acan démiciens et avec la grande majorité des instituteurs et des « néografes qu'il eccepte les nazales en et em qui se trouvent « au comancemant des mots, de la substitucion de l'A à l'E, « eccepcion qui a pour but d'éviter un chanjemant dans l'or- « dre actuel de ces mots dans les diccionaires » (p. 23).
J'aprouvefortemant cette décision, et le Programe s'y couforme lui-même, car il écrit, p. 4, 1. 7, en ; p. 8, 1. 1, encore; p. 9, 1. 8, entante; p. M, 1. 23, cn/In , p. 21, 1. M, emprunté; p. 37, 1. 24, cmploijanl.
Mais, contradicloiremant, je vois qu'il écrit anchcvèlremanl^ p. 34, 1. 23, et p. 20, 1. 2 et ailleur, les mots ramplacer , ramplacemant.
Puisqu'on a cru devoir, avec raizon, conserver aux nazales em et en leur ortogralie dans tous les mots qui coraancent par ces deux lettres et se prononcent avec le son de I'm, je crois indispansable, afin d'éviter un trouble trop grand dans les esprits en écrivant de deux manières le mot principal et ses dérivés, d'étendre cette eccepcion à tous ces mêmes mots lorsqu'ils sont composés et précédés d'une seule consoue ou d'une voyèle : emporter, remporter; enseigner, renseigner, tendre et étendre. On ne tiendra pas compte des verbes composés où la significacion du mot radical a disparu et de ceux dont la composicion n'est qu'aparante, conic défandrr, qui ne vient pas du verbe fendre, tandis i\w /tour fendre en dérive; atandre, entandre, qui ne sont pas composés de tendre; mais ou conservera l'ortogralic de quelques mots prcécédés d'une préposition : démnnfircr, démeni/trrmcnt, démentir, démenti. Le verbe cpraiidre s écrira donc avec un a, la nazalc en s'y trouvant au milieu et étant précédée de deux consones.
Voici la liste, dans leur ordre alfabétique , des mots qui composent cette catégorie peu nombreuse.
Lettre B. — Aucun des mots comançant par bem ou ben ne prènent le son de !'«.
Lettre C. — On a dit précédamant qu'en règle générale l'ortografie actuèle des monosilabes devait être maintenue, et par conséquant l'ortografie des mots cent et cens devra être conservée, ainsi que leurs dérivés centaine, censure, etc. , et en éfet le Proyrame oficicl a écrit centième. Cendre et centre avec ses dérivés : central, concentrer, ainsi que le mot grec centaure, sont les seuls polisilabes oîi cen se prononce san.
Lettre D. — Aucun mot comançant par dem ou deii ne se prononce avec le son a , eccepté le monosilabe dent et ses dérivés denticion, dentiste, dentelle, etc.
Lettre F. — Les deux seuls mots femme et fendre se prononcent famé et fandre.
La formacion des dérivés directs, femelle, efféminé, féminin, qu'on ne prononce pas famelle, effaminé, faminin, nécessite la conservacion de l'e à femme ; ce mot, en outre, est d'un emploi trop fréquant pour n'être pas maintenu dans son anomalie. Quant au mot fendre, avec ses dérivés fente, fendiller, il rentre dans la série de mots auxquels l'eccepcion du Prorjrame doit s'étendre.
Lettre G. — Dans six mots seulemant la nazale en est précédée de la consone rj :
gencive ;
gent, d'où gendarme;
gendre (le comité central autorise
d'écrire engendré); genre;
gentil, d'où gentilhomme, gentillesse; gentiane. '
Lettre H. — Deux mots, hennir et hennissement. Encore la prouoiiciacion se raproche-t-elle plus souvant du son e que du son a.
Lettre J. — Dans aucun mol les nazales em et en ne sont précédées de cette consone.
Lettre L. — Trois mots seulemant: lendemain, lenlilk et lemonosilabe lent et ses dérivé?.
Lettre M. — Dix mots et leurs dérivés : w«?î6re, membrane, mencion, mendiant, mensonge, menstrue, mental, mentir, menthe (ou mente sans h, mais avec e , pour le distinguer de la mante, vêtemant), menton.
Lettre N. — Dans aucun mot les nazales em et en avec le son de l'a ne sont précédées de cette consone.
Lettre P. — Dans quatre mots et leurs dérivés la consone/; précède en :
Pencher (1);
Pendre et ses dérivés pendant, pendeloque, pendule, pension , pens ionnaire ; Penser, pensée; Pentecôte.
