RON
N'est-ce pas aussi parce que^ le malade étant couché sur le côté sain et les côtes ne pouvant se mouvoir , la respiration était plus difficile, sans cependant méconnaître la pression que la matière épanchée dans la cavité droite delà poitrine pouvait faire sur le médias* tin , en le déprimant vers la cavité gauche ?
Une fille 9 qui n'avait pas encore atteint vingt-cinq ans, sujette à beaucoup d'incommodités et particulier rement à la chlorose , finit , après avoir fait une multitude de remèdes , par éprouver un tel dégoût pour les alimens que , ne poussant prendre aucune nourriture , elle en mourut. On ne reconnut aucun épanchement dans la poitrine et dans le bas-ventre ; mais le péricarde contenait beaucoup deau. L'estomac était aussi rétréci qu'un intestin ,
et n'avait plus sa forme ordinaire; la rate, quoique saine, avait un grand volume; la vésicule du fiel contenait plusieurs calculs biliaires. •— Lieutaxjd ,
Cest sans doute Tune des observations d'après lesquelles Lieutaud avait conclu que la rate augmentait ou diminuait de volume en raison inverse de celui de Fesiomac. On trouve dans le même ouvrage plusieurs faits qui semblent le prouver, entre autres les Obser* i^ations de Ruisch , ibid. ,30.
Un moine , après une répercussion de la teigne , éproui^a une céphalalgie intense nuit et jour ; pour la diminuer^ il employait tous les ans plus de trois livres de philonium (i)-, il mourut après dix ans de tourmens. Le cerveau et ses enveloppes étaient en état de putréfaction \ les os du crâne étaient cariés et il y avait dans la tète une grande quantité d'une humeur pituiteuse. — Sàxokia , Panthéon medicinœ selec-" tum.
Un homme de cinquante ans , adonné à la boisson , atteint d'une goutte rose , éprouvait depuis quelques mois une légère cardialgie. Il lui survint une céphalalgie très -forte et il devint aveugle trois semaines avant de mourir par une forte apoplexie.
(i) Nom d*an antidote narcoiiqae dont les anciens faisaient nsagei et qui est dc&igne'sous le nom de philonium romanum» On en trouve encore la recette dans plusieurs pharmacopées j Topiam et la joaquiame en font la principale base. F'oy. le Codex méd, deraacienne Facoltc de Paris , 1766 , m.40.
K>£ LHYDROPISIE EX GENERAL. ajS
On reconnut qu'il y avait beaucoup d'eau entre la dure-mère et la pie-mère , ainsi que dans les circon- Tolutions et dans les ventricules du cerveau et même encore dans le canal vertébral. — Taéoph. Bonet.
Une ûlle de dix-huit ans est atteinte à\me gala contre laquelle des répercussifs sont epaployés; elle est saisie d'une orthopnée qui fait des progrès et la fait périr. Le foie'^tait plus dur et plus livide qu'à l'ordinaire ; la cavité de la poitrine était remplie d'ii/ie eau bleuâtre. Le poumon droit était très-adhé-^ rent à la plèvre et le péricarde rempli d'eau* —«
MOIIGÀGNI.
Une femme de quarante-cinq ans avait une gala sèche sur tout son corps et un ancien ulcère à la cuisse* La gale disparut, l'ulcère devint plus intense, la fièvre survint avec une grande chaleur du corps ; une douleur pongitive du côté gauche et à la partie inférieure de la poitrine s'y réuniu Le quatrième jour de la maladie, la fièvre redouble avec un crachement sangui* noient, purulent, fétide et bientôt noir j le dixième jour, une suffocation soudaine fait périr la malade. Oa trouva dans l'une et l'autre cavité de la poitrine de l'eau citrine et fétide. La plèvre du côté gauche adhérait aux pouinons^ elle était inégale et on j voyait des tubercules rouges. Le poumon était livide et plus dur que le foie, quoique plein d'une matière purulente. — Morgagni.
