partie qu'ils recouvrent , de celles qui sont continues , et
progressivement en lin de tout le corps, moyennant le tissu
cellulaire et les vaisseaux absorbans ; de sorte qu'un vésica-
toire, comme tous les autres esutoires, pourrait finir par
produire l'excitation la plus délétère.
Les vésicatoires sont principalement efficaces contre l'épîlepsie , et ils ont été recommandés par les médecins et chilurgiens de tous les temps , principalement par jimhroise Paré , Fabrice d' Aquapendcnle , Marc-Aurèle Severin , Dionis (i683) , J.-L. Petit, Herster, Pouteau, etc. , etc.
Toutefois il ne faut pas croire que l'on puisse indistinctement y recourir dans toutes sortes d'épilepsies , puisqu'il en csi plusieurs oii ils pourraient être contraires. Ils sont en général d'autant plus utiles qu'on y a recours à l'origine de la ■naladje , et qu'on ne les diffère pas jusqu'à ce qu'elle soit Hcoufirmée et encore plus invétérée. Cela est vrai dans tousies Hfess , mais surtout à l'égard de t'épilepsie qui est une suite Iré- ^P^nente des éruptions rentrées , ou de celles qui n'ont pas eu ^^ïieutlaDS des maladies où elles eussent été favorables. Les v&icBtoires sont utiles lorsque la matière qui devait êlie excernée n'a pu se faire jour au dehors.
Panarole et Charles Pison ont retiré d'heureux effets, cbei des épileptiques , de l'application des vésicatoires sur ^Terses parties du corps , sur la tête même. Serrao, médecin napolitain , elle en faveur de cette méthode un fait mémorable, relatif à un enfant de cinq ans, qui depuis un ou deux ans éprouvait un accès d'épilepsîe toutes les fois qu'il
I commençait à s'endormir , ce qui l'avait rendu stupide et lui avait laissé une paralysie des jambes. Serrao guérit cet enfcnt en lui faisant établir un vésicatoire à la partie siipé-
2^2 TRAITEMENT DE L tPILEPSIE.
rieure de la suture sa{^ittalc. (Voy . Tissoty p. 894 , après Mor^ gagniy epist. ^, art. 8.) Cito enim insultus , dit Morgagni, antea innumerabiles , pauciores Jieri cœpisscy intra quinr decim autem dies desiisse , redeunte simul insistendi cruri' bus y qmbulandiquefacuîtate. Cette observation a été encore citée par Bur serins {de Epilepsia, p. 98).
Cependant si Tapplication du vésicaloire sur la tête peut produire un heureux effet lorsque Tépilepsie est véritablement idiopathiqùe , elle pourrait être funeste si cette maladie n'était encore que sympathique , car dans ce dernier cas, qui peut être primitif , il faudrait placer le vésicatoire sur le lieu malade , et par conséquent toutes les parties extérieures du troiic et des extrémités pourraient le réclamer , si le siège de l'épilepsie sympathique résidait en elles. Ainsi ce n'est pas sans beaucoup de difficultés et de crainte , qu'on peut prononcer sur l'endroit où doit être mis le vésicatoire. Les praticiens , sans doute , qui ont ainsi conseillé de le mettre immédiatement sur le cuir chevelu , ,et avec succès , ne l'ont pasiait sans prendre en considération cette différence dans le siège de l'épilepsie.
Il faut observer dans Vemploi des vésicatoires avec les cantharides que les mieux indiqués peuvent enfm , par leur trop long usage , finir par être nuisibles , non-seulement par la continuité des évacuations qu'ils produiraient^ mais encore par l'irritation qu'ils occasioneraient en général sur le système nerveux €t en particulier , sur les voies urinaires. C'est pourquoi il n'en faut pas faire un usage trop prolongé.
On doit généralement employer les vésicatoires sans cantharides dans le traitement des épilepsies qui ont leur siège dans les voies urinaires. Ceux avec les cantharides pourraient n'avoir pas les mêmes inconvéniens s'il s'agissait d'une épilepsie avec infiltration des extrémités , bouffissure du visage ou une disposition à la leucophlegmatie. L'état d'inertie dans lequel sont ces malades pourrait faire présumer alors que l'usage des vésicatoires avec les cantharides serait très-utile , comme quelques faits semblent l'avoir prouvé.
On trouve , en effet, dans les auteurs, et dans les ouvrages de Tmo/ particulièrement; une nombreuse collection d'heu*»
TRAITEMENT IlK l'ÉPILEPSIE. 3^3
reiui GQCcès obtenus dans le iraitement de l'épilcpsie par des viîsicatoires.
Plusieurs fois on a utilement fait précéder les vésicatoîres uux sétoni et ceux-i:i aux moxa , en les employant pour projjressivement selon l'exigence des cas. Les eau— fër^, au contraire, n'étaient conseillés que dans les cii^ constances où le danger était plus éloigné , parce qu'en effet Favantagc qu'ils pvocui'ent est beaucoup plus lent à survenir.
H est des cas où l'on peut prononcer que tel exutoire !i«t préférable a tel autre , et l'on ,doit y recourir promptenent. Je préfère quelquefois les vésicatoires aux cautères, relativement à la prompte irritation que les premiers prodnisent sur des parties plus éloignées du cerveau où l'on sait que le siège idiopaihique de l'épilepsie réside toujours ) mais en ayant cependant é[;ard à leur correspondance sj-mpathique avec le cerveau , correspondance qui est réciproque par les nerfs aui diverses parties du corps.
Mais , quant aux seules évacuaiimis que les exutoires produisent, si elles sont nécessaires, je les fais établir, s'il est possible , sur l'organe malade même , ou du moins le plus près , s'il n'y a pas quelque cause locale qui l'em- J»éche, comme, par exemple, sur la tète chez les eufaus qui ont la teigne , si elle est rentrée , ou encore si les croules kteuses sont tombées; car alors on peut retirer un grand iVantage de l'application d'un vihicatoire s ' 'élu , méthode qui a été célébrée par Louh dont Morgagni ni Burserius (i) ont reconn ont vu les plus bcurcux effets dans des affections ( sives très-intenses , et Serrao dans l'épilepsie.
(F) Sinapismcs. — L'application des sinapismes aux pieds
sur d'autres parties encore , a été utile surtout lorsqu'au
ivait croire que l'épllcpsie dont les malades étaient atteints,
\t compliquée de douleurs plus ou moins vives, prove • Ipt de quelque maladie cutanée , des excrétions retenues
de quelques vices rhumatismal ou arthritique , sur di~
qui
^el
ir le cuir clie- Septalius , et L l'utilité et en ul-
P (i) Oe E,,ilcpHa
, pais alleia , cap. \
3^4 TBAIIEMENT OR l'IPILEMIE.
verses parties du corps progressiveinent. Les sinapisines ODt été prin ci paiement utiks Jans les intervalles des accès, souvent même en ont-ils retardé l'invasion , ou même empêché )e retour; toutefois ils doivent èlre coaseillés avec un grand discernement. Si la douleur n'est que médiocre, «a peut les mettre sur la peau de la partie qui en recouvre le siège ; mois si elle est intense et avec fièvre ,. il ue iaut recourir aux sinapisme» et sur des parties plus ou moins éloignées , que pour en obtenir des effets dérivatifs par suite de la contre — stimulation ; et couune on n'obtient par leur moyen aucime ou presque point d'évacuation , on peut alors les préférer aux vésicatoires. On se servirait de ceux-ci dans des CBS contraires.
(0) 'Ventouses. — Les ventouses sèches ou scarifiées sur diverses parties du corps ont aussi quelquefois diminué l'intensité et la longueur des accès. Elles en ont encore d'autres f*is etnpéché le retour. Les auteurs 5ont pleins d'exemples qui en confirment l'utilité dansle traitement des épilepsieset dans des ras qu'ils ont su apprécier , tantôt sèches pour produire une simple in-itatiou, et tantût scarifiées pour opérer une déplétion sanguine de vaisseaux. Celse conseille les ventouses après avoir fait une incisionsur la rég«n occipitale. Panarole est aussi de cetavis, et conseille encore de porter le fuu, avec un fe;- rouge , sur la- première vertèbre du cou, eu deux endroits , pour évacuer une humeur pernicieuse. Morgagni en a aussi cité d'heureux exemples qui ont été confirmés par de nouveaux résultats obtenus par de bons praticiens.
J'ai aussi plusieurs fois conseillé l'appUcation des ventouses sur les lieux douloureux ou en des parties éloi— |>nces, qui me paraissaient avoir de la correspondance avec le sîéjje de la maladie ; quelquefois pour produire , par leur moyen , une simple irritation , s'il n'y avait pas des signes d'une pléthore sanguine qui pût s'y opposer ; et d'autres fois si celle-ci me paraissait exister localement, je conseillais de faire quelques scaiifications sur la partie tuméfiée par les ventouses, avec la lancette ou avec le scariCeateur , ainsi quelquefois que par des sangsues, que je faisais apposer sur cette intumescence artificielle. Si la douleur ou
TRAITEMENT TU, L'tPtLEPSIE. 37$
[engorge me Qt sanguin me paraissait extéritim' , presque je préférais l'applicatioa de la ventouse ; mais sL ; croyais que le siège de rengorgeaient était plus pro- , j'aimais mieux le séton ou le rnoxa , selon le lieu loulou reux.
(H) Cûufccef . ^ Les cautères sont généralement utiles aux 4pileptiques , lorsque leur maladie provient de quelque vice acrimonieux qui alTectc le cerveau ou les nerfs, ce qui est très-commuo.
Hous rappellerons Ici que les chirurgiens ont divisé les sutèrcs eu actuels et eu potentiels ; que le cautère ac— Ûel est celui que l'on fait par d-^s brûlures diverses, les ugis au feu , les moxa , etc. j que le cautère potentiel |st celui que l'on pratique moyennant la pierre à cautère infernale { nitrate d'argent fondu), etc. , etc. , qu'on applique sur la peau pour y pratiquer une érosion avec ouverture , afin d'y Introduire un corps étranger , qui en empêche l'occlusion et y excite la suppuration.
Ces cautères peuvent être considérés dans l'épllepsie comme ^*un de ses principaux remèdes ; mais l'on doit remarquer que •"ils peuvent opérer un utile effet, c'est surtout lorsqu'il faut Abtcnîr une évacuation purulente, etc., sans exciter beaucoup i'irritation. On établit les cautères le plus près du lieu malade -, j'en ai fait utilement mettre à la nuque un ou deux , si dans d'autres sujets, le long de la colonne verté- ))rale, jusqu'à trois ou quatre.
