‹ Observations sur la fièvre adynamiqueChapitre 1 sur 9 · FIÈVRE AD YN AMI QUE · texte numérisé non relu

FIÈVRE AD YN AMI QUE

S'il est une maladie sur laquelle on doive appeler toute Tattentiou des médecins , c est sans doute \2ijièvre adynamique vulgairement nommée fièvre putride , cette maladie si meurtrière , si commune dans les armées, dans les camps, dans les hôpitaux , dans les prisons et sur les vaisseaux , qui conduit tant de personnes , tant de braves guerriers au tombeau. Dans cette maladie que Ion considère comme si grave et si dangereuse , et dans laquelle nous voyons quelque fois même des médecins justement célèbres prôner la méthode débilitante, on ne peut assez insister, jose le dire, sur un traitement dirigé de manière à combattre sa cause prochaine qui est une forte faiblesse primitivement et particulièrement bornée sur le système nerveux. Je crois devoir faire observer que la faiblesse dont je parle me fait confondre la fièi^re aiaxique , la

Jièi>re jaune et la peste avec la fièvre qui m'occupe et m'a fait designer dans différens mémoires toutes ces fièvres sous une seule dénomination, savoir celle àe Jîèi^re asthénico-neireuse-essen" iiellc.

Le grand nombre de malades atteints de la lièvre adynamique que j'ai traités dans les hôpitaux , et les succès remarquables que j'ai le bonheur d'obtenir constamment dansleur traitement, (i) m'autorisent à avancer hardiment que le traitement corroborant est le seul vrai et le seul dont on ne doive pas s'écarter. En le suivant avec discernement et avec fermeté , on guérit cette maladie très-facilement. Je citerai avec plaisir un de mes savans collègues , médecin de l'hôpital civil d'Anvers , le docteur Vanden Zande^ dont la pratique est extrêmement considérable , et qui suit également depuis plusieurs années dans la fièvre adynamique le traitement fortifiant avec des succès dignes de ses talens.

Comme je l'ai exposé dans mes observations médicales, faites pendant les campagnes de 1812 et 181 3, durant lesquelles la fièvre adynamique fit tant de ravages dans les armées françaises , le

(i) Je parais me flatter, mais j'invoque le témoignage des officiers dt *auté t[ui ont fait le service avec moi.

meilleur traitement dans cette espèce de fièvre est celui de débuter (si les forces le permettent) par le vomitif (i) auquel on fait succéder immédiatement, quelle que soit la réaction du système sanguin , un large emploi des excitans diffusibles combinés avec les excitans permanens(2). Dans le traitement de la fièvre adynamique , les excitans difiiisibles dont je fais le plus de cas sont féther, Topium , le campbre , face ta te d'ammoniaque , les fleurs d'arnique . la racine de valériane , d'acorus odorant, de serpentaire et d'angélique. Les excitans permanens auxquels je donne la préférence sont, les extraits amers et surtout le quinquina; car n'est-il pas prouvé qu'aucun corroborant n est aussi actif que ce dernier pour la guérison des fièvres nerveuses?

Je viens de faire au sujet de cette métbode

(i) Je donne le vomitif par la raison suivante que j'ai développée dans un autre ovivrage : lorsque l'organisme est affecté par une cause inorbifique agissant par asthénie directe ou indirecte , les organes digestifs s'en aperçoivent les premiers ; ils sont troublés dans leurs fonctions tandis que l'appétit existe encore plus ou moins ; les substances alimentaires dont on fait usage ne subissent plus le cbangement naturel de la digestion ; on est forcé de les évacuer, sinon elles agissent comme irritant local , et de l'étroite sympathie qui existe entre l'estomac et les autres organes, il résulte de giands désoi-dres dans l'organisme , l'équilibre entre les fonctions est rompu , et plus il y a défaut d'harmonie dans leur exercice , plus les maladies sont graves.

(2) Voy. mes observations médicales faites jiendant les campagnes de Russieeu 1812 et d'Allemagne en ibicJ. Maestricht , année

uSi4,p. 1.9.

de traitement une foule d obsenations nouvelles à riiôpital militaire d'Anvers : dans l'espace des mois de juin , juillet et août 1817 , j'ai eu à traiter soixante-dix à 80 fièvres adynamiques ; pans ce nombre il s'en est trouvé de fort graves, témoins tous les officiers de santé de l'hôdital et autres de la garnison , il ny a qu'un seul malade qui a payé le tribut fatal, parce que lors de son arrivée à riiôpital il était déjà parvenu dans la troisième période de la maladie, et que même il n a fait pour ainsi-dire aucun usage de médicamens ; il est mort le deuxième jour de son entrée. Pendant les mois de décembre, janvier et février, j'ai eu encore à l'hôpital plusieurs individus atteints de la fièvre adynamique, et aucun iî'en est mort. Je regarde comme un devoir de publier quelques-uns de ces cas qui suffiront pour appuyer mes assertions; et j^engageles médecins, assez téméraires pour oser traiter ces sortes de fièvres par la méthode débilitante, les purgatifs, les saignées, les antipldogistiques, aies lire avec attention, à s'en bien pénétrer, et à s'attacher aux procédés thérapeutiques que je leur recommande avec le plus vif empressement, sans aucun autre but que celui d'être utile à Thumanité souffrante ; ils ne verront plus alors succomber à ces

maladies tous cesinforlunos qu ils livrent à la mort victimes de leur mauvaise méthode curative ; ils ne verront pas ces lièvres lentes, ces lijdropisies, ces longues convalescences des individus dont la constitution serait assez forte pour y résister; ils verront au contraire que la guérison de cette maladie n attend pas ces jours critiques qu'on lui a si ridiculement assignés, et quelle se termine quelquefois au bout de peu de jours à la satisfaction du médecin.

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