SECTION III
Diagnostic.
Le diagnostic de l'épilepsie doit être établi d'après les symptômes de cette maladie , en observant toujours de bien di$tinguer ceux qui précèdent ses accès , de ceux qui les caractérisent, ainsi que de ceux qui lui succèdent.
Les premiers et les derniers peuvent être très-variables
'par leur nature et par leur intensité , au lieu que ceux de l'accès sont constamment les mêmes , comme on l'a déjà
'dit en donnant le caractère de cette maladie, savoir^ je ne crains pas de le répéter , une perte subite de sentiment plus ou moins intense (i) , réunie à une affection convulsive tonique ou clonique (2) , dans plusieurs muscles ou d'uu
(i) Elle eflt telle quelquefois qu'on ne peut la diminuer par aucun remède interne ni par aucune excitation extérieure , même par Papplication d''an fer cbaud. M. Maisonneuve eu a cite un exemple , dans ses Recherchée et Observations sur VEpiUpsie , p. 4o « Note* — Nous en avons rapporté un autre sur une fille qui se brûla une extrémité inférieure en tombant au feu , et qui ne sentit aucune douleur.
(3) Je suis étonné que Sauvages^ en général si exact et si vrai dans s^s définitions , n'admette qu'un spasme clonique dans l'épilepsie , tandis qn'il n'y a souvent dans cette maladie que des convulsions toniques ou sans mouvement. Epilepsia , dit-ii , est spasmus clonicus , periodicufs , chronicus artuum , cuni sensuum obscuratione , obiiwione. JVosol, mélh.f class. II , Spasm* univers, xix ^ t. 11, p. 178.
.124 ^^ CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
seul, enfin le délire suivi de la perte de la mémoire plus ou moins prolongée : c'est ce qui est constant. Quelquefois cependant la bouche se remplit d'une salive écumeuse; mais comme cela n'a pas toujours lieu, on ne doit pas le comprendre parmi les symptômes de la maladie. Ainsi répilepsie peut exister sans aucune apparence de saliva* tion.
Il y a dans cette ma^ladie , comme dans les fièvres in-^ ^ termittentes , des accès ou des pyrexies et des. intermilH * tences plus ou moins rapprochées ou éloignées , périodiques ou non. Mais avant de parler de l'accès épileptique, dir sons quels sont les accidens qui les précèdent , de ceux qui existent pendant sa durée i enfin de ceux qui ont lieu après, r^ccès.
Article ,I*'. Des Signes ayant - coureurs des Accès
épileptiques ,
Quelquefois une idée fixe de même nature précède les a cçès;^ d'autres fois cette idée qui se répète souvent est difi'érente ^ mais plus ou moins triste ; un mal de tête gravatif les devance* souvent , en même temps ou dans les intervalles desquels il survient un affaiblissement notable dans les organes de la^ vue , de l'odorat , de l'ouie , du goût , ainsi qu'une grande, débilitation dans les mouvemens et la sensibilité des parties qui constituent le tronc et les extrémités, tandis que c^est plus fréquent, il y a au contraire une exaltation dans leur Sensibilité et leur mouvement. Il y a des crampes dans les muscles de diverses parties du corps , des pieds et des jambes surtout (i), et plus souvent encore avec des vertiges qui sont plus oa moins durables et violens. Ils sont accompagnés de bruits que
(i) Tissot (p. i3i) dit que la faiblesse des jambes est quelquefois on signe avaDt-coureur d'épîlepsie chez les vieillards particulièrement. JTajoaterai que j'ai vu plusieurs fois des épilepsies qui avaient été précédées par é^ê crampeÂ,des convulsions même générales ou partielles. Voyez aussi Arétie ( De camis et sign. diuturn* morb. , lib. i, cap. 4 }i sur les signes pré^ curseurs de VépUepsie,
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. 125
les malades éprourent dans les oreilles ; d'un vice de Vo^ dorai tel que ce qui paraissait au malade avoir une très-bonne odeur lui semble très-fétide ; c'est ce qui a été plusieurs fois observé; tandis que quelques autres épileptiques ont éprouvé im tel changement dans Todorat, dans le goût, et daps Touie, que ces sensations leur devenaient plus exquises que dans rétat naturel (i).
Il y a des tremblemens des membres , des baillemens , des rots, des nausées, avec un sentiment de rétraction dans la région épigastrique (2).