D'autres fois on les établit aux extrémités supérie.mes ou I inférieures , selon l'urgence des cas , et toujours dans la vue r de procurer une issue à l'humeur morbide , dont la nature t pas toujours bien connue. Aussi faudrait-Il bien se
■ (arder de cicatriser une ouverture s'il en existait une qui rparùt salutaire ; c'est ce qui sera prouvé par l'observation Kjfuivante.
I Un jeune homme de trente ans, ayant reçu un coup I.au sommet de la tête , la plaie ne put être cicatrisée qu'un E an après ; aussitôt qu'elle le fut , le malade Xut attaqué I d'accès d'épilepsie, lesquels devenaient toujours plus fié-
■ quens : ayant resté un an dans cet état il vint (dit /'ou-
3^6 TRAITEMENT DE L'ÉPfLEPS:E.
ieau ) me consulter. Je rouvris la cicatrice par le moyen d^une pierre à cautère; depuis ce jour- là les accès ne reparurent plus , il y eut une légère exfoliation. Je conseillai au malade, ajoute ce grand chirurgien, d'entretenir cette plaie ouverte par le moyen d'un pois. Le chirurgien à qui j'avais confié le pansement de ce malade ayant essayé de laisser fermer la cicatrice , l'épilepsie reparut. Mais eBe disparut de nouveau par la seconde application du cauS" tique, » Tissot (pag. io5) a rapporté cette observation en recommandant expressément de ne pas laisser fermer un cautère lorsque son existence n'est suivie d'aucun accident grave.
(1) Sëtons, -f-^ Les sétons sont souvent employés dans le traitement de l'épilepsie. Je les ai conseillés et j'en ai retiré de grands avantages ; ceux qu'on a établis à la nuque m'ont particulièrement paru utiles pour dégager le cerveau qui est toujours affecté dans l'épilepsie , immmédiatement ou médiatement.
On peut les conseiller le plus près possible de l'organe qu'on croit être affecté , ou immédiatement sur le lieu même si on le peut. Fabrice de Hilden est parvenu à guérir une épilepsie en appUqusmt un séton à la nuque (i). Ambroise Paré avait auparavant rapporté une observation semblable (2) , et Ton a depuis recueilli divers faits du même genre.
J'ai conseillé d'établir un séton à un épileptique qui éprouvait depuis long-temps , à diverses époques , une vive douleur d^ns la région de l'os sacrum du côté gauche, laquelle se propageait dans toute l'extrémité inférieure du même côté : cette douleur fut si vive deux ou trois fois , que des convulsions dans cette extrémité survinrent , mais sans perte de connaissance. Ge malade , qui était d'une forte constitution , étant venu me consulter , dans l'interyalle de ces douleurs , je lui conseillai des bains tièdes , des sangsues au fondement , ayant eu quelques hémorrhoïdes , et un séton sur le siège de la douleur , immédiatement sur le côté
(i) Conl. I, obs. 4o.
(a) Liyre x, chap, a5.
TRAITE31ENT DE L*£PILÊPSIi:. ' 877
Çaiiche de Tos sacrum. Ce séton fournit une abondante quantité de sérosité purulente ; la douleur fut moins vive et moins longue ; après avoir insensiblement diminué , elle disparut , et le malade n'éprouva plus aucun mouvement convulsif , ni aucun autre accident convulsif. Les ouvrages des meilleurs praticiens contiennent l'histoire de plusieurs guérisons de maladies convulsives survenues après l'usage des sétons plus ou moins méthodiquement entretenus.
(K) Moxa, — On devrait préférer le moxa au cautère, si Ton voulait avoir une évacuation beaucoup plus considérable et plus promptement , si les circonstances l'exigeaient. • J'ai souvent conseillé • successivement l'un et l'autre de ces deujt moyens à des épileptiques, en commençant parle moxa, et j'ep ai retiré d'heureux effets. Au reste , cette méthode remonte à la plus haute antiquité. Qmd remedium non sanaty a dit Hippocrate^ ferrum sanat ^ quodferrum non sanaty ignis sanat, et quod ignis non sanaty insanU'^ bile est y aphor. 6, sect. VIII. •
Cependant la cautérisation par le moxa ayant paru* trop douloureuse , a été peu mise en usage en divers temps et surtout immédiatement avant nous par beaucoup de médecins et chirurgiens , nonobstant cependant les préceptes établis par Ambroise Paré , Fabrice d! Aquapendente et Fab, de Hildeny Marc^Aurele Sei^erin , Heister^ Cowper, J, Louis Petit j Pouteau y Desault y Boyer ^ etc., et surtout par M. Larrej- et autres sa vans chirurgiens recommandables.
Ces cautérisations ont été réitérées sur les épileptiques particulièrement, et avec raison ; car on a pu en' retirer de grands avantages : cependant il ne faut pas y recourir indistinctement ; on peut, à ce sujet, éohsulter l'ouvrage de Tissot sur l'Épilepsie , et l'article sur le moxa y etc. , de M. Larrej y dans le Dict. des Se. méd. , etc., lequel contient des procédés utiles et des remarques importantes.
(L) Section des nerfs, — Nous rappellerons , à la suite de cet article, les avantages que l'on a plusieurs fois retirés de la. section de quelques nerfs pour empêcher le retour des accès de l'épilepsie. Ils ont été bien reconnus et cités pa«:
3^8 THilTEMrflT DE L'ÉPlLEPSrE.
I les auteurs f^an-Swiëlcn , Tissot, etc. Nous eu avons nW^ [ tahne rapporté un exemple bien remarquable, relatif ijk section d'une branche du nerf radial (i).
C'est sans doute d'une manière à-peu-près semblable , je veux dire par une solution de contiDuité des nerfs con^ poudaus du cerveau ou La moelle éphiière d'une des partiel où résidait le principe sf inpalliique de l'épilepsie , qu'elle a été guérie par des brûlures accidentelles , dont ÎVillh, Tissot et autres médecins praticiens ont parlé, et nous-mcme encore dans cet ouvrage. On pourrait quelquefois suppléer à la section des nerfs , si l'on ne voulait pas la faire , par le cautère ou le moxa. Toutefois on pourrait, au préalable, employer daus quelques cas les topiques plus ou moins slimulans et escarotiques , et dans d'autres, les anodyns,
(M) Boissons. — Les boissons qui sont bumectanleS) adoucissantes, rclâcbantcs, anodynes, conviennent généralement aux épileptiques ; on y comprend en premier lieu celle de l'eau naturelle , qui est la plus saine des boissons, tant en santé que dans le cas de quelques maladies. Elle convient naturellement à tous les âges , et encore . plus auK épileptiques qui sont dans un état de quisme L presque continuel , souvent pendant l'intervalle des accÈS. ^0n peut tout au plus , pour boisson ordinaire , y réunil an ( peu de vin-
L'eau naturelle peut être remplacée, le matin à jeun,
'par de l'eau de poulet ou de veau , qui est un peu plus r^
r lAchante, par du petit-lait bien clarifié et édulcoré atee
r du sirop de violette , ou bien une simple infusion de fleuri
de tilleul , de galium Uiieum, avec du sirop de guimauve ,
\ de violette, de njrmphœa ou autre : en général , les boissons
légèrement diurétiques , rafraicbissantes ou légÈrement a»^
dynes conviennent.
(i) Voyez les observations sur le Traiternent de VËpilcftie, Am le t. I, p. 339 et 334 (le mei Mémoires sur plusieurs maladies , et fllicdUemioeut dans ce volmne, articls lur^dei ÉpUeptUs êjmpathi^f,
FTBA.TEMENT DE l'ÉPILEPSIE, .^^g
I^ bikri: légère pourrait être permise aux repas. J'ai vu plusieurs épileptiques qui se sont bien trouvés de l'usage babituet de cette boisson,
(N) Bains. — Il est gënéraleaient reconnu que les bains d'eau naturelle tempérés ou ticdes sont utiles dans le traitement des maladies spasmodiques ; on peut assurer qu'ib le sont d'autant plus que le spasme est mieux reconnu. Or , dans quelle maladie est-il aussi prononcé que dans l'épilepsie , dont les accès sont toujours signalés par des convulsions doniques ou toniques, {générales ou partielles, quelquefois avec une continuation des spasmes plus ou nioins prononcés pendant lesinteivalles des accès.
On peut dire aussi que les bains tempérés d'eau simple , sont alors utiles dans l'épilepsie sous le rapport de la lésion des fondions mentales , le malade étant privé , pendant les accès, de toute espèce de connaissance et de senti—
>iaent.
On ne peut mettre les épileptiques dans les bains tièdes ^ndant leurs accès , s'ils sont agiles par des convulsions générales et violentes; mais quand ils ne sont atteints que d'une convulsion locale , surtout si elle est tonique , les bains tièdes peuvent être alors très-utiles. Dans tous les cas , tes bains peuvent être favorables dans les intervalles des accès , mais leur température doit être variée et leur qua-^ lité diHerente selon la nature de l'épilepsie.
Nous ne dirons qu'un mot sur chaque espèce de ces bains , et seulement relativement à l'épilepsie.
les bains tièdes naturels au 2 3 ou a^* degré du therittomèli-e de Réaumur réussissent raei-veilleusement dans le traitement général de l'épilepsie , et je ne connais guère de cas où ils puissent nuire , excepté quelquefois lorsqu'd y a des dispositions à l'œdématie ; encore même s'il y a du spasme sont-ils indiqués.
Ces bains conviennent lorsqu'il faut diminuer la sécheresse et la crispation de la peau dans les sujets maigres , surtout lorsqu'il faut favoriser quelques éruptions cutanées , calmer des douleurs, diminuer les insomnies : alors même Ips bains tièdes , pris dans la soirée surtout , sont (rès-utiles.
38a TRAITEMENT OH lVpiLEPSIE.
Combien de fois n'en avons-nous pas retiré de bons effet» dans le traitement de cette sorte d'épilepsie ! Les éloges que Tissot di donné de' ces bains, sonjt bien confirmés par nos propres observations. J'ai quelquefois réuni à leur usage les doux laxatifs, le petit-lait tamarindé , les bouillons de veau avec un ou deux gros de sel végétal ou de crème de tartre soluble pour deux ou trois tasses de cette boisson , aûn de tenir le ventre libre , et souvent par ce simple moyen nous avons diminué la violence des accès épileptiques , en abrégeant leur durée , ou même en les faisant cesser.
