SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE
çoit parfois dans leur masse quelques granules ; on ne voit plus enfin à leur place qu’un nuage violet qui disparaît lui-même, et à l’endroit où était le disque violet il ne reste plus rien ou seulement quelques fins granules. L’existence de ces granules me paraît déjà une preuve de la situation des disques de matière coloranteà l’intérieur et non à l’extérieur des cellules, comme l’affirmait Morren; mais eu outre l’observation directe ne m’a jamais fourni la moindre raison qui pût porter à admettre, comme l’a fait Morren, que ces corps soient appliqués sur la paroi externe des cellules. Il me semble, au contraire, fort certain qu’ils sont produits par une matière solide quis’est déposée régulièrement sur un point delà paroi interne de la cellule, matière qui paraît du reste identique avec celle que nous avons vue se déposer dans les cellules de l’épicarpe sous l’influence de certains agents.
(les faits très-simples permettent, ce me semble, de se rendre maintenant aisément compte des opérations que pratiquent les vignerons pour obtenir un vin coloré. Quand on presse le raisin, le jus qui s’écoule est très-faiblement coloré; en effet, la presque totalité de la matière colorante qui est solide et insoluble dans l’eau, demeure collée aux parois des cellules. Dans la cuve, quand le jus fermente, il se forme de l’alcool, et alors seulement la matière colorante solide, qui, insoluble dans l’eau, est soluble dans l’alcool, se dissout et le vin se colore.
En ce qui a trait aux assertions émises par Morren, il résulte en outre des observations précédentes, que ce qu’il nomme des corèses sont des dépôts de matière violette, et non, comme il le supposait, des corps glanduleux placés à l’extérieur des cellules et sécrétant une matière colorante liquide.
Quant à l’hypothèse qui attribue à ces corps, en tant que glandes, la propriété de sécréter le bouquet des vins, il est clair qu’elle ne saurait plus être soutenue dans l’état présent de nos connaissances.