‹ Observations sur la nature et le traitement de l'épilepsieChapitre 31 sur 37 · SECTION VIII · texte numérisé non relu

SECTION VIII

Traitement de t'Épilepsie pendant fat

Il faut faire coucher le malade sur son dos, un peu incliné de l'un ou de l'autre càté du corps , sur un ou deux matelas, la tète un peu releve'e , dans un Heu éclairé pour l'avoir toujours sous ses yeux ; il faut lui donner tous les soins convenables, et comme il est privé de sa raison et auvent agité par des mouvemens convubiis , on doit le faire contenir sans violence , mais avec sûreté, par des aides et par des lacets de linge ou autres moyens qui ne le ble»sent pas, en lui permettant toutefois les mouvemens dont il peut jouir, sans aucun risque pour lui de se faire aucune ËactUTC ni contusion.

L'idée où l'on est dans quelques pays de maintenir les pouces de pareils malades dans un certain écartement , pour rendre les accès plus doux et plus courts, est aussi absurde que ridicule et dangereuse (2).

11 est convenable de faire mettre entre les dents du malade un petit rouleau de linge pour l'empêcber de se mordre la langue ou de se rompre les dents , comme cela arrive quelquefois par les convulsions des muscles moteurs de la inâclioire inférieure , lesquelles peuvent être si fortes, que des épileptiques se sont dilacéré les lèvres ou la langue , de

(i) Epia. IX, art. aS.

(aï CbKi: idée provient ifeee que Iw épilepliques ont, génërfllcmcnt peu- (hat leur» accès , 1m ponces clans une forte flexion cdqvuIsÎvc , tToi od % pu croira ([u'en l'empilchanl on ferait cesser l'accja, n qui eStiiiiUC.

■fhaitehsnt de L'ÉpaspsiE. 3Sç)

maiiière quelquefois que la pointe de cet organe eu a été détachée.

Il iaut aussi placer la tète daiis luie situation propre à fa-

' cUiter l'éconletnent de la salive qui est ordinairement alors sécrétée et excernée avec d'autant plus d'abondai^e , que les convulsions sont cloniques et quel'accès estviolentet long, (oit par rapport au sang qui afflue pendant l'accès dans les glandes salivaires, dans la membrane muqueuse de labouche,

' du pharynx , de l'œsophage et des voies aériennes , soit parce ■ que ce liquide y est déterminé par les violentes contractions du cœur et des aitires qui portent en même temps le sang au cerveau abondamment, soit encore parce que ce liquide

13 arrive davantage par suite des contiactions convulsives des muscles de la bouche , de la langue , du voile du palais et du pharynx.

Cest à cette dernière cause qu'il fout attribuer la salive fcumeuse et l'excédante quantité des humeurs séreuses et muqueuses que les épileptiques rendent pai- la bouche , quoique quelquefois cette excrétion soit épaisse comme de

la glu ; elle peut aussi être qui a lieu fréquemment.

Pendant le cours des accè r des mouvcmeas convulsifs ,

sanguinolente ; c est même ce

, amsi qui

dans les intervalles

1 survient , il faut observes F que » l'assoupissement est alors plus ou moins profond, on ^doit en profiler pour faire avaler , s'il est possible, à ces mal- Plieureux malades, de petites cuillerées d'eau de Ilcucs d'onianger , de menthe , avec cinq k sU gouttes seulement d'alrtïli volatil, etc. (i).

quelquefois prescrit avec succès quelques cuillerées Id'oxymel simple pour facihter l'excrétion de la salive et tpout lui donner de la fluidité lorsqu'elle est trop visqueuse.

(i) M. Cme , profeaaeor i la Faculli- da Mcdecioe de Strasbourp u , ea

ieniicr Keu, conBeiQû de préférer l'aciae oarboiii(l"e à l'alkali volalil, sans

ioute pour éviter l'eLcitatkia qHei'alkâli volatilpaut produire. Mais u'ist-

rQ pas plutôt utile que coDlmire? et la mambrano buccale et las Rcnoives

[gorgées d'une salive stimulante, U salivation n'esl-olle pas plutôt

LltranUgeuM 91M miiûible ï l'heureuse soltitioa de l'arcis. Voycr l'élos*

F 4b U. Cuie» par M. Totu-des , pag. 19.

