DÉPOSITION
que possible , ainsi que je la suplie de communiquer la présente à son Altesse Sérénissime le Prince majorgénéral.
En attendant j'ai l'honneur d'être avec respect
signé: Le général
Comte de Wréde.
Dépositions du paysan Jean Katschan natif de
Borsukoiv, conduisant un charriot chargé de
légumes secs au magasin russe à Lepel.
Dockschiitzoui le 23 Novembre 1812.
Quand est -il parti d'ici, et quel jour est -il revenu ?
Il est parti d'ici pour Lepel le 1 7 , et reparti dans la nuit du 19 au 20 du dernier endroit par Buchnia , Tolstoi.
Combien de charriots les cosaques ont - ils ammenés avec eux?
Les cosaques ont emmené 3 1 charriots , mais la plus grande partie des paysans qui les conduisaient, ont pris la fuite, en laissant chevaux et charriots.
DU PAYSAN JEAN KatSCIIA^. 1 1 (J
Quel chemin le convoi a-t-il pris pour aller à Lepel ?
Il a passé sous l'escorte d'un détachement de cosaques pas Czernitze, Waschilewski à Tolstoï.
A quel endroit à Lepel a-t-on déchargé les charriots ?
On les a déchargés prés de l'église et prés du logement du général russe.
A-t-il vu des troupes russes à Lepel, et en quelle force ?
Le paysan a vu 10,000 hommes d'infanterie, la plus grande partie des milices à Lepel ; les derniers avaient l'air de paysans. Il y avait aussi de la cavalerie, savoir: des dragons, des cuirassiers et des cosaques, mais il ignore leur force.
A-t-il vu de l'artillerie à Lepel?
Dans la partie de la ville au delà de TOula il a vu l6 canons, qu'il a bien compté.
Quel général commande les russes à Lepel?
Le paysan ignore son nom, cependant il l'a vu à cheval.
A-t-il trouvé beaucoup de russes chemin faisant de Lepel à Dockschiïtzoui?
Chemin faisant de Lepel à Dockschiitzoui le dernier piquet russe se trouve à Buchnia: sans cela on ne voit plus de russe sur toute la route.
Est ce qu'il a resté longtemps à Lepel?
Il est arrivé jeudi, le 1Q Novembre a Lepel, et il est reparti pour Dockschiïtzoui le même jour au soir.
120 DÉPOSITION DU PAYSAN JEAN KatSCHAN.
Les troupes russes à Lepel ont -elles été en cantonnements ou au bivouac?
L'infanterie russe est au bivouac, la cavalerie en cantonnements dans les villages voisins.
Ne sait -il pas s'il y a des troupes russes à Tschasnicki ?
N'ayant pas été à Tschasniki, il ignore absolument s'il y a des troupes russes à Tschasniki.
N'a-t-il rien entendu de l'armée française , et à Lepel, ou chemin faisant d'ici à cette ville, ou en retournant à Dockschiïtzoui, n'a- 1 -il pas entendu une canonnade ? *
11 ne sait rien de l'armée française. A Lepel on l'a questionné, au contraire, pour en avoir des nouvelles j et ne sachant répondre d'une manière satisfaisante, on l'a maltraité. Quant à la canonnade, il n'a rien entendu; un paysan de Zamoschne au contraire, chez lequel il a passé la nuit, prétend avoir entendu une canonnade il y a samedi huit jours mais ne sachant où.
Les paysans de tout le voisinage se plaignent généralement de la mauvaise conduite des cosaques, qui pillent et dévastent tout.
Le Comte WrÉde au colonel Bomir. 121
Le gênerai Comte de Wrède à Monsieur le colonel Bonin, commandant à Vitzouu
Dockschûtzoui le 25 Novembre 1812.
Monsieur le colonel!
Monsieur le gouverneur - général "de la Lithuanie Comte de Hogendrop m'écrit en date du \ 9, que vous avez reçu l'ordre de vous établir à Vitzoui , et d'exécuter les mouvements que je vous ordonnerai.
Je vous préviens que la direction d'un corps ennemi qui se trouva, il y a quatre jours, entre Ghloubokoë et Loujski , et qui lorsque je m'approchai de lui pour l'attaquer, s'est retiré par sa gauche sur Uchatz, pour renforcer le général Wittgenstein , m'a engagé de me porter hier avec le 6eœe corps ici, pour faire attaquer demain le poste que l'ennemi occupe à Béréczino et l'inquiéter sur ce point là, et en même temps, s'il est possible, établir une communication avec le 2eme corps.
Cette expédition faite, je remonterai soit vers la ville d'Uchatz soit vers la Disna. Il est donc sous tous les rapports nécessaire , que vous tâchiez de vous maintenir à Vidzoui à moins que des forces supérieures ne vous forcent d'abandonner cette ville.
122 Le général WrÉde
Toutes lès nouvelles que j'ai portent, que l'ennemi à très peu de forces dans ce moment- ci du côté de Drouja. Si vous en avez des nouvelles contraires, communiquez les moi par Monsieur le lieutenant Baron de Mentziugen , porteur de celle-ci, par lequel vous voudrez bien en même temps «l'envoyer l'état de situation des troupes que vous avez sous vos ordres.
Jusqu'à nouvel ordre vous m'enverrez, Monsieur le colonel , vos rapports par Ghloubokoe.
