‹ Observations sur la fièvre adynamiqueChapitre 2 sur 9 · CAS · texte numérisé non relu

CAS

Schenh , infirmier de fliôpital militaire d'Anvers , âgé de 35 à 4o ans , d'une constitution faible et d'un tempérament nerveux , après avoir été forcé pendant plusieurs mois de se trouver jour et nuit auprès des malades et de respirer un air plus ou moins chargé de miasmes, se plaint le i4 juin 1817 de perte d'appétit, vertiges, nausées , mal de tête , lassitude dans les extrémités ; il a la bouche amère , la langue chargée d'un enduit blanchâtre et tremblotante en la sortant. Un vomitif composé de trois grains de tartrite antimonié de potasse lui est donné et lui fait rendre, à trois reprises, beaucoup de matières saburales. — Lei5, les mêmes symptômes continuent avec une céphalalgie considérable ; il y a

soif inteiivse , la peau est très-chaude et aride au toucher, le pouls est très-petit et fréquent avec Lattemeiit développé des artères carotides et temporales ; les jeux sont chassieux. Un chirurgienmajor de rhôpital voit le malade, lui fait prendre une potion émolliente avec Toximel simple et lui fait appliquer deux sangsues aux tempes et des sinapismes aux pieds. — Le i6, continuation des mêmes symptômes avec constipation ; mais la tête éprouve moins de douleurs: je prescris au malade une infusion de six onces de camomille avec une once de pulpe de tamarindes et six grains d'ipécacuanha , dont il prend toutes les deux heures une cuillerée. Le malade pour appaiser sa soif prend du vin rouge coupé avec du thé. — Le 17 , la langue est sèche, noirâtre ou proprement dit fuligineuse, la soif est intense avec délire continuel, respiration difficile, haleine très-puante, peau extrêmement sèche et brûlante , grande difficulté pour articuler des sons; j'ordonne une infusion d'arnique de six onces préparée d'un gros de fleurs, avec un demi gros d'éther sulfurique ; la boisson vineuse est continuée. — Le 18, les symptômes sont plus violens; l'infusion d'arnique éthérée est x'épétée avec addition de trois gros d'extrait de quinquina , et Ion

continue la boisson vineuse. — Le rc), augmentation des symptômes adynamiques ; il y a carplîologie , soubressauts des tendons, délire tacituime et continuel , pouls très-petit, irrégulier et déprimé , diarrhée colliquative , decubitus , physionomie égarée ; le corps exhale une odeur cadavéreuse , les selles sont involontaires et d'une puanteur infectante ; le malade manifeste de Findifférence sur sa situation , ( symptôme d'un très-mauvais augure) ; alors je lui prescris une assez forte infusion de valériane de six onces avec quelques gros d'extrait de quinquina, un gros d'étlier et un scrupule de laudanum dont il prend une cuillerée d'heure en heure ; pour boisson le malade prend du vin rouge pur; outre la portion ordinaire qui est de huit onces par jour, je lui fais délivrer encore quatre onces par la pharmacie (i). — Le 20, la maladie est au même point à l'exception que la diarrhée cesse; on administre par cuillerées d'heure en heure une forte décoction de quinquina dans laquelle sont infusés quelques gros de racine de serpentaire et ajoutés un gros d'éther et une once de

(i) Le vin est le fortifiant le plus utile dans la fièvre adynamique, et l'on ne doit jamais dans ce cas négliger son usage. Je le donne dans toutes les périodes de cette fièvre , et les vins de Bordeaux et de Bourgogne sont ceux que je préfère.

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sirop d'écorce d'orange ; la boisson de vin pur est toujours continuée. — Le 21, point de cliangement; on continue la boisson vineuse et les mëdicamens delà veille. — Le 2:2 , le malade est encore au même point ; mais une diarrhée colliquative se manifeste; je fais continuer la potion du 20 à laquelle on ajoute deux onces deau de caiielle et un scrupule de laudanum ; et la boisson de vin est augmentée de trois onces. — Le 28, au matin, il J a apjrexie marquée qui dure jusqu'au soir et diminution des selles ; la peau d'aride qu elle était devient humide , la langue qui était sèche et noirâtre s'humecte et se nettoje ; le délire cesse , enfin tous les symptômes se calment; je fais répéter l'usage des médicamens et de la boisson du 22. — Le 24, mieux plus apparent; continuation des mêmes remèdes. — Le 25 , le malade va de mieux en mieux; l'appétit commence à reparaître; je prescris une potion de six onces d'eau de menthe poivrée avec une once d'élixir d'orange composé et trois gros d'extrait de chardon béni, pour en prendre une cuillerée toutes les quatre heures. Le malade commence à faire usage des bouillons fortifîans , des œufs et du riz (i). Le 28 , il j a convalescence assurée :

(t) Quand l'appétit commence on doit choisir pour le malade des

pour rappeler promptement les forces, le malade prend toutes les quatre heures une cuillerée à café d'un électuaire composé de trois gros de quinquina rouge, deux gros dacorus odorant, deux gros d'extrait de saule avec quantité suffisante de sirop d'écorce d'orange (i) ; il mange de la viande fraiche et des alimens d'une nature succulente et continue toujours l'usage d'un vin généreux. — Le 3 juillet, il reprend son service. 11.'"^ Cas.