360 TftilTEUENT l>£ L'ÉPILEFSie.

Te n'approure nullement l-a mûlliode ti'op couunuhé âe'ti couer violemment les épilepliqucs pendant l'accès, ni celle de prescrire des stîtnulans tant internes qu'externes ; ils ^e sont propi'es qu'à augmenter l'intensité de l'accès. Les errkins un peu fbrts doivent même être soigneusement évités , de peur d'exciter l'étemuement aux épileptiqucs. Seulement peut-on leur faire Hairer alors momentanémenl la fumée des plumes ou du cuir bnilés ; du vinaij;re simple on quelquefois celui des quatre voleurs, ou encore mieux de la teinture de castor, d'assa-ftetlda. Ces errhîns stimulent légèrement la membrane pituitaire , sans ordinairement provoquer l'éternuementuile Tomisseinent , qui sont à craindre eC qu'il faut aussi soijsneusement éviter de peur de le déterminer , et d'exciter un inilux de sang dans le cerveau , où ce liquide ne se porte qu'en trop grande quantité. Il est même des sujets qui sont si irritables , que les plus légei-s errliins , ne bornant pas leurs eft'ets à provoquer l'excrétion de l'Lumcur pituitaire, excitent , quoi qu'on fasse , les éternueniens et tes vomissemens : aitssi faut-Il alors soigneusement s'en abstenir, même des plus légers. J'ai quelquefois observé qu'alors l'oxycrat léger pouvait être généralement introduit daud les narines, et en faire avaler aux malades une certaine quantité par petites cuillerées.

Qu'on lise les remarques importantes de CœUus-Aure~ lianus , de Vahalva , de Van~S-\vîélen , de Morgngni, de Tissai, etc., relatives à toutes les odeurs stimulantes, et l'on sera convaincu, non- seulement de leur peu d'efficacité , mais encore de leur danger dans la plupart des cas ,■ surtout lorsque les accès d'iîpilepsic sont viole ns : je n'ignore pourtant pas qUe des médecins recommandables ont cru que pendant l'accès, l'épileptique jouissait peu de la faculté de percevoir les odeurs, s'il ne l'avait même entièrement perdue , soit parce que les nerfs olfactifs répandus dans la membrane pituitaire avaient alors très-peu de sensibilité, soit parce que le sensorium commune devait être dans un tel état de stupeur , qu'il ne ressentait pas l'action des errbins. Je veux bien croire que l'épUeptique n'en a pas mentali le discernement quant à la sensation ; mais les effets d

TKAItEHENT DE l'hI-ILEPSIE. 3()I

moyens sur le cerveau n'en sont pas moiDS appaiens par la ïougeur du visaige qui survient ou qui augmente quijlquel'ois par leur usage. Portons les stimulations loin du cerveau et cet organe même, ou trop près de lui.

On a quelquefois, dans la rémittence de l'accès épilepitilement administre des lavemens purgatifs et même peu forts, dans l'intention de provoquer des évacuations alvines et ^le diminuer en même temps l'irritation des membranes du cerveau et de cet organe lui-même. En effet, pratique est utile alors comme en divers autres cas. Oa fait aussi quelquefois , avec avantage , quelques fricdans l'intervalle des accès ; car pendant leur durée on ae peut souvent les faire , ou elles sont superflues ; on les pratique , quand cela est possible et sans inconvénient, sui- le bas-ventre, sur l'épine et sur les extrémilés supérieures et inférieures. Mais à cet égard les médecins ne sont pas d'accord , les uns préfèrent les linimens alcoobques, spiritueux , très-toniques ; d'autres préfèrent les Imileux onclaeux , relâclians réunis aux anodins. Je pense que lorsque les spasmes ont lieu dans une cpilcpsie sjmpalhico- idiopathique , les huileux conviennent davantage ; que le contraire a lieu dans celles qui sont idiopathica-sympatKiquei ^ Ce sont les lînimens stimulans qu'il faut dans ces derniers cas employer j mais la grande diHïculté c'est de reconnaître cette différence (i). Les frictions doivent donc alors être faites avec des liqueurs spiritueuses. Cependant s'd y avait une forte lièvre et trop de douleur dans une partie externe , il ne faudrait pas employer les topiques très-stimulans , mais les anodins qui conviendraient alors davantage sur le lieu affecté. IL faut surtout éviter d'irriter la plante des pieds , particulièrement aux enfans qui ont lesnerfstrès-sensibles. Van-~ Swiéten (Apbor. Boerh. , 1075) parle d'une jeune fille dont