J'ai l'honneur de vous saluer avec une haute considération
Le général de cavalerie , commandant
en chef le 6®m-e corps signé : Comte de Wréde.
Le général Comte de Wréde , à Monsieur le
major Coudras , commandant supérieur à
Ghlouboko'è.
Dockschùtzoui le 23 Novembre 1812.
Monsieur le major !
Je vous préviens que je fais attaquer demain le poste que l'ennemi occupe à Béréczino , pour lui donner
au major Coudras. 125
des inquiétudes de ce côté -là, et pour établir, s'il est possible , une communication avec le 2^me corps. Cette expédition faite je remonterai avec tout le (Jcme corps, soit vers Uchatz, soit vers la Disna. Il est donc urgent que dès ce moment-là vous vous occupiez à réunir de l'eau de vie, et de l'avoine à Ghloubokoë, et des farines pour en faire faire du pain au reçu de mes nouvelles.
Le poste de Vitzoui est occupé par Monsieur le colonel Bonin, et je lui expédie dans ce moment-ci un courier avec l'ordre de s'y maintenir et de m'envoyer à l'avenir ses rapports par Ghloubokoë.
Sa Majesté l'Empereur fait dans ce moment-ci un grand mouvement, sa droite à Wittepsk, sa gauche sur Orscha. Tout annonce que dans peu de jours, je pourrai vous communiquer des nouvelles très agréables.
J'ai l'honneur de vous saluer avec une grande considération.
Le général de cavalerie, commandant
le 6®me corps signé : Comte dé Wréde.
124 Le major Coudras
Le major Coudras à son Excellence le général de
cavalerie Comte de Wréde, commandant
le 6ême corps.
GhloUbokoë le 27 Novembre 1812.
Monseigneur!
JL'ordre, que vous m'avez donné pour l'évacuation des malades a été exécuté dans la matinée du 24, le nombre était de 1 1 0 ; je les ai fait diriger sur Daniélowitsche , il en est arrivé , dans les journées du 24, 25 et2Ô, .104, non compris 60 convalescens, qui se trouvent chez les habitans.
Le grand hôpital sera en état pour le 1 Novembre, de recevoir 450 malades; on y travaille tous les jours.
J'ai l'honneur de faire la demande à votre excellence de 5 0 à 60 hommes d'infanterie, en état de faire le service; il est impossible, que je puisse le faire avec 25 hommes obligé d'accompagner les militaires évacués. Des 1 8 gensd'armes, que vous avez laissés à Ghloubokoë, deux se sont laissé prendre hier en allant à la découverte sur Kublicze, six sont malades, et les autres sont employés^ faire rentrer les réquisitions et les voitures pour l'éva-
AU GÉNÉRAL WrEDE. 125
cuatlon des malades qui, j'espère, aura lieu le 28 ou 29. Vous voyez Monseigneur, que 50 à 60 hommes deviennent absolument indispensables , pour mettre Ghloubokoë à l'abri d'une patrouille de 25 à 30 cosaques. Ce nombre suffirait pour donner l'épouvante surtout de nuit, et faire prisonnier le major commandant d'armes et le conduire en Sibérie.
Une lettre, venant de Drouja , adressée à Monsieur le sous -préfet, sous la date du 25, annonce, que huit à dix mille russes doivent passer la Dwina le 26 pour se porter sur Lepel.
Je supplie votre Excellence , d'avoir la bonté de me faire une réponse, et de se servir du retour de celui qui vous remettra la présente.
J'ai l'honneur d'être Monseigneur
votre très humble serviteur signé : le major Coudras.
126 Le colonel Bonin
Le colonel Bonin à Monsieur le général Comte de Wréde.
Vidzi le 25 Novembre 1812.
Monsieur le général !
Très honoré de me trouver sous vos ordres, Mr» le général, j'ai l'honneur de votre remettre, ci -joint, la situation des troupes sous mes ordres à l'époque d'aujourd'hui.
Je suis rentré avant -hier â Vidzy, et certainement je ferai mon possible pour maintenir ma position, mais j'ose vous représenter, Monsieur le général, que je suis réellement très peu en force, surtout en égard de cavalerie. Je ne tiens que trente gensd'armes, mal montés, plus mal armés encore, et proprement bons à rien; j'en ai fait l'expérience le 31 d'Octobre. Je ne puis absolument m'en servir, que pour les mettre en piquets tout près de la ville ; il n'y a pas à s'y fier, pour les envoyer en découverte, de sorte que pour m'éclairer il ne me reste d'autres moyens que de me servir d'espions, et de correspondre.
Le bataillon du îgème régiment polonais que je tiens, n'est pas du tout instruit encore, et non uniformé j cependant je crois être persuadé qu'il fera son devoir en cas d'événement, d'autant plus que son
garnis
armes
es
tôt
eants, 24 hommes à l'ambulance ^Jer; 2 Sergeants , 27 hommes 10^ciani , à Vidzy, et 2 officiers ent sous les armes.
alades à Swentiani, et 60 sous- 381 les habitans.
hier soir, et un officier malade 30 trompette et un fourrier.
signé : B o n i n.
droit, s'est présentée 'e 23 à Drîsviati*
pag. 126.
Place de Vidzy.
Situation des troupes, composant la garnison de la Place ; à l'époque du 20 Novembre 1812.
Désignation
cor p. s et armes.
Présent sous les armes, combattans en ligne.
Chevaux.
officiers
sous-officiers
troupes
total
d'officier.
de
troupe
total.