Une femme est atteinte de la gale avec des palpi* talions jréquentes du cœur \ enfin elle meurt hydropique» Tous les viscères parurent sains , à l'exceptioa
!)^4 ^* L*HYDR0PI8TË EX CÉNlêRA^t..
du cœur^ dans la substance duquel on reconnut quHl y avait un petit ulcère.— ifcfie/. des Cur. de la Nau^
Une femme contracte une gâte énorme avec une fréquente palpitation du cdeùr*, elle finit par mourir hydropique. On reconnut, par Touverlure du corps, que le péricarde était presque entièrenieni détruit , absumptum y et que la surface du cerveau était toute ulcérée. — Acad* royale des Scienc^s^
Un garçon relieur est atteint d^une gale avec un prurit intolérable (ju*il fiât? disparaîUè ^ar quelque topique. anodin. La jaunisse survient, et bientôt ce malade éprouve des douleurs dans la région épîgas^trique, des nausées et des vomissemens; enfin il finit par tomber dans le marasme et périt. On reconnût » à l'ouverture du corps , que le cerveau était infiltré d^une sérosité jaunâtre , que les ventricules étaient pleins du même li({ùide , que la poitrine contenait une petite quantité d'une eau plus foncée en couleur , dont les poumons , très-flasques ^ étaient imbibés; le cœur était ramolli, ses cavités rétrécies , le pylore gonflé et durci , la reiîe et le foie d'un grand volume; ce dernier organe, très-dur, contenait diverses concrétions ; les vaisseaux étaient vides de sang, et il y avait de petites pierres bilieuses dans la vésicule du fiel et dans le canal cholédoque^ qui était très-dilaié. Nous avons rapporté cette observa* tîon Maladies du Foie ^ pag. Sai.
On trouvera , dans le même ouvrage , d'autres faits relatifs à l'hydropisie ou à la pneumaiie , survenveà
DE tJ^IIYDROPlSlE tri tiimnltl. 2^5
"après des ërupiîons à la peau, qui n'avaient pas eu un libre cours, comme des rougeoles diverses, des ërysipèles, des dartres; nous y avons <^g'alement rapporté des exemples de plusieurs heureux traitemens.
Une femme atteinte du vice vénérien est saisie paf tinejiè\^re et une douleur de tète atroce avec délire : elle meurt en peu de jours. La dure- mère et là çîe-mère étaient noîi aires et atteintes de putréfaction , ainsi que le cerveau lui-même. Il y avirft de la sérosité dans les venlriculeSi — Morgagni , obs. 29.
Les auteurs ont parlé de divers malades atteints du
vice vénérien qui ont fini par mourir d*hydropisiè
avec épanchement d'eau dans quelque cavité du corps,
^'o^. , entre autres, le grand ouvrage àî*Asiruc (de Morb%
vener. ) et autres livres sur cette maladie. C'est ce que
nous avons reconnu dans le corps d'une feifime dont il
^t parlé dans nion ouvi^ge sur les Maladies du Foie ^
page 367 , et qu'on disséqua dans notre amphithéâtre;
elle présentait évidemment les marques extérieures
de la vérole, et elle avait dans le bas-ventre envîrbii
une pinte' d*eau verddtre, Noiis avons fait la mi^ikië
obsit'vation dans plusieurs autres cadavres ayant deSi
signes non équivoques de, la maladie vénérienne '^
dont les cavités du corps contenaient des épanché-
meos d'eau plus ou moins considérables, à-peu-près
de la même couleur. Dans la plupart, \p foie ëtatt
malade, et, dans quelques-uns, les glandes du mésèrf-
tèré ont été reconnues dans \in éiat non-seulement
^d'iatumescence^ mais encore d'ulcération.
tj6 I>B l'hYDROPISIK en CÉNERALr
Une fille de dix ans^ scrophuleuse , ép^rouvô une fréquente toux et expectore des matières purulentes; son pouls est fréquent; il y a de la difficulté dans la respiration ; la maladie fait des progrès , cette fille tombe dans le marasme , les forces défaillent et elle cesse de vivre. L^ouverture du corps ayant été faite^ on vit que les cavités de la poitrine étaient pleines d^une sérosité jaune, que le péricarde en était rempli^ et Ton s^assura, déplus, que le thymus avait acquis un grand volume, qu'il était dur, calleux et noirâtre. Le poumon gauche contenait plusieurs calculs , ainsi que le droit, qui était, déplus, atteint de purulence. — Mànget.
L'hydropisie est une suite fréquente dii vice scro-' phuleux. Les observations que nous avons rapportées le prouvent , non-seulement celles des nombreux auteurs qui sont ^consignées dans leurs immortels écrits, mais encore celles qUe j ai recueillies mo^ * mème*''^MaIadies du Foie, page 336.
