‹ Observations sur la brochure de MM. les abbés Laverdière et Casgrain relativement à la découverte du tombeau de Champlain [microforme]Chapitre 6 sur 9 · PR | PP · texte numérisé non relu

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Lâtir e 1615, à l'arrivée des PP. Récollets ( Foyrge de Champlain, édit, de 1619. fol. 10): ear cette chapelle est certuinement la sémle qu’il y ait fait construire.” (1).

Cette affirmation est trop hardie; car Ja Chapelle de 1615, desservie par les Récollets avant la prise du pays, fut détruite en 1632 par les Anglais, quelque temps avant le retour des Français, .

‘,,.... et en attendant qu'on pût en construire une nouvelle, on dressa un autel dans le Fort (sur la montagne), où les colons se réunissaient les dimanches et fêtes.... C'était là que les PP. Jésuites allaient lenr administrer les sacrements.” (Archives di Séminaire de Québec, manuscrit de 1645, cité par M. labbé Faillon, 1er volume de son Histoire, p. 272.)

Est-ce assez clair ?

L'interprétation que MM. Laverdière et Casgrain donnent aux paroles du P. Lejeune, pour en tirer une conclusion favorable à léchafaudage qu'ils élèvent à propos de cette chapelle, que ces Messieurs veulent bon gré mal gré conserver debout (n'oublions pas qu’il s’agit toujours, de la part de ces Messieurs, de la Chapelle: de 1615 !), cett: interprétation est trop curicuse pour ne pas l& consigner ici. On comprend que ces Messieurs, pour être logiques, sont forcément obligés de clouer la Chapelle là où ils viennent de trouver le Tombeau, dans le Cul-de-Sac. Mais qu’ils uttendent donc ! Citons :

“ Cette position seule de la Chapelle n’expliquet-elle pas encore ce que dit le P. Lejeune en arrivant à Québec, en 1632 : ‘“ Nous ‘“ vimes au bas du fort, la pauvre habitation de Québec toute ‘ brûlée........ en laquelle ou ne voit plus que des murailles de: “ pierres toutes bouleversées.” Pourquoi le P. Lejeune ne parlet-il point ici de la Chapelle de Québec, puisqu elle était à la Basse- Ville, et qu’elle a existé au moins jusqu'en 1642? C'est que sa position retirée au fond de l’anse du Cul-de-Sac et derrière le Cap, la rendait très peu apparente. Les ruines de l’habitatiom étaient seules en vues, tant qu’on avait pas doublé Ja pointe ile Québec. (2).

Pauvres Messieurs, vous jouez de malheur, et c’est le P. Lejeune: qui va vous apprendre que la Chapelle est bien brûlée, puisqu'il dit, lors de son arrivée à Québec, le 5 juillet 1632, en mettant pied à terre:

6,.,,,,......nous allâmes célébrer la sainte messe en la maison la plus ancienne de ce pays-ci, c’est la maison de Madame Hébert,

(1) Brochure de MM, Laverdière et Casgraïn, page 7. (2) Brochure de MM. Laverdière et Casgrain, page 11.

qui s’est habituée auprès du Fort (sur la montagne), du vivant de son mari.” (Relation des Jésuites, 1632, p. 8, éd. de Québec.)

Comme on le voit, ce texte n’a pas besoin, de développement. S'il y eût eu une Chapelle à la Basse-Ville, à cette époque, on ne serait pas allé chez Madame Hébert, près du Fort-Saint-Louis, pour y célébrer les SS. Mystères.

Quoique je n’aie aucune autorité positive à offrir pour appuyer mon raisonnement, j'ai lieu de croire que MM. Laverdière et Casgrain cherchent trop tôt la Chapelle de ('hamplain ! Malgré sa position retirée au fond de l’anse du Cul-de re, et le Cap, qui a rend très-peu apparente (1), je crci: re cette Chapelle (à l’époque de 1632) n'existe que dans lPimaginu: un de ces Messieurs.

Mais l’année suivante, en 1633, après le retour du Sieur de Champlain dans la colonie, cet homme de bien fit construire près du Fort-Saint-Louis la Chapelle de Notre-Dame de la Recouvrance, qui devint la première église paroissiale de Québec. (Voir Æelations des Jésuites, 1634, p. 2 ; Archives du Séminaire de Québec, et de NW, D. de Québec.) Les Jésuites, qui demeuraient alors à une demi-lieue du Fort (à Notre-Dame des Anges), vinrent, quelquesuns du moius, résider à la maison ou presbytère de la dite chapelle, suivant que le constatent tous les historiens. (Voir la elation de 1636, p. 43 ; aussi l'Histoire de la Colonie Française, p. 273).

