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Observations sur l'ouvrage de Mr. le comte Ph. de Ségur, Histoire de Napoléon et de la grande-armée pendant l'année 1812

JMonsieur le comte de Ségur dans son ouvrage sur la campagne de Russie pendant Tannée 1812 , accusant les troupes bavaroises et leurs chefs, sans rendre la moindre justice à leurs glorieux efforts et à leurs succès, nous avons prévenu le public , par le journal des débats du 15. Mai 18255 que l'histoire des guerres sous le régne du Roi Maximilien Joseph, qui paraîtrait incessament , exposerait la conduite de l'armée bavaroise et de ses chefs pendant la campagne de Russie et qu'elle rectifierait les torts> que monsieur de Ségur leur impute dans son ouvrage.

Mais cet ouvrage ayant été suivi par celui de monsieur le général Gourgaud , nous avons cru devoir mettre sous les yeux du public les pièces authentiques et officielles ci-jointes. Les autres erreurs qui se sont glisées dans l'ouvrage de monsieur le comte de Ségur relativement à l'armée bavaroise, peuvent nous être indifférentes.

Les pièces officielles, ci-jointes, depuis le n°. 8 répondront aux accusations que monsieur de Ségur, page 225 tome 2 de son ouvrage , adresse au général qui commandait alors en chef l'armée bavaroise.

Ces pièces prouveront, que le général en chef dés le moment ou il a pris le commandement du 6ème corps :

1°. a exactement exécuté les ordres qu'il a reçus ;

2°. qu'il a agi dans tous ses mouvements de concert avec les maréchaux et les généraux français, tant à sa droite, qu'à sa gauche;

3°. que dans ses mouvements il avait en vue le point de Wilna, non pas par une idée à lui, mais parceque cela lui était prescrit et parce-

que monsieur le Duc de Bassano , muni alors des pleins-pouvoirs extraordinairs de l'Empereur Napoléon, avait insisté à ce qu'il ne quittât pas la route de Wilna ;

4°. qu'il a été toujours en correspondance directe où indirecte avec le grand quartier général impérial.

5°. que tout-ce qu'il a fait, fut approuvé au nom de l'Empereur Napoléon , par le major général.

6°. que sa jonction avec la grande armée sur la Wilia étant faite , il fut chargé de l'arrière - garde jusqu'à Wilna.

Si le général Gourgaud dans son examen critique de l'ouvrage de monsieur le comte de Ségur, page 486, se plaît à dire, que le général de Wréde entra chez le maréchal Prince de la Moskowa à Wilna , ayant encore son épée à la main etc. etc., il est à observer, que le général comte de Wréde , dans toutes les campagnes où il a commandé , n'a jamais eu l'usage de tirer lui même l'epée ; donc bien certainement il n'est pas entré l'épée à la main chez le maréchal Ney.

Le fait est, que serré de très -près par des forces ennemies très supérieures , étant arrivé aux portes de Wilna, et ayant appris que le Roi de Naples , le Vice-Roi d'Italie et le major général Prince de Neuchâtel s'y trouvaient encore, il entra chez eux, pour leur rendre compte de l'état des choses. Il les avertit que l'ennemi était aux portes de la ville et qu'il serait bon , qu'ils la quitâssent pour leur personne le plutôt que possible. Ce fut à peu près entre trois et quatre heures de l'après-midi. Le maréchal Prince de la Moskowa se trouva présent dans l'appartement du Roi de Naples. Celui-ci quittant Wilna vers 5 heures du soir, chargea le maréchal Ney et le général comte de Wréde de n'évacuer Wilna que le lendemain au matin et de faire l'arrière-garde de l'armée.

Donc le maréchal Ney et îe général comte de Wréde firent l'arrière-garde jusqu'à Kovvno sur le Niémen, ou tous les deux réunirent de nouveaux cadres.

Monsieur le comte de Ségur, (page 22?

tome 2) dit, que le général c©mte de Wréde avait été dirigé dans sa conduite par un frère

au service de l'Autriche, qu'il avait eu des communications avec le général saxon Thielemann, que par paranthése le général comte de Wréde n'a jamais connu. Ces imputations sont trop absurdes pour mériter une réponse.

Si monsieur le comte de Ségur, en parlant dans son ouvrage de la bataille de Polozk du 18 août, fait peu de cas de la part que l'armée bavaroise y a prise , nous renvoyons pour cela à l'histoire des guerres sous le régne du Hoi Maximilien Joseph, Il suffit de dire ici ï

1°. qu'il faut bien que l'armée bavaroise comme toujours , se soit bien battue à cette bataille et à l'affaire du 17 , puisqu'elle comptait 1873 hommes de mprts et de blessés , parmi lesquels 135 officiers. Pendant qu'on n'évaluait la perte des deux corps réunis qu'a deux mille cinq cents hommes en tout

2°. l'armée bavaroise doit avoir contribué d'une manière décisive à la victoire du 18 août ; ce fut elle qui commença le combat, qui emporta la clef de la position,

le village de Spass , et qui prit 21 pièces de canons à l'ennemi.

3°. Ses généraux doivent y avoir pris une part essentielle, puisqu'un de leurs chefs, l'intrépide et respectable général comte de Deroy, les braves généraux Raglowich et Vincenti y furent grièvement blessés.

4°. Les Bavarois doivent avoir rivalisé avec le deuxième corps en dévouement, parceque d'après le rapport même du maréchal comte Gouvion St. Cyr, ce furent les bavarois qui formaient la droite et le centre des colonnes d'attaques, donc les deux tiers de la ligne de bataille ; et que le général comte de Wréde, après que le général de Deroy avait été mortellement blessé, dirigea les efforts de toute la droite , pour soutenir ceux de la gauche et terminer glorieusement la bataille.

Si le comte de Ségur , tome 2, page 21 T de son ouvrage, avance, que les bavarois vers le milieu du mois d'octobre étaient réduits à 18cents hommes sous les armes, nous ne disconvenons pas , qu'a la fin de la campagne , le

vu

nombre des soldats bavarois présents sous les armes avait considérablement diminué ; par la raison qu'un grand nombre avait été tué ou blessé sur les fréquens champs de batailles et que beaucoup d'autres avaient succombé et succombaient à tout moment aux fatigues et au manque de vivres.

Mais si l'armée française a son passage du Niémen forte de trois cents mille hommes , en repassant cette rivière ne comptait tout au plus 30 mille hommes sous les armes, pourquoi faire un reproche aux Bavarois de ne pas avoir mieux résisté à la rigueur du climat que leurs compagnons d'armes?

11 nous semble que si les bavarois ont passé la Duna avec les Français, partageant honneur, gloire, malheurs et mort avec eux, faisant l'arrière - garde jusqu'au Niémen , ils ont fait tout ce que l'armée française fit elle même.

Pourquoi donc les historiens de cette cam-

. pagne cherchent- ils à ternir la réputation d'une

armée , qui dans bien des batailles des cam*

pagnes des années 1805, 1806, 1807, 1809,

1812 et 1813 > a rivalisé avec l'armée française ? Voyez les bulletins du grand quartier général impérial.

En mettant ce court exposé et ses pièces justificatives sous les yeux du public , il sera à même de juger les faits avec impartialité.

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