Bataillon de Mecklenbourg Strclitz, auquel sont réunis 45 sous - officiers et soldats isolés, français et bavarois, presque tous convalescens.
2 Sergcants, y hommes a l'hôpital du lieu, 2 Sere;ennts, 24 hommes à l'ambulance de Swentiani. 12 hommes malades au quartier; 2 Sergeants, 27 hommes restés en arrière pendant la marche de Swenciani , à Vidiy, et 2 officicrs| de santé, ne sont pas compris, dans les présent sous les armes.
%éme bataillon du îgème régiment d'infanterie de ligne polonais.
Ne sont p;is compris: 3 officiers, 40 soldats malados à Swentiani, et 60 sousofficiers et soldats malades dans la place chez les habitans.
Gensd'armes lithuaniens.
Mi-, le chef d'escadron Ra dis chewsk y; arrivé hier soir, et un officier malade ne sont pas portés dans les présens; idem: le trompette et un fourrier.
Gensd'armes de Braslow.
Total
Certifié véritable par Nous colonel -gouverneur de Vidzy
signé : B 0 n i n.
forn
devoa u*i cas d'événement , ("matant plus que son
au Comte de Wjréde. 127
commandant est un officier de mérite et fort instruit. Les deux autres bataillons de ce régiment se trouvent à quatorze lieues d'ici, à Swentziani.
Si le poste de Vidzy devient de quelque conséquence, il serait à souhaiter qu'on me fournisse au moins cent hommes de bonne cavalerie, pour pouvoir me mettre à l'abri de toute surprise ; il n'y a qu'une surprise que je craigne, et pourtant dans ma situation présente , il est fort difficile de l'éviter , en cas que l'ennemi voudrait tenter un second Hurrah sur Vidzy. J'en ai fait les représentations a Monsieur le gouverneur général, mais envain. C'est à présent à votre Excellence que j'adresse mes réclamations. Veuillez mon général, s'il est possible, me faire parvenir les moyens nécessaires , et je ne négligerai certainement rien pour maintenir ma position , et pour me rendre digne de l'honneur de me trouver sous vos ordres. Mais j'ose réitérer l'observation, que pour le moment je ne me trouve réellement pas en mesures de pouvoir garantir tout événement.
Selon mes nouvelles il y a à Drouja pour le moment tout au plus 7 0 hommes de cavalerie, qui poussent leurs patrouilles jusqu'à Braslaw, Jacoubowo , et même le 18 il en est passé, et bientôt repassé une, fort tranquillement et sans arrêter, à Opsa; mais depuis ce temps, l'on n'a pas vu d'ennemi à ce dernier endroit.
Le Prince Radzivil a quitté , il y a à peu prés douze jours, Dunabourg , pour se rendre à lïluxt^ d'où le général Grandjean est parti pour se porter vers Higa. Le 2 8 un corps russe, dont on ne connaît pas les forces, doit être entré à Dunabourg j une patrouille, venant apparemment de ce dernier endroit, s'est présentée le 23 à Drisviati.
128 Le Duc de Bassano
C'est en attendent les ordres ultérieurs de votre Excellence, que j'ai l'honneur d'être avec le pJus profond respect
Monsieur le général
votre très humble et très obéissant serviteur
signé: Bonin,
Colonel commandeur le bataillon contingent de Mecklenbourg-Streliz, gouverneur de Vidzy.
Le Bue de Bassano à S. E, Monsieur le générai Comte de Wréde.
Wilna le 19 Novembre 1812.
Monsieur le Comte!
J'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire de Daniélowitsche le 17. J'attends les nouvelles que vous m'annoncez sur votre mouvement dans la direction de Ghloubokoë pour vous assurer de la force et de la position du corps ennemi qui parait avoir pris position entre Ghloubokoë et Loujski. Si ce corps n'est pas plus considérable qu'il ne semble
AU GÉNÉRAL COMTE WrÉDE. 129
l'être, nous serons sous très peu de jours et nous pouvons même nous regarder dès aujourd'hui, comme n'en ayant rien à craindre.
Je remercie votre Excellence des divers renseignements qu'elle m'envoye et je la prie de continuer à me communiquer tous les détails qui lui procureront les moyens d'information qu'elle a établis.
Je n'ai point de nouvelles positives ni du Qeme ni du 2^me corps. Je sais seulement que par le retour d'un aide de camp qui avait quitté le Q le Duc de Bellune, et qui était le 1 1 à Smolensk, S. M. a renouvelle les ordres positifs qu'Elle avait déjà donnés. Les dernières lettres que j'ai reçues sont du 14. S. M. allait partir de Smolensk pour se porter sur Orcha.
J'apprends par une lettre du gouverneur de Minsk, datée de Smolensk du l6, qu'il a été obligé de se retirer devant des forces supérieures.
Le prince de Schwarzenberg qui avait toute son armée réunie dans Slonim le 14, a été arrêté dans sa marche par la présence d'un corps de 22,0 00 hommes, qui n'ayant pu rejoindre l'amiral Tschitschagoffse trouvait sur les derrières de l'armée alliée. Ce corps a déjà été entamé le l6 dans une affaire assez vive, qu'il a eu avec le général Régnier. Les dispositions qui ont été faites autorisent à penser qu'une affaire générale aura lieu aujourd'hui ou demain. On regarde du moins comme certain , que si ce corps s'échappe , il ne pourra se retirer que sur la Volhynie.
