TRENTE-SIXIÈME OBSERVATION
M. R..., cinquante-huit ans, fumant surtout la pipe, me fait demander mon avis par correspondance, le 48 juin 4868. Après une courte correspondance, et quelques soins donnés Aur mes indications, le malade, qui n'était pas d'abord transportable, est amené à Paris, et je constate les faits suivants :
Père mort d'une maladie de la gorge ; mère morte à soixante-quinze ans, d'une maladie indéterminée. — Bonne santé habituelle. Très-maigre
jusqu'à trente ans, puis engraissement rapide. Depuis cinq ans, cystite chronique; 11 y a quatre ans, (foulcurs de tôle pendant la nuit, ayant dure un certain temps. Nul antécédent syphilitique.
Au mois de mars 1867, il éprouve, pour la première fois, une douleur assez vive dans l'oreille, laquelle a persisté et est devenue parfois extrêmement intense. Il lui semblait que ce qu'il avalait sortait par l'oreille. Quelques mois après (en octobre), il aperçut, un jour, en se rasant, une petite plaie dans la bouche, et il chercha si cette plaie ne communiquait pas avec l'oreille douloureuse. A partir de ce moment, il demanda des conseils médicaux; il fut cautérisé avec le nitrate d'argent et la teinture d'aloès ; il prit de la liqueur de Fowler, de l'iodure de potassium pendant trois mois), divers dépuratifs («irop de fumelerre, de salsepareille, etc.) et subit l'application de plusieurs emplâtres de ciguë.
Dès les premières cautérisations, les ganglions sous-maxillaires se sont tuméfiés, et il s'est développé une tumeur à la partie postérieure droite de la langue. La parole, qui avait toujours été douloureuse, devint très-difficile, la mastication et la déglutition presque impossibles. En vue de l'application d'un moyen chirurgical, il vient à Paris, en décembre, consulter un chirurgien des hôpitaux, qui ne juge pas une opération praticable, et prescrit de nouveau l'iodure de potassium et la teinture de Fowler. En dernier lieu, il y a eu trois hémorrhagies, ù huit jours d'intervalle Tune de l'autre.
Le 22 juin 1868, je constate l'état suivant : langue dépassant les dents, surtout à droite; elle est fixée immobile au plancher, et il est impossible do voir ni sa face inférieure ni ce qui est au-dessous d'elle ; en l'examinant par sa face supérieure, on voit que sa surface est rouge, bosselée, lisse et comme glacée ; sa dureté parait considérable partout, mais je n'ose m'en assurer qu'incomplètement, le moindre attouchement occasionnant un écoulement de sang. Large ulcération à droite avec destruction d'une partie de l'organe; petite ulcération sur l'amygdale droite, dans le point correspondant ù l'ulcère de la langue. Salivation extrêmement abondante ; odeur intolérable de l'haleine et des sécrétions buccales ; déglutition extrêmement difficile, qui me fait songer, dès l'abord, ù l'emploi de la sonde œsophagienne ; parole non moins difficile ; lanutrition se fait trèsmal ; amaigrissement considérable; insomnie ; grand affaiblissement des forces. — Les ganglions sous-maxillaires sont tuméfiés à droite. Douleurs violentes aux oreilles, principalement h droite.
Le malade a été conduit, le 22 juin, en voiture jusqu'au perron de la maison que j'habite, et il monte péniblement, avec le secours d'un bras, mes deux étages, sans entre-sol. J'applique néanmoins deux fois par jour
des polTémations phéDîqaêcs aussi prolongées qoe possible: je fais prendre des capsules phénlqoées» fondantes.
Le 27. M. R... Tîeal à pied de la nie des Bons-Enfiants an n* 80 de la rue Taithout, et, le 29. il Tient de nouveau à pied et s'en retourne de mèoie. Il continua ainsi jusqu'au 4 juilleL Ce jour-ik, il éprouTa. en sortant de mon cabinet, un peu de fdiblfsse et un sentiment de froid : il s*en retourna en voitbre et se coucha, avant mangé très-peu. Vers minuit, il fut pris d*un épouTantable accès de fièvre fiernicieuse, que je ne pus constater, — ayant passé la nuit du 4 au 5 auprès d'un dient en rillégiature. à quelques lieues de Paris. — et iJ succomba à neuf heures dumatîn. leS juillet;je ne pus arriver que pour constater le décès. Je n'avais pas été prévenu que 11. R... avait déjà éprouvé un accès pernicieui.et je ne l'appris que par la lettre suivante que je reçus plus tard de son médecin ordinaire, à qui f avais antérieurement écrit, pour avoir des renseignements sur M. R...
« Monsieur et honoré confrère.
« Lorsque M. R... s*est adressé à vous, il y avait neuf à dix mois que les premiers symptômes de l'aflfreuse maladie dont il était atteint s'étaient manifestés. Dès l'abord, la nature de son mal n a été douteuse pour aucun des médecins qui l'ont vu. le diagnostic a été le même pour tous, et par suite le pronostic le plus fâcheux a été porté par les uns comme par les autres.
« n est très-vrai qu*à une époque que je ne puis préciser, le pauvre malade a été pris d'un accès de fièvre intermittente semblable à eelui qu'il a eu à Paris et auquel il a succombé. J'avais donné alors, à haute dose, le sulfate de quinine en prévision d'un second accès pernicieux. L'événement est venu justifier nos craintes.
« Comme vous le savez et comme voua me le dites, les fièvres intermittentes sont fréquentes dans le Nivernais, elles y sont endémiques . . .