On trouvera , dans mon Traité sur la Phthisiepul^ monaire ; plusieurs observations sur des hydropisies de poitrine qui sont survenues à la suite de cetteespèce de phthisie. Et combien d'autres n'en trouverai t-^o pas encore dans les auteurs , par des vices de même nature, relatives à des hydropisies delà tète, de la < moelle épinière, des viscères abdominaux , etc. ! Le yif]^ rachilique , provenant souvent du scropbuleux , cause souvent l'hydropisie.
Un enfant de quatorze ans , dont le corps était couvert de taches rouges scorbutiques , resseutait .une
DB l'hYDROPISIE ETf GENERAL. 27 •/
'douleur gravatwe de la tête Kvec une extrême diminution d'appétit pour les alimens. Ses forces défaillent et son corps s'atrophie ; une défaillance si aiguë survient que le petit malade se plaignait de ne pouvoir plus soulever sa tête \ un vomissement survint à plusieurs reprises y et Tenfant périt. Sa tête ayant été ouverte , on reconnut que la pie-mère était en état d'érosion. Le cerveau répandait une odeur fétide \ il y avait de Veau dans les ventricules du cerueau. On trouva vers les éminences nates un corps glanduleux plein d'une matière sébacée, dure et friable , et deux autres de la grosseur d'une noix dans les replis du cerveau. — Mai^get.
Nous pourrions multiplier les observations rapportées par les auteurs sur des hydropisies survenues par un vice scorbutique; peut-être seraient-elles même les plus nombreuses , le vice scorbutique étant celui de tous qui finit le plus souvent par Thydropisie. Je ne citerai que les exemples sui\ ans, qui me concernent: bydropisie par vice scorbutique avec ..ouverture des corps , exemple de M. Garneran (i) , de M. Fîelf 379 ', de madame L^Antragues^ de madame Denis ^ avec suppression les régies , heureusement traitée par les ami-scorbutiques , la saignée même.
On découvrit, dans un homme atteint d'un ictère opiniâtre, qu'il avait une dureté manifeste dans la région du foie et que son ventre était yiméfîé par des
(1) Foyez tu Us âfaladics du ^*#, pages 377 ci «uiv;
378 DE L*UYPR0PIS1E EN GÉnÉrAU'
vents. Cet homme était, de plus , atteint d'un astbmç^ qui le fatiguait beaucoup. Cette maladie, faiisant de» progrès, finit par être mortelle. On évalua à plus d© trente livres Teau qu'on trouva dans le bas- ventre. Le foie était squirrbeux , jaune et vide de. sang ^ la vésicule du fiel était remplie de bile et par uil calcul biliaire. Il y avait m^e vomique dans le ^U" mon. — Wepfer , Oè^. fl/w^
Une femme ictérique devient hydropique et meurt^. On fait l'ouverture de son corps , et Ton reconnain que le foie est sec, aride et rapetissé comme un cuic desséché, au point qu'il n'était pas plus gros que le poing. — TuLPius , 1. I, 823.
Un homme est atteint d'une goutte s^orhutique vague pendant cinq mois; des spasmes horribles danjL les membres surviennent avec des faiblesses parar lytoïdes y phrénésie , accès apoplectiques y et fina«^ lement une telle faiblesse, que la mort finit cett^ horrible maladie. Le crâne ayant été ouvert, on rcr connut que tous les ventiicules du cerveau étaieDt tellement remplis d'une eau limpide , que leurs par rois en étaient considérablement distendues. La moelle épinière était comme plongée (lans l'eau \ les poumons. étaient dans un état d'aller a lion ; il y avait beau-% coup de sérosité dans les cavités de la poiuine.— <->. Bon ET.
M. Caste , api es avoir éprouvé des vomis&emens et des déj relions de matières Juliglneuses , elc. , fiait par mourir. Son corps fut ouvert par M. Sqlmade , cjui yeconuut qu'indépendamment d'une graude quantité
DB l'hYDROPISIE EPf GENERAL. 37g
d^eau dans le bas-ventre , rcstomac elles intestins en étaient remplis, avec plusieurs points d'inflammation. Les vaisseaux courts et Iqs veines gastriques, ainsi qiie celles des intestins, étaient pleins d\in sang poir ressemblant au liquide épanché dans' Testomac. et dans les intestins. La rate et léfoie étaient très-altérés^ il y avait de l'eau dans le péricarde , et le cœur ^tait dans un état morbide. — • Maladies du Foie ^ page 56o.
