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bornés à iévo(|uei' en doute raullienticitë de quelques livres de la Bible ; mais que plusieurs d'entre eux ont adopté sur Dieu et sur le monde des systèmes qui ne diffèrent en rien d'un véritable athéisme.
Que prétendez-vous conclure d'ailleurs, de toutes ces digressions en faveur du monopole de l'enseignement? Vous vous donnez pour les apôtres de toutes les libertés; vous nous dénoncez comme leurs irréconciliables ennemis : cependant vous nous refusez la plus essentielle ! Vous suspectez la sincérité de notre zèle : prouvez la sincérité du vôtre. Vous possédez la liberté dont nous sommes privés : pourquoi nous la refusez-vous, s'il est vrai que vous lui sovez dévoués ?
Enfin , quel rapport y a-t-il entre la liber lé d'enseignement, et les systèmes d'un ministre protestant du xvn*^ siècle? entre cette liberté et le naturalisme des Universités allemandes; entre cette liberté et l'état de l'Espagne, de rilalie, de l'Irlande? entre cette liberté et les rèiiles des Jésuites? entre celle liberté et les rapports dvs Evêques avec leur (Clergé? Vous ne connoisse/ (ju'un remède à Ions ces maux, el à tous ceux
qui peuvent accabler l'iuimanité : ce remède est la liberté. Réclamez donc pour tous une liberté telle que nous la désirons , sage et sincère tout à la fois.
Si vous vous êtes crus calomniés, (ce que nous n'avons pas a examiner ici , nous bornant à condamner les injures) cen'étoitpas un motif pour faire retomber les torts de deux ou trois individus sur la Religion et sur tout le sacerdoce catholique. On avoit prétendu que vous étiez ses ennemis, et vous vous empressez de justifier cette accusation !
Quant à nous, loin d'être votre adversaire, nous avons toujours exprimé hautement le désir d'une discussion calme et polie. Nous y étions naturellement porté par notre caractère, par notre qualité de Pasteur, et enfin par les sentimens de bienveillance que vous ne nous avez point refusés jusqu'ici. En venant aujourd'hui réclamer contre plusieurs de vos assertions, vous comprendrez facilement combien notre intervention est désintéressée. C'est pourrions, et pour vous aussi, unegarantie d'impartialité. La défense d'intérêts sacrés a pu seule nous déterminer à rompre un silence que les Catholiques du diocèse
— Sade Paris auroient pu regarder comme une prévarication. Vous aimez la paix, on nous l'assure; vous avez gémi d'entamer une lutte propre à réveiller les passions. S'il en est ainsi, comme nous en sommes sincèrement convaincu, vous devez déplorer votre succès , puisque les passions ont été déchaînées; vous devez le déplorer, parce qu'il ne donne pas une gloire solide. Rien n'est facile comme de diviser et de détruire. Unir et édifier est une œuvre plus longue, plus difficile, plus glorieuse. Vous devez le dé^)lorer, parce qu'il n'a jamais donné le véritable bonheur. Le plaisir de se venger est une triste jouissance. Nous rapportons, sans en garantir la vérité, un autre motif d'opposition : Seroit-il vrai que la chaire évangélique pût exciter de tristes jalousies, lorsque son succès dépasse celui de quelques autres chaires entourées d'auditeurs moins nombreux et moins empressés? INous sommes peu disposé à le croire; mais (juel est celui (jui, même dans les nobles travaux de l'intelligence, n'a pas à se défendre des susceptibilités de son amour-propre?
Quoi (|u'il en soit , les honnues justes et éclairés (et nous aimons à coniploi paiini eux ceux
— Hï —
qui n'onl cédé sans doute qu'au sentiment trop vif de leur honneur l)lessé ) ne peuvent être long-temps trompés sur la véritable influence du Clergé français. Les mœurs sont tellement changées à cet égard, que les hommes religieux, les plus disposés à confier à un prêtre tous les secrets de leur conscience, ne le sont nullement à recevoir sa direction pour l'affaire administrative ou politique la moins importante. Cette influence, qui ne seroit point inutile au bonheur de la France , nous ne la cherchons point, bien que dans tous les temps on nous l'ait demandée, et que ceux qui la redoutent le plus fussent encore portés à la réclamer, si nous étions disposés à la mettre au service de leur politique. Loin de la rechercher. Dieu nous fait la grâce de ne la point désirer. Elle pourroit servir certains intérêts de la société religieuse et politique ; mais pour l'une comme pour l'autre, il vaut mieux que le Clergé, tout en demeurant parfaitement soumis aux lois, et plein de déférence pour le Pouvoir, s'occupe exclusivement de l'intérêt moral et religieux de la France. La liberté lui va mieux que la fortune; et les épreuves, s'il est destiné
à les subir, lui profiteront plus que les faveurs.
Notre mission est une mission laborieuse; elle est infructueuse, si elle n'est semée d'épines, si elle n'est accomplie à la sueur de notre front. Pour y rester fidèle , il faut un courage que la prospérité ne pourroit qu'énerver.
Nous n'avons pas autant à redouter d'un autre genre de faveurs. Si les pères de famille profitent de la liberté d'enseignement pour remettre dans nos mains ce qu'ils ont de plus cher au monde, leur confiance ne nous apportera que de pénibles travaux. L'éducation donnée par le Prêtre, impose en effet, ainsi que nous l'avons prouvé, beaucoup plus de soins et de sollicitude que celle qui est donnée dans les Institutions de l'Etat. Pourquoi nous envier la liberté de nous livrer à des fonctions utiles et à la Religion et à la France? Pourquoi rendie cette liberté trop diflicile, sans aulre résultat que de la rendre funeste? Pourquoi enfin, en attendant qu'elle nous soit donnée, ne pas briser des entraves tout au moins inutiles à l'Etat, et ceitainement très-préjudiciables au sacerdoce calh()li(jue? Nous espérons du Pouvoir, (ju'il donnera bientôt à cette dernière cpiestion une
solution conforme à son caractère conciliant, digne de son esprit d'ëquité, et si convenable à une position qui doit dominer tous les intérêts, et les juger avec une parfaite impartialité.