EXTRAIT
du XIFéme hulletin de la grande -armée daté de Smoîensk le 23. Août 1812.
xxprés le combat de Drissa, le Duc de Reggio, sachant que le général ennemi Wittgenstein s'était renforcé de 12 troisièmes bataillons de la garnison de Dunabourg, et voulant l'attirer à un combat en -deçà du défilé sous Polotsk, vint ranger les oème et <5éme corps en bataille sous Polotsk. Le général Wittgenstein le suivit, l'attaqua le l6 et 17 et fut vigoureusement repoussç. La division bavaroise de Wréde, du 6ème corps, s'est distinguée. Au moment où le duc de Reggio faisait ses dispositions pour profiter de la victoire et acculer l'ennemi sur le défilé, il a été frappé à l'épaule par un biscayen. Sa blessure, qui est grave, l'a obligé à se faire transporter à Wilna; mais il ne parait pas qu'elle doive être inquié^ tante pour les suites.
Le général Comte Gouvion- Saint -Cyr a pris le commandement des 2ème et 6eme corps. Le 17 au soir, l'ennemi s'était retiré au delà du défilé. Le général Verdier a été blessé. Le général Maison a été reconnu général de division, et l'a remplacé dans le commandement de sa division. Notre perte est évaluée a 1000 hommes tués et blessés. La perte des Russes est triple; on leur a fait 500 prisonniers.
10 Extrait.
Le 18) à quatre heures après midi, le général Gouvion-Saint-Cyr, commandant les 2^me et 6^me corps, a débouché sur l'ennemi, en faisant attaquer sa droite par la division bavaroise du comte de Wréde. Le combat s'est engagé sur toute la ligne: l'ennemi a été mis dans une déroute complète et poursuivi pendant deux lieues, autant que le jour l'a permis. Vingt pièces de canon et mille prisonniers sont restés au pouvoir de l'armée française. Le général bavarois Deroy a été blessé.
.RAPP ORT du général Comte St. Cyr au major- général.
Sans date
Monseigneur !
Je pense que M. le Duc de Reggio aura rendu compte à V. A. de la journée du 17, du moins jusqu'au moment où sa blessure l'a forcé de quitter le champ de bataille; le reste de la journée, les troupes ont continué leurs succès , et à neuf heures du soir, les Russes étaient repoussés sur tous les points, après avoir éprouvé les pertes les plus considérables, ayant tenté, dans le cours de la journée , six ou sept attaques qui ont été repoussées avec une bravoure supérieure à l'acharnement qu'ils y ont mis. Cette affaire fait le plus, grand honneur à la division Legrand, qui était placée à l'embranchement des routes de Sebej et de Nevel, et au corps bavarois placé sur la rive gauche de la Polota, en arrière du village de SpasS) sur le quel l'ennemi s'est acharné pour le reprendre, malgré qu'il en ait été
Rapport. 11
chassé cinq à six fois, et ou la 20^me division et le général de Wréde, qui la commande, se sont couverts de gloire. Le général bavarois Vincenti, qui mérite des éloges pour la manière dont il s'est conduit , y a été blessé.
Dans la soirée de cette journée, je sentis la nécessité d'attaquer l'ennemi.
Je fis mes dispositions pour attaquer le 18, à quatre heures après midi. J'ai fait l'impossible pour tromper l'ennemi sur mon dessein j vers les une heure, je fis filer les équipages de l'armée, qui étaient derrière Polotsk, sur la rive gauche de la Dwina et sur la route de Oula ; j'eus l'air de faire couvrir et protéger ce mouvement par les troupes que M. le Duc de Reggio avait fait repasser sur la rive gauche. Dans la nuit du l6. au 17., elles se réunirent derrière Polotsk, à la queue des équipages ; la division de cuirassiers y arriva de Semenets , la brigade de cavalerie légère du général Castex de Rondina.
A trois heures après midi, la colonne d'équipages avait filé en vue de l'ennemi; et les troupes, ci- dessus désignées, repassèrent la Dwina avec la plus grande partie de l'artillerie française, et rentrèrent a Polotsk. - Vers les cinq heures environ, toutes les troupes et l'artillerie étaient en position pour déboucher sur l'ennemi, sans qu'il eut rien aperçu de nos préparatifs. A cinq heures précises , toute l'artillerie a commencé son feu, et nos colonnes d'infanterie ont débouché sous sa protection , pour attaquer la gauche et le centre de l'ennemi. La division de Wréde a débouché à droite du village de Spass, et a attaqué avec beaucoup de bravoure et d'intelligence la gauche de l'ennemi j la division du général Deroy a débouché par le village même
12 Rapport.
deSpass; la division Legrand à gauche de ce village, étant liée elle-même par sa gauche a la division Verdier, dont une brigade observait la droite de l'ennemi, qui était placé sur la route de Gehmzeleva. La division Merle couvrait le front de la ville de Polotsk et une partie du revers.
L'ennemi, quoique entièrement surpris , ayant toute confiance dans ses forces et son immense artillerie, composée de 108 pièces, a reçu d'abord nos attaques avec infiniment de calme et de sang -froid; mais enfin, avant la nuit, sa gauche était entièrement forcée, et son centre dans une déroute complète, après avoir défendu leur position avec beaucoup de bravoure et un grand acharnement. Nous aurions pu faire un très grand nombre de prisonniers , si les bois n'eussent pas été aussi voisins de leur position. L'ennemi nous a abandonné le champ de bataille, couvert d'une immense quantité de ses jpnorts , une vingtaine de pièces de canon et un millier de prisonniers, De notre côté, nous avons eu des tués et des blessés; au nombre de ces derniers se trouvent le général de division Deroy, le général Raglovich, le colonel Çolonge, commandant l'artillerie bavaroise.
Je ne puis trop faire l'éloge a V. A. des généraux Legrand et de Wréde , Deroy , Raglovich , et du général d'artillerie Aubr}', qui a dirigé l'artillerie du 2cme corps avec une grande distinction,
Le général Merle a repoussé avec beaucoup d'intelligence , et avec une partie de sa division , une attaque que l'ennemi avait faite sur notre gauche pour protéger sa retraite au bois. Les Croates se sont distingués dans cette charge soutenue d'une partie de la cayalerie du général Castex. En général , je réclame la bienveillance de S. M. ; les