Une jeune demoiselle âgée de seize ans , qu'on disait être Iiystérique quoiqu'elle eût de vrais accès d'épilepsie , en a été ainsi guérie. Tissot rapporte une observation bien remarquable en faveur des bains et des doux laxatifs.
« Je dois 9 dit-il^ aux bains tièdes principaleinent ^ au régime et à la crème de tartre , la cure d'un jeune honune de treize ans, dont je n'osais point promettre d'abord la guérison. Quoiqu'il fût né très-bien portant , de parens très^ sains et qu'il n'eût eu aucune nxaladie , il était bilieux etsan-« guin , et avait des accidens qui dénotaient un vice dans sa constitution : i*^. il devenait quelquefois tou^rà-coup et sans aucune raison apparente , chagrin , rétif et si colère, qu'il paraissait en fureur ; 2^. sans aucune cause externe , il était de temps en temps frappé d'une terreur subite et se croyait dansle plus grand danger , son imagination était même si égarée dans ces momens , qu'il méconnaissait les personnes qui lui étaient les plus familières et les prenait pour autant de qpectres et d'ennemis ; 3°. pendant ces accès , il avait le visage rouge, la prunelle plus dilatée , le pouls serré et fréquent: cet état ne durait que quelques minutes et le laissait dans là tristesse; 4*. on lui donna les anti^spasmodiques chauds les plus actifs, qui rendirent son état plus fâcheux et le changèrent en de vé^ ritables accès épileptiques pour lesquels on me consulta , et qui avaient sensiblement affaibli sa mémoire ; une saignée avait fait voir que son sang était fort enflammé. La densité des humeurs, la roideur des solides et surtout l'^lcre^^ ^e la bile me parurent la cause de cet état ; je le réduisis, con-»
TRAITEMENT DE l'ÉPILEPSIÊ. iSt
tiîiue Tissot, à ne prendre pour toute viande qu'un peu d« poulet, mais à vivre uniquement de végétaux, à éviter les appartcmens chauds , à boire de Teau pure , à prendre longtemps les bains tièdes , à faire un très-long usage de petitlait et de crème de tartre à la dose d'un ou deux gros seulement , et surtout d'éditer absolument tous les remèdes qu'on appelle anti-épileptiques . Il suivit régulièrement ce traitement, qui produisit un prompt changement heureux en son état , et peu à peu la disparition de tous les accidens ; les accès ne sont pas revenus, et sa santé s'est extrêmement fortifiée. L'on sent aisément qu'en continuant l'usage des remèdes anti^épileptiques , on aurait rendu progressivement l'état de malade plus fii dieux (i). »
Les bains au 27 ou 29*^ degré , augmentent considérablement la transpiration jusqu'à la sueur, mais plus ou moins yite, selon la disposition des sujets. Le sang se porte alors en plus grande quantité à la peau , et le corps se tuméfie au point qu'une ceinture qu'on pourrait facilement supporter cause de la gêne. On sait que les femmes , après l'usage des bains , ont , pendant plus ou moins de temps , de la peine à sortir un anneau de leur doigt.
Les bains chauds , depuis le 25' jusqu'au 28* degré, conviennent spécialement aux épdepsies dont on peut attribuer la cause. à des vices cutanés, avant même qu'ils se montrent à la peau , comme on le désirerait , tels que les vices psorique , dartreux , érysipélateux , rhumatismal, artliritique. Mais il faut , dans toutes ces circonstaces et autres encore où ces bains au-dessus des tièdes conviennent, bien observer s'il n'y a pas des signes de pléthore , avec de la céphalalgie, pour la diminuer auparavant par la saignée ou par d'autres moyens qui puissent seconder les bons effets des bains ; plus chauds , ils seraient encore plus funestes , et malheureusement il n'est que trop vrai qu'on les conseille tels généralement aux épileptiques.
On tomberait dans des erreurs aussi graves si on les leur fesait prendre trop froids ^ ce n'est qu'au 22* degré qu'ils
(1) Tissot f ibid. , pag. 385 et suiy.
conviennent, surtout dans les cas où il règne dans la peau une chaleur continue , acre , émut pins forte dans la soirée Ot dans la nuit , surtout si le malade est dans l'insoftinie ou dans un sommeil at;ité et avec des rêves etfrayaiis qui sont quelquefois suivis de vrais accès d'épilepsie et quclquefrâ d'autres symptômes [;rnvei.
J'ai maintenu dans des bains presque froids des malades (jui y donnaient paisiblement long-temps, tandis qu'ils ne jouissaient d'aucun sommeil dans leur lit. J'ai connu un homme sujet à des mouvemens spasnuidiques et à des iiH soiunies cruelles, qui pour ces raisons ne jouissait que d'un sommeil très-court, très-agité, et avec des rêves effrayant, accidensque l'opium donué alors eïcilait encore davautagv. Il finit par ne dormir que dans un i;rand bain froid , pendant les chaleurs de Vêlé, et dans un bain dont l'eau était seulement dégourdie dans les autres saisons (r).
Des bains, aux degrés dont nous parlons , et même plu froids, sont encore utiles lorsque les malades éprouvent dei transpirations trop abondantes par des sueurs copieuse) i presque toujours avec suppression des évacuations alvinei; on peut alors les leur rétablir eu leur conseillant de parcib bains depuis le so" degré jusqu'au t^', et encore en deSMndant selon l'échelle theriiiouiétrique. Nous avons précédeffl' ment cité quelques belles observations qui prouvent que de> maladies nerveuses, avec des accidens divers et pailiculiérf ment avec des constipations opiniâtres et des sueurs copieuses, ont ainsi été guéries (2).
Quant aux bains très- froids , approchant du terme de II glace , ils ne peuvent qu'être généralement nuisibles, surtout dans l'épilepsie où il règne toujours un érctisme presque cod* stant dans toutes les parties qui en sont susceptibles (3) , ti où le cerveau est plus ou moins disposé à l'engorgement saB"
(r) M. Diilac , ancien mcJecia de Saint- Eli enne-cD- Forez , très-bon praticien , m^a fait conuaiEreun fait seoiblable.
(■x) Voyez la belle obïervatiou de M. Ckoplai tappoilée oi-deiîW.
(3) Unii'trtum balnea , qua nimiumjhnè antea negligebantur, mmii*
DE l'épilepsië. 383
çuin ou auU'c. Us ne peuvent alors être que très-propres à augmenter les disposiiioiis in.ibides de cet organe , en refoulant le sang de la périphérie dans les parties internes du corps, lesquelles, sans doute , en reçoivent pendant les accès naturellement une plus grande quantité ; j'ajouterai, d'autant plus que leur texture est plus molle , délicate comme celle du cerveau, des poumons , et qu'il y a déjà en outre plus de' sang naturellement en eus ; mais comme ces remarques théoriques ne peuvent valoir qu'autant qu'elles sont une conséquence des résultats de l'observation , je me permettrai de rapporter la suivante, qui n'est pas la seule dont j'aie connaissance.
Une demoiselle de Lyon, jeune et très irritable, âgée d'environ vingt-six ans, vint à Paris pour consulter le docteur Pomme , qui jouissait eu ce temps-là d'une vogue étonnante pour la guérison des maux de nerfs. Cette demoiselle était atteinte fréquemment de spasmes dans les muscles du tronc et des extrémités, avec des palpitations du cœur très-fréquentes , son pouls étant alors intermittent et fort inégal. La jeune malade éprouvait involontairement des convulsions dans les muscles de la face , quelquefois avec perle de connaissance , mais non pas telle qu'elle n'entendit pas ce qu'on disait autour d'elle, comme elle l'a révélé ; souvent elle laissait tomber précipitamment , au début de l'accès, tout ce qu'elle tenait dans ses mains ; d'autres fois elle demandait un siège où elle se mettait promptemeut pour laisser passer son accès *{ui était quelquefois fort court. Après avoir fait un très- {fTand nombre de remèdes à Lyon, et sans succès, elle * adressa à M. Pomme , qui la soumit d'abord à l'usage des *^^Ds d'eau de la Seine , seulement un peu tièdes. En peu de Jours ces bains furent pris de plus en plus froids , jusqu'à ce ^u'on y mit plusieurs livres de glace, pour empêcher, disait-
'^Uncencomiis in calum toUuntur. J. ÇuoriVi, ibi J. p. 38. Ce célèbre mf dc- ^tnpatricieQa vudetrès-mauTaJacITeti Je9biiitisrroidsdana le traitement ^Carpileptiques; ilobacrre, après son illustre mattre f^an-Svfiéten , qaa ** Ici forlinaiu pris inlérieur émeut tout nccejgaîrcs , lea martiaux , aussi t>ri« Il l'intérieur, sont pr^Krablui.
384 TRAITEMENT DE l'ÉPILEPSIÉ-
on , que le sang ne se portât à la tcte en trop grande quantité , comme si par ce moyen on pouvait en garantir le cerveau. Mais bien loin de produire cet heureux effet, la malade s'en trouva si mal, qu'elle en périt en peu de temps.
L'ouverture du cadavre apprit que les ventHcules du cœur et les gros vaisseaux du reste du corps étaient pleins de sang, qu'il y en avait surtout beaucoup dans les sinus de la duremère , dans les vaisseaux du cerveau ainsi que dans ses ventricules , qui contenaient des caillots très - noirs et trèsépais.
On trouverait dans les auteurs l'instoire de plusieurs catastrophes- semblables survenues par la même cause.
Instruit par ces exemples, je ne conseille de pareils bains qu'après avoir bien réfléchi sur leur indication ; jamais lorsqu'il y a des palpitations de cœur , et presque toujours sans au préalable avoir fait extraire du sang par la lancette ou par les sangsues ^ en recommandant aussi de borner la durée de ces bains à un demi-quart d'heure ou un quart d'heure tout au plus , sous la surveillance de quelque personne digne de confiance.
Quant aux Bains de mer ils ont été célébrés dans le traitement des maladies convulsives (i), surtout dans celui de la rage, et même dans: celui del'épilepsie. Toutefois, comme on est aujourd'hui convaincu non-seulement de leur insuffisance dans les maladies convulsives, mais même quelquefois de leur danger , nous nous élèverons encoie plus fort contre cet usage dans le traitement de Fépilepsie. Quels effets utiles peut-on en effet y reconnaître contre une maladie convulsive avec suspension des facultés mentales? Est-ce la cominotion que le malade éprouve lorsqu'on le jette, sans l'en avertir, dans la mer , dont l'eau est plus ou moins froide , ou est-ce par quelque vertu spécifique relative aux qualités particulières de ce genre de bains? Cela ne peut être admis; une pareille secousse au contraire ne peut qu'être funeste au malade , en portant une plus grande quantité de sang à la tête
(t) Ccelius Aurclianus ; tard- passion^ , lib. ii , cap. i.