(1) flforgagni , d'apris Albeitini , grand praticien, avait conaeiilé avec succès de faire frotter l'épine du dos , pendant l'accès , avec de rhuile d'amandes douces chaude. Mais il est rare , comme le remarque Tistot , que l'oD puisse afors faire usage de tes fiiclioas , te malude étant agité par de trop fortïS convulsions, CVoy. Tiisot , âeVÉpil,, art. tf)Q-)

363 TAAITEHENT DE L'ÉPlLEPSiE.

Ves accès d'epilepsîe se renouvelaient par la pliu légère Ud* tion des pieds.

L'on a arrêté des accès d'épilepsie par la ligature des membres , faite à plusieurs repriites et sur difTérentes pai' ties du corps (i).

Hais il serait bien plus heureux , si Von savait que les accès proviennent de quelques corps étrangers ou de quelqna concrétiou , ganglion ou autre corps qu'on pût extraire , d« sakir le monient de l'accès pendant lequel le malade a perda toute conuuissaDce et sentiment. On pourrait, après uneJBr cision plus ou moins profonde , faire cette extraction ConnK le fit Thomas Short sur une femme dont nous avons paiij ai* dessus (p. 127). Vojez une autre observation semblable avM gnérison ( pag. 184).

J'ajouterai qu'un jeune cliirurfjien dorrt j'ai parlé yricÀâeminent, p. 1 59, profita également du temps d'un accd violent pour couper l'une des branches du nerf radial chu un homme dont l'accès épileptique était annonce par udb douleur au pouce d'une main pendantqu'il en éptouvaitua très-violent , et qu'il a élê ainsi radicalement guéri.

Des accès d'épikpsie sont quelquefois si intenses que Vécunte que les sujets rejettent est teinte de sang , ou mitM qu'ils en rendent une assez grande quantité par leurs narines ; leur visage, les paupières particulièrement, sont couverts d'ecchymoses considérables. Userait sans doute alorsoJœisaire de pratiquer aux upileptiques une large saignée ; nais comment , pour la faire , pourrait-on contenir les membreti quelquefois agités par les plus fortes convulsions. On a œ^ pendant essayé de leur ex traire du sang, soit par la laocetUt soit par les sangsues , et plusieurs fois si utilement qi^tn a pu prévenir l'apoplexie dout les épileptiques meurent à souvent k la suite de violcas accès.

(1) F'an-Swiétan a cili divers heareux eflet» de cette ligatura des membre* pour arrêter, «Inigner .ilimiuooTl'iuteiuitéilesaccùa, au mJme pour les évker (deEpUepi. in aphar, Bosrhaav., t. m], Nous ivon* rapporté précédemment un fait tle ce ^caia lire de M. Odier, et nom •vous aussi c]iic1i[uefbis reconnu lei nvant^^cs de cette aorte île ligature.