Cependant très-souvent Tépilepsie survient d'une manière si prompte et sans être annoncée par aucun symptôme antécédent , que les malades tombent subitement à terre. C'est sans doute de cette chute que lui est venu le nom de mal Caduc qu'elle porte, dénomination qui , par la même raison , a été donnée à l'apoplexie , qu'on a aussi appelée morbus attCH fdtus,
La plupart des épileptiques cependant , avant de tomber à terre , sont dans une tristesse profonde et ont des ver^ tiges plus ou moins fréquens , quelquefois très-légers , et d'autrefois si intenses qu'ils causent la chute. Les malades se plaignent souvent d'éprouver une augmentation de cAaleur à la tête ou dans toute l'habitude du corps ; quelquefois cette chaleur est limitée au creux de V estomac y elle est souvent précédée d'un frisson plus ou moins violent II y a aussi un engourdissement dans les membres avec diminution de leur sensibilité ; enfin , une sorte de commencement de paralysie du bout des doigts, des mains et des pieds, dans une plus ou moins grande étendue , et quelquefois dans les muscles de la tête , du tronc et des extrémités. Chez d'autres épileptiques les accès sont annoncés par des
(1) yoytA Sattvages, No$oL , t. ii, p. 751.
(a) C^est sans doute pourquoi le savant Mead a pris dan^ la pi m fraude considératîoa Fétat de l'estomac dans le traitement de Tépilepsie, COBlre laqvclle il prescrivait fréquemment une mixture composée do qoiqqDÎoa et de vaLériaue dotnt on trouvera plus bas la recette. Vôy . M^^ nila etprœcep, med. , p. 17. — De imperio soliâ et luitœ.
126 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
convulsions plus ou moins étendues (i). On a cité des exeni'^ pies de vraie paralysie d'un côté du corps quand les muscles de l'autre côté étaient en convulsion.
Presque tous ces malades éprouvent des éblouissemens et des vertiges. Galien disait , après Hippocrate y que les vei:tiges étaient très- voisins de Tépilepsie et de l'apoplexie , ce que Morg-agni a confirmé par diverses observations {Epist, ix, art. I ; voyez aussi Arétée^ de vertiginosis , Me ad, prœceptà et monità). Ces malades sont aussi saisis A& frayeur ^ lorsque cet accès arrive. Quelques-uns croient voir devant eux > et , plus oi; moins près , des lumières et des flammes , quelque^ fois des fantômes , des spectres , d'autres fois d'après l'impression de quelque peur qui leur est restée et qu'une fausse illusion renouvelle (a). Ils entendent des sons divers, aigus ou graves comme celui d'une scie qu'on roulerait sur un acier, ou le bruit d'une cascade , d'une fusée , d'un coup de canon , d'un vent qui souillerait sur eux , d'un coup de fouet , de bâton , etc. Chaque épilejptique indique le bruit , selon la sensation qu'il éprouve , ou selon sa manière de s'exprimer. Il y a des épileptiques qui se plaignent , avant de tomber à terre , d'éprouver des douleurs dans quelque partie interne. Certains ont des tremblemens plus ou moins étendus dans lejS muscles extérieurs du corps. Il en est qui n'éprouvei^t que le tremblement des mains , espèce dé carphologie. Les femmes se plaignent souvent de douleurs plus ou moins vives vers la matrice , et les malades de l'un et l'autre sexe rapportent les, douleurs vers les régions épigastriques et ombilicales , avec vomissement ou des borborygmes.
D'autres ont des maux de reins ou des douleurs au tronc , dans les régions lombaires , comme s'ils étaient étreints par une violente ceinture. Enfin, des épileptiques , avant leurs
(i) Du bras, scion Maisonneuue (p. 189), de la main droite (ibid» p. 194 ) , du bras droit et de la jambe du même côté (p. igS ), par de simples ^iraillemen s dans le bras droit et gauche (p. aoo). . (a) Sennert , Schenkius , Saui^ages , Bufserius , Tissot , ont rapport<l plusieurs exemples de ces espèces de terreurs fantômatiqties , ainsi * que M. Esquiroty quia eu très-long- temps sous les yeux les nombrenx épileptiques delliôpital de la Salpétrière.
