‹ Observations sur la brochure de MM. les abbés Laverdière et Casgrain relativement à la découverte du tombeau de Champlain [microforme]Chapitre 5 sur 9 · LIT · texte numérisé non relu

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Mais nous voici au 6 décembre, et c’est ce jour-là même que paraît le document de MM. Laverdière et Casgrain, si anxieusement attendu du public.

Cette brochure est divisée en deux parties : la première est une Dissertation sur les prétendues causes qui ont amené la découverte du tombeau de Champlain ; la deuxième forme le journal des opérations (2). ,

(1) Lettre de M. H. O’Donnell, publiée dans le Canadien du 23 novembre.

(2) Ilétait écrit que la brochure de MM. Laverdière et Casgrain porterait dès son entrée dans le monde la trace du péché originel, cette imperfection de l'humanité! Annoncée par elle-même comme devant être publiée le 4 décembre, son apparition fut signalée dans les journaux le 5, quoique MM. les Rédacteurs ne dussent la recevoir que le 6. La réclame étaît-elle assez forte ?

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Ce n’est pas seulement avec étonnement, maïs avec un profond chagrin, que j'ai lu ce compte-rendu. L’élévation du caractère social et les talents de ceux qui ont attaché leurs noms à cette production, auraient dû suffire pour les engager à ne point s’exposer ainsi à jouer un si triste rôle. Ils n’ont point sv, trèscertainement, en mesurer toute l’étendue et toute la responsabilité. Si les positions se trouvent cruellement brisées aujourd’hui, par une lutte que la justice et l'équité outragées ont fait naître, il ne faudra donc en rejeter la faute que sur ceux qui ont voulu la discussion, et qui pouvaient et devaient l'empêcher, en satisfaisant au précepte divin qui commande ‘ de ne désirer, ni prendre, ni retenir le bien d’autrui injustement.”

Auprès d’une certaine classe de personnes, qui ne prennent point le temps d'approfondir la justesse des raisonnements qui leur sont offerts, ou qui subissent entraînement d’une bienveillance excessive, la brochure de MA. Laverdière et Casgrain trouvera peut-être grâce ; mais il n’en sera pas ainsi devant l’histoire et auprès des hommes qui réfléchissent et descendent au fond des choses pour en saisir la vérité pure et simple,

Disons tout de suite, pour couper court, que cette publication de MM. Laverdière et Casgrain est nou-seulement injurieuse au bon sens public, mais qu’elle est aussi une insulte faite à l’histoire, dans l'interprétation desfaits. C’est ce que je vais essayer de prouver.

Notons d’abord ce que ces Messieurs commencent par dire, page 18, au journal de leurs opérations :

Lundi, 12 Novembre.—Les journaux annoncent la découverte du tombeau de Champlain. A la veillée, nous commençons à rédiger.” 3

De cette rédaction naît la fameuse DIssERTATION qui est destinée à former la première partie de la brochure, et qui doit faire connaître au monde étonné tout le travail que cette découverte a pu occasionner à ces Messieurs.

Malgré l'intérêt sérieux qui s'attache à cette découverte, il ; a de quoi se pâmer de rire en lisant ce qu'ont écrit les découvreurs dans ces dix à douze pages, le et après le 12 novembre, alors qu’ils étaient dans /a positive connaissance du lieu qu’occupaient autrefois la Chapelle et le tombeau de Champlain, et que la découverte du tombeau même, qu’ils venaient de faire, leur révélait dans toute sa clarté.

Et c’est avec une telle connaissance, et l'esprit ainsi éclairé, qu’on ose offrir au publie de bonne foi une ÆXelation comme celle-là, où les auteurs paraissent sucer sang et eau avec les fameux textes, espérant par cette manœuvre capter l’admiration populaire! Ils discutent les faits les plus ordinaires, —écartent les improbabilités qu’ils viennent de faire surgir par plaisir, —rapprochent d’autres données plus claires en apparence, pour ensuite les repousse:,— jusqu’à ce qu’enfin des données plus positives, à leurs yeux, viennent “ les conduire comme pas à pas jusque dans la rue Champlain.” Là, la trappe s’ouvre sous leurs pieds, et ces Messieurs s’y précipitent avec les textes d’une main et la pioche de l’autre! Puis la farce est jouée ! !

Et vous, Charlevoix, Garneau, Ferland, Faillon, et autres, vous êtes tous des niais de n’avoir pu comprendre les textes obscurs de Champlain, Sagard, Leclercqg, Relations et Journal des Jésuites Régistres et Archives de Québec, etc, que MM. Laverdière et? Casgrain viennent d'interpréter avec tant de bonheur !

Non, jamais pareille imposture ne s’est produite jusqu’à ce point dans l’histoire d'aucune découverte, et je défie qu’on puisse trouver parmi les autorités citées par MM. Laverdière et Casgrain, dans leur brochure, ur seul texte qui soit capable de faire arriver à une conclusion suffisante pour opérer la découverte du lieu où devait se trouver le tombeau de Champlain.

Oh! quand "œil a vu, l'esprit alors est pénétrant, et tous les textes, auparavant obscurs, s’illuminent et semblent plus faciles à interpréter, cela se conçoit.

Mais comment auraient-ils pu, d’ailleurs, trouver une interprétation lumineuse dans ces textes qu’ils disent avoir étudiés, et qu’ils mentionnent dans leur brochure, lorsqu'ils ne les comprennent point, même dans les choses les plus vulgaires ?

En effet, voyons si les faits historiques interprétés par ces Messieurs sont vrais, selon l’histoire. Je promets au lecteur des émotions ! comme dirait Louis Veuillot.

Par exemple, après avoir bien discuté et interprété les textes relativement au lieu où devait se trouver la Chapelle de Champlain, MM. Laverdière et Casgrain concluent solennellement :

“ Donc la Chapelle de Champlain ne pouvait être située ailleurs qu’à la basse-ville, ct ce ne pouvait être que celle qu'il avait fait

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