TRAITEMENT OE l'kPILEPSEE. 385
l*il y et» aTait. On n'évite pas ce fâcheux effet en plcfngcant tête nue la première , puisque le bain , agissant d'abord
icses parties cxtéiîeures , tend à faire refluer le sang daus ! du crâne et dans le cerveau parti culî été ment ,
Bdis que le reste du bain, agissant sur toute l'habitude c du corps, continue de produire encore le même
[et[i).
Tel est l'avis que nous avons émis dans plusieurs de nos
msultations, lorsqu'on noua l'a demandé , et en cela notre t conforme à celle de Tissot (p. 383).
Quant à l'action du bain de mer , elle ne peut mieux conirir à la guérison de l'épilepsie en diminuant le spasme e ne ferait l'eau naturelle, et moins encore puisqu'elle chargée d'une quantité de sel et de matières hilumlises qui la rendent plus ou moins stimulante de la peau toujoui's moins pénétrante pour en relâcher le tissu, etc.
Ainsi les bains d'eau de la mer ne peuvent que nuire et
KÎter quelque nouvel accès. En effet , qui pourrait ne pas
aindre que le malade n'éprouvât pas quelque accès épihip-
pie daus le bain même?
La température de l'eau de mer est à-peu-près la même e celle de l'eau de fontaine , des ruisseaux et des rivières. t à son poids sur l'habitude exlérieure du corps, il t guère plus considérable que celui de l'eau de rivière ,
1 si l'eau de la mer a quelque degré de pesanteur de plus , e ne peut avoir une action plus, remarquable pour coorer à la guérison des malheureux épileptiques. Ainsi , il It défalquer beaucoup de tous les avantages qu'où a voulu nbuer aux bains de mer contre l'épilepsie, etc.
Mais quant à la boisson de l'eau de mer , ne pourrait-elle ^ avoir une plus grande cHicacité s'il existait daiis les épîmes des engorgemens ou obstructions diverses par le rice
I) Ain: apinanlem îa pisciaam non anle ei peouisam projiccre , mdi aeientiam non hribec , midi menumbibcre piiii,ttc., cumi nt Ceùe {De MidUmn.Li. «p. ïwii) à l'éfiflfJ J" ™i" ienl itK mordus par un cliicn euragc. On prut voir encore nolra '. tarla liagv,p, 317 ia-S", Imprimerie ruyalc.
•388 - TRAITÉMElCr DE l'ÉPILEPSIE.
scropBaletix , surtout comme altérante et dépurative , quelquefois seulement comme purgative.
Nous croyons que sous cet aspect l'usage de cette eau peut -être permis en boisson avec modération ; mais j'avoue que je m'en rapporte plutôt à ce que j'ai entendu dire en sa ^veur par quelques habiles médecins Anglais et Hollandais , qu'à ce que j'ai vu.
Quant aux eaux minérales ^ elles doivent être différenciées y pouvant , lorsqu'elles sont prises intérieurement pendant plus ou moins de temps ^ produire des effets divers selon leur nature. On ne peut douter par cet exemple que les eaux sulfureuses thermales n'aient été utilement conseillées pendant les intervalles des accès , dans les épilepsies catarrhales , scrophuleuses , psoriques , dartreuses , varioliques , morbilleuscs , etc. , ainsi que dans celles où le vice arthritique et rhumatismal dominent.
On a conseillé les eaux acidulés qu'on appelle dMS&igazeuseSy tant en boisson qu'en bain , dans les épilepsies qui pai^issent €tre une suite de quelques maladies rhumatismales , goutteuses , des affections morbides des voies biliaires , urinaires , cle celles aussi avec dégoût pour les aUmens et inertie dans les digestions, et en général dans les épilepsies dans lesquelles il faut favoriser la sécrétion ou l'excrétion des urines.
Les eauxjerrugineuses peuvent être particuhcrement appropriées aux épileptiques chez lesquels on reconnaît de l'inertie dans les systèmes musculaire et nerveux avec prédominance d'humeurs muqueuses et flux divers , comme catarrhes, diarrhée , fleurs blanches. On les conseille aussi généralement alors avec succès contre la chlorose , ainsi que contre la suppression des hémorrhoïdes ou même contre les vers dans des sujets qui , bien loin d'être trop irritables , sont dans une sorte de débilité.
Les eaux salines sont très-diverses non-seulement par la quantité , mais par la nature des substances qu'elles contien- Xient : aussi ne doivent-elles pas être prescrites indistinctement à un épilep tique.
Les eau^ salines chaudes conviennent en général lorsqu'on reconnaît des engorgemens dans les viscères .abdominaux ,
TRAITEMENT DE L'ÉPILEPSIE. 38j
par tine surabondance de matières muqueuses dans la tunique membraneuse deslioée à leur sécrétioa et excrétion , chex lesquels il existe surCoul quelque disposition aux paralysies ou aux affections sonmolentes , enfin à d'autres maladies encore avec plus ou moins de tendance i l'inertie.
Les eauï salines yroi'rfej ont été efficacement conseillées lux personnes irritables , sensibles, qui avaient du relâciienent ou peu de sensibilité dans les organes abiloniinanz , et souvent avec des cn^orgcmcns dans la veine-porte, particulièrement aux bypocliondriaques et mélancoliques; enfia Dn peut , par le moyen des eaux minérales naturelles oa bcticcs (prescrites dans l'intervalle des accès d'épilepsie , ppérer d'utiles effets, surtout si l'on varie le mode de leur jadmiuistration, car leurs effets peuvent ainsi être différenciés, tantât sous forme de bains ou de doucbes, tantùl en vapeur, lelon la nature de la cause dont l'épilepsib peut provenir ou recevoir plus ou moins d'intensité. Ces eaux peuvent être néunies à des remèdes divers ; toutefois leur- usage doit toujours être secondé d'un régirne favorable et du séjour $ans un lieu sain. Des voyages variés peuvent aussi être utiles. - Nous renvoyons à cet é(>ard aux ouvrages s'ur les eaux nlnérales, particulièrement à celui que vient de publier totre confrère M. AUliert, qui contient de très-bonnes rebarques sur ce sujet.
(0) Dépuratifs. — On ne sait comment les remèdes dont ions allons faire une courte énuinération produisent leurs Salutaires effets ; mais on sait qu'ils sont efficaces lorsqu'ils Rmt administrés d'après l'expérience, je veux dire d'après Fétat de la maladie et la disposition du sujet.
Les médecins ont opposé à la plupart des vices qu'ils ont •econnus (souvent sans examiner s'ils siégeaient dans les olides ou dans les fluides, question bien des fois oiseuse et inable) , des remèdes qu'ils ont appelés dépuratifs. insi , ils en ont prescrit contre les diverses espèces de ca- ^xie , en y comprenant généi-alement l'épilepsie seule ou Eunie aux vices catarrbal , de la bile , de l'Anne , vénénen , l^ophulcux, lierpéliqne, psoriquc , scoiLuti'jue , rabiGque, bnmatismal , arthritique , etc.
388 TRAITEMENT DE l'^PILEPSCE.
Parmi les remèdes dépuratifs qu'ils ont proposés d'après leur choix , s'il en est quelques- uns qu'ils aient prescrits contre plusieurs vices, on voit cependant qu'ib les ont généralement diversifiés selon la nature de la maladie et quelquefois selon son siège.
Nous ne répéterons pas ce qui a été amplement exposé dans la section relative à l'épilepsie par des cachexies ou par des vices divers. On y verra que des médecins ont prescrit ces dépuratifs sans très-souvent s'enquérir sur le mode de leur action ; qu'ils les ont fait prendre à diverses doses j sous des formes plus ou moins distinctes, et qu'ils en ont obtenu de grands succès dont nous avons parlé , sans nous taire sur leur insuffisance quand elle était reconnue , ou sur leur danger quand il était bien constaté. {J^ojrez l'art, vu , p. 270 et suiv.)
Sans doute que les remèdes appelés dépuratifs par les médecins ne doivent leurs succès qu'à l'heureuse disposition dans laquelle ils mettent les malades , s'ils n'y sont naturellement , pour la guérison de leurs maux , comme cela est à l'égard des autres maladies ; d'où on peut généralement croire que , dans les mnladies aiguës, le mouvement dépuratoire (1) que ces remèdes procurent est vif , prompt , tumultueux , et que dans les maladies chroniques il se fait avec plus de lenteur (2). C'est aux médecins qui ordonnent ces remèdes à apprécier la force de leur action et à la comparer à celle que le malade est en état de supporter , pour opérer en lui la dépuration nécessaire à sa guérison >
Nous allons seulement dire deux mots sur des remèdes particuliers que les médecins anciens et modernes ont employé avec plus ou moins de succès, pour servir d'appendice
(i) Ne pourraît-on pas plutôt dire M action d'après laquelle la cau9e morbide est atténuée ou détruite , sans doute existant dans les solides ou dans les fluides, séparément ou à la fois, sinon primitivement , du moins secondairement , ce qu'il est souvent impossible de déterminer. Mais dans tous les cas , la doctrine des solidistes ne peut être admise indépendamment de celle des humoristes. Réunissons des doctrines quand il se peut et craignons les discussions scolastiques si souvent erronées.
(a) Barbier , Dict, des Se, méd,, t. 8 , p. 48.
TEAITEMENT DE l'ÉPILZPSIE, 3%,
OU d'éclairvisseineiit à ceux qui ne sont pas profondément initiés dans le traiienieut «les maladies convulsives et en pac- Uculier de Vépilepsic.
Sur quelques remèdes long - temps considérés comme spécifiques de VÉpilepsie , quoiqu'ils ne te soient que dans des cas bien déterminés.
(A) f^alériane sauvage {valeriana officinalis). — On' emploie pi'iDcJpaleinciit sa racine, qui est dbreuse et jaune à l'extérieur , btancLe à l'intérieur , d'une odeur fétide et nauséabonde, d'une saveur amarcscente et lui peu acre. L'usage de cette plante contre l'épilepsie a élé préconisé par Calien, Àrétée , Dioscoride , i:Lsartoat^a.r Fal/ius Coiumna, qui, atteint d'uue épilepsie p,rave, enHtun très-heu* reux emploi sur lui-même. Panarole, Tourne/on, Mead(t), Kaller, Chomel , Geojfroi , Lieulaud , Tiasot (2), Antonio Scopoli et tous les médecins de nos jours, français et étrangers, ont considéré généralement cette plante conimeu ne sorte de spécifique de l'épilepsie , mais avec quelques restrictions .