TBAITEMENT DE l'ÉPILEPSIE. 363

Je rspporteiai à ce sujet l'histoire du jeune M. de Bar** , âgé de dix-huit à vingt ans, d'une tiès-forte constitution a il avait déjà eu quelques accès d'épilepsie et avait été sujet , pendant trois à quatre ans auparavant , i des saignemens de nez considérables. Je le vis un jour , chez lui, dans un de ses accès ; il était agité par des convulsions si violentes , que plusieurs personnes ne pouvaient te contenir pour l'empêcliei: de se faire quelque contusion ou fracture grave. Tout d'un coup ces convulsions cessèrent, et l'assoupi^Mmdit devint profond , la respiration trè»-génée et stertoreuse', la bouche fut pleine d'une salive gluante et écumeuse , un peu rou— geàtre , son pouls était gros sans êti'e très^ur, et plutôt lent que fréquent. Craignant que le nralade ne périt d' apoplexie, je crus devoir le faire saigne^ du bras , ne pouvant l'être du pied aussi promptemenl. La saignée fulfaite, moyennant deux aides vigoureux , par M. Solier , son chirurgien ordinaire , avec un tel succès, qu'après avoir perdu trois bonnes palettes de sang , la connaissance revint au jeune malade , la respiration fut libre , enfin ce formidable accès d'épilepsie n'eut aucune suite fâcheuse ; il parut inéine que l'accès qui snrvint sept à huit jours après , fut retardé et moins violent que les deux ou trois précédens , sans doute par rapport à la saignée copieuse qui avait été faite (i) , peut être aussi par rapport au régime un peu plus sévère que le malade observa. J'avais profité de l'état ou il avait été dans ce formidable accès pouc le faire saigner plus souvent qu'on ne l'avait fait précédemment; et, en effet, les accès étaient moins violens , mais pas Inlus rares. Cependant malgré cet avantage , qu'on aurait pu

mf (•) ''" ™> "î'' Surseriut (t. m , pari altéra ; de neri^rum diitenffone, p. 3S] , un )eiuie piètre , d'une faible constiEutioD, qui eut un ac>céa ai violent J'épilcpaie après uue grave afloClîOQ mentale, qu'il fut , pendant plus de vingt heures, priviS de ses seu» et afTecté d'une conlUion ctoniqac ; les accès étaient si rapprochés , que l'un commençait "I Sai. On réitéra la a.aigaie à la jugulaire , qui les I. J'ajonterai, à ce fait, qae j'ai aonuaissanoe de plusieurs autres ■ épil^ tiques survenus après doa peurs e»ti6mes, contre lesquels la a été Irès-heureuaemeat conseillée. M. Forestier Isk , docteur en, fcine, B fvtil/n peu de temps une cure de ce genre.

364 TKAITEHEnT DE l'ÉPILEPSIE.

recotinaitre dans la famille et dans la société , et d'apfta les cODSelU d'un inédeciti: qui géoéi'aleinent n'aimait pas la saignée , celle-ci fut négligée , ainsi que les remèdes et le régime que j'avais prescrits. Un accès d'épîlepsie survint avec des convulsions horribles auxquelles succéda un assoupiss)ïment profond avec une respiration stertoreuse , et le malade périt d'apoplexie. On reconnut , par l'ouverture du corps ^ qu'il y avait beaucoup de sang épanché dans le crâne et dut les ventricules du cerveau.

Dans un autre malade très-pléthoiique , âgé d'uue trentaine d'années , atteint d'épilepsie dont les accès avaient pliisieurs fois fini par un assoupissement léthargique , et qui M, Brilloie , chirurgien du prince de Condé, soignait et pour lequel j'avais été consulté , ce cliiriirgicn , ne pouvant le su* goer du bras , lui apposa douxe sangsues au cou, et i'accès finit d'une manière moins fâcheuse qu'on ne le craignait. JV jouterai que les sangsues furent ensuite plusieurs fois appliquées au fondement dans l'intervalle des accès , lesquels devinrent plus courts et inoins violens. M. Brilloie m'a assuré que moyennant ces saignées les accès étaient devenus de plus en plus légers et éloignés , et avaient fini par disparaître. Cependant le malade avait continué l'usage de la décoction, de la poudre de valériane sauvage dont onfaisait aussi des pilules ; mais il y avait tant de temps qu'on lui prescrivait inutilement ce remède , qu'on peut raisonnablement croire que c'est à la saignée qu'il a dû son rélablis.sement.

