DO GARACTÈHE DE D'ÉPILEPSIE
plaint y pendant an temps plus ou moins long , de douleurs de tête ^ gravatives ou lancinantes ; qu'il a long- temps éprouvé des insomnies ou un sommeil entrecoupé de rêves y de vertiges , surtout des éternuemens fréquens 9 de l'ex»-* gourdissement ou de l'assoupissement plus ou moins profiMid ) qu'il y a des rougeurs aux yeux , aux pommettes , aux lè-f Très ; si la maladie est héréditaire ; si le malade a été exposé à quelques métastases , à des supressions d'évacuations , eu s'il a éprouvé quelques maladies inflamBoatoires de la tête.
On peut, ou contraire, croire que l'épilepsie est syn^ pathique , je veux dire qu'elle a son siège priflûtif en d'autres parties que dans le cerveau, s'il y a absence de tous les signes qui puissent indiquer qu'elle est idiopathiqne dans cet organe , et si en même temps le malade éprouve , dans les parties extérieures de la tète , en y comprenaiit la face , le ttwïc et les extrémités , quelques maladies , ou affections morbides particulières , comme des douleurs locales , d'anciennes contusions , plaies ^ ulcères , exostoses , fractures ^ luxations , des contractions niusculaires ; si l'on y découvre des durillons ou des corps étrangers qui auraient pénétré dans la peau plus ou moins profondément , ou bien encore s'il y a des maladies particulières du cou , de la poitrine , du basventre qui puissent , en affectant les nerfs , léser le cerveau par leur, intermède , etc.
Or , pour connaître et bien traiter toutes ces êpiîepsieâ sympathiques qui affectent le cerveau , il faut en rappeler tous les symptômes qui les cai'actérisent ^ et après s'être bien assuré de leur existence , en varier le traitement d'après leur siège , kur^ cause , leur nature , par les remèdes les mieux éprouvés.
^ Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails qu'un paireil sujet pourrait encore exiger ; on en trouvera d'ultérieurs aux articles suivant quisuffiront peut-être pour écl&îrer celui-ci , sinon totalement , du moins en grande partie.
XT DE SES DIFpSrEKCSS AVEC D'ÀVTKEi MALADIES. tig
Article V. Quelques remarques sur les ptikcipaux
symptômes de VÈpilepsie.
^ Nous ayons dit que les conytdsîoiis pendant les accès épileptiqnes étaient toniques, au. clonîques , c'est'-à-dîre , sans mouremtnt ott avec mouvement ; qu'elles étadént aussi ^^ nérales ou partielles.
Dans les convtdsions toniques , les mûsdes sont dans une contraction permanente, au lieu que dans les convulôotis doniques ils psbssent alternativement de k contrac^ tîon au relâchement , -et l'un et l'autre sont plus bu moins dinrables, et avec dés infelralles entre eux plus ou moins
Ces Convulsions peuvent exiger dans tous les muscles ; dans qUelques-Uns d'eiix ou dans un seul ; les convulsions toniques siont cependant , dans l'épilepsie , bien moins fréquentes que les convulsions clomijucs.
Odièr a dit , trop génétalemeilt , « qu'il ya desmouvemens ccmvulsifs dans toutes les parties du corps (i); v tan£s que d'atttresmédedns ont aussi trop généralement assuré que tous les épileptiques avaient lenr^ pouces dans une violente et co:^stante flexion convulsive, dans la paume de la main, ce qui est en effet très-commun , mais non général. Bans tous les cas , c'est à la convulsioîi violente et tonique des muscles fléchisseurs du pouce et tion â la flexion convulsive des tendons qu'il faut l'attribuer, comme quelques auteurs l'ont dit , les tendons n'étant jamais susceptibles de contraction ; & Dû les trouve quelquefois ractourcis , c'est par quelque cause morbide , endurcissement ou sécheresse. Nous observerons que si les muscles fléchisseurs dû pouce peuvent , pendant les accès épileptiques , être maintenus dahs un état d'irritation et de contraction , les fibres non-setdettient des muscles moteurs du tronc et des membres peuvent l'être également, ainsi que les fibres musculaires du cœur, du canal alimentaire et des vaisseaux sanguins de la vessie , enfin celles
(i) Med, prat, , p- 171.