C'est surtout la racine de valériane en poudre que les médecins anciens et modernes ont recommandée contre l'épilepsie qui survient chez les femmes qui éprouvent une supfiression ou rétention desréi;les. ÇuanViet d'autrespraticiens célèbres l'ont vantée aussi dans l'épilepsie vermineuse des cnfans et dans un âge même bien plus avancé.
Cependant, malgré les éloges que cette plante peut mériter alors > ce n'est que lorsqu'il n'y a aucun signe d'inllammatioa ou d'une trop forte irritation qu'on peut la prescrire , car elle pourrait être, dans ces derniers cas, imprudemment administrée, comme M. ^/lier/l'a observé. La valériane est donc nuisible lorsqu'dy a plétbore sanguine, ou lorsqu'il existe trop
[1) Vojïi son traité ; ZJe imperio %oiU eilana [^. \&) , oîi ce ^naA nijjucia cite Fabius Cnlunina , comme l'un Je* [ilm cflibres bot»niilBi , riiii aî( gaéij quclijuei ^[lîlepHKi loiiiours vurîalilea iclan la dûpo- «ilioniUw MijcUetla aaluie Jv cvltc ualBilii.' : ni fM't sa-pè in Aoc, <fiite in Uln rciponJcl, incdicina.
(a) De ri'i'iUpiic , p. 309.
agO T8A1TEWEST DE L'EPILEPSIE.
d'irritation dans l'estomac, des i^riiclalions , des nausûes, des Toiiïissemens ; elle augmente alors ees dispositions presque comme le ferait la lacine de renoncule , qu'on pourrait
considère
vénéneuse p
11 êxtcéme causticité. Ce-
pendant ri'wtK regardait encore la racine de valériane comme le premier spéciGque contre l'épilepsie; il se borne à donner la valérîan» en poudre à la dose de vingt ou vingt-quatre grains , quoique Gmgerus la portât jusqu'à un gros dans une infusion de plantes sudorifiques , el Burserius jusqu'à deux. M. CA(ju^rd(i), dans une circonstance particulière, a prescrit d'abord l'usage de la valériane à baute dose, incorporée dans du miel. C'était sur un enfant de quatorze ans qui avouait s'être livré à la masturbation , dont la scnsibibté était exti'ême et auquel de larges saignées, le traitement débilitant, par cause de plétbore sanguine, avait été mis en usage. Les accès d'épilepsie disparurent pour quelque* temps; mais ayant reparu, ce médecin remit le malade à l'usage de la Valériane en poudre ; les voies gastriques étant exemptes de toute irritation , deux gros d'abord, plus demi-once, enfin une once dans les vingt-quatre heures. Ce remède a été continué sans intcrruptiou pendant quatre à cinq mois. Il y en a huit, dit M. Chaiiffart , que le malade n'a plus eu d'attaque d'épilepsie et n'éprouve aucun desaccidens qui en annonçaient précédemment la disposition ou même le retour.
On a donné toutes les parties de cette plante sous toutes les formes; on trouve, dans les dispensaires, une teinture simple et une teinture volatile. Sï racine entre dans Veau ihériacale et dans l'eau anti-épileptiquc ; sa poudre fait partie de celle connue sous les noms A'anif-spasmodique de GutlHe ; la valériane sauvage entre aussi dans les onguens Tnartialum et diabotanum , etc. , etc.
(B) Pifoine (Pceonia offîcinalis). — On n'emploie que la racine et les (leurs de cette plante , qui a été préconisée comme anti-épileptique peut-être plus que la valériane
(i) Journal général deMéd. deParis,l.x
iG J^ccDibre i6j5j
TBAITEHENT DE l'lP.LEPSIE. lîgi
sauvage. Galien en a célûbré plusieurs heureux effets; piaîs FemeleX-Fr. Sj/f/uï rfeietoë n'en ontpasobteuu, dans leur pi'atique , d'aussi grands succès. Peut-être, dit GeoJJroi, que cette plante avait plus de vertu en Asie (i] qu'elle n'en a dans nos climats. J. Rai lui reconnaissait la propriété de provoquer les règles aux femmes , ce qui pourrait engager de la prescrire , aiusi que la valtriane, dans l'épilepgie qui proviendrait de la suppression ou rétention des menstrues. ^anAeuJcr croyait' qu'elle absorbait les acides des premières voies , qui peuvent causer des accidens épileptiques dans les enfaus, suvtoutpar les substances fariucuses qu'elle contient; mais n'est-ce pas une pure hypothèse ? Quoi qu'il en soit, cette plante ne mérite pas , par ses effets , d'être comparée à la racine de valériane sauvage.
Cependant on continue de prescrire la racine de pivoine en poudre , pas trop sèche , avec beaucoup de confiance, à la dose d'un gros jusqu'à deux , en bol , en opiat bu de quelque autre manière. On donne aussi les racines fraîches en décoction , dans un bouillon de veau , ou dans l'eau commune en guise de tisane. On la donne encore sous diverses formes, seule ou réunie à d'autres anti-épileptiques. On appelle pivoine femellcla même espèce, moins rouge , que l'on croit moins elficacc contre l'épilepsie que celle de pivoine mâle, c'est pourquoi on préfère celle-ci à l'autre. La racine de pivoine fait partie de la poudre aati-spasmodîque et de celle • àaCuithtei elle entre aussi dans l'eau anti-épileptique,dansle sirop d'armoise , et ses semences dans le sîrqp de stoechos. (C) La Digitale {D igiialis purpurea ). — On a reconnu il [; y a long-temps que celte plante était émétique et qu'elle pou- \ vaitpdrger violemment. /"orA/nJOrt, au rapport de Gew^roi, \ assurait qu'elle était eôicaee contre l'épilepsie ,mais surtout '■ réunie au polypode de chêne dont on fesait une espèce de . Cependant J. Rai observe qu'elle ne peut convenir I qu'aux personnes robustes et chei lesquelles l'irritation n'est is extrême. La digitale pourprée jouit éminemment, comma I nersoune ne l'ignore aujourdhui , de la propriété diurétique,
3oi TRAITEMENT UE l'ÉPILEPSIE.
te qui fait qu'elle peut convenir aux épileptiques atteints o menacés de quelque infiltration dans le crâne ou dans le cerveau, dans le canal vertébral ou dans la moelle épinière,etc.^ cause très^fréquente de Tépilepsie. Je lie doute pas que trè»souvent la digitale n'ait été utile aux épileptiques sous ce point de vue, sans lui refuser une vertu sédative, même nar« cotique sous- d'autres rapports. Je l'ai plusieurs fois heureusement prescrite contre Thydropise réunie ou succédant aux violentes palpitations du cœur.
On peut prescrire la digitale en infusion , en teinture , en poudre même , en extrait et toujours à très-petite dose. Il est certain qu'elle calme généralement les palpitations du cœur, et qu'elle donne de la régularité au pouls , sans oublier qu'elle dispose au vomissement , qui peut facilement produire de fâcheux effets chez un épilep tique . .
Les diverses parties de cette plante ont été données sous différentes formes , mais ce sont les feuilles qui contiennent le plus de substances médicinales , après avoir été cueilUes dans une saison opportune et après avoir été bien desséchées.
M. Chaume ton prescrit cette plante en poudre à la dose d'un grain jusqu'à quatre ; en infusion aqueuse ou spiritueuse ; en décoction dans ces deux véhicules et toujours à de petites doses ; et comme il est certain que cette plante contient un principe sédatif, narcotique, et un autre irritant, je crois que dans le traitement de l'épilepsie en général il faudrait la prescrire dépouillée , autant qu'on le pourrait , de sa partie irritante , ainsi qu'on le fait à l'égard de l'opium.
On trouvera , sur cette plante , dans le Dict, des Se. méd,y t. 9 , pag. 454 > ^"ï article fort intéressant , résultat des recherches de MM. Bridaulty Sanders y Vassal, Carrhinati, qui mérite d'être lu et médité.
{ï>) Le Gui de chêne ( Viscum album), — Cette plante parasite a été très-célébrée chez les anciens comme un remède spécifique contre l'épilepsie. Les druides, au rapport de Pline , qui lui reconnaissaient cette vertu et d'autres encore , le cueillaient.avec des cérémonies superstitieuses* Cependant \d gui venu, sur d'autres arbres pourrait bien avoir les mêmes çffets. Colbachty Jacobi, Loesecke , Van-Swiéten , etc. , en.
TRAITEMENT DE l'ÉPILEPSIË. SgS
louent Tusage. Mais Cullen n'a jamais compté sur Tefficacité de ce médicament contre Tépilepsie ; Tissot ne croyait pas non plus à tous les prodiges qu'on a débités tant sur le gui de chêne que sur ceux dès autres arbres , et nous partageons son opinion. L'écorce ,du gui est la partie qui contient le plus de mucilage avec une partie amère qui peut être tpnique. Nous avons prescrit cette plante , réunie à la valériane et à la pivoine , d'après Déhaën qui leur a reconnu àpeu-près les mêmes effets , et les médecins ne leur en ont pas observé de contraires, c'est pourquoi ils les comprenaient le plus souvent dans leurs prescriptions. Je crois cependant qu'on n'a attribué à cette plante d'heureux effets , que parce qu'on l'a réunie à la valériane sauvage , bien plus efficace , ou parce qu'on l'a prescrite après des purgatifs ou autres remèdes qui étaient nécessaires aux épileptiqucs qu'on traitait.
On conseille le gui en poudre depuis un gros jusqu'à deux , ou coupé par petits morceaux en infusion dans le vin blanc , à la dose d'une demi-once sur six onces de liqueur.
(E) Quinquina. — • L'écorce de quinquina ( Cortex peru^ vianus) a été d'abord généralement reconnue comme fébrifuge en Europe d'après le rapport de ses succès au Pérou ; succès qui , bien loin de s'être démentis , se sont accrus de plus en plus. On lui a encore reconnu des vertus antiseptiques très- efficaces et quelques propriétés anti-spasmodiques ; on lui a assigné un rang éminent parmi les toniques à cause de l'énergie permanente qu'il imprime au cerveau et aux nerfs en régularisant les mouvemens du cœur et celui des artères.