« Rot, D' m. P. ■
Rem.\rques. — L'honorable confrère qui avait traité H. R... de son accès de fièvre avait recommandé au malade de se pourvoir de quelques doses de sulfate de quinine et d'en prendre une, à l'apparition du moindre symptôme ressemblant à ceux des fièvres d'accès. Nui doute que si celle sage recommandation avait été suivie, le 4 juillet, lorsque H. R... éprouva le premier frisson, raccès qui emporta ce malheureux malade n'eût été prévenu. Que serait-il advenu sans cette
fâcheuse complication ^ qu'il eût été si facile d'empêcher? M. R. . aurait-il triomphé dans la terrible lutte qu'il avait à soutenir contre une maladie qui avait déjà fait d'effroyables ravages? Je n'aurai pas la témérité de l'affirmer; mais je ne suis nullement certain, non plus, que sa situation fût désespérée et au-dessus des nouvelles ressources de l'art. Ce que je crois pouvoir affirmer, c'est que les symptômes pénibles auxquels M. R .. était en proie et qui dès les premiers jours de mon traitement avaient déjà éprouvé une si heureuse modification, se seraient améliorés encore, et que la vie du malade, tout en devenant plus supportable, aurait été pour le moins prolongée d'un temps qu'il est impossible de préciser. C'est là un résultat que la thérapeutique ne saurait dédaigner et qui remplit, en définitive, le but de la médecine, car lorsque celle-ci réussit le mieux possible, fait-elle autre chose que de prolonger la vie? Je n'abuserai pas des répétitions, en insistant sur la suppression instantanée de toute mauvaise odeur, dans les sécrétions morbides, obtenue chez M. R..., comme chez tous ses compagnons d'infortune ; c'est là un résultat avec lequel le lecteur est désormais familiarisé, mais, quelque habitué que j*y sois, je ne puis vraiment m'empècher, tant il est en quelque sorte merveilleux, d'être étonné, chaque fois que je le constate, et de répéter que, fût-il le seul bien produit par la médication phéniquée, il suffirait pour établir la supériorité de cette médication et pour justifier les efforts que je fais afin de la propager.
TRBNTE-SEPTIEMB OBSERVATION
M. l'abbé X..., aumônier de ...., âgé de soixante-quatre ans, d* une santé habituellement bonne, fumant beaucoup la pipe, d'antécédents héréditaires excellents, me consulte, dans le courant de mai 1868, ou plutôt un de ses amis me consulte pour lui, pour une maladie de la langue sur laquelle il donne à cet ami, d'après ma demande, les renseignements suivants :
Il a senti les premières atteintes de son mal, dans la première quinzaine de février 1868; c'étaient des picotements sous la langue, causés par la présence de petits boulons blancs dont quelques-uns avaient le volume d'un grain d*orge ; ces boutons ont disparu depuis un mois, et d'autres, qui existaient au bas de la bouche, disparaissent peu à peu. Aujourd'hui, il n'en voit plus qu'un, hier il y en avait deux.
Dans les deux premiers mois de la maladie, le malade manquait de ffalive pendant la nuit; la sécrétion s'est rétablie depuis.
Des glandes se sont développées du côté droit du cou, et ont pris on rapide accroissement.
11 s'est promptemcnt déclaré de TÎves douleurs, qui, dans le courant de mai, sont devenues horribles, suivant l'expression du malade, qui est cependant très-courageux et très-résigné. Elles sont moindres en ce moment.
Divers traitements ont été suivis, et l'on est arrivé à lui conseiller ropéralion; il se rend dans ce but, auprès d'un éminent praticien de Lyon, et le malade décrit ainsi à son ami l'opération qui lui est proposée :
« Et quelle opération, mon cher ami 1 mon beau-frère, qui m'avait accompagné à Lyon, en frissonne encore : il s'agissait, par une incision, partant de la lèvre inférieure, de séparer en deux la mâchoire ; puis, la place ainsi faite, enlever la moitié de la langue et racler complètement le bas de la bouche, m
Avant de se décider, le malade, qui avait éprouvé depuis quinze jours une légère amélioration, demanda une prescription au savant praticien de Lyon, pour voir si cette amélioration ne se continuerait pas.
C'ef^t sur ces entrefaites que son ami entendit parler du traitement pbéniqué et qu'il vint me consulter. Le traitement fait à distance ayant causé quelque soulagement, M. X.... vient à Paris, et le 8 juin 1868, je constate l'état suivant :
Dentition spéciale dont je parlerai dans les remaïques.
11 est très-difQcîle au malade d'écarter assez les mâchoires pour qu'on puisse bien voir la partie supérieure de la langue: on aperçoit cependant que toute sa moitié antérieure est recouverte supérieurement d*une ulcération ; la langue est tellement collée au plancher buccal que même avec un releveur, on peut à peine entrevoir l'ulcération du dessous; la surface de l'ulcère saigne facilement, moins cependant qu'autrefois, à ce qu'il paraît. 11 existe deux ganglions sous-maxillaires tuméGés, l'un de la grosseur d'un œuf de pigeon, l'autre d'une petite amande. Douleurs vives, lancinantes, s'irradiant jusque dans l'oreille; salivation assez rare. Le malade assure que l'ulcération actuelle n*estpas la continuation de celles qui ont commencé la maladie : celles-ci se sont cicatrisées et sont représentées par des parties blanches. Difficulté extrême de la parole.
Le malade porte au milieu du front, un peu à droite et à un travers de doigt de la naissance des cheveux, une cicatrice ]r;rofonde et blanche, qui a succédé à la destruction dune tumeur du volume de l'extrémité du petit
doigt, et dont lorîgine remonte à peu près à la même époque que les premiers symptômes éprouvés du côté de la langue .
Celte tumeur avait élé cautérisée en vain, un grand nombre de fois, par divers caustiques, lorsqu'on songea à la cautériser avec l'acide phénique; nu bout de neuf ou dix cautérisations la tumeur disparut, et fut remplacée par une prompte cicatrice que Ton constate aujourd'hui; il est évident, d'ciprès la profondeur de cette cicatrice, que le derme a été détruit.