J'ai l'honneur d'offrir à votre Excellence les nouvelles assurances de ma haute considération
signé: Le Duc de Bassano.
150 Le Duc de Bâssano
P. S. J'ai fait passer au Prince de Neuchâtel ïe rapport et les états de- situation que vous m'avez envoyés pour lui.
Le Duc de Bassano à son Excellence Monsieur le général Comte de Wréde.
Wilna le 27 Novembre 1812.
Monsieur le Comte!
J'ai reçu la lettre que votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire de Dockschitzoui le 23 , et qui m'a été apportée par le Prince de la Tour j je m'attends à recevoir bientôt la nouvelle du mouvement que vous avez résolu de faire le 25, si des ordres, ou des nouvelles ne changent pas vos dispositions.
Je suis toujours sans aucune communication ; soit avec la grande armée, soit avec le 2^me et Qcme corps ; je ne puis donc vous procurer aucun renseignement vraiment util; j'ai envoyé un grand nombre d'officiers et d'agents qui m'ont promis de faire tous leurs efforts pour arriver au grand quartier général, et qui y sont excités par l'espoir de récompenses de tous genres.
Le général Régnier a continué la poursuite du corps du général Saken, et lui a fait encore éprouver
AU GÉNÉRAL WrÉDE. 131
des pertes sensibles. Je pense que le corps ainsi réduit pourra être facilement contenu, et que le Prince de Schwarzenberg aura repris sa direction sur Slonim, et se sera remis à la poursuite de Tschitschagoff, dont Farinée, diminuée par la séparation du corps de Saken, n'est plus que de 30, à 35 mille hommes.
Le Duc de Tarente a eu dans les journées du 1 5 au 2 0 de fort belles affaires avec les troupes que le Marquis Paulucci avait fait sortir de Riga ; le nouveau gouverneur s'était flatté de justifier par un succès marquant la disgrâce de son prédécesseur. 11 n'a obtenu que des revers.
Le Duc de Tarente Ta laissé s'engager, et dans une espèce de traque générale, il lui a détruit 7 à 8 bataillons , dont les uns ont été tués , blessés , noyés et dispersés, et lui a pris plus de 2000 hommes.
Il a donné ordre au général Grandjean de se concentrer. Le général gardera provisoirement Jacobstadt et Friedrichstadt , Neu-Subar, Oknisty, Nesfa- Wing, Eckengraven , et Gross Ruschoe.
La Duina s*era observée par des colonnes mobiles.
Les bavarois se sont conduits avec la plus grande distinction. Le paquet que votre Excellence m'avait envoyé, est parvenu à sa destination. '
J'ai l'honneur de renouveller à votre Excellence l'assurance de ma haute considération.
signé : Le Duc de Bassano.
132 Le général Hogendorp au gén. Wréde.
Le général Comte Hogendorp à Monsieur le général Comte de Wréde.
Wilna le 19 Novembre 1812-
Monsieur le général ï
Aussitôt que j'ai reçu la lettre, que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le i 1 de ce mois , j'ai donné l'ordre au commandant de l'artillerie de la Lithuanie de faire mettre à votre disposition les armes qu'il avait de disponibles , et il vous fera délivrer pour vos troupes 1000 fusils, dont Mr« le major Gumpenberg a donné un bon.
Les troupes qui se trouvent â Swenciani ont reçu l'ordre de se porter à Vidzi. Le colonel Bonin, qui les commande , exécutera le mouvement que vous lui ordonnerez.
Partie de la route de la grande armée, est interceptée dans ce moment; il parait que l'armée de l'amiral Tschitschakow s'est portée sur ce point. Le prince de Schwarzenberg le suit d'après les nouvelles , que j'ai reçus à l'instant. Le général Mohr me marque que le général Régnier a battu le corps russe qui était resté sur les derrières de nos corps d'armée , et qu'il lui a fait deux mille prisonniers.
/J'ai envoyé sur la route de Minsk une colonne, composée de trois régiments de marche d'infanterie, et
Le Comte de WrÉde au général Francesky. 135
de quelque cavalerie, pour aller rétablir la communication , si l'ennemi n'a occupé Minsk qu'avec de la cavalerie,
J'ai l'honneur de vous renouveller Monsieur le général l'assurance de ma considération distinguée.
Le général de division, aide de camp de l'Empereur, gouverneur général de la Lithuanie
signe : Comte de Hogendorp,
Le général Comte de Wréàe à Monsieur le général Baron Francesky.
Dockschùtzoui le 23 Novembre 1812.
Monsieur le général !
Je trouve nécessaire de faire faire une forte reconaissance sur Béréczino , pour chasser l'ennemie s'il y est. Je vous engage donc, mon cher général, de réunir demain à la pointe du jour votre cavalerie ici, et de vous diriger sur la route de Béréczino. Vous laisserez à quelques lieues d'ici la cavalerie du major Contant, pour soutenir votre mouvement; avec celle du major Frin et une demie batterie bavaroise , que
134 Le général Comte de Wrede
je mettrai encore aujourd'hui en mouvement ou à votre disposition , vous vous porterez jusqu'à Béréczino pour y chasser l'ennemi, et vous vous replierez ici vers le soir.