l4o DU CAKACTÈRE pE L'iÉPaEPSIB
de la matrice chez les femmes. Tous ces organes jouissant de la plus exquise irritabilité , il est probable qu'elle est souvent en action dans les accès épileptiques y y ayant des palpitations du cœiir et des vaisseaux , des vomisseniens , des suppressions des |:èg)es ou des hémorrhagies utérines , etc*
La convulsion tonique ou clonique d'un seul muscle suffit pour caractériser Fépilepsie , s'il y a perte de connaissance*
On trouvera dans les commentaires de Boerhaàî^e par ]p^anrSwiéten , de longs détails à ce sujet. Je divai que chez une dame que j'ai copnue la convu^lsion tonique fut bornée , pendant long-tei^ips , à l'un des muscles releveurs de la paupière supérieure droite. Chez une autre femme que j'ai traitée encore , il n'y avait qu'un trisme tonique avec perte de connaissance , remarque d'après laquelle j'ai affirmé que ces deux malades étsûent atteintes d'iepilepsiç et non de syncope y comme on le disait ; û est vrai que le pouls était petit, très-lent , mais serré et di^, ce qi^ n'a pas U^u dans la vraie syncope. Cependant dans lesde^x épilept^quesdqnt je parle , le visage était pâle , les extrémités plus froides que dans l'état naturel , la récidive des accès qui eut lieu plusieurs fois justifia mon diagnostic; d'ailleurs, chez ces malades, Tépi- Jepsie finit par acquérir de l'intensité au point qu'on ne put plus méconnaître son caractère.
Il y a des épilepsies dans lesquelles il n'existe qu'un simple strabisme par la contraction d'un des muscles mo* teurs du globe des yeux ; cette convulsion est tonique ou clonique; or, ce qui se passe au dehors et qu'on voit ne peut-il pas également avoir lieu intérieurement à l'égard des fibres musculaires de. nos organes, dont les unes peuvent êtTje affectées de convulsions toniques ou cloniques , tandis que d'autres fibres musculaires sont dans l'état 4aturel^ ou plusepcor^ dans un relâchement paralytique. Ces convulsions peuvent ainsi augmenter le nombre des épilepsies , quelquefois en djéterminant l'affection morbide du cerveau, ou d'autres fois n'étant qu'un effet de celle-ci, par une espèce de rccipvocité(i).
(i) Voyez plus basTarliclc Sicgc de lEpilcpsie dans le cerveau.
^^ ET DE SES DIFFERENCES AVEC D AUTRES MALADIES. Ijjr
laOcpen dam ment «les convulsions il y a toujours cLei les cpîleptiqUes une alitinoiioii mentale pendant leurs accès ; mais quant à la salivation , elle u'a pas lieu très-souvent , (jaoiquc divers médecins l'aient reg aidée comme un signe caractéristique de l'épilepsie.
La durée des accès épilepliques est en général aussi variable que leur intensité , puisque s'il en est qui ne durent qne quelques minutes et moins encore (i) , d'autres se prolongent plusieurs heures. Mais on a dit que leur durée ordinaire était d'un quart d'heure à une deini-heure: à cet égard on ne peut rien dire de positif. Van-S-wiéten a signalé un accès qui a duié quatorze heures. Cependant , dans les longs accès , il y a ordinairement des relâches plus ou moins con»dérabIes et tels qu'on pourrait dire qu'il y a plusieurs accès qui se succèdent plutôt par une rémission que par une intermittence.
Quelques accès d'épilepsie ont été quelquefois attendus sans avoir lieu, quoique les symptômes qui les annoncent ^ordinairement fussent smvenus et eussent causé des alarmes 1 malade et aux assistans pour un accès imminent et lable , tandis que d'autres fois les accès sont survenus mitenient sans avoir été annoncés par leurs syinptâmes l^auseurg : c'est cependant extraordinaire, car les accès t le plus souvent précédés des symptômes dont nous aroDS pAflé , sui'tout des vei-tiges.