Le 9 juin, la médication phéniquée est appliquée intut et extra : pulvérisations pbéniquées énergiques, suivies tous les trois ou quatre jours de cautérisation à l'acide pbênique; sirop pUéniqué à l'intérieur.
Dès le vendredi, i2, le malade sent une certaine mobilité de la langue, mobilité absente depuis longtemps.
Le samedi, 43, mobilité plus grande, qui permet au malade de remuer la langue en tous sens, et de lui faire toucher les dents, en avant.
Le dimanche, la pointe de la langue peut être relevée vers le palais et le toucher.
Le mardi, 16, la langue peut être avancée jusqu'à couvrir la lèvre supérieure. Ce même jour, le malade, qui s'observe avec une extrême attention, a ressenti, dans l'après-midi, h l'extrémité de la m&choire inférieure, une légère et agréable démangeaison. Ce même jour une raideur du cou, qui empêchait le malade de tourner la tète du côté droit, diminue aussi, et la tête peut être tournée et inclinée de ce côté. Les douleurs sont moindres.
Le malade est obligé de retourner à son poste, le 27 juin 1868; l'amélioration persistait, et il se propose de continuer le traitement le moins mal possible, chez lui, en attendant qu'il puisse venir le reprendre à Paris.
Je revois le malade le 17 juillet, il vient reprendre le traitement pendant quelque temps.
L'ulcération de la langue a commencé à droite, a gagné le raphé et détruit le frein; il se manifeste également un empâtement ganglionnaire à droite.
Le 21, le même empâtement se manifeste à gauche, et une glande mobile a tout à coup grossi et est devenue assez adhérente.
Le 23, l'empâtement a disparu à droite, tandis qu'à gauche, la glande a le volume d'une petite noix. L'ulcération a notablement diminué à droite ; mais il s'en est fait une autre, profonde, sous le frein, décollant le dessous de la langue qui, auparavant, était dans l'immobilité. Dans chaque mouvement de la langue il se produit une légère hémorrhagle.
Dans les joui^ suivants, le tisisu de la langue devient un peu moins dur
et l*organe acquiert une certaine mobilité, pas de nouyelles hémorrhagies; Tulcération et l'enipAtement continuent à diminuer à droite ; à gauche, tout reste stationnaire. Les douleurs sont très-modérées, la salivation i>eu abondante : le sommeil et l'appétit sont assez bons.
Le 30 juillet, un commencement de cicatrisation s*obsenre au centre de la plaie, très-légère diminution d'induration à gauche; sous la langue ulcération de 3 centimètres carrés, profondes.
Le 4 août, hémorrhagie qui a duré environ trois quarts d'heure et s*est arrêtée par un léger tamponnement avec des bourdonnets de charpie sèche. Rien de notable d'ailleurs.
Le S, nouvelle hémorrhagie qui a duré cinq heures, malgré le tamponnement combiné avec le percblorure de fer. On suspend pendant quelques jours le traitement externe. Le malade ne se sent nullement afDaibli, après cette petite saignée, et le traitement est repris et appliqué énergiquement pendant quelques jours, après lesquels le malade va reprendre son poste, le 23 août. L*améIioration augmentait lentement, mais sensiblement; la cicatrisation gagnait du terrain, Finduration diminuait, ainsi que rimmobilité.
Cette amélioration continue tout le mois de septembre et la cicatrisation est à peu près complète, dans la première quinzaine d'octobre.
Mais bientôt apparaît un nouveau phénomène : des ampoules de la grosseur d'un petit pois se forment sur les bords et surtout à la pointe de la langue ; arrivées à un certain développement, ces ampoules éclatent, et pendant quelques heures, la portion de langue qu*elles occupaient est le siège des plus vives douleurs.
Les douleurs deviennent plus intenses dans les oreilles où elles sont à peu près permanentes et où elles acquièrent parfois, mais presque inévitablement après chaque repas, une intensité qui est un véritable « supplice. » Le malade est cependant très-résigné et très-courageux ; il ne parait donc nullement exagérer ses souffrances. Le gonflement de la langue se porte vers la base de l'organe, et rend la déglutition difûcile. Néanmoins la cicatrisation se maintient, et l'ulcération profonde de la face inférieure de la langue, notamment, ainsi que le plancher de la bouche sous-jacent, sont, d'après ce qu'écrit le malade, « en très-bon état. » Dans le courant de novembre, plusieurs hémorrhagies ont lieu, dont quelques-unes paraissent avoir été très-sérieuses et ont exigé de la part du médecin de l'établissement, l'application persévérante du percblorure de fer. Le traitement phéniqué que le malade continuait de son mieux, a été suspendu à la suite de ces hémorrhagies.
Je reçois encore des nouvelles le 11 décembre, au moment de donner
le bon à tirer de celle feuille ; les hémorrhagies ont encore reparu, mais pas depuis plusieurs jours. La face inférieure de la langue cl de la bouche est toujours « en très-bon état, comme avant la .maladie; la langue est toujours enflée et dure à droite, un peu enflée à gauche ; le milieu forme comme une petite rigole où se trouve une très-petite plaie, par laquelle s'écoulent, de temps en temps, quelques gouttelettes de sang. » 11 se forme toujours des ampoules, qui suivent la même marche que précédemment, avec cette différence qu'elles ne font plus souffrir le malade quand elles éclatent. Les douleurs d'oreilles persistent aussi intenses, surtout la nuit, où elles reviennent par crises longues et violentes. Les ganglions sont à peu près dans le même état. Pendant ses hémorrhagies, tous les flacons du malade ont été mêlés et confondus ; il me fait demander des instructions que je lui envoie, pour continuer le traitement.
Remarques. — Si j'avais rédigé quelques mois plus tard le chapitre de ce travail consacre à la symptomatologie, j'aurais modifié, quoique bien légèrement, ce que j*ai dit des hémorrhagies. Voici, en effet,, un cas dans lequel des hémorrhagies, qui paraissent avoir été sérieuses, se sont répétées plusieurs fois, et dont une, la première, a eu lieu en ma présence. Cependant aucune de ces hémorrhagies n'a offert, à aucun moment de sa durée, une abondance qui ait pu faire craindre des conséquences fatales immédiates, comme celles qui sont mentionnées dans les auteurs.