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC d' AUTRES SIAtADIBS. I27
accès, ressentent des douleurs diverses extérieurement dans la tête , le tronc ou dans les extrémités seulement , comme nous en citerons plus bas des exemples (1). '
Plusieurs poussent des cris horribles avant de totnber à terre ou ailleurs ; tandis que d'autres , surtout s'ils sont dans leur pleine force, n'émettent que des sons obscurs, comme s'ils se parlaient à eux-mêmes (2). D'autres^ au contraire, sont dans un morne silence ou éprouvent une sorte de mutisme ; quelques-uns ont le temps d'aller se jeter sur leur lit ou de s'asseoir sur une chaise avant que leur accès soit intense , quand ces accidens les prennent chez eux ; d'autres demandent un siège s'ils sont debout.
Il y a cependant des épileptiques qui , avant d'éprouver leurs accès, se lèvent, s'ils sont assis, ou sortent de leur lits, s'ils sont couchés , et font plusieurs tours de chambre avant de tomber (3) .
J'ai vu à l'hôtel de Nîmes , rue Groix-des-Petits-Ghamps, un malade chez lequel l'accès survenait souvent lorsqu'il mangeait ; il se levait de table , courait tout autour de sa chambre et tombait ensuite avec des convulsions les plus violentes. (Cette observation rappelle celle d*Otheus, rapportée par Schenkiusj et citée par Tissât , p. 2 1 . ) J^ rappellerai ici l'observation que j'ai exposée dans mon ouvrage sur l'a-
(i) Burserius en a rapporté an autre remarquable ; Thomas Short, ditil , avait pbservé qu'une femme qui , immédiatement avant d'éprouver un accès d'épilepsie, se plaignait d'une vive douleur à la cuisse; Thomas Short crut devoir y faire une incision pendant l'accès , quoiqu'il n'y eût reconnu aucune lésion apparente. Ayant plongé le bistouri de la profondeur de deux travers de doigt , il rencontra un durillon qu'il put extraire avec des pinces ; dès-lors la femme n'éprouva plus aucun accès d'épilepsie. (DeEpiiepsia, 3 vol., pars altéra, p. g.} Nous avons cité cette intéressante observation en traitant des Epiiepsies sympathiques,
(2) IV est probable que toutes ces variations dans la voix proviennent de Pafiection convulsive ou paralytoïde qui règne dans les muscles , et •œox de la voix n'en sont pas exempts. Voy. mes Mém' sur plus, malad.f
t. n , p. io4#
(3) J'ai vu une dame h. laquelle mon confrère M. Macartan donnait habituellement des soins , qui pouvait aller quelquefois se jeter sur son lit ou sur celui de sa femme de chaolbre.
128 DU CARACTÈRE DE l'ÉI^ILEPSIE
poplexie, relative à madame la maréchale à'Eirée; l'accès fat précédé , chez elle , par des convulsions avec des cris qu'on avait comparés à celui du perroquet.
D'autres épileptiques, avant d'éprouver l'accès, au lieu de courir sont frappés de quelque vision , se plaignent de voir un cheval ou une voiture qui va les écraser ^ et ils tombent à la renverse.
Certains, avant de tomber à terre, roulent leur langue dans la bouche , la mordent même , leurs lèvres sont en convul» sion et éprouvent souvent (i) un flux de salive qui découle avec plus ou moins d'abondance de la bouche , et qui est plus ou moins blanche , écumeuse ou gluante , quelquefoîp sanguinolente.
Cette salivation , dans quelques épileptiques, annonce Finvasion de l'accès. Dans d'autres elle n'a lieu que pendant qu'il est dans sa plus grande force ou même à son déclin • elle est en général abondante lorsqu'il y a des mouvemens convulsifs dans les muscles de la bouche ; mais elle est généralement moins considérable lorsque la convulsion est tonique et non clonique ; même souvent elle n'existe pas, ou elle n'est que séreuse. J'ai vu quelquefois que la salivation ne sur* venait qu'à la fin de l'accès , comme une excrétion salutaire, et se réunissait à d'autres évacuations , à celles des urines , des selles, et plus fréquemment à une copieuse sueur.
Des accès d'épilepsie ont été quelquefois annoncés par des éruptions à la peau , smtout dartreuses ; les auteur) en ont cité divers exemples. D'autres éruptions ont été encore re- * marquées plus ou moins de temps avant les accès , comme les résultats des observations l'ont prouvé , et très-souvent encore les épilepsies se sont manifestées après la disparition plus ou moins prompte de ces diverses éruptions cutanées.