On a observé généralement qu'après des accès d'épOepsie modérés , les malades étaient pendant plus ou moins de temps dans un état de santé bien meilleur qu'auparavant , du moins en apparence ; mais ce n'est quelquefois rien moins que constant ni surtout durable , des accès très -violens survenant quelquefois à ces malheureux mahkdes après des accès légers, et paraissant même diminués ; ce qui a pu faire croire au médecin et encore plus au malade que l'épilepsie tendait à sa guérison. Celte erreur serait d'autant plus funeste qu'elle pouirait donner lieu à l'omission du traitement , qui dcvraîtr être prescrit dans l'intervalle des accès. ^^^

TRAITEMENT DE L ÉPII.EPSrE. 365

Çitùlqiies considi^rations sur les remèdes qui ont été compris dans le traitement des espèces d'Êpilepsis dont I nous avons parlé précédemment.

(A) De la Saignée par la lancette et par les sangsues. — Il en est de la saif;née , à l'égard de l'épilepsie pendant ses accès ou pendant leurs intervalles , comme à l'égard de la plupart des autres maladies qui ont des redouhlemens et des rémissions , ou des accès et des inlermitlences, ce qui est le plus fréquent dans l'épilepsie. La saignée convient lorsqu'il y a une pléthore bien prononcée générale ou même locale des vaisseaux sanguins; elle est, au contraire , nuisible lorsque ni l'une ni l'autre de ces deux pléthores n'existent pas, encore plus s'il y a plutôt défaut qu'excès de sang; c'est ce que le pouls et l'état du malade aiinoDcent généralement, surtout au médecin qui a l'habitude de l'observation.

Il est quelquefois nécessaire de mettre le sujet épileptiquc dans un commencement de faiblesse, soit pour favoriser l'action de U nature dans quelque opération salutaire, quand il y a un excès de force , soit pour prescrire ensuite quelque traitement plus ou moiijs excitant , selon les organes , si toutefois il faut que cela ait lieu ; car il y a des cas où l'on ne pourrait prescrire les remèdes toniques , sans avoir , au préalable, pratiqué la saignée.

:i çn a vu à l'article Epilepsie par pléthore qu'il y en

> Kvait mie très-réelle provenant de la seule plénitude des

■ vaisseaux sanguins, molestant le cerve.iu ou les nerfs, et que

Rfon reconnaît à la dureté et à la plénitude dii pouls. Or ,

1 dans cette espèce d'épilepsie , la saignée est nécessaire, ^ous

ins cité d'heureux, exemples et k des degrés divers :

lie est encore justement recommandée dans d'autres épi—

Prépaies , avec des circonstances qui concourent plus on moins

à annoncer \a pléthore sanguine. ( Voyei cet article pag. 2i5

et suiv. )

Nul doute encore que la saignée ne soit le principal remède de l'épilepsie qui sni vient dans la céphalite ou dans quelqu'une de ses suites , comme elle l'est quelquefois lors-

366 TRAITEMENT BE l'ÉPILEPSIE.

que l'apoplexie s'annonce , )>i elle ne fait d'aîllcul's prom^ temcnt périr le inal&de. ( Voy. p. aii5 et suiv.)

11 faut beaucoup moins souvent recourir à la saignée, dans le traitement des ^pilepsies dans les<juelles U pléthore n'est pas aussi bien prononcée ; on y a cependant recouru , lorsque les signes d'exclusion u'avaienf pas lieu , par exemple , dans celle par des douleurs, quand elles sont triis-prolfuigéeR «t exircnies , surtout si elles surviennent en diverses fièvres on si elles leur succèdent , à moins qu'il n'y ait de la souplewe dans le pouls et une prostration de forces bien marqua cliei r é pile p tique.

La saignée peut quelquefois être nécessaire dans l'épilepûe ex an thématique , pour favoriser des éruptions cutanées n It pléthore sanguine est prononcée. ( Voyeï l'article Èpileptù avec céphalitt , pag. aaS. )

n'en est-il pas ainsi dans les épilepsies qui se réunisKnt

ou qui succèdent aux maladies inflanimaloires de la poitrine

en ^éaûral ou des poumons , et du cœur en particulier , telles

que les épilepsies catarrltales, pneumoniques , cardiaques ou

autres alTections morbides des organes dans îles cas snrtoul

où il existe de violentes palpitations du cœur? C'est en le-

I couraut à la saignée qu'on a ainsi fait vivre long-tempi

. des épileptiqucs. On s'est repenti quelquefois de l'avoir né»

[(Ugée.