Une autre remarque que le lecteur aura certainement déjà faite à l'occasion de ces hémorrhagies, c'est que la forme de l'affection, chez M. l'abbé X...., est loin d'être celle dans laquelle les hémorrhagies sont signalées comme fréquentes et abondantes. Cette forme appartient à la catégorie qu'on pourrait appeler la catégorie des langues de 6ois, c'est-à-dire au squirrhe par excellence. Nos lecteurs doivent, du reste, être désormais bien fixés sur ce fait, s'ils ont eu la patience de parcourir les observations qui précèdent. Une circonstance assez remarquable, que j'ai apprise, par l'ami de l'abbé X...., qui l'a visité quelque temps après son dernier départ de Paris, c'est que la cicatrisation de la langue était complète, environ quinze jours ou trois semaines au plus, après que l'abbé m'eut quitté ; complète, pas tout à fait, cependant; il restait encore une petite ulcération centrale <c moins grande qu'une lentille, » et c'est par cette ulcération que les
hèmorriu^es se sool prodtiiles. On remarquera aassi que c'est pendant cette cicatrisation on pende lemps après, que la base de la langue s*est tuméfiée, par cette sorte de balancement sur lequel nous arons insisté.
Outre ces bémorrhagies exceptionnelles, répîphénomène saillant, chez M. fabbé X..., est constitué par ces douleurs auriculaires affreuses, qui ne le quittent ni le jour ni la nuit; je n*ai cependant pas voulu conseiller contre ces douleurs les opiacés et surtout les opiacés à haute dose, car fappétit et même le sommeil, dans les intenralles des d ju!eurs^ sont ai.sez bons. J*ai la couTiction que le premier serait en grande parlie perdu, si Ton avait administré les opiacés.
J*ai signale, dans le cours de l'observation de M. X.... la disposition de SCS dents. d4>nt la surface horizontale est absolument plane et sur un mémo niveau, dépourvue, par conséquent, des sinuosités que présente ordînairemeiit la couronne des dents. Je ne sais et je ne vois pas quelle relation peut exister entre une telle disposition du système dentaire et la gravité des maladies organiques de la langue, mais il est au moins curieux que je Taie constaté quatre fois sur les malades dont je viens de rapporter les observations et toujours dans des cas d'une extrême gravité obs. 26 et 31\
Quelle a été. en résumé, chez M. X..,., le résultat du traitement phèniquè. si fâcheusement interrompu, en partie, par les obligations du malade ? 11 serait iHfûcile de méconnaître que ce résultat a éié avantageux, quand mùme Ta venir ne lui réserverait rien de plus. Je ne pense pas que personne puisse supposer que Fétat de M. X.... serait aujourd'hui meilleur, s'il avait subi, au mois de mai dernier, la terrible amputation décrite ci-dessus. Quant à moi. je suis convaincu qu'à l'heure présente, le pauvre patient en serait à sa dernière récidive, et probablemenl nitme aurait cessé d'exister, car la récidive, après une muti!alion aussi considérable que celle qu*on lui proposait, c'est à peu près inévitablement une marche rapide vers une issue faUle.
Quel que soit l'avenir réservé à M. X...., il est donc certain qu'il a retiré un précieux bénéfice du traitement phéniqué, et j'espère bien que ce bênéOce ne s'arrêtera pas là, comme je suis convaincu qu'il aurait été plus grand encore, si le malade avait pu suivre le traitement complet d'une manière plus régulière.
TRENTE-HUITIËIIB OBSERVATION
M. F., célibataire, âgé d'environ quaranle-cinq ans, sans aucun antccédens héréditaire, fumant la pipe, d'une vie très-régulière, mon client depuis plut de dix ans, vient me consulter le 3 avril 1868, pour une affection de la langue qui offre les caractères suivants :
A Tunion du tiers antérieur avec le tiers moyen du coté droit, près du bord, je constate un point très-circonscril, qui paraît avoir la dureté de la pierre; en pressant la langue en divers sens, on 8*assure quece point dur n'est que le sommet d'une induration de 7 à 8 millimètres de diamètre, qui occupe toute l'épaisseur du Lord de la langue, moins cependant la muqueuse. Celle-ci, môme sur la partie qui recouvre l'ulcération, a l'aspect tout à fait sain et l'induration ne parait pas l'intéresser. Il n'existe de douleur ni sponUinémcnt ni pendant la mastication. Les ganglions lymphatiques n'ont aucun développement anormal ; seulement le malade a éprouvé dans la région où ils se trouvent une petite gène, qui a été une des causes qui l'ont décidé à me demander des conseils.
Le. premier phénomène que le malade ait ressenti, est une sensation douloureuse, une sorte de cuisson en mangeant du fromage ; cette sensation s'étant renouvelée plusieurs fois, le malade cessa de faire usage de cet aliment; il fait remonter à huit ou neuf mois le moment où il éprouva la première sensation. Ayant examiné avec soin, à quelque temps de là, le point où il éprouvait surtout cette sensation, il y aperçut une saillie trèspetite, qu'il compare h une pointe d'épingle. Il ne constata pas autre chose; plus tard, il sentit une légère dureté, et c'est alors qu'il vint me voir. Le malade n'ayant jamais eu aucune apparence d'accidents sj-philitiques, je le soumets immédiatement à la médication phéniquée.