Une femme de St. Germain - en - Laye vint me con-*
(t) Nous disons souvent et non toujours, parce que la salivation n'a pas lieu dans tous les accès , comme Saui^ages et d^autrcs médecins Tont observé , ainsi qne nous Pavons remarqué nous-méme dans plusieurs malades , surtout dans un d'eux chez lequel les muscles de la face ëproa* vaient une convubion tantôt tonique et tantôt clonique.
^f ET Ck SES DIFîÉRENtlS AVEC u'auTRES MALADIES. IZÇf
sslter pour des accès d'épiiepsie survenus après une gale qui avait disparu par l'usage des bains froids que la malade avilit plis saijs consulter son chirurgien. Ce dernier m'apprenait par écrit que plusieurs fois ces accès ifpileptiques avalent été annoncés par di3S éruptions en forme d'aphthes dans la Louche et aux seins.
Seloa'.Tissot, d'autres éruptions à la peau , qu'ilasoigneusrment observées, ont également été le prélude des accès d'épiiepsie. On verra plus bas à l'article épHepsie par des
douleurs , que celles-ci ont aussi quelquefois précédé ( mêmes accès , plus oti moius vite , soit qu'elles eussent lieu (lins les parties les plus éloignées du corps (i)» vers lesquelles elles se propageaient souvent avant l'accès, soit près de ces parties. '
J'ai heureusement épouvé chez une femme , devenue épi-
Ifpliquc à l'âge de trente-cinq ans j très-pléthorique et ïnial
réglée, dont les accès commeuçaient par'des douleurs vives
lianï la ré{,'ioii de l'épigastre , que l'application des sangsàefe
au fondement peu de temps après ses époques meiistlTidtes
avait d'abord retardé ses accès et les avait rendus moins
I violeDS. Une seconde application desani^snes au même en^
^^boit le mois suivant, des bains tièdes les jours d'ensiiite-,
^Mt deux verres de décoction d'une once de valériane stta-
^finge tous les matins pendant long-(etnps, en "d'UttAnùitii
progressivement sa quantité, finirent raéufeltii' ti'dSeHièti't
aeci
e maladie.
ÀaitcjLE II. Des symptômes pendant l'acëè's"^ épileptique.
Les convulsions toniques ou cloniques se manifestent quelquefois avant que le malade ail peidu connaissance; d'autres fois elles ne smvieniient que lorsque celle-ci est entièrement xupprimée ; il y a des épileptiques qui perdent tout-à-coUp la «oDDaissance sans éprouver des convulsions , iitit vice versa. liest vrai, quant aux convulsions, qu'elles sont parlois Si
(0 Dansk liras dri
:, Birirant M. Hlaûonneuve , ibid.,p^\
l3o ^ bu CARACTÈRE DJE L^EPILEFSIÈ
légères qu'on peut les méconnaître. Cependant quelquefois ^lors^'si l'on examine avec coin l'état des muscles de la tète , ^^ tronc et des extrémités » on ne tarde pas à découvrir qu'il y .^n 4 qui sont dans un état de contraction permanente, quelquefois 4Ans les sourcils , dans les yeux , dans la bouchej dans les doigts des mains et surtout des pieds.
Mai^ si on a de la peijiije à découvrir les convulsions des muscles dans quelques épileptiques , on ne les voit que trop datis d'auti^es ; puisqu^il est des sujets qu'il faut maintenir avec force pour qu'ils ne se fracturent pas les membres^ ce qu'on ne pçut pas même toujours prévenir» Il est aussi des maladesdbez lesquels les convulsions ont été si violentes qu'ils se sont luxés lesQ^.Lieutauda. cité l'exemple d'une luxation du fémur hois de là cavité cotyloïde, pendant un accès épileptique, et Joseph Duverncy^ dans $oi^ ouvrage sur lea^ maladies des os y en rapporte un autre sur le décollement du col du fémur chez ui^ enfant, par les convulsions violentes qu'il eut dburànt un ac<fès. Quanta la luxation de la mâchoire inférieure ^ ce qçji est moins surprenant , elle a eu lieu aussi dans deg aicoès épileptiqi^e^* J'ai fait mention de ces luxadons dans ma tfaàse inaug^rali? aux éçi^e3 de Montpelliex. { Disert, medvchir* geneirales iMxationum compleetens noii^nea, i']6^,ift^t(*,)
Bur9^riu$ ditavoir vu une dame iùn&i laquelle, pendant un accès 4'4pîlepsie, b Jinâchoire inférieure s'est luxée ; Taccès étant fini 9 il iallut, recourir à un chirurgien pour la réduire : maxillam inferiorem ità diductanij et h suo sede excùssam, ut , finito paroxjrsmo , os claudere , nisi restituta m suam sedem, jper qhirurgi manum mauâibula', ncquiverit. (De Epilepsiay ccLxiii.)