On prescrit le quinquina contre Vépilepsie d'après les propriétés que nous venons de lui reconnaître ; il faut donc bien considérer , pour l'ordonner , dans quels cas son administration est convenable : il est généralement indiqué dans les épilepsies dont les accès ont des retours périodiques.
Voici une observation rapportée par Saus^ages qui le prouve.
Un soldat était atteint d'une fièvre intermittente , il prend un violent émétique et tombe dans un accès épileptique qui s^ renouvelle à des intervalles incertains , mais plusieurs fois.
394 TRAITEMENT DE l'ÉPILEPSIE.
chaque jour , se prolongeant plus ou moins et étant fréquçBS^ sans apparence de fièvre pendant le paroxysme ; le malade était affecté de convulsions horribles dans toutes les parties du corps. Au déclin de Faccès, les*parois de la poitrine se mouvaient violemment, comme feraieBt celles d'un soufflet. Le malade paraissait dans un prf)fond étottffement ; il éprouvait , dans quelques circonstanciées , la sensation d'un poids sur l'estomac avec une anxiété du cœur. Les anti-spasmodiques , les laitages , les narcotiques , les bains avaient été inuti lement prescrits ; enfin on conseilla Tusage du quinquina, tantôt en substance^ en poudre, et à la dose d'iyi gros, quatre fois par jour, tantôt en décoction. C'est par ce remède que cette épilepsie , qui durait depuis un an , fut ra-dicalement guérie (i).
On peut , dans quelques cas particuliers , réunir le quinquina à d'autres remèdes et le prescrire contre quelques épilepsies , chez les femmes , par exemple , qui éprouvent un retard ou suppression des règles et qui ont des accès intermittens d'épilepsie, ou avec fièvre rémittente. On le prescrit, s'il y a inertie , avec les ferrugineux et les aloëtiques ; dans le cas contraire , s'il y a un excès d'irritation, aux opiacés ou autres anodyns , surtout s'il y a des douleurs à l'estomac ou dans d'autres organes,. ainsi que lorsqu'on veut calmer des insom* nies; en faisant précéder la saignée , s'il y a des signes de pléthore , et encore pluç si l'on craint une inflammation latente , le pouls étant plein , fréquent et dur , les demi>bains peuvent être efficaces, en même temps qu'on prescrit le quinquina , comme nous l'avons conseillé , en infusion , en décoction , ou en extrait , suivant la nature de la malattie et la constitution du malade ; quelquefois en poudre bien porphyrisée quand on ne trouve aucune opposition au malade pour le prendre sous cette forme. Mais aujourd'hui que la chimie s'est enrichie de nouvelles préparations , on peut prescrire quelquefois celle connue sous le nom de sulfate de quinine à quelques grains , surtout lorsque l'estomac paraît être dans
(i) Sauvages, NosoL méthod. , l. i ; p. 584- Voyez ci-dessus Tarticle Bpilfpsie fébrile^ pag. 3 58 et suîv.
Traitement de l*j:pilepsie.' SgS
Un état de débilité bi^n reconnue. Cent ainsi que j'ai plusieurs fois retiré le plus grand arantafje du quinquina contre les aOections nerveuses convulsires en général , et contre l'épilepsie en particulier ; aussi ne suis -je pas surpris ([u'IIeister , Granger , Fulîer , Ellep , Lâcher , Tbrii, cités par Tissot, et ce grand médecin lui-même, ainsi qu'un grand nombre d'autres praticiens de nos jours , aient célébré l'efficacité de ce remède contre l'épilepsie et qu'ils eu aient I . (^teuu des succès.
M, Le quinquina a été généralement compris parmi les re— Hla&des ami-épileptiques qui sont exposés dans les pbarmaco- ^pées. Il n'entre cependant pas, ainsi que la valériane sauvage, dans la poudre de Gullèle, tant célébre'e par les anciens contre l'épilepsie, sans doute parce qu'ils n'avaient pas encore aussi bien reconnu que leurs successeurs l'ont fait , les bons effets de ces remèdes contre cette maladie i c'est par rapport à leur extrême amertume que plusieurs auteurs ont dit que lesamandes amèrês tuaient les vers , cause fréquente de l'épilepsie , dont Tissot a cité uu exemple remarquable (pag.58).
(F) Dictame{pictamnus albus). — Ledictame ou dictamne blanc, ou fraxinelle, a été peut-être plus célébré comme antispasmodique qu'il ne méritait. C'est une espèce d'origan qui exlialc une odeur assez agréable et dont on pcutextraire, par la distillation, une huile aromatique volatile un peu dcre et amère au goût. Le dictame entre dans plusieurs compositions pharmaceutiques , qu'on a regardées comme propres à diminuer les afl'ections nerveuses convulsives ; c'est ce qui l'a fait prescrire contre l'épilepsie. On conseille la racine de cette plante , en poudre, et principalement encore celle de son écorce , ordinairement depuis un demi-gros jusqu'à un gros. Les médecins de Vienne, au rapport de Burserius, en font un grand et heureux usage ; ils le prescrivent non-seulement sous cette forme, mais encore en essence ou en électuaire , ou de toute autre manière. Cependant cette plante n'a aucun avantage de plus particulier, contre l'épilepsie, que la plupart ^e celles qui sont aromatiques et qui fournissent une liuilc essentielle. Je ne crois pas qu'elle mérite tous les éloges
396 TRAITEMENT DE l'ePILEPSIE.
qu'on en a faits. On ne peut du moins la comparer , pour ks heureux effets , à la valériane sauvage. Il paraît cependant cpi'elle a été prescrite avec quelque avantage quelquefois contre des épilepsies vemtineuses ; mais nous avons aujourd'hui des remèdes plus efficaces contre les vers dont les épir lepsies peuvent provenir.
(G) Les Feuilles d^ oranger (Cttrus aurantium ) , que nous prescrivons aujourd'hui généralement comme un léger antispasmodique, soit en infusion , soit en poudre, peuvent, dans quelques légères affections nerveuses convulsives, avoir réelr lement d'heureux effets. J'en fais un fréquent usag« dans de pareilles maladies et non sans quelques succès , quelquefois réunies aux fleurs de tilleul , de gallium luteum, de pivoine maie , etc. fissot les prescrivait en poudre à la dose de demi-gros jusqu'à' un , trois à quatre fois par jour ; et quant à la décoction-, il fesait bouillir une demi-once de ces feuilles dans vingt onces d'eau , pendant un quart d'heure > pour la dose d'un jour. Ce remède , au rapport de Tissot , est efficace ; mais ce n'est point , dit-il et avec raison , un spécifique contre l'épilepsie , nonobstant les grands éloges ^que M. Locher en a faits, d'après les succès qu'il en a obtenus sur plusieurs épileptiques que ce médecin avait rassemblés pour les soumettre à son expérience, u II essaya tous lesre- » mèdes vantés , et il n'en trouva point d'équivalent à la » feuille d'oranger : elle modéra, dit ce médecin^ la vio-^ » lence des accès chez les uns , et les éloigna chez d'autres ^ M elle en guérit absolument quelques-uns (i). »
Un !el résultat , célébré par Tissot y avait déjà été annoncé par. d'autres guérisons dues aux conseils de f^aji'Swiéten , Dehaen et d'autres médecins. Cependant Tissot se borne ^ dire qu'il les a vues réussir quelquefois dans les simples conr* vulsions. Leur usage en tisane a fait le plus grand bien à la femme la plus mobile qu'il ait vue et que d'autres remèdes avaient irritée. Nous avons plusieurs fois expérimenté que la poudre dé feuilles d'oranger avait été plus efficace que l'in-
(i) Tissot, pag. 33 {, qui cite Locher d'après sa Dissertation^ dç puero epiteptiço.
tTKAITEMENT DE l'ÉPIIEPSIG.
on ; mais , au lulal , nous n'tin avons relire que le faibles avantaj;>;s, excepté dans l'epilepsit; qui ne provenait que d'un surcroît de sensibilité et d'irritabilité, sans aucune cause particuliËrc de maladie organique reconnue.
(H) Z.O J\ue{I{uia graveolens koricnsù laiifolia). — Les feuilles de cette plante sont fétides et douées d'un principe actif ou d'une buile essentielle qu'on peut en retirer par la distillation , mais en très-petite quantité. Cette plante est anti-spasmodique , anodyne , céplialique , stomachique , earminalive , emménagogue , laxalive , etc. ; mais ses propriétés varient selon la nature de l'épilepsie et la disposition du malade. Zaciitus Lusiianus en fait un grand éloge , et fa- /eWo/a ordonnait , avec succès, une once de son suc avec une demi-once de miel scillitique , mais sans indiquer l'espèce d'épilepsie dans laquelle 'A la prescrivait. Quant h. nous , nous croyons que si la rue et ses préparations peuvent être utiles aux épileptiques dans quelques cas, elles peuvent aussi être nuisibles en d'autres. Il paraît que c'est par rapport à son odeur forte qu'on l'a d'abord employée pendant les accès, soit pour la mettre sous le nei , pour exciter l'odorat , soit eu l'administrant extérieurement et même intérieurement après l'avoir fait infuser dans du vinaigre (i), ou en conseillant son huile essentielle dans quelque véhicule approprié .
Dans les intervalles des accès, on prescrit les feuilles de rue , en infusion dans de l'eau ou dans du vin. On les emploie encore en conserve , qui se trouve dans les pharmacies^ Les feuilles de rue font partie de la poudre de myrrhe de la pharmacopée de Londres ; elles entrent dans l'eau hystérique qui peut convenir comme einménagogue dans les épilepsies qui proviennent de la suppression ou de la rétention du flus périodique, encore faudrait-il considérer si ces affections morbides ne proviendraient pas de trop d'érélisme et quelquefois avec tendance à l'inilamnialion ; car la di-
(i) Bnerhaavc (EUmeit. tki'm. , I. n ; fanSwUtea daiiE ws Cntnmenl. in apk. Boerb. an. EiiUtpi.) fait otservet (^a^ Alcxandiv de TralUt a guéri plusieurs cpileptlque» avec U rue lauxtigt , prcférablemeot ■ celle ilei jtirdÎDS.
3g8 TRAITEMENT DE l'^.PILEPSIE.
minution et la suppression du flux menstruel peuvent pr(H venir de causes entièrement différentes (i); d'où on peut observer ici que ^i la rue peut être utilement prescrite à quelques épileptiques , elle peut être funeste à d'autres. Je crois donc qu'il est très-fâcheux qu'on ait trop généralisé l'usage de cette plante.