En cas même que vous ne trouviez pas l'ennemi à Béréczino, je trouve bon et nécessaire, que vous fassiez tirer douze coups de canon , dans la direction de Tschereia , qui serviront de signal au 2®me corps , que je viens de prévenir tout à l'heure de notre position, par une lettre expédié par un émissaire sûr.
J'ai l'honneur de vous saluer avec une haute considération.
signé : Le général Comte de Wréde.
Le général Comte de Wréde à son Excellence Monsieur leJDuc de Bassano.
Dockschûtzoui le 27 Novembre 1812.
Monsieur le Duc !
A peine Monsieur le major Prince de la Tour et Tassis fut -il parti le 23, avec la dernière dépêche, que j'ai eu l'nonneur d'adresser à votre Excellence, que j'ai appris ce qui s'est passé les -20 et 21 à Bori-
au Duc de Bassajno. 135
sow. Comme Ton m'avait prévenu que le général russe Lambert marchait par Zembin pour se diriger sur ce point -ci, j'ai donné l'ordre au général Fraiicesky, qui a marché le 24 sur Béréczino, de bien s'éclairer sur sa droite, et de revenir le soir sur la grande route, jusqu'au point où la route de Borisow et de Zembin aboutit, auprès de Rachkova.
L'ennemi, qui n'avait que des postes faibles, s'était retiré de Béréczino, à l'approche du général Francesk)', par la route de Pouichna. 12 coups de canon furent tirés dans la direction de Tschereia, pour servir de signal au 2®me corps, que le 6^me était à la hauteur que S. E. lui avait indiquée dans sa lettre du l6.
Ce ne fut qu'hier , que , par deux de mes émissaires , revenant de l'armée de Wittgenstein , et dont je joins les dépositions ici, sous les Nos 1 et 2, j'ai appris qu'à la suite d'une affaire, le 2^me corps doit avoir évacué Tschereia; ce qui paraît d'autant plus probable, par ce que l'émissaire que j'ai envoyé le 23, d'ici, à S. E. M1"» le maréchal Duc de Reggio, n'est point encore de retour à l'heure qu'il est ; ce qui pourrait pourtant être, s'il avait trouvé le 2^me corps dans les environs de Tschereia. Le 24 au matin, j'ai expédié un émissaire à Borisow, avec l'ordre de crever tous les chevaux, pour m'apporter des nouvelles si l'ennemi allait diriger des forces vers Vileika, parceque , dans ce cas - là , j'aurais marché à lui. Cet émissaire n'est également pas de retour, à l'heure qu'il est; ce qui m'a engagé à le faire suivre par deux autres , dans la journée d'hier.
Depuis que j'ai eu la nouvelle que l'ennemi occupait Borisow , je ne puis plus marcher sur les derrières du général Wittgenstein , à moins que
136 Le général Comte de Wréde
quelques nouvelles des 2®me et çèrae corps, ou de la grande armée ne me parviennent et que je puisse juger où mon petit corps poura rendre des services. En attendant, il se fond par les maladies qui font des progrès : la brigade du général Coutard s'est diminuée d'un quart' dans l'espace de 8 jours, et la cavalerie française a plus de 3 00 malades. La physiognomie des soldats westphaliens et hessois a tellement changé depuis 8 jours , quoique tout le corps reçoive régulièrement les rations , qu'il est à craindre que le nombre des présens sous les armes ne se diminue sensiblement sous peu de temps.
Depuis hier, l'ennemi nous approche par la route de Lepel et de Tscharnitse; il occupe ce dernier endroit, et envoit des patrouilles àBéréczino, mais rien n'annonce encore, qu'il fasse marcher des forces; ce que je voudrais , pour qu'il détachât de ses forces qu'il a contre les Z^me et Ç)ème corps.
Un de mes officiers d'ordonnance, que j'ai expédié en courier, au colonel Bonin à Vitzoui, m'a rapporté la lettre, dont je joins copie ici, sous le Nro 5. — Votre Excellence y verra, ce qu'elle saura peut-être déjà, que Dunabourg a été évacué par le 1 Qàme corps. Il paraît donc qu'on renonce à se maintenir sur la Duina.
Le colonel Bonin paraît inquiet pour son poste à Vitzoui ; aussi longtems que l'ennemi ne réunira pas de nouvelles forces près de Drouja, il n'a rien à craindre et il est essentiel qu'il y soit maintenu le plus longtemps possible, du moins aussi longtemps que nous occuperons Ghloubokoë et Daniélowitsche.
Votre Excellence conviendra avec moi que ma position devient de jour en jour plus pénible et plus désagréable parceque je ne puis obtenir aucune nou-
au Dyc de Bassano. 137
velle des 2cme et gème corps et que je ne peux pas manoeuvrer en l'air pour ne pas compromettre un corps qui, quoique peu nombreux, et se fondant tous les jours par les maladies, peut cependant rendre de grands services dans un jour de combat, ou de bataille générale.
J'expédie avec ma présente dépêche Monsieur le capitaine Prince d'Oettingen , et supplie V. E. de vouloir bien me donner le plutôt possible , des nouvelles qui puissent m'interésser et régler les mouvemens que je dois faire.
J'ai l'honneur d'être avec respect
signé: Le général
commandant en chef le 6eme corps»
Comte de Wréde.
P. S, Dans ce moment- ci arrivent deux commissaires polonais, ci -devant préposé aux vivres a Borisow, qui donnent les nouvelles ci -jointes sous le N*° 4.