Un homme, qui commençait à. vieillir et qui était très-sujet à des eç^tarrhes, se plaignait continuelle- . ment d'une faiblesse de tête : il mourut. On reconnut qu*il y avait plus d'une livre de sérosité entre les méninges, La pie-mère en contenait dans sa texiyre une telle quantité, qu'exile avait quatie fois plus d'é* pajsseur qu^ dans l'état naturel. Les ventricules di:i cerveau contenaioit une grande quantité de cette hu-^ meur. — Mél, des Cun de la N au
VI. Hydropisies par des engptgernens^ tumeurs et enr ,dutcissetfiens des organes du cerceau y des pqu^
mons y du c(cur, çlc ^Altérations des. vaissenujc^ ' sanguins , d^s glandes , des (vaisseaux lympha*
tiques et des mscères abdominau:f:»
Un Jbomme, atteint d'une Gèvre lentç é^vcc djflîeuUé de respirer et de itéc^^nios palpitations du cœur^ étant mort, on reconnut qu^e sa poitrine était pleine d'eau; le cœur était énormément grqs^ et il y. avait dans L'aorte diverses concrétions oiseuses extérieuiç^
StBo DK L^HYDROPISIE EN CENERAtr
ment et à rintërieur. "^ Acad^royalè des Sciences 2
Une femme, âgée de plusdesoixanteans^ était depu»' deux ans sujette à des douleurs précordiàks avec difificulié de respirer et palpitations du cœur; Ik lèacoplilegmatie survîfit avec ardeur et âatuosités dans l69 Bjpochondres. Après plusieurs rémissions , là maladie ^l d'ultérieurs progrès et finit par faire périr lit jnalâde. On ne trouva aucune altération dans les viscères abdominaux, sinon une grande quantité d'eau; maia It» volume du cœur était augmenté^ surtout dans sa longueur; les valvules semi-lunaires aortiques étaient entièrcmorî ossifiées et immobiles. — Baaper, Obs. med. incisionihus cadai^erum ittustfatœ.
On trouva , dans un homme qui mourUtaprès avoir long-temps éprouvé une palpitation du cœur et une diflScuité dans là respiration , le péH carde ayant un très-grand voln me et contenant plusieurs livres d^eau* •— Charles Pison^ De Collât^, serasa.
Une obsorvation à-peu-près semblable est /apportée par Hiolan. — Opéra omn.
.Un homme, âgé de trente ans, se plaignait d^one grande difficulté de respirer et d^ une douleur grav^a^ tii^e dans le côté gauche de la poitrine sans aucune œdémaiiedes pieds: il tomba dans le marasme et përi t. Les poumons parurent secs , arides; le cœur^ qui avait un volume énorme , était rempli de coneretiôna eânguines, et il y avait entre les lames du péricarde beaucoup d'eau , de manière que Pexterne était très<^. adhérente au médiasiin el l'interne à la surface do Gosur ^ dont à j^ine on put la détacher avec lescalpeU
DE L^HYOKOPISIK. EK GENERALE Sl8i
Cette observation nCappaitienU -p- Lieùtivd, II V xibs. 6u8.
Un jeune homme €st subitement atteint d^une doit^ leur trcs-aîguë au côté gauche de la poitrine , avec une difficulté extrême de respirer et une forte palpitatidh du cœur. Ces aecidens sont suivis d'une fièf re hectique, et enfin d*une hjdropîsie. On reconnut ^ue le cour était plus gros que dans Tétat natif rel ; le péricarde , très -ample , contenait quifize cuillierées d^eàu. Tout le poumon était altéré, adhérent et plein d'une eau jaunâtre. — - Tulpivs, Ohs. medicin.
Un homme avait d'horribles palpitations du cœur avec ilû peu de fièvre , mais sans toux ni dyspnée: il mourut avant te huitième, jour» On reconnut que tes poumons étaient comme gangrenés et abcédés; qu'il y avait beaucoup d'eau dans le péricarde.^'^ Maiiget , Sepulchret. anat.
Une jeune femme , atteinte d'une violente palpi» talion du cœur^ tombe dans la phthisie pulmonaire, qui est bientôt suivie du marasme et de l'a mort. Le basyentreest trouvé plein d'une sérosité ft'm;7iif<? ,• le foie était d'^un volume et d'un poids énormes; la vésicule du fiel était très-amplé et pleine d\me humeur pois* aeuse noire. La masse du cœur était à*un volume ai étonnant qu'il occupait la quatrième partie de la poitrine. Les poumons adhéraient aux côtes , étaient aquirrheux et atteints de putréfaction — Rivalerus^