Il ne put suivre le traitement extérieur que pendant neuf jours, entraîné par des affaires impérieuses; mais déjà il avait éprouvé une légère amélioration. Au bout de deux mois, il y eut une rétrogradation, et le malade revint me voir, le 9 juillet; il suivit exactement le traitement jusqu'en octobre. Les pulvérisations combinées avec des cautérisations légères à l'acide phénique, ont fait tomber Tépidermc qui s'est comme émietté peu à peu, et avait entièrement disparu, le 9 août; on a pu voir ce jour-là, la surface sous-épidermique d'apparence saine, mais donnant encore au doigt une sensation de résistance inaccoutumée. Cette sensation persiste encore en s'affaiblissant, après que Tépithélium s*est reformé; on la sent, jusque vers le milieu de septembre. Depuis que le malade a
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r&E3KTE-5CCl^IE9C OBSEITITIO^T
X- Se... ii« ie =r-!iiî--ri3.î us «rirr». a*fp>ûiil à Constaiittiiople, ne fTTTJ.-:: ?tk«. z 17'Li: 7*1:$ c i:i:iî«>ïd^:i;s bsêr^iiitaires ni srphilitiqoes, vient af .rc:^il--^î:. l-i ? ..-^ir- IJM, f»:zT^TL* nL^Ia^iiedela langue, snr laquelle
IV; jC >ec^:r:;i su oa. :L «îçrM^Ai: K^iTent jor U lançue des picoleoients ^ ca 5«f£w=:<n: ie brùl:ir* . cieCde sec5AU*:*a «e manifestait surtouU lorsque M. SL . =u£^^: iKfUisLS alizKAls^ iU loUinment des fraises ; d'autres
aliments, au coniraire, le calmaient, tels que le cédrat et Tananas ; les mets acides et épicés donnaient assez d*acuité à ses douleurs, pour que le malade ait été obligé de changer tout son régime ; une circonstance que le malade dit avoir constatée maintes et maintes fois, c*estque toutes les fois que le baromètre monte, il souffre, tandis que les douleurs s*apaiscnt, quand le baromètre descend.
Son médecin et ami, le docteur Cousowiclz, un des praticiens les plus répandus de Constantinople, qui a souvent examiné la langue de M. St... Ta plusieurs fois cautérisée avec le nitrate d'argent fondu et le sulfate de cuivre, mais sans aucun résultat avantageux ; il a essayé, sans plus de succès, le chlorate de potasse, et divers gargarismes et lotions, notamment au borate de soude, au sublimé, etc.
Le 5 octobre 1868, M. St... se présente h, ma consultation, et je constate rétat suivant :
La langue est volumineuse, et lorsque le malade la sort, on remarque des fendillements en divers sens, des enfoncements rayonnes, et des papilles grossies et saillantes; la saillie de quelques-unes allait jusqu*à trois millimètres passés. Sur presque toute sa moitié droite, la langue offre un aspect blanchâtre, comme produite par un enduit léger, analogue à celui du blanc de rosier; dans cette surface, il y a des plaques, plus enfoncées, rouges, comme si Tenduit blanchâtre et Tépithéliumy avaient été enlevés; dans ces surfaces, la muqueuse est comme à vif, quoique nullement saignante. Au toucher, le côté droit de la langue offre une légère dureté, mais seulement dans sa partie la plus superficielle, comme si répithélium seulement était épaissi ; on sent qu'au-dessous de cette mince couche, le tissu de la langue est très-souple; mais pendant qu'on la presse, la forme que prennent les fendillements fait songer involontairement à certaines écorces d'arbres malades, et à certaines autres écorces qui ont normalement des formes analogues, telles que Terme galeux et le chêne-liége .
Depuis le jour de tu première visite jusqu'au 10 novembre, c'est-à-dire pendant plus d'un mois, M. St... est soumis deux fois par jour aux douches pulvérisées, et quelquefois à de très-légères cautérisations phéniquées, à des applications de poudre phéniquée hydrargyrique et h Pusagc du sirop phéniqué et des capsules phéniquées fondantes, à l'intérieur.
Dès le huitième jour du traitement, l'aspect blanchâtre parasitaire de la langue s'était déjà considérablement modifié ; les parties rouget, comme à vif, avaient repris le niveau de la muqueuse environnante ; bs douleurs et les picotements étaient moindres.
Cette amclioratioD marcha, à peu près sans interruption, et le 10 novembre, l'état normal était, depuis plusieurs jours déjà, à peu près complètement rétabli, assez bien rétabli, pour que nous ne vissions aucun inconvénient à ce que M. St... retournât à Constantinople, où rappelaient ses affaires.
Remarques. — Ma prétention, on le suppose bien, n*esi pas de donner comme un exemple de guérison de maladie organique, Tobsenration de H. St.... L'art du diagnostic n'est malheureusement pas assez avancé, pour que nous puissions affirmer, d'une manière positive, nous ne dirons pas quelle était la nature^ mais quelle était l'espèce à laquelle appartenait la maladie de N. St.... Ce que nous pouvons dire, c'est qu'elle avait, à nos yeux, un tel caractère, qu*il y avait une certaine importance à ne pas la négliger. Comme le malade était de cet avis, et qu'il se préoccupait même de son état, peut-être plus que de raison, je profilai de sa disposition d'esprit pour m'éclairer de l'avis de quelques confrères distingués, et j'engageai H. St.... à consulter, isolément, M. le docteur Panas, M. BarthelM. A. Richard. J'eus seulement le tort de songer à cela un peu tard, et lorsque l'état de M. St.... était déjà très-notablement modifié; l'espèce d'enduit blanchâtre avait disparu, ainsi que les plaques rouges où la muqueuse élait enfoncée; il ne restait qu*un développement papillaire, assez prononcé en quelques points, et les fendillements qui eux-mêmes étaient modifiés.