En même tems l'officier qui commande mes avant -postes à Rachkova, me rend compte que l'ennemi a poussé hier des recohnaisances de Zembin jusqu'au delà de Zamostotsche. Je ferai partir demain une forte reconnaissance sur la même route.
Paraphé : Wrède.
P. S. & 4 heures après midi:
Le l«r émissaire expédié le 23 sur Borisow, vient de rentrer ; moins courageux qu'il aurait dû l'être , il n'a pas été plus loin que Zembin , où il a
138 Le général Wréde
trouvé l'ennemi ; et il donne les dépositions que V. E. trouvera sous le Nr° 5.
Comme il me paraît, plus que jamais urgent, d'avoir des nouvelles de la grande armée , ou des 2ème et gèmecorpSî il partira, cette nuit -ci, un émissaire qui se rendra d'abord chez le général Dombrowski k Borisow, et delà au grand quartier impérial porteur de billets de moi.
Je joins en même tems sous Nro 6 , copie d'un rapport qui vient de in 'arriver de Monsieur le major Coutras de Ghloubokoë, d'après lequel 8 a 10,000 russes doivent avoir passé avant -hier la Duina à Drouja, pour se porter à Lepel. — Supposé que cette nouvelle soit vraie, ce ne peuvent être que des milices.
Paraphé : Wréde.
Le général Comte de Wréde à son Excellence Monsieur le Duc de Bassano.
Dockschùtzoui le 20, Novembre 1812.
Monsieur le Duc!
Le Prince de la Tour et Taxis m'a apporté cette nuit, la lettre que votre Excellence m'a fait l'honneur de m 'adresser, en date du 27 au soir.
au Duc de Bassano. 139
Hier le matin, vers le» 10 heures, arriva chez moi Monsieur le lieutenant Stenofski du géme de lanciers, porteur de dépêches pour S. M. l'Empereur et Roi dont votre Excellence l'avait chargé. Je lui ai donné un homme sûr pour l'accompagner, et le conduire, s'il est possible, par des chemins de traverse, au quartier -général de Sa Majesté.
Je lui ai donné en même tems de ma part pour son Altesse Sérénissime le Prince major-général, le billet, dont voici la teneur:
.Dockschûfzoui le 28 Novembre 1812.
«Monseigneur !
»Je profite de l'occasion du porteur pour rendre acompte à votre Altesse Sérénissime que je suis, depuis le 23, à la hauteur qui m'a été indiquée, pour »seconder les opérations du 2ème et çème corps. J'ai »fait tirer le canon à Béréczino pour annoncer mon »arrivée, mais aucune nouvelle ni aucun ordre ne me »parvient de LL. EE. les Maréchaux commandants les 2ème et 9ème corps.
»J'ai chargé le porteur de rendre compte verbalement à votre Altesse Sérénissime de ma position »et de celle de l'ennemi. Pour le cas que ce rapport »ne parvienne pas à votre Altesse Sérénissime j'en «expédierai aujourd'hui, dans l'après - diner , un
140 Le général Wréde
»second, par un homme sûr, qui prendra une autre »route que le premier.
»J'ai l'honneur d'être etc. etc.«
Une heure après son départ, j'ai fais partir un homme sûr , en lui donnant d'avance une grande récompense et lui en promettant une seconde à son retour, s'il passait avec le billet pour son Altesse Sérénissime le Prince major- général et m'en rapportait une réponse. Copie du billet que voici :
„Dock$chûtzoui le 28 Novembre i8l2.
«Monseigneur!
»L)ans l'incertitude si l'officier qui est parti d'ici , il »y a une heure, avec une petite dépêche de moi pour »votre Altesse Sérénissime et une de son Excellence «Monsieur le Duc de Bassano pour Sa Majesté l'Empereur et Roi, arrive à sa destination, je lui expédie »le porteur de celle-ci, un homme sûr, pour lui »dire que, depuis le 23 je suis à la hauteur qui m'a »été designée par Monsieur le Duc de Bassano, en »vertu d'une lettre que Monsieur le Maréchal Duc »de Reggio lui avait écrite.
»Tous les efforts que j'ai faits depuis, pour rece- »voir des ordres de MM. les Maréchaux .Ducs de »Bellune et de Reggio, ont été envain.
au Duc de Bassano. 141
»Je m'étais proposé de marcher sur les derrières »de l'ennemi ; mais depuis qu'il a occupé en force »Zembin etBorisow, sur la rive droite delà Béréczina, »je crois mieux faire d'observer 6es mouvemens et de »marcher à lui, s'il se porte sur Vileika , ou s'il veut »faire sa jonction avec Wittgenstein, en longeant la »droite et la Béréczina.
»Je désire vivement d'obtenir dés ordres positifs , »soit de Son Altesse Sérénissime ^ soit de MM. les »Maréchaux Ducs de Bellune et de Reggio.
>>Vidzoui et Ghloubokoë sont toujours occupés »par des troupes sous mes ordres.
»Le Maréchal Duc de Tarente a évacué Duna- »bourg.
»J'ai l'honneur d'être etc.
»P. S. La 3 4^me division et 800 hommes de »ca valerie napolitaine sont arrivés à Wilna.«
Sous les NO. 1 et 2, je joins deux dépositions peu importantes , qui me sont arrivées hier d'un émissaire et de l'économe du sous- préfet de Lepel.
Sous le N°. 3 , je joins les dépositions d'un soldat lithuanien qui fut pris à Koidanow. Votre Excellence a sûrement connaissance de la malheureuse affaire qui y a eu lieu.