Qui peut penser qiie la saignée soit nuisible dans diven r fas où l'cpilepsie est l'éucie aux alTections mélancoliques chei I feshommes, et hystériques chez les femmes, on pendantleui f grossesse , leur accouchement ou après même qu'elles sont r accouchées ) très - Iréquemnicnt il se présente en elles iet r circonstances où il faut les saigner (i).

Quant aux enfaus éplleptiques pendant le travail de la dan* Plïtion, divers faits ont démontré que la pléthore existait alon r 8{>\ivent en eux , soit générale, soit dans le système Am*

{i) M^pîghi , j4Wenini, It!orgBgni ( tjiist. s, nrt. fi) ont p^iiisalii' rdcieul coDscîllé ht saiguéc ilaus l'iipilciisie suireaug uprès qiie forte pew, Ilf l'avaient euï-màinei tieiirt'usemiait éiirouvài en pareils cas. ( Voyei précéUer». p. 563.)

TBMTEHENT DE l'ÊFILEPSIE. 36^

taire , et que U saignée était le premier et quelquefois le seul remède véritablemeut eflicace. (Voyez p. 66, 67.)

De quelle utilité ne sont pas les saignées dans les épilepsies qui sont sui'vcnucs après des chutes sur la tête ou autres contusions ? La pratique en a souvent fait connaître alors les heureux effets.

C'est toujours d'après l'état du pouls dur et plein , et d'après l'appréciation des forces en général qui peuvent être déprimées, sansmanquer réellement, et d'après la constitution des malades que le médecin tirera ses indications pour la saignée (i). Certainement il ne la conseillera pas dans le traitement de ceux qui seront devenus épileptiques après d'escessives évacuations par les sueurs , par des vomissemens , par des diarrliécs , par des hémorrliagies même, ou après de longues maladies qui l'auront réellement exténué ; la fai* blesse du pouls et des forces naturelles physiques et animales lui ferait prescrire alors un traitement bien difTérent.

L'emploi de la saignée par la lancette est inévitable lorsqu'on veut produire l'elTet le plus promptement efHcacc en diminuant la plétiiore sanguine ; et l'on n'a recours aux sangsues que lorsque l'état des forces du malade ne paraît pas exiger une prompte émission du sang , ou aussi lorsqu'il y a «juelque disposition locale qui peut réclamer les sangsues (2).

(B) Vomitifs. — S'il est quelques circonstances où il faille

(1} Il fallait bien que celle indication fut e%tièa\9 clicx \is deux £pil«p(itju«s dont parle M. Maisonneuve, d'uprrs l'un de ses amis M. Gurpin, élivB de l'Ecole pra(ii|ue d'Angers , qui Gt pur l'ordre de bod oncle , néi]«ciu de cette ville, onze saignées delà jugulaire ïdeui paj a an s jeunes, rofcusleaet d'un tempe rament BBa^uiD très-prononoé , dont J'épilepai«, survenue sans cause connue vers l'ige de puberté , avait (oui les cernclèrca (la l'épilepsie ptélborique ; cbai tous le4 deux le mal u'u pas reparu depuis la ouxiéme saiguée. Maiionneuii! , ^ag. 108. iVafe.

(9} Il n'est pBi encora Lien prouvé que les eHeli immédiatement oon- «^cntifa de la saignée par les saugsucs se prolongent aussi lrrag-temp« que MUS de la sniguée par la lancetlc, joveui dire qu'ils continuent d'être dnioJme nature. J'ai souvent vu qu'après une pareille saiguée les doitaulrei s^mptÛmes de l'bfluniiDalion , qui avaivol été d'abord igéa , le renouvelaient avec une récrudesceooc remarquable, ce qui

'•vait paa i'gHli.>iiieDt lieu apiêa la saignée par la lancette. N'est-ce i]u'uu

3f>8 TIIAITEMENT DE t'ÉPIlEPStE.