Tous ces honorables confrères assurèrent à H. St.... que son affection, si même c'en était une, n'avait aucune importance, et qu'il ne fallait ni s*en préoccuper, ni même s'en occuper. Cependant, M. A. Richard émit l'avis que Tafiection était sous la dépendance d'un état anormal des voies gastriques, et H. Barth prescrivit des pastilles soufrées, ce qui semble indiquer que, dans son esprit, M. St... était sous l'influence d'une disposition herpétique. Nous croyons que ces honorables confrères avaient parfaitement raison; seulement, nous ajoutons que, pour nous, herpétisme ou état gastrique, autrefois état saburral, signifie, soit disposition au parasitisme, soit parasitisme commençant; et nous avons la conviction que, chez M. St..., le parasitisme était déjà commencé. Notre opinion est donc que de pareils états méritent toute l'attention des malades et des
médecins, car nous croyons que, lorsqu'on les combattra avec énergie et persévérance, on empêchera un bon nombre de maladies organiques, sinon toutes, d'arriver à un état incurable. Aussi, dans la consultation que, sur sa demande, je donnai à M. St..., au moment de son départ, insistai-jc pour que le traitement fût continué pendant quelque temps, à titre de précaution, et même repris énergiquement, en cas de récidive. J'ai omis de dire que mon très-distingué confrère, M. Â. Richard, avait lui-même prévu, dans sa consultation, la possibilité et même la probabilité des récidives, preuve qu'il considérait l'état de M. St... comme tenant à une altération au moins opiniâtre, sinon profonde. Il serait, du reste, difficile de ne pas partager cette opinion, quand on voit que, malgré leur peu d'importance, anatomiquement parlant, les lésions constatées chez M. St... n'en duraient pas moins depuis un an. Quelle que fût leur peu de gravité, on trouvera sans doute qu'un traitement qui en a triomphé en un mois, ne saurait être un traitement inactif.
Nous avons observé chez M. St... une de ces bizarreries que nous avons signalées dans nos généralités, touchant l'action irritante de certaines substances qui, pour l'immense majorité des individus, sont absolument indifférentes. C'est ainsi que les fraises excitaient les picotements, tandis que le cédrat et l'ananas les calmaient; jusqu'à présent, nous avons considéré ces bizarreries comme des idio-synchrasies nerveuses; mais il serait très-possible qu'elles tinsent à une action de ces substances sur des microzoaires ou des mycrophytes; l'avenir nous réserve probablement de grandes révélations, sous ce rapport.
FORMULAIRE PARASITICÎDE SPECIAL
No i. — floloilom yaraiilllclde ^héml^vée nomale
Pr. Acide phéniqae pur, blanc, crisialliâé. 5 parties
Alcool à 90« cent 10 —
Eau distillée 100 —
On verse, d*abord, Tacide phénique dans Talcool, afin qa*il se dissolvet parraitement, et ron verse, ensuite, la solution alcoolique dans l'eau, en agitant un peu. Si l'on dissolvait l'acide directement dans l'eau , une partie pourrait rester en suspension, et s'attacher aux parois du vase. Il en résulterait non- seulement que la solution serait imparfaite, mais que les particules non dissoutes déposées sur la langue et, en général, sur la muqueuse buccale, par la pulvérisation, agiraient comme caustique.
M. A.~ Pure ou additionnée d'eau, cette solution sert aux pulvérisations, aux lotions et aux pansements des indurations et plaies cancéreuses, et des plaies en général .
N° 2. — Nolntlon paraiiltlelde yhémlqnée eamitlqae
Pr. Acide phénique.
Mêlez.
Alcool à 90O. . ) ^^ P^^^ ^^^^^«-
M. A. — Celle solution sert à cautériser les surfaces qu*on veut modiGer et sur lesquelles les douches pulvérisées, les lotions et les pansements n'agissent pas avec une suffisante énergie. Dans les ulcères cancéreux, syphilitiques invétérés, l'emploi de ces cautérisations est souvent indispensable. Pour les pratiquer, on trempe dans la solution un pinceau en marlre, qu'on passe sur la plaie, une ou plusieurs fois, suivant qu'on veut produire une cautérisation plus ou moins complète. Celte cautérisation ne pénètre, du reste, jamais très-profondément, et elle a l'inappréciable avantage de ne pas pousser à la suppuration, tout au contraire. Pour ne cautériser exactement que l'étendue voulue, il faut avoir soin de ne pas trop imbiber le pinceau, parce que le liquide a une grande tendance à s'étendre en surface.
N<> 3. — Povdre yaraslilelde yhénl^aée hydrarsjrlqiie
Pr. Acide phénique pur, blanc et cristallisé. 5 parties
Calomel 2 —
Poudre de goaco 4 —
Poudre de sucre ou d'amidon. ... iO —
Mêlez intimement.
M. A. — En applications avec un pinceau fin, sur les productions parasitaires blanchâtres de la langue, et en général sur toutes les efflorescences des muqueuses et de la peau. Pour les applications sur la langue, on choisit la poudre au sucre, et pour les autres muqueuses et la peau, la poudre à Tamidon.
No 4. — Poodre «édatlYe
Pr. lodororme ... 5 parties Poudre de guaco. 5 — Sucre 10 —
Pulvérisez linement riodcforme dans un mortier, et mêlez intimement au guaco et au sucre.
M. A. — En applications avec un pinceau fin, humide, sur les plaies ou surfaces trop sensibles pour supporter immédiatement les pansements ordinaires, qui sont toujours plus ou moins excitants. La poudre au sucre est réservée pour les applications sur la langue.
No 5. — Antre
Pr. Bromure de potassium. 5 parties Poudre de guaco. . . 5 — - Sucre d*amidon. ... iO —
No 0. — Glyeérolé paraultlelde lodo-phénl^aé) caontliiae
Pr. Teinture d'iode 2
Acide phénique pur, blanc et cristallisé. 2 Glycérine pure 10
Agitez, pour que Tacide phénique ne surnage pas; et renouveller l'agitation chaque fois qu*on s'en servira.