J'ai dit , en parlant de l'épilepsie des femmes pendant leur accoiicliement , et j'ai prouvé , par un heureux exemple que j'ai rapporté ( voy. pag. 325) , qu'au lieu de prescrire la rue ou ses préparations s'il existait une pléthore sanguine ^ il fallait préférer la saignée et même les bains tièdes.
(I) Le Narcisse sauvage ou des prés, — On a connu sous le même nom plusieurs e^èces de plantes. Celle dont nous parlons , en latin narcissus pseudo^narcissus , et en français » porillon, fleurit dans les prés et dans les bois. Diverses espèces de narcisse ont été employées en médecine et trèssouvent comme émétiques ou purgatives ; tel est le bulbe de narcisse dont on ne connaît pas bien l'espèce. Dioscoride a conseillé de faire manger l'oignon cuit du narcisse poé'tique y ou de donner sa décoction en boisson pour procurer le vomissement , même aux épileptiques. Quoiqu'on ait reconnu , dans ces derniers temps , dans les fleurs du narcisse sauvage ou des prés une vertu anti-spasmodique , nonobstant l'opinion d% quelques médecins qui croient que les fleurs de cette plante ont la faculté de provoquer le vomissement) il faut donc bien considérer si l'on doit risquer de l'exciter.
On a dit , en faveur de la vertu calmante des fleurs du narcisse des près , qu'une fille de Yalenciennes , très-sujette à des insomnies et à des convulsions , depuis long-temps va^ poreuse ySLvait dans sa chambre à coucher une grande quantité de fleurs de cette, plante, et qu'elle dormit tranquillement, contre son attenter Son médecin , M. Dufresnoi ,at«
(i) Voyez précédemment, p. 3a5, l'art. EpUepsie^hez les femmes hystériques ou en couche. On a vu que je me suis très-heureusement opposé k la prescription de Pextrait de rue dans le cas d'un accès violent d'épilepsie chez une femme, pendant son laborieux accouchement.
rTllMTEMENT DE l'ÉPILEPSIE. 38c)
iribua cctlieureux clFet aux i^tuanations de ces (leurs. 11 soumit la malade ù de nouvelles observatious , et il crut Se cou- Taincre que récUeuieot les émmialious de cette plante lui . avaient^rocurdle calme et niËmele sommeil. IlluI fit préparer an extrait avec lesfleui'S du narcisse des prés et le lui prescrivit utilement, ainsi qu'à d'autres épiliiptiques. C'est parti ciiliË renient depuis cette époque que l'iofusion , le sirop et l'extrait de ces fleurs ont ete conseillés avec avantage dans Ics^dTectîons apasinodiques et contie la coqueluche des enfaus.
Diverses observations plus ou moins intéressantes sur ce sujet ont été publiées par M. Dujresnoi et conGrmées par de nouveaux faits , particubcrement par M, yeUlechhse (i). Ce médecin n'a cependant obtenu, sur quelques épileptiques, qu'une amélioration passagère ; mais MM. Loiseleurdes-Lonchamps et Marquis, qui out aussi prescrit non-seu-J lement l'extrait des fleurs du narcisse , mais encore les fleurs même réduites en poudre, out observe que les accès des épileptiques qu'ils avaient traités avaient été moins violens et plus rares , ce qui n'est pas de peu d'importance dans une maladie aussi g;rave et d'une nature dil&cile à connaître dans ses espèces surtout.
Cependant cette plante a été soumise dans ces derniers temps à de nouvelles épreuves qui pourront tourner au profit de la médecine clinique. Nous dirons qu'il résulte des expériences de M. Orfda sur des chiens, que l'extrait du
I narcisse des prés détermine i°. uue irritation locale peu intense; 2". qu'il ne tarde cependant pas à être absorbé et & développer des symptômes graves suivis de mort ; 3°. qu'il «si émédque ; 4°- qu'il agit sur le système nerveux en détruisant la sensibilité , et sur la membrane muqueuse de l'estomac; que son action est plus énergique lorsqu'on l'applique sur le tissu cellulaire.
Nous renvoyons à ce sujet à l'article intéressant sur le narcisse, qu'on trouve dans le Dici. des Science mi'd. , t. 35 , par MM. Loiseleur-des^Lonchamps et Marqvis.
^00 TRAITEMENT DE LÉPILEPSIE*
(K) Opium. — La médecine a retiré de si grands avan-» ta^jes de V opium dans les maladies convulsives et particulièrement dans Tépilepsie , qu'il convient de les apprécier dans le traitement de cette maladie et d'en Jaire aussi connaître l'inconvénient , disons même le danger dans quelques cas.
Pour juger des effets que Y opium, produit en nous , il faut d'abord observer qu'étant composé de deux substances, l'une résineuse et lautre gommeuse , et de morphine et de narccy tine , il a deux manières d'agir très-différentes. Il anime, stimule avec d'autant plus d'intensité que la substance résineuse est copieuse ; tandis qu'au contraire il calme et diminue le ton du tissu de nos organes , en proportion qu'il contient de la substance gommeuse. Quelques médecins ont même cru que la partie gommeuse devait sa qualité calmante et narcotique à un principe vireux.
L'opium a été l'objet d'un grand nombre de préparations pharmaceutiques , infusions^ décoctions , extraits , teintures , simples ou composées , dont on a obtenu de brillans succès , selon cependant toujours qu'on a su les prescrire dans les circonstances convenables ; car on juge bien , d'après ce qui a été établi sur les différentes espèces d'épilepsie , que les effets de tous ces remèdes sont non-seulement relatifs à leur diverse nature , mais encore aux dififérens états de la maladie et des malades.
On sait, i°. que l'opium convient dans l'épilepsie qui provient d'un excès de sensibilité et d'irritabiJité dont surtout on ne connaît pas une cause particulière stimulante , qui doit être la première à détruire , s'il est possible j hors de ces cas particuliers, les opiacés gommeux sont les meilleurs remèdes qu'on puisse prescrire dans les épilepsies qui proviennent des affections morales , surtout si elles sont précédées d'insomnies même sans douleurs. Les auteurs sont pleins de faits qui le confirment.
2**. Tous ses avantages pourraient être nuls si les accès épileptiques provenaient d'un corps étranger qui agirait sur des nerfs du tronc et des membres, ou si ces nerfs avaient été lésés de toute autre manière , par la pointe d'une épée , ou
TRilTEMEST DE l'ÉPILEPSIE. - ^01
même encore par quelque aatre cause particdlitire qui , en affectant le cciVeau ou le système nerveux , causerait ua érétisiae plus ou moius grand daus les parties du corps qui en sont susceptibles. ■
3°. Nous dirons que l'opium serait généralement funeste dans les épilepsies qui proviennent de mauvaises dispositions "de l'estomac , par des inllanunations ; le contraire aurait lieu s'il y avait des engorgemens dans ses membranes , des matières sabui'rales , bdieuses, qu'on ■pourrait peul-étre évacua' par un doux vomitif, dans un temps convenable. Mais en général on doit s'abstenir du vomitif, même le plus doux , lorsqu'il rtgne dans l'estomac un excès d'irritation par trop de sensibilité qui troublerait la digestion des alimens; alors on pourrait prescrite les juleps opiacés à petites doses. Je me guis convaincu de ce fait par l'expérience (i).
L'opium serait toujours nuisible dans les épîlepsies pléthonquGS , si l'on n'avait auparavant fait précéder la saignée.
4°- Il pourrait n'être d'aucune utilité , peut-ùtre même Contraire , dans les épilepsîes fébriles dont le quinquina est souvent l'unique remède. Seulement pourrait-on l'y réunir lorsque dans les apyrexîes de cette maladie il y a aaeprédominancedc sensibilité et d'irritabilité. C'est ce qu'on devrait encore faire , d'après les mêmes considérations, dans les épilepsies par diverses cacliexies, par des maladies de la peau répcrcutéesquclquefois, pardes vices scrofuleux, vénérien, etc., d'autant plus que les opiacés réunis à quelques dépuratifs peuvent être utiles en produisant une diaphnrèse salutairepuis ici exposer tous les cas où l'opium a été reinnu d'une utilité réetle contre l'épilepsie. Je crois qu'on inrra les apprécier en lisant les divers articles de cet ou— 'âge relatifs aux espèces d' épilepsîes contre lesquelles il a été conseillé ou piescrit. B.~L. Tralles , qui a écrit uii ige sur l'opimn (a) daus le traitement des mala-
(i) Voyez dans lus Mémoù-cs Je lAcuiUm nue observa tioii sur nu voTnissvincDt àe plus l'opium a élé lieureusi^ment cousdili!.
(a) fi» opiiiiUubiiselnaiia. Brest, i;5i ,
■ royale des Scienc, 178a, ura aoDiii, conlro lequel
462 TRAITEMENT DE l'ÉPILEPSIE.
dies, a, je crois, trop restreint ses heureux effets aux épi- Icpsies par des affections morales.
Mais <]aant à ce que cet habile médecin a dit sur ses maa^ vais effets dans diverses circonstances de cette maladie , ils ne sont que trop réels (i).
Quelques accès épileptiques au lieu d'être adoucis, re^ tardés par l'opium pris auparavant qu'ils surviennent , à leur commencement ou pendant leur intensité , ,non-seuléi][lent n'ont pas été moins vioFens, ni plus éloignés , mais souvent its ont été beaucoup plus intenses, plus longs etplusfréquelis, et c'est sans doute parce qu'ils ont été prescrits dans des cas où ils ne convenaient pas. Scardona s'est bien repenti d'avoir été d'un avis différent dans sa jeunesse. Il prescrivit l'opium à une femme épileptique dont les accès commençaient par un violent mal de tête ; aussi au lieu -d'en obtenir quelque heureux effet , elle en eut un si violent , qu'elle fut aux porles de la mort. Scardona n'a pas craint de faire conliaitre sa faute ; mais il a été trop loin en disant qu'il ne faut jamais prescrire les anodyns dans le traitement de l'épilepsie^ ^issot qui a consigné l'aveu et les conclusions de ce médecin dit , dans une note , que l'on formerait malheureusement un gros volume des erreurs dangereuses des grands hommes; et cela n'est que trop vrai ; mais si les sa vans ont fait quelque mal, ils ont aussi opéré une infinité de belles cures, elles îgnorans ne font que des fautes , les unes plus fâcheuses que les autres.