Te les vomitifa dans le traitement de IVpilepsie , il en T' en un bien plus f;rand nombre où U faut savoir s'en abstenir. On peut même cansidérer Je cas où il fnut faire \om\i un t'pileptique comme une exception très-rare , aoaobstanl tous les éloges qu'on a faits des vomitifs dans un temps où la pliysiologie pathologique était peu connue (i). Certaine- I nent si l'on était appelé pour un individu qui éprouverait nn r »ccés d'epdepsie après avoir pris quelques végétaux , iniil^ rrinx ou autres substances qui eussent pu produire l'accès, il l-&udrait, si lafaute venait -d'être commise à l'instant, ordoDim iromptement un doux vomitif, ousilemaladeavait commence ,' de vomir, le tenir doucement dans cette disposition parqoel- [ue boisson approprié>! ; mais s'il n'avait aucun des lignei précurseurs de l'inflammation ou d'une pléthore très-proDoncée , il faudrait l'aider dans ce vomisiieineut en lui faisant boire plusieurs verres d'eau tiède. Toutefois si le vomissement se prolori^eail trop ou s'd était trop violent et avec des sympiimes d'une trop forte irritation, et si ceux del'inilammation existaient, il faudrait non-seulement renoocei à toute idée de le faire vomir ; mais ou devrait prescrire un traitement contraire, je veux dire ordonner les boissons émollientcs , relâchantes et lé[;èrement anodynes, ainsi que des lavemens pour dianger cette disposition , peut-être pratiquer une saignée si le pouls l'indiquait , car elle pourrait être alors uu véritable auti-émétique.

Ce ne serait que lorsqu'on reconnaîtrait que le malade a abusé de mauvais alimens ou qu'il a en lui une dispoùtion saburrale bien prononcée , sans aucune indication de pletliorc sanguine , qu'il faudrait lui prescrire le plus doux vomitif pour faciliter une léyère

|ircjugé? L'exp&Hence le dikdJera. Je ne suis pas cfailicurs le seul f ait en cette crainte. Il faut encori btea aimsidérer si le lieu où l'on mell^ saDgaues est Hen celui dans lequel ies veinca ont le ping ile correipo'' itance avce le êïé^c ûÙ l'an croit que la cjiitsc d^terminaote résille. (i) yornere auteirt opporlet inlerdum tegrum , aclmniisque aipili f'

de intpeiioioiiî ac tana, etc., p. i6.

TBAITESIENT DE L EPII.EPSIE. 36q

k.Qa doit , en ciTut , être d'autant plus réservé k prescrire les nitirs qu'on sait que les (;nHeptiqnes ont généralement le lu plus ou moins engoigt de sang ou de sérosités qui en proviennent souvent, et que, ces remèdes ne peuvent manquer d'augmenter cet eujjoryement- Bien plus, il ne faut pas ignorer que rien ne peut mieux déterminer le reflux de sang dans cet organe ou dans diverses parties du coqjs que les engorgeinens immédiats , morbides de l'estomac et des intestins, ainsïque ceux du foie , de la rate , des reins , de la matrice, chez les femmes grosses surtout; il faut, dis-je, dans tous ces cas ne pas considérer les envies de vomir , ni les vomissemens même , comme seuls indices pour donner les vomitifs, ces symptômes réclamant souvent au contraire l'usage des anodyns , des délayans, des relâclians , des narcotiques, en boisson, eu lavement, et encore les bains tiè des eux— jgaémes qui peuvent être utilement conseillés. ■ ,(C) Purgatifs. — Les purgatifs peuvent être prescrits aux épi- ^Kptiques, mais seulement lorsqu'ils sont bien indiqués et que les malades sont le moins disposés A éprouver quelque accès. Il faut, en général , pour les conseiller, avoir la certitude de quelques congestions de matières muqueuses, alimentaires ou féeales surabondantes, duos te canal alimeutoire, qui dis-poscnt les malades au retour de l'accès , surtout ceux qui out du dégoût pour les altmens, la langue s^burrale avec des borbo— ^gmes , des flatuosltés , s'il n'y a d'ailleurs auciuie contre-in- :ation. Cependant il y a des circonstances dans quelques épintiquesoù les purgatifs paraissent être indiqués, et n'y ayant Foilleurs aucune opposition chez le malade ; on peiu alors ïcotirir aux eccoprotiques pour déterminer dans le canal teslinal un afllnx de mucosités gastriques , et aider ainsi l'acbn des lavemens, en suscitant une espèce de contre-sti- Biilus à l'égard du cerveau dans les régions abdominales. ' On purge alors ces malades avec un doux niinoratif, comme Et chopiue de petit-lait, dans laquelle on aurait fait infuser î de tamarins ; ou bien deux ou trois verres d'eau k SedlitE seule , ou aiguisée avec un ou deux gros de sel de lauber, sut la totalité de la boisson , ou aussi une demie à six gros de crcnic de tartre soluble dans trois à ijuatre