Sous le N°. 4 je joins les dépositions d'un émissaire, que j'avais expédié d'ici le 23 avec le billet pour Monsieur le Maréchal Duc de Reggio, dont j'ai donné copie à votre Excellence, dans ma dépêche du même jour.
142 Le général WrÉde
'A ex* juger par les dépositions de cet émissaire qui n'a pas pu percer jusqu'au lieu de sa destination, il paraît que je doive renoncer à l'espérance de faire ma jonction avec les 2^me et gème corps sur ce point -ci.
Les affaires ont tellement changé depuis , que je commence à croire que ma position ici ne peut plus être utile ni aux oème et gème corps, ni pour la grande armée et qu'il faut songer à porter, sans retard, toutes les forces qui peuvent être réunies pour faciliter et rétablir les communications avec Sa Majesté l'Empereur et Eoi.
Je me permets donc d'exposer à votre Excellence mon opinion suivante.
Les mouvements de l'armée du général russe Tschitschaltow ne laissent plus douter du but de son attaque sur Borisow. Le Prince de Schwarzemberg, s'étant depuis longtemps arrêté dans sa poursuite pour marcher de nouveau sur le corps du général de Saken , il me semble plus qu'urgent que votre Excellence fasse réunir toutes les forces qui se trouvent à Wilna et dans les environs, pour marcher contre le corps du général Tschitschakow et l'attaquer rigoureusement pour le forcer, s'il est possible, de renoncer au projet de faire une jonction complette avec les armées de Kutusow et de Wittgenstein. Je pourrai, de mon côté faire la jonction avec les troupes destinées à cet effet, soit à DoJghinow soit à ViMeika. La droite des troupes partant de Wilna, où celles qui se trouvent déjà en avant de Smorghoni, pourraient tâcher d'établir une communication avec la gauche du Prince de Schwarzemberg; enfin établissant le principe de rétablir la
au Duc de Bassano. 143
communication avec la grande armée, si ces troupes se trouvent réunies pour le même but, je pense, que le premier comme le dernier soldat , devant être d'accord sur la nécessité de battre l'ennemi ; les résultats ne pourraient manquer d'être heureux.
Votre Excellence peut être couvaincue que MM. les généraux, qui se trouvent momentanément attachés au 6èmecorpSî sont du même avis; mais il faut qu'on se décide promptement à prendre un parti, pour ne pas perdre de tems dans des circonstances aussi pressantes.
J'expédie Monsieur le major Baron de Gumppenberg, pour remettre la présente à votre Excellence et l'assurer de ma part , que quelque soit le parti sur lequel on conviendra à Wilna, pour agir dans ce moment urgent , je suis prêt d'y contribuer de mon mieux; et dans le cas que votre Excellence, ou Monsieur le gouverneur -général, ou Monsieur le général Comte de Loison, croiriez, que l'opinion que j'^ii eu l'honneur de vous soumettre, ne fût pas admissible et que d'après ses lumières , ou d'après les vues du général Comte de Loison, un autre plan lui paraîtrait préférable, je suis également prêt à contribuer à son exécution dans tous ce qui dépendra de moi; mais je conjure votre Excellence, de profiter, sans délai, des forces et des moyens que nous avons , en les réunissant , pour exécuter un mouvement décisif.
J'ai l'honneur d'être avec respect.
signé: Le général en chef Comte de Wréde.
144 L*e Prince de Neuchatel au général Wréde.
Le Prince de Neuchatel à Monsieur le général Comte de Wréde,
Zanowki le 28 Novembre 1812.
Monsieur le général de Wréde , l'Empereur ordonne que de Dockschiïtzoui où vous vous trouvez, vous vous rendiez à Vileika , que vous y réunissiez des vivres, que vous assuriez les ponts, que vous envoyiez des partis sur la route d'Ilia et sur la vieille route à Minsk, et que vous communiquiez à Smorghoni avec l'adjudant- commandant Dalhignac.
Le Prince de Neuchatel major -général , signé : Alexandre.
Faites -moi connaître l'heure à laquelle cet ordre vous sera parvenu.
Le Comte Wuéde au Dyc ge Bassaino. î/|5
Le général Comte de Wréde à son Excellence
Monsieur le' Duc de Bassano, ministre des relations
extérieures de Sa Majesté V Empereur et Roi.
Dockschiitzoui le 29 Novembre 18 12
Monsieur le Duc ».
Je me félicite de pouvoir enfin donner une nouvelle agréable ù votre Excellence en lui communiquant copie d'un ordre que je viens de recevoir de Son Altesse Sérénissime le Prince major- général, par un de mes émissaires que j'avais envoyé du côté de Borisow et de Zembin» Il repart cette nuit pour porter au Prince major -général l'accusé de réception de son ordre et lui annoncer que je marche demain par Boudslaw sur Vileika , point que j?ai eu l'honneur dé proposer à votre Excellence, dans ma lettre
d'aujourd'hui.
• Mon émissaire m'assure qu'il y a eu hier une forte affaire prés de Borisow et qu'on a fait 3000 prisonniers. . Quelles que soient les nouvelles intéressantes que je pourrai recevoir ou me procurer dans la journée de demain ou d'aprés-dômain, je me ferai une fête de les communiquer à votre Excellence.
