‹ Observations sur l'orthographe françaiseChapitre 32 sur 41 · Remplacemant du signe binaire PH par le signe simple F · texte numérisé non relu

Remplacemant du signe binaire PH par le signe simple F

Malgré l'inconvéniant de déplacer dans les dicrionaircs les motscomançant par/j/i pour les porter à la lettre F, inconvé-

niant auquel on remédiera par uq renvoi , corne l'Académie elle-même l'a fait originairemant pour les mots comançant par jsA et th dont elle a modifié l'ortografie, cette réforme est trop indispausable pour n'être pas adoptée. Elle est , come vous le dites bien, « si peu discutable aujourdui, qu'il sufit «de la mancioner «. Aux partisans de ces lettres étimologiques on peut répondre que leur maintien n'intéresse que les savants, qu'il en résulte un désacord avec les lettres simples f&it qui Jes remplacent si bien , et qu'enfin nous n'avons pas besoin d'y tenir plus que les Italiens, les Espagnols et autres. Les Oriantaux ont une grande dificulté pour prononcer le ph et le distinguer du p et de 1'/. C'est ce que j'avais signalé dans mes Observations sur l'ortografie française, p. 4, et que m'ont confirmé les ambassadeurs chinois venus en Europe pour étudier notre civilisacion ; encore tout réçamant l'un de de nos ofîciers de marine, M. Louro, envoyé de Cochinchine avec la mission de rechercher les meilleurs moyens d'instruire les Annamites, me disait combien nos instituteurs éprouvaient de peine à leur faire comprandre notre ortografie.

Au sujet de ce malancontreux ph, je rapélerai l'anecdote raportée par l'abé Dangeau , de l'Académie française , l'un des plus chauds défanseurs de la simplificacion de notre ortografie, contre Régnier des Marais, dans les discussions qui ont précédé la première édicion du Diccionaire de l'Académie, en 1694: « Pourquoi ne pas imiter les Italiens et les Espagnols, qui M n'ont pas cru être obligés à garder l'ortografe latine dans « les mots dérivés du grec? Si l'on avoit toujours usé de cette et sorte, madame de... n'auroit pas été si scandalisée contre « Éliogabale. — Oh! que ces empereurs romains étoient « cruels ! s'écria-t-elle un jour en bonne compagnie ; ils fai- « soient prendre des paisans et leur faisoient aracher la « langue pour s'en nourir ! — Elle venoit de voir un livre qui « disoit que cet empereur mangeoit des pâtés de langues de « phaisans, et s'imaginant qu'un p se prononçoit toujours p,

« elle avoit lu des langues de paysam au lieu de langues de « faisans. »

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