J'ai traité , dit encore Burserius , une fille patricienne qui éprouvait à chaque accès d'épilepsie , te tel déplacement de h^ te^ de Vhumérus gauche , qu'il entrait d^ns le creux de raisseUç(i^zW.).
Bien plus, il est arjrivé quelquefois que k firachure des os a été produite par de violentes convulsions, pendant les accès d-épilepsie (i). Q^ p«i sera pas surpris, d'après cela,
(1) Un jeune enfint de ir/ob anscit att'tint d'ane épilepsie dont les
£T DE SES DIFFÎ^RENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. l3l
que des muscles «dent été déplacés, en soulevant ou en zompant leurs gaines membraneuses , conmle l'ont prouvé les ouvertures des corps de quelques épileptiques.
Quant à la rupture des muscles par des convulsions j les aquteurs en ont rapporté divers exemples , Duvernej- ujoi des premiers. Nous en avons nous-mêfl^ie parjlé daps notre Jtrm^ tomi^ médicale {i).
Ce ne sont pas seulemefit les muscles externes dont la cop,-* tntdion est soumise à notre volonté , qu^ sont en é^t de convulsion pendant les accès épileptique^ , CQnune notre sa* ▼ant Durç^ le pensait | mais encore les internes, dont le mouvement est involontaire, le cœur, le diaphragme, les mif^ des qui font l'office de sp^jl^cter de l'abus et de la vessie, etç.^ puisque plusieurs épileptiques ^nt rendu. prfi>mptement j(es urines e]t les excrémens pefud^nt Jles acc^ épileptiques avec nne prompte et ibrte excrjétion,. Q^fLnt.au^cœvLr , i| suffit pour se convaincre de son état conyulsif , d'observer, qu'u^ grand nombre d'épUep4|i(|ue^ ont^ pen^n^ l'accès, des pair pitatîons du cœur effroyables ; qu'elles sont d'al^ord prdinail«mefit: légères au comn^pncement de certains accès, jet qu'elles acquièrent de la forc^ à prppprtÎQf q^'ijs ^vappent ; Iç pouls eist^rs fréquent, serré, dur ^ inégal ettel^mentprédpiil q^'pn A 4^ 1^' peine s^ compter ses pulsations ; il e$( inisî intermittent, très^^ulevé^ au point que , pour me $er,vir . db Fe^cpréOfion df fio^rhaave et de Tissot^\es artèi*es battent
^r /^ UefieiUQçîft <ifl pliu ^n plus violene pendant sept ami, avec de» conviU^ gidis tellement fortes que Penfant meurt. On vit, par Pouyerture du corps de cet enfant, que Tos du bras gauche était fracturé ; que la tête du fémur da méinè c^té était séparée de son col ; que le tibia était fracturé dans le milièm- dé woa eovps , sa k»vité étoojt telljBment (^itérée qu'il n'j ayak ' pM dem^elfe. dette ob^erf^Ug^ «si rapportée d^ns les àfpUng^^ des ÇutriettxdAlaJYatJ^^fi /^ûu^auf^^.lib, yy, obs. ai40'^ ^.pou^i^ait'OJi f^ croite que les os de ce jeune enjfant étaient affectés de quelque vice qui les avait rendosainsi fragiles?
(i) Anat, nied* y tom, ii, p. 4i3. On peut encore , sur ce sujet, voir un Mémoire intéressjant de M. SédiUot, lu à Tlnstitut, et un autre de M. H^iOiaume, Journal de la Société de iV/f^c^cii^i 1818 ^ mois d'octobre.
l3a Dt) CAKACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
au-dessus des muscles (i), surtout dans les temps où ils sont très^fortement contractés. Ce n'est qu'à la fin de Taccès «pie le pouls se ramollit^ et qu'il est moins fréquent, plus développé et plus régulier qu'il n'était pendant ou ayant l'accès; en même temps quelespulsations du cœur se modèrent, celles des artères sont moins lentes-. Il y a même des malades, surtout ceux qui viennent d'éprouver de violens et fréquens accès d'épilepsie , thei lesquels le pouls conserve plus ou moins de temps cette lenteur quelquefois avec des ondulations qui annoncent la sueur.