J'ai VU des épilepliques qui conservaient , après leurs accès, d'énormes ecchymoses sur le corps et qui ne se dis- ^udent que long -temps après, l'issol a parlé d'imc femme dont les accès fmissaient par des pleurs et des san— {lots (3), et cette terminaison n'est pas si larejpuisqueplunautres médecins l'ont déjà observée. On peut bien diie
tO Selon PechUn , la dUième partie d'une minute. { Obs. pkfi. mèJ, Tiaaor, p. 18.)
(3) QuElquca auteurs ont cru qu'ils i^tsîeut une suite de l'aSection mo' raie, te malade étant péaibleineDt afieclë d'aioîr éprouvé une nmladie ^u'îl croît désLonorantc. Mais n'est-ce pus plul6t uu cITel do la contraof lion ipasmodique drs muscica ?
l/^a 1>9 CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIC
qu'elle est variable, provenant ^ns doute le plus souvent des mouvemens convulsiCs des muscles qui pea?«nt encore durer après l'accès. On ne peut donner aucune taisoyi plaitsible de tontes les différences dos accès, avant ^- pendant ou après qu'ils ont eu lieu.
On lit d&ms l'ouvrage de Tissot qu'an enfant à.Vait une centaine d'juccès par jour , c'est^-à-dite , à tout instant ; et Bémuénius -pajiç de plosieurs accès très -légers xfçâ tevenaieni dans la même journée. C'est ce que nou^ avons vu aussi ches une dame qui oontînua long^temps d'àllef^ dans • k monde ; la perte de connaissance était , chez elle ^ si courte, qu'elle avait l'air, par fois, d'être un inStàdt é, méditer suc le joat qu'elle venait de dire ^ sa physiokM^âie reprenait si promptement ^on air de sérénité qu-eUé paraissait n'avoir réfléchi que pour continuer la conversa- ' tion ou pour trouver la réponse à quelques demandée qu'on lui fesait. Cette dame a enfin fipi par éprouver des accès d'épili&psie très-rviolens. Je la vois quelquefois encore Sans pouvoir lui rendre aucuns soins utiles. Un de ses ôneles est mort d'apoplexie après avoir long - temps éprouvé de très-forts aci&ès épileptiques qui avaient été quelqttéél'nm^ légers.
Une jeune fiUfi épileptâque, au rapport de Bétiê^èiiius , n'écumait point , ne tombait points Testait debout 6^ Ains la situation où elle était lorsque l'accès lui su¥vêiiiâit>'eUe remuait la tête d'un côte <et d'autre avec«çte graôidéT^idité , saufi rien voir ni entendre ; après Paccès qtuf' écak iÀ»court, ell^ n'avait aucune connaissance de ce qui V^it passé. Cett^ observation a été rapportée par ^e^mâ^/flWifliV. med.^ l. Il, pi 3 , seet. t, chap. g) et i^kt Tisèût^'^ri. 5. Il faut donc prendre garde de ne pas^ se ÎBkét IHiision, ^ la légèreté même de ses symptômes ^ sur l'existence de T^i- " lepsie et se bien persuader que les.açcè^ A^ cfitte ^naladie peuvent ainsi êlré d'abord méconnus et au dé$£^a^)tag^. des malades. ■
J'ai vu commettre des jiàuteft:igîavc^ daaîs des inàisons ' vicies , où ' l'on appelait; plusieurs médeicitesx ceiix qui étaient pour la négative sur l'existence de Tépilepsie di-
KT DE SES mrri^trcEs ayeg d'autres maladies. i43 saiem que ce n'était que de légers maux d^ fierfs , et ils étaient écoutés bien plus favorablement que les autres : d'où il en résultait qu'on négligeait le traitement de la maladie quand il eut pii être utile de la traiter avec succès par des remèdes qui n'étaient plua asse? efficaces lorsqu'elle avait £ûi d'ultérieur» progrès , même les anU - épdeptiques les mieux éprouvés » qu'on prescrivait trop tard , la plupart de cas Tcmèdes stimulans étant d'autant moins indiqués que l'inritation du malade était alùrs portée à son comble. C'est ce qui est arrivé à L'égard d'un maUde dont j'ai eu connaissance , ainsi que Corvisart , MM. Salmade , Macartan et qaclqaes médecins étrangers quiotitété consultés lorsque la maladie était incurable , comme cela^ arrivée. nèalb9ttf euser ment tinèa-seuvent.