Quant à la Chapelle de Champlain proprement dite, que je viens de mentionner, je crois qu’il est assez logique de supposer qu’éile ne fut construite qu'après la mort du pieux et fervent M. de Champlain, pour lequel on avait fait un sépulchre particulier (2) ; et que cette chapelle est due aux soins reconnaissants de M. de Montmagny, pour le regretté défunt. Et ce qui vient confirmer davantage ma conjecture, c’est ce que dit la Relation de 1643, à l'occasion de ia mort du P. Raymbault, que MM. Laverdière et Casgrain ont assez mal compris et interprété dsrs leur brochure, page 4. Voici ce qui est écrit au sujet du P. Raymbault :

“ M. le Gouverneur, qui estimait sa vertu, désira qu’il fût enterré près du corps de feu M. de Champlain, qui est dans un sépulchre particulier, érigé exprès pour honorer la mémoire de ce signalé

personnage, qui a tant obligé la Nouvelle-France. ” (Xelations des Jésuites, 1643, p. 3. éd. de Québec.)

(1) Brochure de MM. Laverdière et Casgrain, page 11. (2) Relations des Jésuites, 1643, p. 3. 64, de Québec.

), du vivant de Québec.)

développement.

époque, on ne aint-Louis, pour

r pour appuyer Laverdière et in ! Malgré sa le Cap, qui la elle (à l’époque sieurs.

r du Sieur de construire près la Recouvrance, QJuébec. (Voir aïre de Québec, ient alors à une rent, quelquesla dite chapelle, r la Leiation de p. 273).

le, que je viens upposer qu’éile fervent M. de rticulier (2) ; et ints de M. de ient confirmer tion de 1643, à Laverdière et leur brochure, abault :

qu’il fût enterré s nn sépulchre

de ce signalé (Kelations des

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Une antre raison qui milite en frveur de ma supposition ou de mon interprétation, c’est qu'il n’a jamais été question de cette Capelle de Champlain, durant tout le temps qu'a vécu ce premier gouverneur de la colonie. Il va sans dire que je considère comme non-avenne l'interprétation que font MM. Laverdière et Casgrain des textes de Champlain, 1619, fol. 10, parce que ces textes ne se rapportent qu’à la construction de la Chapelle de 1615 : d'où je conclus que rien ne semblait autoriser ces Messieurs à donner avec cette assurance qu’on remarque dans leur brochure, page 5, ce qai suit comme fait historique :

“Il est donc certain que Champlain‘lui-même fut inhumé dans sa propre chapelle.”

J’ajouterai même que la Chapelle de Québec de 1615, incendiée en 1632, n’a pas été reconstruite sous l'administration de M. de Champlain ! Etla Relation de 1635, page 3, le faitassezcomprendre, quand elle ne mentionne pour Québec que deux résidences où sont célébrés les ofices divins: ‘“ La résidence de Notre-Dame de Recouvrance, à Kébec, proche du Fort, que nous allons habiter cette automne; la Résidence de Notre-Dame des Anges, à une demi-lieue de Kébec.”?

Une preuve encore plus manifeste se trouve dans la Relation de 1636, page 2, au sujet du débarquement de M. de Montmagny :

‘,,...... Nous desceïdîmes sur le bord du grand fleuve pour le recevoir..., après les compliments ordinaires, nous le suivîimes droit à la Chapelle; en chemin ayant apperçu l’Arbre de notre salut: Voici, dit-il, la première Croix que je rencontre sur le pays, adorons le Crucifié en son image.” Il se jette à deux genoux, et à son exemple toute sa suite, comme aussi tous ceux qui le venaient saluer. De Ji entre dans l'Eglise, ou nous chantâmes solennellement le Te Deum...,.,,,7

La Chapelle d nt il est ici question n’est autre, on le sait, que la Chapelle de Notre-Dame do la Recouvrance, à la haute-ville (Consultez: Æistoire de M. Ferland, ler. vol. p. 279; Æistotre de M. Faillon, 1er vol. p. 290), et la Croix dont il est parlé est probablement celle du Cimetière, qui se trouvait sur le penchant de la Montagne, sur le bord de la route qui conduisait du rivage à la haute-ville.

Ce n’est pas par ostentation que j'entre dans ces considérations de faits historiques, —car je ne vise pas tant à tnstruire qu’à

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renseigner ceux qui semblent avoir tout oublié; je désire seulement éclairer la ronte, afin que ces messieurs puissent la reconnaître et y rentrer.

C'est assez sur cette première partie de la brochure. Nous allons maintenant passer au journa” * pérations.

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