Quelques épileptiques ont des vomissemens , même sanguinolens; d'autres rendent involontairemofnt leurs excrémens , quelquefois avec du sang pur par les selles et par les prines (2) , comme J^an^Swiéten l'a observé , sans doute en grande partie par un effet de la contraction des fibres musculaires dont les intestins et la vessie sont pourvus , ainsi que par celle des muscles abdominaux. J'ai vu un enfant de douze ans , qui rendait ses urines > pendant l'accès , par un jet d'environ cinqàsix pieds de haut ; bien plus, TT^^or dit avoir vu dans plusieurs enfans, que ce jet avait dix pieds de haut. Quel-^ quefois l'excrétion involontaire de l'urine annonçait l'accès.
J'ai remarqué dans des épileptiques, pendant leut^ accès» que la convulsion des muscles était tonique d'un côté du corps et clonique de l'autre. Le visage est ordinairement rouge, d'autres fois pâle , la vue est troublée, obscure^ la pupille dilatée, et souvent constainment (3), les muscles des sourcils sont alors en contraction, et si celle-ci est permanentç, ils sont rapprochés l*un de l'autre et fixes, leurs poils étant relevés, hérissés, et donnent au visage un air menaçant. Mais le plus souvent les sourcils sont agités par des convulsions doniques, ainsi que les paupières et les autres muscles de la face ; de telle manière que l'ouverture de la bouche est fermée et même qu'elle forme un léger enfoncement longi-
(i) Tissot^ p. aoi.
(a) Van-S-wiéteit , Comment, Boerh. , aph. 1077.
(3) J.-R,-L. de Kihcunorw y Hygiène mÙitaire , a«. ëditl
tudinal qui s'étend sur les côtés; les lèvjçes formant çUinsi leur milieu , en se tuméfiant , un^ élévation confine, un champignon. Les globqs des yeux sont aussi atteints de çon-, Tulsion, tantôt fixes dans leur situation à-peu-piès naturelle ^ oa.inclinés. en divers sjças, d^sujoe espèce de strabisme /onique, et tantôt dans un mouvement contiAuel 4e dircum-; ductiou.
Les lèvres de quelques épileptiques , ^eizc/^n^ les accès^^ sont livides , noires ; quelquefois le sang transsude d'elles et. de la langue aussi (i) , sans doute par un e£fet des contractions itiiisculaires qui en rétrécissent les vaisseaux et en font couler, le sang par les orifices de leurs extrémités capillaires.
Mais s'A y a des épileptiques qui sont roidis par des convulâons toniques , il en est d'autres qui sont agités par des mouvemens convulsi£s cloniques de tout le corps; quelques-un^ n'ont que des convulsions partielles toniques ou cloniques^ d'où peuvent résulter des tétanos^ des opistotonos, des emprostotonos^ ou seulement des mouvemens de la tête ou d'autres parties plus ou moins considérables.
« La tête, dit Tissot (p. 6) , peut exécuter avec une rapi- » dite qu'on a peine à comprendre les mouveniens les plus » extraordinaires. Quelquefois dans un épileptique la tête est » dans une rotation continuelle; dans d'autres épileptiques » elle est pçrtée alternativement en avant et en aiTière avec » une force à laquelle rien ne résiste. D'autres fois elle est » fixe dans l'une ou l'autre de. ces attitudes. Quelquefois le » icou est roide et droit comme un pieu ou un axe sur lequel » la tête seule se meut, ou est stable sans mouvemens; ou » bien le cou , diversement incliné , maintient la tête en » diverses positions. »
On pourrait en dire autant, ou à-peu-prcs, du tionc et des extrémités supérieures et inférieures en général , des mains et des pieds ou de leurs doigts seulement. Nous joindrons aux convulsions dont nous, venons de parler, qui concernent les muscles moteurs de la tête , du tronc et des extrémités , celles des muscles du nez, de la mâchoire inférieure , delà
(i) Lingua sanguincm fiindit. Burscriw^, t. ni, c«p. ym, p*3o*
l36 DtJ CARACrèRE DE l'ÉPILEPSIE
son intensité , comme cela devait être, les mouvemens des of teils n'étant qu'un effet des convulsions de leurs muscles moteurs.
n y a des épileptiques qui ont été paralytiques (i) de quelques» membres pendant leurs accès , tandis que d'autres membres étaient agités par des mouvemens convulsifs.
y ÂHTiGLE III. De VÉtat du malade au déclin de V accès épileptique et pendant quelque temps encore , après qu'il l'a éprouvé.