146 Le Prince" iJeNeuchatel au général WrÈde.
En attendant je la prie d'agréer l'assurance du respect avec lequel j'ai l'honneur d'être
signé: Le général en chef
Comte de Wréde.
Le Prince de Nfiuchdtel au général Comte de Wrède,
Selitsché le 5 Décembre 1812 à une heure du matin.
Monsieur le général de Wréde ; je reçois votre lettre du 2; le quartier général sera ce soir à Molodetschno; il se reployera succesiveme'nt jusqu'à l'endroit où l'on pourra faire des distributions régulières ; l'armée souffre de ses longues privations.
Envoyez- moi l'état de situation de vos troupes et de votre artillerie; si vous pouvez nous envoyer des vivres, pain, bestiaux et sur un des points de la route, ce serait le plus grand service que vous pourriez nous rendre; nous avons un grand nombre d'hommes à piedj faites moi connaitre de quelle arme sont les chevaux non montés que vous avez.
Faites évacuer vos parcs , vos hôpitaux sur Wilna, ainsi que vos parcs de bestiaux et vos
Le Prince de Neuchatel au général Wrédb, 147
Faites moi connaître le lieu où se trouvent les troupes bavaroises et les dix mille recrues partis, il y a plusieurs mois de Munie, afin qu'il soit pris des mesures , pour rallier tout cela sur un point central.
Le Prince de Neuchatel, major -général,
signé : Alexandre.
Le Prince de Neuchatel au général Comte de VVrède.
Molodetschno le 4 Décembre 1812.
Monsieur le général Comte de Wréde ; l'Empereur ordonne, que vous marchiez de Vileika sur Narocz et que vous occupiez le pont. Donnez nous de vos nouvelles , comment vous vous établissez et formez vos colonnes, et dites nous où sera votre quartiergénéral demain et après demain. L'armée ne s'arrêtera plus qu'étant arrivée dans le pays , où la distribution régulière pourra se faire. Le quartier-général impérial sera aujourd'hui à Bunista. Monsieur le Maréchal Duc de Bellune avec l'arriére - garde sera aujourd'hui ici et peut-être demain à Smorghoni.
Le major- général Prince de Neuchatel,
siané : Alexandre.
148 LePrince deISeuchatelau général Wréde.
— —mm— m— mm— mm mm.
L$ Prince de Neuchâtel au général Comte de IVrède.
Smorghoni le 8 Décembre 1812 à 9 heures du soir.
Monsieur le Comte de Wréde; j'ai mis sous les yeux de l'Empereur votre lettre de Narocz du 5 Décembre à midi. Sa Majesté approuve entièrement votre mouyement dans la direction de Slobodkaj mais faites votre mouvement le plus lentement que vous pourrez. L'arriére - garde sera demain ici et le quartier-général impérial sera demain à Oszmiana. Envoyez moi de vos nouvelles dans cette ville.
Le Prince de Neuchâtel major -général
signé: Alexandre.
Le Prince de NeuchatelaugéneralWréde. 1AQ
Le Prince de Neuchdtel au général Comte de Ff'réde.
Ozmiana le ? Décembre 1812 à 5 heure» du matin.
Monsieur le général de Wréde j je reçois à l'instant votre rapport du 6 Décembre de Slobodka. Sa Majesté approuve ce que vous avez fait. Le Duc de Bellune arrivant ici aujourd'hui et y passant la journée, il est essentiel que vous restiez à Slobodka toute la journée d'aujourd'hui 7.
Le quartier -général sera aujourd'hui à Miedniki et l'arriére - garde demain 8.
Sa Majesté désire donc que vous vous arrêtiez demain 8 à Slob - Choumska , qui est sur la route de Kenno.
Comme vous me rendrez compte ce soir à Miedniki de ce qui se sera passé de votre côté , je vous enverrai de nouveaux ordres.
Le Prince de Neuchatel major -général, signé : Alexandre.
1 50 Le Prince de Neuchatel au général Wréde.
Le Prince de Neuchatel à Mr* le général Comte de Wréde. Wilna le 8 Décembre 1 8 1 2 à g heures du soir.
Monsieur le général de Wréde; l'intention de Sa Majesté est, qu'au reçu du présent ordre vous quittiez votre position de Slob-Choumska pour vous rendre à Rukoni , où vous recevrez des ordres du Maréchal Duc d'Elchingen , auquel Sa Majesté confie le commandement de notre arriére -garde. Le Duc d'Elchingen avec les troupes du o^me et du 3érae corps vous soutiendra. Il est important, que vous soyez rendu le plutôt possible à Rukoni; arrivé là , c'est à votre Excellence qui se trouvera faire notre arrière - garde. Si nous avons encore des traîneurs, vous les protégerez et vous aurez grand soin de vous faire éclairer aussi loin que possible sur votre droite et sur votre gauche. Les troupes du Duc d'Elchingen qui doivent vous soutenir, seront en position à .Niésminicza et seront chargées de couvrir la route de Roudomia. Le Prince Vice-Roi et le Prince d'Eckmuhl coucheront cette nuit à Rukoni et en partiront demain matin; le corps du Duc de Bellune est aujourd'hui à Miédniki et doit demain se reployer sur Wilna , en vous laissant le soin de l'arriére - garde. Sa Majesté compte sur vos talents et sur votre zèle dans cette circonstance, où vous allez être à même de rendre de grands services à l'armée.
Le Prince de Neuchatel major-général , signé : Alexandre.