Jean-Fronçois Bemarez, âgé de ^4 ans , soldat au 39.™' bataillon de milice , d'une constitution robuste et d'un tempérament lymphatique, après avoirété dé tenu pendant six mois dans une prison peu aërée et très-sale , entre le 29 juin 181 7 à l'hôpital avec une céphalalgie violente, pouls

substances alimentaires tiès-nouiTissantcs ; mais il convient de ne lui laisser manger que peu à la fois et à des reprises fréquentes pour ne pas déranger la digesiion.

(i) Dès qu'il y a apyrexie j'ai trouvé qu'on doit donner le quinquina en substance , réuni à quelques aromatiques et à des amers afin de rétablir promptement les forces de l'organisme , et je me suis convaincu qu'alors le quinquina rouge est le meilleur , c'est à juste titre qu'on a principalement loué celle espèce appelée le quinquina astringent par excellence pour la guérison des alîeclions où la contractilité fébrillaire est profondément aitéiée. Le quinquina rouge ayant manqué pendant quelque tems à l'hôpital militaire d'Anvers , j'ai remarqué que la convalescence de la fièvre adynamique a été beaucoup plus longue; cette observation n'a même pas échappé à quelques olHciers de santé qui suivaient ma visite. Aussitôt que la convalescence commence à s'annoncer le médecin doit toujours avoir grande attention de bien soutenir les forces afin d'éviter la fièvre lente, l'hydropsi^, etc.

petit et fréquent , langue chargée d'un enduit muqueux jaunâtre , anorexie , nausées , enfin avec tous les symptômes dune fièvre gastrique rémittente ; il était déjà malade depuis cinq jours; un vomitif de tartrite antimonié de potasse lui est administré. — Le 3o , la langue est moins chargée ; mais la fièvre est plus forte, la prostration des forces est très-prononcée , la peau est fort-brulante et sèche ; il y a vertiges , lassitude et douleurs vagues dans les extrémités , tremblement extraordinaire dans les mains, et le malade est très-altéfé ; il se plaint d'un mal de tête affreux et souffre beaucoup de Tabdomen ; le pouls est petit et très-fréquent : on lui administre une infusion de fleurs de sureau et de valériane avec Tacétate d'ammoniaque , ce qui le fait beaucoup transpirer. — Le i/"^ juillet, la fièvre est plus forte, la peau est sèche et brûlante , le pouls est trèspetit et bat à Tinfini, la conjonctive est injectée de sang, la respiration pénible ; il y a très-forte affection du cerveau avec somnolence , inquiétude , céphalalgie opiniâtre et délire taciturne ; la langue est sale, sèche et noirâtre ; le corps se couvre de pétéchies , et le malade est tourmenté d'une soif extrême : on lui donne toutes les heures une cuillerée d'une forte décoction

de quinquina jaune de huit onces dans laquelle sont infuses quelques gros de racine de valériane, et Tony ajoute une once et demie de sirop d écorce d'orange avec un gros et demi d'éther sulfurique; pour boisson il prend partie égales de vin rouge et d'une légère infusion amère. — Le 2 et 3, le malade est dans le même état ; il continue la potion et la boisson du i .". — Le 4 , il V a diminution très-marquée de la fièvre ; la peau s'humecte ; la langue se nettoyé et devient humide ; afin il se manisfeste une rémission nolable de tous les symptômes: le malade continue les mêmes médicamens et prend du vin pur par boisson ; ( il a jpris ce jour jusqu'à douze onces de bon vin rouge , mais peu à la fois et à des reprises fréquentes). — Le 5, l'état du malade s'améliore de plus en plus ; il est entièrement apyrétique ; il demande à manger : on lui donne toutes les quatre heures une cuillerée à café d'un électuaire composé d'une demi once de poudre de quinquina rouge , deux gros dç poudre de racine d'angélique , trois gros d'extrait de chardon béni et quantité suffisante de sirop d'écorce d'orange ; et il est soumis à un régime nourrissant, - — Le 6, il est en pleine convalescence. — Le 7 et le 8 , les forces reviennentàvue d'œil et comme

par enchantement. — Le 12, je Fairenvojë guéri à la chambre des détenus.

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