M. A. » En applications légères sur la langue avec un pinceau, après
les pulvérisations, quand les cautérisations, même légères, à Tacide phénique pur ou à la solution phéniquée caustique sont très-douloureuses. Ce caustique est excellent contre le lupus, et supérieur à la teinture d*iode qui est, cependant, elle-même d'une grande utilité dans cette maladie. Les cautérisations au glycérolé iodo-phéniqué ont le très- grand avantage de ne pas laisser de traces ; ce caustique est, pour ce motif, préférable à tous les autres, dans tous les cas d* ulcères cutanés. — Ce caustique mêlé à Teau, dans la proportion de 2 à 5 p. 100, donne un liquide qui forme la meilleure injection que je connaisse contre la vaginite chronique. Cette injection peut même être employée contre la blennorrhagie, mais avec beaucoup de précaution, parce qu'elle est presque aussi douloureuse que celle au nitrate d'argent; seulement, elle est beaucoup plus efficace, et n'occasionne jamais de rétrécissements.
N« 7. — - Glyeér«lé parasIUclde ^héma^lliiiiiunciix.
Pr. Acide phéniqao par, blanc, cristallisé. 20 grammes
Glycérine 50 —
Jaunes d^œafs bien frais . • . . . 50 -->
Battez parfaitement les jaunes d'œafs et la glycérine, et ajoutez après Taci de phénique, qu'on battra également assez pour rendre le mélange intime.
M. A. — Pour pansements des plaies cancéreuses et même de toutes les plaies en général. Ce glycérolé a l'avantage de tempérer l'action de l'acide phénique, mais en même temps de la prolonger beaucoup, ce qui est un avantage considérable, en ce qu'on peut rendre les pansements moins fréquents.
N» 8. — lilBlmemi parMlilelde «léo-caleAlre Fkénl^nié.
Pr. Liniment oléo-calcaire ordinaire . . 100 grammes Acide phénique pur, blanc, cristallisé. 2.50 . —
Mêlez intimement.
M. A. — Ce Uniment est extrêmement précieux pour le pansement des plaies par occlusion. Tout le monde apprécie, aujourd'hui, les avantages des pansements rares ou très-rares dans les plaies ; mais quelque soin qu'on prenne pouf empêcher l'accès de l'air, il arrive souvent que la fermentation putride s'y développe, et oblige à renouveler les pansements. Avec Pusage du liniment oléo-calcaire phénique, cet inconvénient est supprimé; il suffit d'arroser, de temps en temps, les appareils de
pansement, sans les déranger, avec du Uniment n* 8, pour empêcher tout mouvement de putréfaction, et pour continuer pour ainsi dire indéfiniment l'occlusion, si on le juge nécessaire. Les pansements avec ce liniment appliqué aux brûlures donnent des résultats vraiment merveilleux.
Ho 9. sir«y eoratir paraïailelde M^m^né Mlaiple
Pr. Acide phénique par, blanc, cristilliàé. i gram me
Sirop de sucre 200 —
Mêlez.
M. A. — Une cuillerée h bouche toutes les trois ou quatre heures, dans la journée. Dans les cas graves, où Ton peut être pressé d'agir Irèsénergiquement, on peut doubler la dose; mais il ne faut augmenter la dose qu'en augmentant le nombre des cuillerées; si on augmentait la proportion de Tacide dans le sirop, on produirait presque inévitablement une céphalalgie spéciale qui obligerait à suspendre le médicament.
Ce sirop n^est pas seulement utile dans les affections cancéreuses; il trouve son indication dans toutes les maladies dartreuses, ainsi que le suivant.
N» 10. — Slr«» emrmUt »arMaUelde phéBlqwé emmptié
Pr. Acide phéniqne pur, blanc, cristallisé. 1 gramme
Arséniate de soude. , 6 centigr.
Sirop de sucre 200 grammes
Mêlez.
M. A. — Mêmes indications que le précédent, avec lequel on le fait alterner, quand le traitement dure longtemps, ou lorsque l'amélioration tarde à se manifester. Il est préférable de faire prendre ce sirop pendant les repas.
No 11, ^ Jkmire
Pr. Acide phénique par, blanc, cristalliié. 1 gramme
Bichlorare de mercure 15 centigr.
Sirop de sucre 230 grammes
M. A. — Pour alterner avec le précédent, en cas de non amélioration, ou d*emblée, quand on peut supposer une influence syphilitique. Il est, du reste, utile, dans les cas de cancer, comme dans tous les cas de parasitisme, de varier les médications parasiticides.
No 12. — Caymlefi M^Mil^l^ld^* yhénlqnées romdanl«s.
Pr. Acide phôulque par, blanc, cristallisé. 1 gramme ÉtherouNaphle d'Orient 100 —
Agitez et faites, selon l'art, 1 50 capsules.
M. A. — De trois à six par jour, soit concurremment, soit alternativement avec Tun des sirops précédents. L'amélioration nous a souvent paru prendre une marche très-favorable sous Tinflueiibc de ces capsules, dont nous avons également obtenu de bons résultats dans les maladies dartreuscs de la peau.
N» 13. — «irop fl^lMilure d^amldoii blanc
Pr. Teinture d'iode 1.50
Eau d'amidon 100
Sucre q. s. pour faire un sirop.
M. Â. — Celte préparation est indiquée toutes les fois que la maladie organique existe sur des tempéraments lymphatiques et à plus forte raison scrofuleux. Mais on peut l'essayer, aussi, parfois avec avantage, lorsque cette complication n^existe pas. On sait que l'iode seul est déjà un parasiticide assez puissant. Il est inutile d'ajouter que ce sirop trouve son emploi dans tous les cas où les iodiques sont indiqués. Ce sirop ne peut nullement être comparé au sirop que Ton prépare avec l'iodure violet ou noir, lequel a une saveur d'iode insupportable, et qui, de plus, a le grave inconvénient de ne pouvoir être toléré par l'estomac, dont il troublerait sérieusement les fonctions, si l'on en prolongeait l'usage. Il sera donc indispensable, quand on croira devoir prescrire cette préparation, de désigner le sirop d'iodure d'amidon blanc.