Lettre R. — Dans la plupart des mots comançant par rem et ren, la lettre r est un si^nc qu'on pourait apeler réduplicatif, destiné à modifier le mol primitif. Ainsi: emplir, rem-
(1) Ce mot n'étant |ins dci i>c du latiu, devrait Otre écrit/jaHc/iw. Uossuol, dans son manuscrit autografc, écrit panchant. Le remplacemanl de i'e par l'a est Iclemant naturel que Dossuet, dans ses manuscrits aulografes ([ue j''ai cxannnés, éciit ainsi ; cunt((i,i,€ontiinhr, wnUiutemnnt , attmtif , uluntiuHS, iitandre, (itniUvr , asmiiiililer. Toujours il écrit vaiKjer, rdiiyeiiHa'. ccnno Corneille et tous le» écri vains du siècle de Louis XIV. ( Voyez mes ' )'««T(i<i"ns sur t'ortoyivfrim ortofinttir fnmrahr, p. 73, l.'tl et 3i>'i.l
plir; enchérir, renchérir; enfermer, renfermer^ et tous les mots où la consone r n'est qu'une anexe. En voici la série :
Remparer, remplacer^ remplir, renplumer, reiichérir, rencontrer, rendormir, reiifaiter, renfler, renfoncer, rengainer, renforcer, rengorger, rengruisser, renseigner, rentoiler, rentrer, renvoyer, — rendre, renfort, rente, renverser.
On devra assimiler à cette particule re rédiiplicative et répulsive, la particule séparative (/c ; rfeVemplir, f/cAeiifler, désmûr, etc., Vs étant simplemant eufonique.
La lettre S — ofre le peu de mots suivants comançant par seni et seii :
Sembleu, et ses dérivés semblable, ressemblance; dissemblance.
Sens, monosilabe, et ses àér'i\és sensibilité , sensible, sefisualité, sensitivc, etc.
St.NTiii , qui est lui-même un dérive du monosilabe sens, forme sentance, sentancieitx, sentimant, svntine, sentinelle, senteur. Dans tous ces mots la nazale en se prononce an.
La lettre T — ofre les dérivés de temps: tempérant, tempérer, tempéramant, tempête, temporiser, temporaire, et les trois mots temple, tendre et son dérivé tendron, tenter et ses dérivés tentacion, etc.
Le mot tente doit être écrit par un e pour le distinguer de tante.
La lettre V — ofre : vendredi ; venger (1) et ses dérivés vengeance, etc.; vent et ses dérivés ventait, ventilateur, ventôse, ventouse, ventre.
[\) Venger et lengcaHce doWent être écrits vunger elvaiigeance, ou mèuie vanjance. Corneille, de même que Bossuet dans ses manuscrits autografes, et tous les auteurs du siècle de Louis XIV, écrivent ainsi ces mots.
Dans tous les autres cas le rcmplacemant de oi par an est nécessaire pour éviter les nombreuses dlGcuIlés ortografiques, dont j'ai longuemant parlé dans mon ouvrage. On évitera ainsi cette homografie fâcheuse:
un affluent et ils affluents vn expédient et ils expédient, un couvent et i7.s' couvent,
en les écrivant un afluant et ils afluent, un couvant et lU couvent, etc. Celte réforme, jointe à celle de lasubstitucion du j auye devante, o, w, aura l'avantage de suprimer cette disparate d'écriture :
astringent et affligeant,
abstergent et assiégeant,
diligent et désobligeant,
émergent et exigeant,
qui se trouveront tous écrits astrinjant, a/lijant, abstcrjant, assumant, désohlijant, etc.
Le cliangcmant de en en a)i dans les mots où cette silabe est précédée actiièlcmaut du c doux, nécessitera le rcmplacemant du c par r, dans les mots acçant, adolesçant, déçant, incundcsça)tt, innoçant^jaçant, pubesçant, quicsçant, rc'çant, il Jcsçand, qui devront être écrits come comerçant, f/lacant, menaçant, perçant.
On ne doit point oublier que dans les mots dérivés du latin où nous laissons figurer l'e, cette voyèlc était prononcée c par les Latins, mais maintenant qu'elle a pris le son de Va dans ces mêmes mots, c'est un a ([ui doit lui être substitué, conformémantà notre prononciacion. Ainsi par example, le mot testa- >iiciiti/m, devenu français, doit être écrit non tcstanimt, imùf. tcstaniant ; si les Italiens l'écrivent avec raison tcslanicnlo, c'est qu'ils ont conservé la prononciacion latine de le.
Dans toutes les édicions des cclèbies Armitarrs dr Télcniaijiic publiées du vivant de Fénelon cl mûrac longtemps après
sa mort , et dans un grand nombre d'ouvrages contemporains et postérieurs, c'est ainsi que ce mot est écrit, et aussi le mot avanturier (1).
En écrivant aventure, on croirait que, puisqu'on écrit avenir dérivé égalemant de venire , on devrait prononcer avanir et non ave-nir; mais il faut savoir que d'après une règle de grammaire en et e??z devant une voyèle perdent le son nazal et doivent se prononcer e. En écrivant, selon le Programe, par a les e qui se prononcent a, cette règle disparaîtra, et nous prononcerons et écrirons , corne Fénelon , Corneille, Racine et tous les écrivains du dix-septième siècle, avanture.