3^0 TRAITEMENT DE l'ÉFILEFSIE.

xassQS d'eau de veau, ou de poulet, que le malade pourrait pieudre.

C'est avec de pareils remèdes, ou d'autres à peu près semblables, qu'il faut quelquefois purger les épileptiques , souvent pour faciliter l'action des aulres moyens qu'on prescrit : on ne peut eu conseiller d'autres plus actifs que lorsqu'on croit qu'il y a rëetlement cbez de pareils malades de l'inertie dans le canal intestinal.

(D) Lavefnens. — On en prescrit d'abord d'é m ollien s , ensuite d'autres plus actifs , s'il est nécessaire , avec deux onces de miel mercurial et deux ou trois gros de sel d'Epsom pour tenir le ventre libre s'il ne l'est pas; car rien n'est plus salutaire dans cette maladie que de s'opposer au défaut des selles; cela est si vrai que très - souvent les accès d'épilepsie ont lieu lorsque les malades sont quelque temps dans un état de constipation. Quelques médecins ont conseillé de réunir à ces lavemens des remèdes reconnus et recommandés comme anti - épileptiques plus ou moins spétifiques. Mais alors ce serait en faire un choix superflu , ces lavemens n'étant prescrits que pour produire les évacuations alvînes et non pour en obtenir des effets anti-spasmodiques , ce qui est entièrement différent à l'égard des spécifiques réputés tels contre l'épilepsie et dont nous parlerons plus bas. Nous dirons seulement ici que lorsqu'on les prescrit sous cette forme , il faut prendre l'intervalle des évacuations par les selles et éviter d'y réunir les purgatifs. On conseille en lavement la valériane sauvage , le musc, le camplire , mais dans beaucoup moins de liquide , pour ne pas trop facibler les évacuations alvines, quelquefois même y ajoute— t— on les anodjns, de l'opium même pour que ces spéciSques séjournent plus de temps dans le canal intestinal.

( E) Vésicatoires. — On sait que c'est sous le nom de vésicatoires que l'on désigne des médicamens topiques ou ceux que l'on appLque sur la peau du corps pour la stimuler, l'irriter, la corroder ou la ronger, ainsi que les parties immédiatement sous-jacentes dont l'action est suivie de ç leur, de rougeur et même de dèvre, si la stJmulatioa \ vient trop forte.

H TRAITEMENT DE l'oiLEPSIE. 3^ l

^Ê Cestàla faveur des véslcaloires que l'on augmente d'abord

^He ton des parties stimuliîcs, et de pioche en proche celui

^Ud reste du corps , selou , il est vrai , la pcogressîoa des nerfs ,

^nl leur correspondance vers fe cerveau, le cervelet, la

^RKoelle ep'mièrc , le cteur, les vaisseaux et autres organes plus

ou moins sensibles et irritables. C'est par les vésicatoires

qu'on obtient un écoulement plus ou moins considérable ,

d'abord séreux , ensuite purifonne , ou même purulent, delà

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