On prescrit intérieurement les têtes de notre pavot blanc comme anti-spasmodiques , calmantes, narcotiques , au nom- Ère d'une ou deux et plus encore , en décoction. On les donne aussi en lavemehs ou on lés emploie en fomentation. J'ai quelquefois réuni le musc à l'opium avec le plus grand avantage (2).
(i) Morgagnidi'd^ahovà suspendu et ensuite guéri parropium, à la dose d^un demi-grain et au-delà, donné au commenoement de là pdt) des accès dVpilepsie nocturnes (epist. ix , art. 7).
{p^ Burserius cite à ce sujet Popinion du D^*. Guillaume UUlary {de Epilepsia, p- 53 ) , et celle de quelques autres médecins praticiens.
; TRAITEMENT DE L'tPILEPSIE, 403
La pliavmacie nous a fourni une multitude de remèdes dont le pavot blanc fait la base , eu infusions , di!coc lions , extraits , teiutuies aqueuses, spirltueuses , etc., qu'on trouve dans tous les dispensaires. L'opium entre dans la tbériaque, le mitbridate , l'élixir parégorique de la pharmacopée de Londres, dans l'eau, le baume hystérique et les pilules de cynoglosse , la tliériaque céleste du dispentiaire de Paris.
Les médecins doivent surtout s'instruire des doses de l'opium qui entre dans les compositions qu'ils ordonnent , pour ne pas tomber dans des erreurs graves.
(L) La Jusquiame {Hjroscyamiis niger). — Il y en a deux variétés, l'une noire et l'autre blancbe. Plusieurs auteurs ont cru devoir recommander l'usage de cette plante , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur , dans le traitement de l'épilepsle ( 1 ) > sous diverses formes , sans presque jamais préciser l'espi ce de cette maladie, ni la situation du malade j d'autres ont fait observer que la jusquiame noire produisait des effets beaucoup plus marqués sur l'iiomme que la blanche: c'est, en effet, ce qui a été prouvé par le résultat de l'observation. Aussi ont— ils recommandé de préférer celle-là dans toutes les prescriptions internes surtout. Toutes les pai'tics de la jusquiame paraissent être vénéneuses, tt^pendant on assure que les moutons et les chèvres en mangent impunément : ce qu'il est bien important d'observer, pour n'en pas faire de fJcheuses applications à l'es-
Dans l'une et l'autre espèce de ju'^quiame , les feuilles , les jges sont très-actives , mais les racines te sont encore da-
atage. Les semences même , qui n'ont , dans notre pavot ianc , qu'un effet très-peu remarquable comme hjpnotique
) Partlculièremcut Slorck qui en a conseillé l'extrait. Théodore
de Marerne , D'. de la Facilité iÎb Montpellier , «t ensuite de
Iria dont il avait encouru la censuri;, devenu premier mcdcciD i]a
" , roi d'Anglïlcrre , a recoimnaBdi coumie apûciCcjiHi de l'cpi-
e lu pondre de juaquiame prisa pendant plus de garante jours , en
iiat par 6\\ gtain» par jour jusqa'^ vingt-quatre, daoA une cuiU
ierèe de sue de joubarbe. Voy. opéra Slaytrni , IIb. i, cap. 3 , png. i(> ,
Gt Burieiiusde Epilepsia , p. ;6,
/fD4 TRAITEMENT DE L ÉPILEPSîE.
surtout , ne peuvent être prises intérieurement sans danger, comme l'ont affirmé de sa vans médecins, puisque , de quelque manière qu'elles soient prescrites , elles causent toutes un sommeil plus ou moins profond et avec des rêves les plus divers (i). On a conseillé cette plante en infusion , en décoction >, en extrait , en teinture , inêmc en simple eau distillée. ,
* f /entrait dé jusquiame de nos boutiques a produit des effets sSdàtifs et narcotiques , mais avec moins d'mtensité que l'opium gommeux ; c'est ce qui fait que dans quelques cas nous avons cru devoir le prescrire préférablement à celui de l'opium; nous n'avons porté la dose de celui - ci qu'à moitié de celle de la jusquiame , surtout pour calmer les douleurs sans trop augmenter la somnolence. Mais en général je préfère l'opium à tous les autres caïmans , peut-être parce que je suis hiàbitué à le prescrire, cependant toujours avec réserve , en diminuant ou en augmentant sa dose selon les circonstances.
J^ai reconnu des cas dans lesquels Topium ne pouvait être prescrit , parce qu'il supprimait des évacuations qu'il fallait respecter , les selles particulièrement , ce que la jusquiame ne fesaitpas autant; d'autres fois parce qu'il né fallait pas exciter la sueur , comme le fait l'opium , surtout dans quelques personnes chez lesquelles la moindre quantité d'opium prise intérieurement produisait des éruptions à la peau avec un prurit intolérable (2). '
Consulté pour une demoiselle de dix-huit ans , épileptique , ayant tous les signes d'une vraie pléthore , ou avec plénitude et dureté de pouls , rougeur au visage , chaleur générale dans l'habitude extérieure du corps , des maux de tête violens , des selles très-rares, et cependant étant presque toujours dans unesueur considérable, je crus , après avoir con-
0) Geoffroi en a rapporté divers exemples dans sa matière médicale, t. VII , p. 57 et 74* Cet auteur prescrit d^abord un vomitif contre les mauvais effets de la jusquiame , ensuite les acides qui sont, dit- il, les antidotes des poisons narcotiques.
(2) Voyez nos observations k ce sujet dans l'ouvrage sur la Phtkisiê pul" monaire.
l TRAETEMEST DE l'i!p1LEPSIK. ^o5
Eeillé l'application des sangsues au fondement , devoir lui prescrire pendant quelques jours deux grains d'extrait de jusquiaine pour diminuer sa constipation , au lieu d'un grain d'estrait d' opium gommcux , qu'elle prenait tous les matins. Me ressouvenant que M. Chaplal , médecin de Montpellier, justement appelé le guérisseur , avait arrêté une M on g ue et trop considérable sueur avec une opiniâtre constipation , en conseillant des bains froids , je crus , dans cette circonstance , devoir suppléer par la jusquiame àil'opiuni qui provoquait les sueurs et produisait la constipation, et ce fut avec succès.
On voit , par ce que nous venons de dire , qu'il y a des ci) j; constances dans lesquelles on doit préférer la jusquiame i l'opium , mais cependant toujours eu la prescrivant avec la plus grande prudence et en augmentant graduellement ses doses selon leurs elTets.
On peut aussi employer la jusquiame extérieurement dans le traitement des épileptiques dont les accès commencent surtout par des douleurs dans les membres, en fumigations, çn jetant les semences sur des cliarbons ardens. Ou s'en sert aussi sous forme de Uniment sur les parties souriiantus.
On fait des cataplasmes avec les feuilles et les graines concassées ; on en extrait même une huile qu'on emploie en Unir ment, sur les tempes, pour calmer les douleurs des yeux, des dents et des oreilles , ou sur les diverses autres parties du corps auxquelles les épileptiques rapportent les douleurs, avant ou pendant leurs accèis. On pourrait également se servir avec avantage de l'onguent/Jo/ïii/eum et du baume tranquille avec la teinture ou l'extrait de jusquiame sous forme de liniment , ainsi qu'on pourrait leur prescrire l'extrait de jusquiame blanche intérieurement comme calmant, depuis un grain jusqu'à quatre, six ; on conseille aussi les pilules de eynoglosse dans la masse desquelles entre l'extrait de jusquiame , ainsi que dans lu philonium du codex de Paris , depuis un grait^ jusqu'A quatre à cinq.
Nous ne nous arrêterons pas à l'idée de quelques médecin» qui ont cru devoir conseiller la jusquiame blanclie préférahlement à l'opium et à la jiisquiajnc noire dans le traite-
4o(i TBAITEMEM Dr l-'ÉPLl-EPS/t;.
ment de répilepsie, paice qu'elle opère, a-t-on dit, cbcT le malade, un genre de d^ire qui tourne à la gaité, caquv l'opium et la jusquiame noire ne fout pus. MM. Loiseleurr dei-Lonchamps et Afarr/iiin a'&ioalenl aucune foi à une pareille opinion , et sous ce point de vue nous pensons conioie eun , quoique Scardvna ^ Gredîng , Tissol (i) , et d'autres bons nii'decins, aient blâmé l'usage intérieur de Ujuaquiaine dans le traitement de l'èpilcpsie. Geoff'roi craint que la graine de jusquiame, en énioussant la sensibilité des nerfs, ne suit plutôt un remède palliatif qu'un remède curatif. Sou usage, dit-il, n'est peut-être pas exempt de danger. Cependant diverses observations récemment recueillies prouvent qu'on peut prescrire cette plante et plusieurs de ses préparations nou-Sf:uletnent sans inconvénient , mais avec quelques succès réels, ï^i on observe bien les circonstances dans lesquelles la jusquiame peut convenir aux épileptiques. M. Hujffeland conseille l'extrait de jusquiame à la dose d'un giain , réuni à un grain et demi d'oTidc de zinc ( voyez plus Laut, p. 322). M. le docteur Bracket , médecin de l'HôtcI-Dieu de Lyon, prescrit aussi ce mélange dans les cas de convulsions et i'Épilepsie avec un grand succès.
(M) Joubarbe. — La médecine reconnaît d'autres stupéfians qu'elle prescrit aussi contre i'épilepsie. De ce nombre sont: la Joubarbe [sempervivum , seu Jovis barba) (2); \e Slramonium{y} ils Mandragore , eXo,.; mais leur usage doit être plus dangereux encore que celui de la jusquiame , dont on a fait quelquefois, comme on vient de le dire, un usage très-utile. Nous ne devons cependant pas oublier de
(0 P«B- 364et«ii».
{3) Cinq obacrTsUoiiB sur l'elUcBcilé àe\a joubarbe àaas l'cpUepsicobjervÈe par Peters. Journal général de MéJecine , t. yii , p. lao.
(3) Noua n'oacc ions encore, sans beaucoup J'autrea observations quo eelka qui ont itt publiées par Odlieliia , ajopicr une opinion diffcreole. Ce médecin asaure avoir traité avec l'eïlraît du stramoniam , ifabord \ la dose d'un ilcmi-grain deux fois par jour, jusqu'à vingC-cinq grHÎna, mais en plusieurs parties , quitorze i^pilaptiques , dont boit fureat radicalement guéris i st des sis autres , cinq furent très-soulagés , la aiiiciUB resla daua le mamo élal. Voyez Sarserius , p. 77,