Rarement les accès d'épilepsie finissent-ils par degrés , ou diminuent-ils lentement et progressivement. Le plus sou- ' vent les convulsions cessent tout d'un coup, ^n niême temps que le pouls se ramollit, qu'il devient moins fréquent , inégal, ^u'il se rétablit enfin dans Fétat presque naturel. La peau devient aussi alors moite ou même elle se couvre d'une sueur, quelquefois très^féâde , surtout dans liss parties supérieures du corps , la tête et la poitrine (a).
Mais au déclin des accès , surtout lorsqu'ils ont été violens , les malades restent plus ou moins de temps comme étonnés , hébétés ; ils regardent autour d'eux , se relèvent avec un iedr de surprise et de honte (3) en vacillant sur leurs jambes. Quelquefois , au contraire , ils ne paraissent éprouver aucune fatigue ; ils marchent librement , même avec précipitation ; ils baillent fréquemment comme s'ils venaient de sortir d'un profond sommeil , ne se ressouvenant de rien .
(i) Puella , dit Qaario ( De EpUeps, , p. i6 , t. ii de ses Animad' vers.)y no9em anhorum tant valide ahsque omni causa , repente paralysi perfecta lateris dextri cortipiehatur , sinistrunn conueUebatur ut œgra a hinis astantibtis vix retineri potuerit.
(àl) On peat lire à ce sujet les intéressantes remarques de Dehaen , BiOtio medendi, pars v, cap. 3 , citées par Tissot,
(3} Cœterum cum à morbo quiescunt , ab initio segnes sunt capitis grofntate prement/urlanguidi^ patientes animo consternati; ob iassitudi" nem morbique verecundiam conflicttmtur, âretavs Càppàd.
£T DE SES DIFFERENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. 187
de ce qu'ils ont éprouvé pendant leurs accès et selon leur violence, car il y a des malades qui ont totalement perdu la mémoire au premier accès. Baader en a cité un exemple. D'autres sont restés ayec des ecchymoses sur une ou plusieurs parties du corps avec une profonde mélancolie qui les a portés au suicide. Il en est, conune on l'a déjà dit , qui ont eu des engourdissemens ou des paralysies des membres ; enfin , quelques-uns sont demeurés imbécilles, maniaques , tyec diminution ou perte même totale de la vue , de l'o^ dorât , de l'ouïe , du goût , avec une apepsie ou dyspepsie et autres affections provenant de la paralysie plus ou moins complète des organes digestifs. Il y a un grand nombre d'épîleptiques qui sont morts d'apoplexie après le premier accès ou après d'autres qui leur sont encore survenus.
Baillou dit qu'un accès épileptique a fini par une phréukàe mortelle (i). J'ai dit ailleurs qu'un homme , après plusieurs ac.çès, a été atteint d'une leucophlegmatie et qu'il est mort quelque temps après d'une apoplexie.
Article IV. Différences de VÈpilepsie idiopathique avec celles qui sont sympathiques^
Cest d'après les seuls symptômes dont nous venons de parler qu'on peut savoir si l'épilepsie existe ou non , et qu'on peut la distinguer d'autres maladies avec lesquelles on peut aisément la confondre. D'abord il importe , relativement à elle-même , de connaître, si on le peut, d'après ces . mêmes symptômes , si elle est seulement idiopathique , c'està-dire si elle a son siège immédiatement et uniquement dans le cerveau sans existence d'aucune lésion en d'autres parties du corps , ou si elle est sympathique seulement , avec altération organique reconnaissable en d'autres parties, ou simplement une affection morbide sans apparence de lésion.
On peut croire avec quelque vraisemblance que la cause iounédiate existe dans le cerveau quand le malade s'est
(1) Opcra omnia fi. Il, p. ii4>