No 14. — Sliop do café ¥crl fraxlné do Sévcrln.
Chaque cuillerée de ce sirop représente, d'après l'auteur, la macération de 3 à 6 grammes de café moka, dans l'eau distillée, et de 3 grammes de décoction de feuilles de frêne mâle cueillies en automne, plus 3 centig. d*acide phénique.
Ce sirop, destiné spécialement à combattre la goutte, nous réussit comme dépuratif diurétique.
No 15. — Purgatif Malin naturel do Looehea
M. A. — Ce purgatif étant formé naturellement ne peut être préparé.
Il a Tavanlage de pouvoir être pris à toutes les doses, sans jamais occasionner de coliques. Une cuillerée h bouche suffit souvent, mais on peut en prendre autant qu*on veut, sans le moindre inconvénient. Trois cuillerées sont la dose ordinaire pour un adulte.
No \Q^ — Liqnear «édailTe «n TalérlaB»le fl*ammonlaqiie
Pr. ValérianatA d^ammoniaqae. 4 grammes Eau disUllée 125 —
Une cuillerée h bouche toutes les deux, trois ou quatre heures, contre les accidents nerveux, et même Tinsomnie, dans les cas d'aiTections organiques.
N. U. — Nous préférons de beaucoup, cependant, à la solution préparée avec le valérianate isole, à Tétat de sel cristallisé, celle formée par la distillation, après longue macération d'eau ammoniacale sur delà riicine (h* valériane fraîche.
N** 17. — Sirop parawlilelde dépuratif
Pr. Arséniate de soude . . . . 0.15
Bicarbonate de soude. ... 10 »
Acide phéniquc 2 n
Sirop dépuratif du Codex . . 500 »
Môlez.
M. A. — Dans le traitement des affections cancéreuses, il est parfois avantageux de prescrire ce sirop alternativement avec les précédents. Il est bon de le prescrire pendant longtemps après qu'on a obtenu la cure d'une maladie organique. Dans tous les cas où le sirop dépuratif ordinaire est indiqué, celui-ci est plus actif et, par cons(^quent, préférable. On le prend à la dose de une à trois cuillerées par jour.
No 18. — Paraalfleldc TOlatli pbéniqaé
Pr. Acide phénique 5 gram.
Élher acétique rectifié 100 —
M. A. — Verser dans un flacon de gujton de morvcau, qu'on place dans la chambre des malades atteints de plaies cancéreuses ou autres, et dans les appartements des personnes bien portantes, en temps d'épidémie.
No 19. — Paraalllelde hysléAlqwe phénlqné
Pr. Vinaigre aromatique. ... KOO
Acide phéniqiie 5
Mdiez.
M. Â. — Environ une cuillerée à café dans 500 grammes d*eau, pour la toilette.
No 30. » Nlrop «nil-pérlodlqiie.
Pr. Picrate d'ammoniaque 25
Sirop simple à l*eau distillée 250 »
Môlex.
M. Â. — M. E. Rousseau, dont j'ai déjà eu l'occasion de citer avantageusement le nom, et qui n'est pas seulement un fabricant de produits chimiques, mais un physiologiste des plus distingués, a expérimenté avec avantage le picrate d'ammoniaque comme succédané du sulfate de quinine dans les fièvres intermittentes. Mais j'ai constaté que ses propriétés étaient bien plus étendues, et j'en ai obtenu des résultats avantageux, dans tous les accidents nerveux qui peuvent compliquer les maladies organiques, surtout quand ces accidents revotent la forme intermittente; je l'ai employé aussi avec succès dans quelques cas d'épilcpsie; et, enfin, c'est un des meilleurs apéritifs que je connaisse. Il Taut seulement en surveiller l'emploi, parce qu'il a quelquefois l'inconvénient de donner une teinte jaune à la peau .
No 21. — Ban hémostatique de raneou
Benjoin. ...,.,.... 3o0 grammes
Copeaux frais de sapin 500 —
Alcool à 90o 250 —
Eau 5.000 —
Laisses macérer pendant douze heures à une douce température ; faites bouillir ensuite pendant trois heures, en agitant sans cesse, et remplaçant l'eau évaporée par de Teau bouillante; liltrcz à chaud; laissez refroidir, et filtrez de nouveau k froid; ajoutez :
Solution parasilicide phéniquéc normale. 250 grammes
Et mettez en flacons bien bouchés.
M. A. — Quand l'application de bourdonnets de charpie sèche ne suffit pas
pour arrêter les hémorrhagies de la langue, les bourdounets Imbibésde cette eau arrêtent ordinairement récoulcmcnt sanguin, à peu près aussi bien que le perclilorure de fer; etTeaua sur ce dernier Tavantage d*agir favorablement sur les plaies, et de pouvoir être renouvelée indéfiniment sans aucun inconvénient; il suffit d*en arroser les pièces de pansement sans déranger celles-ci. Cette eau n*est, du reste, qu*une heureuse modification et combinaison de celles de Brocchieri et de Pagliari.
N'o â2. ^ BAin paraiiUlelflfe
x\rséniate de soude 2 grammes
Carbonate de soude cristallisé ... : 150 —
Acide phénique 100 —
Eau , 200 litres
On dissout successivement les substances dans le bain, en commençant par le carbonate, et ajoutant Tarséniate, puis Tacide phénique.
M. A.— II faut rester dans le bain le plus longtemps possible, et par conséquent, ne pas mettre toute Teau d*abord ; on en conserve une partie que Ton tient très-chaude afin de maintenir la température du bain, en la versant par fractions. — Ce bain n'a pas seulement de l'utilité contre les affections organiques et cutanées parasitaires; il produit de bons eilets dans les cas de rhumatismes, de diathèses paludiques, et en général, de toutes les cachexies.